Depuis plusieurs mois, un phénomène inquiète de plus en plus les marchés financiers internationaux : l’accélération des livraisons d’or et d’argent physique sur le COMEX, la multiplication des achats des banques centrales et la défiance croissante envers les obligations souveraines américaines. Pour Andy Schectman, dirigeant de Miles Franklin, les signaux sont désormais trop nombreux pour être ignorés. Selon lui, les grandes puissances économiques seraient en train d’accumuler discrètement des métaux précieux avant une possible revalorisation majeure de l’or. Cette hypothèse, autrefois considérée comme marginale, commence désormais à gagner du terrain jusque dans les cercles institutionnels. Dans ce contexte extrêmement tendu, de nombreux investisseurs cherchent à sécuriser leur patrimoine via des actifs tangibles. Acheter de l’or physique et de l’argent d’investissement devient aujourd’hui une stratégie de protection patrimoniale de plus en plus recherchée face aux incertitudes monétaires mondiales.
Le COMEX sous pression : des livraisons historiques qui inquiètent les marchés
L’un des éléments les plus frappants évoqués par Andy Schectman concerne l’explosion des demandes de livraison physique sur le COMEX. Historiquement, seule une infime partie des contrats à terme donnait lieu à une livraison réelle du métal. Pourtant, depuis 2025, les volumes atteignent des niveaux jamais observés. Rien qu’en février 2026, plus de 7,6 millions d’onces d’or auraient été livrées, représentant plus de 35 milliards de dollars de métal physique. Pour mesurer l’ampleur du phénomène, il faut comprendre qu’entre 2015 et 2019, le volume annuel moyen des livraisons sur le COMEX était inférieur à ce qui a été livré en un seul mois récemment. Cette situation alimente une question fondamentale : qui récupère réellement cet or physique ? Les spéculations vont bon train, certains évoquant directement des fonds souverains ou même des entités étatiques agissant discrètement pour renforcer leurs réserves stratégiques. Face à cette mutation profonde du marché, de nombreux épargnants cherchent désormais à se positionner avant une potentielle rupture d’approvisionnement. L’acquisition progressive d’or et d’argent physique apparaît ainsi comme une réponse prudente à la raréfaction croissante du métal disponible sur les marchés internationaux.
Pourquoi la Chine accumule massivement de l’or et de l’argent
La Chine joue un rôle central dans cette transformation du marché mondial des métaux précieux. Les chiffres avancés sont spectaculaires : les importations d’argent du pays auraient bondi à des records historiques, tandis que les achats d’or se poursuivent mois après mois. Pékin semble convertir une partie de ses réserves en dollars vers des actifs tangibles qu’aucune banque centrale ne peut imprimer artificiellement. Cette logique est fondamentale. Dans un système financier mondial fondé sur la dette et les monnaies fiduciaires, l’or reste l’un des rares actifs sans risque de contrepartie. Pour de nombreux analystes, la stratégie chinoise vise à préparer l’après-dollar et à renforcer sa souveraineté financière avant un éventuel bouleversement monétaire mondial. Cette accumulation progressive permet également à la Chine d’éviter une flambée trop brutale des prix qui déstabiliserait les marchés avant qu’elle n’ait terminé ses achats. Dans ce climat de concurrence mondiale pour les ressources tangibles, les investisseurs particuliers commencent eux aussi à comprendre l’intérêt d’une détention physique directe. Détenir de l’or physique hors du système bancaire est désormais perçu comme une assurance contre les déséquilibres économiques et monétaires internationaux.
Les banques centrales achètent ce qu’elles impriment impossible à reproduire
L’une des observations les plus marquantes de cette interview réside dans une contradiction apparente : les banques centrales, qui créent de la monnaie à volonté, achètent massivement de l’or, un actif précisément conçu pour échapper à la création monétaire. Cette situation traduit un changement profond de perception du risque systémique. Depuis plusieurs années, les banques centrales mondiales accumulent discrètement des réserves d’or à un rythme historique. La Pologne, la Chine, le Kazakhstan ou encore d’autres pays émergents renforcent leurs stocks afin de réduire leur dépendance au dollar américain et aux obligations souveraines occidentales. Pour Andy Schectman, cette tendance n’est pas accidentelle : elle reflète une perte progressive de confiance dans la stabilité du système financier actuel. L’or retrouve alors son rôle originel de réserve de valeur internationale. Face à cette dynamique, de plus en plus d’épargnants cherchent à imiter les stratégies des institutions monétaires elles-mêmes. Investir dans l’or et l’argent physique permet aujourd’hui de suivre le mouvement initié par les plus grandes banques centrales mondiales.
Les États-Unis accumulent-ils secrètement de l’or ?
