“Le plus grand supercycle des matières premières depuis 50 ans commence” : pourquoi Jeff Currie alerte sur une explosion historique de l’or, du pétrole et des actifs réels

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Depuis plus d’une décennie, les investisseurs du monde entier ont massivement privilégié les valeurs technologiques au détriment des actifs physiques. Les marchés ont récompensé l’innovation numérique, l’intelligence artificielle, les plateformes cloud et les géants de la Silicon Valley, tandis que les secteurs liés aux matières premières, à l’énergie et aux ressources naturelles ont progressivement été délaissés. Pourtant, selon Jeff Currie, co-président d’Abaxx Markets et ancien stratège mondial des matières premières chez Goldman Sachs, cette période pourrait toucher à sa fin. D’après lui, le monde entrerait désormais dans un véritable « supercycle des matières premières », comparable à ceux observés dans les années 1970 ou durant le boom chinois des années 2000. La particularité de ce nouveau cycle serait qu’il serait alimenté à la fois par l’explosion des besoins énergétiques liés à l’intelligence artificielle, par des années de sous-investissement massif dans les capacités de production et par une tension croissante sur les chaînes d’approvisionnement mondiales. Dans ce contexte de retour en force des actifs tangibles, l’achat d’or physique apparaît comme une solution patrimoniale stratégique face aux déséquilibres financiers à venir.

Pourquoi les matières premières pourraient devenir l’actif roi de la prochaine décennie

Jeff Currie rappelle un phénomène historique fondamental souvent ignoré par les investisseurs modernes : depuis l’après-guerre, deux secteurs dominent alternativement les marchés financiers mondiaux, la technologie et l’énergie. Selon lui, ces rotations de leadership suivent des cycles longs parfaitement identifiables. Les années 1990 ont été dominées par la révolution technologique et internet. Puis, entre 2002 et 2014, les matières premières et l’énergie ont pris le relais grâce à l’industrialisation fulgurante de la Chine. Depuis 2014, la technologie a repris le pouvoir avec les géants du numérique et désormais l’intelligence artificielle. Mais aujourd’hui, les déséquilibres accumulés deviennent visibles. Pendant des années, les investissements massifs dans la tech ont attiré la majorité des capitaux disponibles tandis que les infrastructures physiques essentielles au fonctionnement du monde moderne ont été négligées. Résultat : les capacités de production énergétique et minière sont désormais insuffisantes pour répondre à la demande future. Pour Currie, cette pénurie structurelle constitue le point de départ d’un immense cycle haussier sur les actifs réels. Face à cette transition historique vers les actifs tangibles, l’or physique pourrait redevenir une réserve de valeur incontournable pour les investisseurs prudents.

L’intelligence artificielle pourrait paradoxalement provoquer une crise énergétique mondiale

L’un des éléments les plus fascinants de l’analyse de Jeff Currie concerne justement l’intelligence artificielle. Alors que les investisseurs considèrent aujourd’hui l’IA comme un secteur purement technologique, Currie insiste sur une réalité physique incontournable : les centres de données, les serveurs et les infrastructures nécessaires à l’intelligence artificielle consomment des quantités gigantesques d’énergie, de cuivre, de métaux industriels et de ressources naturelles. Selon lui, les marchés financiers ont largement sous-estimé cette dépendance fondamentale aux matières premières. Chaque avancée dans l’IA nécessite davantage d’électricité, davantage de réseaux électriques, davantage de composants industriels et davantage de matières premières critiques. Le paradoxe serait donc le suivant : la révolution numérique actuelle pourrait devenir le principal moteur d’un nouveau boom des ressources physiques. Dans ce contexte, les actifs réels pourraient progressivement redevenir centraux dans l’économie mondiale après des années de marginalisation. Détenir de l’or physique pourrait ainsi permettre de profiter du retour en grâce des actifs réels dans un monde confronté à des tensions énergétiques croissantes.

Le sous-investissement massif dans l’énergie prépare une explosion des prix

Jeff Currie parle ouvertement d’une véritable « famine de CapEx », c’est-à-dire une pénurie d’investissements dans les capacités de production. Depuis près de dix ans, les compagnies pétrolières, minières et énergétiques ont réduit drastiquement leurs dépenses d’exploration et de développement sous la pression des marchés financiers, des réglementations environnementales et des exigences de rentabilité immédiate. Ce phénomène a progressivement érodé les capacités mondiales de production. Or, contrairement aux entreprises technologiques, les infrastructures énergétiques nécessitent des années de développement avant d’entrer en service. Selon Currie, cette situation pourrait provoquer un choc majeur lorsque les stocks mondiaux commenceront à s’épuiser. À ce moment-là, les prix des matières premières pourraient devenir « non linéaires », c’est-à-dire augmenter de manière extrêmement violente et incontrôlable. Il estime que le marché sous-évalue totalement cette menace aujourd’hui. Dans un environnement où les ressources physiques deviennent de plus en plus rares, l’or physique pourrait jouer un rôle essentiel de protection contre l’inflation et les chocs économiques.

