Un marché de l’or secoué, mais pas fragilisé
Le récent repli du prix de l’or autour de la zone des 4 000 dollars par once peut donner l’impression d’un marché en perte de vitesse, alors qu’il s’agit surtout, selon plusieurs analystes, d’un mouvement de liquidation technique et de réajustement des positions. Autrement dit, la baisse ne traduit pas nécessairement une dégradation des fondamentaux. Le marché a surtout purgé une partie des positions longues devenues trop encombrées, ce qui a réduit le risque de ventes forcées à court terme. Cette lecture est importante, car elle replace le mouvement actuel dans un cadre de marché sain plutôt que dans une rupture de tendance. Pour les investisseurs qui cherchent à lisser leur exposition avec une logique de long terme, cela renforce l’intérêt d’actifs tangibles comme l’achat d’or physique pour diversifier son patrimoine.
Les banques centrales restent acheteuses
Le point central de l’analyse est ailleurs : les banques centrales continuent d’acheter de l’or à un rythme très soutenu. Selon l’enquête 2025 du World Gold Council, 95% des répondants estiment que les réserves mondiales d’or des banques centrales augmenteront au cours des 12 prochains mois, et 43% pensent même que leurs propres réserves progresseront sur la même période. Le même rapport indique aussi que les banques centrales ont accumulé plus de 1 000 tonnes d’or par an pendant chacune des trois dernières années, un rythme nettement supérieur à la moyenne de la décennie précédente. Ce comportement signale une préférence durable pour l’or comme actif de réserve stratégique, surtout dans un environnement géopolitique et monétaire incertain. C’est précisément dans ce type de contexte que l’or d’investissement reprend toute sa place dans une allocation prudente.
Pourquoi elles renforcent l’or
Les motivations des banques centrales sont désormais très claires : protection contre le risque géopolitique, diversification des réserves et moindre dépendance au dollar. Le World Gold Council indique que 74% des répondants anticipent une baisse modérée ou marquée des avoirs en dollars dans les réserves mondiales sur les cinq prochaines années, tandis que 76% s’attendent à une part plus élevée de l’or dans leurs portefeuilles de réserve. Ce changement n’est pas anecdotique, car il reflète une réévaluation du rôle de l’or dans un système financier plus fragmenté. Les banques centrales ne voient plus l’or comme un vestige du passé, mais comme un instrument de stabilité. Pour les particuliers, cela donne un signal fort en faveur de l’or physique comme outil de protection face à la dépréciation monétaire.
La Chine et les achats institutionnels
Parmi les acteurs les plus surveillés, la Chine reste particulièrement active. Les données récentes du World Gold Council montrent que la Banque populaire de Chine a continué d’augmenter ses réserves officielles, avec 6 tonnes achetées au deuxième trimestre 2025, après une série d’achats déjà très soutenue, et cela s’inscrit dans une tendance de long terme où les banques centrales sont redevenues acheteuses nettes après des décennies de ventes. Le rapport précise également que les banques centrales ont acheté plus de 7 000 tonnes nettes depuis le retournement observé à partir de 2010. Cela signifie que l’or n’est pas seulement un actif de crise, mais aussi un instrument de rééquilibrage stratégique dans la gestion des réserves souveraines. Dans une telle dynamique, détenir de l’or physique permet de suivre le comportement des institutions les plus informées.
Le dollar perd du terrain dans les réserves
La montée de l’or s’accompagne d’un recul relatif du dollar dans la composition des réserves mondiales. Selon les données du FMI sur la composition en devises des réserves de change (COFER), la part du dollar américain dans les réserves officielles déclarées s’établissait à 56,32% au deuxième trimestre 2025, contre 57,79% au trimestre précédent, même si une partie de cette baisse est liée aux effets de change. Reuters rapportait déjà que la part du dollar dans les réserves mondiales s’était légèrement tassée à 57,7% au premier trimestre 2025. Ce mouvement reste important, même s’il ne faut pas le surinterpréter : il montre surtout une diversification progressive des portefeuilles de réserve, pas un effondrement brutal du billet vert. Ce glissement structurel explique pourquoi l’or physique conserve un rôle central dans les stratégies de couverture.
Ce que cela dit du futur du marché
La conclusion la plus solide de cette analyse est simple : la pression de court terme sur l’or ne contredit pas sa tendance de fond. Tant que les banques centrales achètent, que la diversification monétaire se poursuit et que la part du dollar s’érode progressivement dans les réserves, le marché de l’or reste soutenu par des flux institutionnels puissants. Le marché peut corriger, consolider ou respirer, mais les acheteurs de long terme restent présents. C’est cette demande structurelle qui donne de la profondeur au marché et qui nourrit les scénarios de prix élevés à moyen terme. Dans cette perspective, l’or physique demeure un actif stratégique pour préserver son pouvoir d’achat.
Un message clair pour les investisseurs
Le message envoyé par les institutions est difficile à ignorer : celles qui ont longtemps considéré l’or comme un reliquat du passé en deviennent aujourd’hui les acheteurs les plus actifs. Cela signifie que l’or n’est pas seulement un pari sur la hausse, mais aussi une réponse rationnelle à un monde plus instable, plus polarisé et plus méfiant envers les grandes devises de réserve. Pour l’investisseur particulier, l’enjeu n’est pas de deviner le prochain pic exact, mais de se positionner intelligemment sur une tendance profonde. C’est pourquoi l’achat d’or physique reste une solution crédible pour sécuriser son épargne.