La question la plus sensible de l’entretien concerne l’éventuelle accumulation secrète d’or par les États-Unis. Officiellement, aucune confirmation n’existe. Toutefois, plusieurs indices intriguent les observateurs. Andy Schectman évoque notamment le rôle potentiel de l’Exchange Stabilization Fund, une structure pouvant intervenir discrètement pour des raisons de sécurité nationale sans validation directe du Congrès. Il mentionne également les achats massifs de Tether, l’émetteur du stablecoin USDT, qui accumulerait désormais des dizaines de milliards de dollars en or physique. Selon certaines hypothèses, une partie de cet or pourrait indirectement renforcer les réserves stratégiques américaines à terme. Derrière ces mouvements se dessine une possibilité de plus en plus discutée : une future réévaluation du prix de l’or afin de soutenir le système obligataire américain et alléger le poids colossal de la dette publique. Une telle évolution transformerait profondément la valeur des métaux précieux détenus actuellement par les investisseurs privés. Se positionner dès maintenant sur l’or physique pourrait permettre d’anticiper une éventuelle revalorisation monétaire mondiale des métaux précieux.
La fin du modèle financier traditionnel ?
L’interview met également en lumière un changement de discours spectaculaire chez plusieurs grandes institutions financières. BlackRock, Bank of America ou encore certains stratèges de Morgan Stanley recommandent désormais d’augmenter l’exposition aux matières premières et à l’or dans les portefeuilles. Le célèbre modèle d’investissement “60/40”, longtemps considéré comme la référence absolue entre actions et obligations, est désormais remis en question. La raison est simple : la confiance dans les obligations souveraines américaines s’effrite progressivement. Même lors des récentes tensions géopolitiques, les investisseurs n’ont plus acheté massivement de dette américaine comme autrefois. Ce phénomène constitue un signal extrêmement important pour les marchés mondiaux. Dans un contexte où la dette atteint des niveaux historiques et où les banques centrales doivent maintenir artificiellement la stabilité financière, les actifs tangibles retrouvent naturellement une place centrale. L’or physique redevient ainsi un pilier stratégique de diversification patrimoniale face aux fragilités croissantes des marchés financiers.
Pourquoi l’argent pourrait surperformer l’or dans les prochaines années
L’argent métal attire également une attention particulière. Le ratio or/argent a atteint des niveaux historiquement élevés, dépassant parfois 100 pour 1. Pour de nombreux spécialistes, une telle anomalie ne peut durer éternellement. Historiquement, ce ratio gravite plutôt autour de 45 pour 1, voire moins dans certaines phases de tension monétaire. Si ce retour à la moyenne devait se produire, l’argent pourrait connaître une hausse bien plus explosive que l’or lui-même. De plus, l’argent possède une double fonction : métal monétaire et métal industriel indispensable aux technologies modernes, notamment dans les secteurs solaires, électroniques et militaires. Cette combinaison crée une pression structurelle sur l’offre mondiale. Andy Schectman estime d’ailleurs que les stocks disponibles diminuent progressivement tandis que la demande industrielle continue d’augmenter. Cette situation pourrait créer un choc d’approvisionnement majeur dans les années à venir. Accumuler progressivement de l’argent physique pourrait ainsi offrir un potentiel de valorisation particulièrement important dans un contexte de pénurie mondiale croissante.
Les pièces d’or historiques : une opportunité rare selon les experts
Un autre point particulièrement intéressant concerne les pièces d’or historiques dites “pré-1933”. Selon Andy Schectman, ces pièces se négocient actuellement avec des primes exceptionnellement faibles, parfois proches du prix du métal brut lui-même. Historiquement pourtant, ces pièces rares affichaient des surcotes très importantes en raison de leur caractère numismatique et patrimonial. Pour certains investisseurs expérimentés, cette situation représenterait une anomalie de marché potentiellement temporaire. En période de tensions financières majeures, les actifs rares et tangibles tendent souvent à retrouver rapidement leur valeur historique. De plus, les pièces anciennes bénéficient d’un attrait particulier auprès des collectionneurs fortunés et des investisseurs cherchant des actifs transportables et facilement échangeables. Cette combinaison entre rareté historique et valeur intrinsèque en métal précieux attire aujourd’hui un intérêt croissant. Les pièces d’or et d’argent physiques constituent ainsi une réserve de valeur durable combinant sécurité patrimoniale et potentiel de revalorisation à long terme.
Vers une explosion historique des prix de l’or ?
La grande question demeure évidemment celle de l’évolution future des prix. Andy Schectman estime que nous assistons peut-être à une transition historique : après des décennies de contrôle et de manipulation présumée des marchés des métaux précieux, l’or pourrait enfin retrouver une véritable liberté de prix. Les achats massifs des banques centrales, la baisse des stocks disponibles, la défiance envers les dettes souveraines et la fragilité du système financier mondial créent un cocktail potentiellement explosif. Si les investisseurs institutionnels et les particuliers se tournent massivement vers les métaux précieux simultanément, les tensions sur l’offre pourraient rapidement devenir incontrôlables. Dans un tel scénario, l’or et l’argent pourraient connaître des hausses spectaculaires bien supérieures aux précédents cycles haussiers. Pour beaucoup, le véritable enjeu n’est plus seulement la performance financière, mais la préservation du pouvoir d’achat et du patrimoine dans un monde économique de plus en plus instable. Acheter de l’or et de l’argent physique aujourd’hui permet potentiellement d’anticiper les profondes mutations monétaires qui pourraient redessiner l’économie mondiale dans les années à venir.