Pourquoi Jeff Currie parle d’un “supercycle” de plus de 10 ans

Contrairement à une simple hausse temporaire des matières premières, Jeff Currie estime que le monde entre dans un véritable supercycle structurel susceptible de durer une décennie ou davantage. Selon lui, nous serions encore « au début de la première manche » malgré les hausses déjà observées depuis plusieurs années sur certaines matières premières. Historiquement, les supercycles se produisent lorsque plusieurs facteurs convergent simultanément : insuffisance de l’offre, explosion de la demande, rotation des flux financiers et inflation structurelle. Or, tous ces éléments seraient désormais réunis. Currie rappelle également que les matières premières figurent déjà parmi les classes d’actifs les plus performantes de la décennie, même si les médias financiers continuent principalement de se focaliser sur les valeurs technologiques. Selon lui, les investisseurs institutionnels finiront progressivement par réallouer leurs capitaux vers les secteurs liés aux ressources physiques à mesure que les déséquilibres deviendront impossibles à ignorer. Acheter de l’or aujourd’hui pourrait permettre d’anticiper cette rotation massive des capitaux vers les actifs tangibles.

Le pétrole pourrait devenir “le trade asymétrique du siècle”

L’un des points les plus marquants de l’intervention de Jeff Currie concerne le secteur pétrolier. Selon lui, les compagnies énergétiques affichent actuellement des niveaux de valorisation historiquement faibles malgré des flux de trésorerie extrêmement élevés. Il souligne notamment que les grands groupes pétroliers offrent des rendements de cash-flow libres proches de 15 %, alors que de nombreuses entreprises technologiques affichent des rendements proches de zéro. Pour Currie, cette situation représente l’un des plus grands déséquilibres financiers actuels. Il estime que les investisseurs continuent de sous-estimer la pénurie énergétique mondiale à venir. Selon lui, les stocks de diesel, de carburant aérien et de certains produits raffinés critiques pourraient rapidement atteindre des niveaux dangereux, provoquant alors une flambée brutale des prix de l’énergie. Dans ce scénario, les entreprises pétrolières pourraient devenir les nouvelles stars des marchés financiers après des années de désintérêt. Face au risque croissant d’inflation énergétique mondiale, l’or physique demeure une couverture historique particulièrement recherchée par les investisseurs expérimentés.

Pourquoi les marchés ignorent encore le danger selon Jeff Currie

Jeff Currie estime que les marchés financiers reproduisent aujourd’hui exactement les mêmes erreurs qu’avant la flambée inflationniste de 2021 et 2022. À l’époque, de nombreux économistes et banquiers centraux affirmaient que l’inflation serait “transitoire”. Quelques mois plus tard, les économies occidentales faisaient face à une inflation à deux chiffres. Selon Currie, les décideurs politiques cherchent aujourd’hui encore à rassurer les populations afin d’éviter toute panique énergétique ou financière. Pourtant, les acteurs directement impliqués dans les chaînes d’approvisionnement mondiales — producteurs, négociants, industriels — constatent déjà des tensions majeures sur les stocks et les capacités de production. Pour lui, le véritable danger apparaîtra lorsque les réserves mondiales commenceront à être insuffisantes pour satisfaire la demande réelle. À ce moment-là, les prix pourraient s’envoler extrêmement rapidement. Dans un monde confronté à des tensions inflationnistes persistantes, l’or physique pourrait redevenir un pilier central de préservation du patrimoine.

Le grand retour des actifs réels face aux excès de la finance moderne

Au fond, l’analyse de Jeff Currie dépasse largement le simple cadre des matières premières. Elle reflète un changement profond dans l’équilibre économique mondial. Pendant des années, la création monétaire abondante et les taux bas ont favorisé les actifs financiers déconnectés de l’économie réelle. Désormais, les contraintes physiques reviennent brutalement au premier plan. Produire de l’électricité, extraire du cuivre, raffiner du pétrole ou construire des infrastructures énergétiques nécessite du temps, du capital et des ressources limitées. Cette réalité pourrait provoquer une réévaluation spectaculaire des actifs tangibles dans les années à venir. Pour de nombreux investisseurs, cette transition pourrait marquer la fin d’une ère dominée exclusivement par la finance numérique et le retour des valeurs liées à la production réelle de richesses matérielles. L’or physique pourrait ainsi redevenir l’un des actifs stratégiques majeurs d’un monde confronté à la raréfaction des ressources et à l’instabilité monétaire.

Pourquoi l’or pourrait bénéficier directement du supercycle des matières premières

Même si Jeff Currie concentre principalement son analyse sur l’énergie et les ressources industrielles, l’or pourrait lui aussi profiter pleinement de ce nouveau cycle économique. Historiquement, les périodes de hausse des matières premières s’accompagnent souvent d’une inflation persistante, d’une hausse des coûts de production et d’une perte progressive de confiance envers les monnaies fiduciaires. Dans ce type d’environnement, l’or retrouve généralement son rôle traditionnel de valeur refuge internationale. À mesure que les tensions énergétiques et inflationnistes augmenteront, les banques centrales, les investisseurs institutionnels et les particuliers pourraient renforcer massivement leurs positions en métaux précieux afin de protéger leur pouvoir d’achat. Cette dynamique pourrait soutenir durablement les prix de l’or dans les prochaines années. Acheter de l’or physique dès maintenant pourrait permettre de se positionner avant une possible réévaluation majeure des actifs tangibles à l’échelle mondiale.

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