Or à 15 000 $ : le graphique qui révèle pourquoi le métal jaune pourrait être très loin de son véritable sommet…

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Un graphique qui raconte une histoire très différente de celle du simple prix de l’or

Et si l’or n’était pas cher… mais encore historiquement sous-évalué ? C’est précisément la question que pose le graphique consacré au ratio entre le prix de l’or et la dette fédérale américaine. À première vue, le métal jaune semble avoir déjà accompli un parcours spectaculaire : après avoir franchi pour la première fois les 5 000 dollars l’once en janvier 2026, il a établi de nouveaux records, avant de connaître une correction et une phase de consolidation. Le World Gold Council indique notamment que l’or a atteint 5 405 dollars l’once en janvier 2026 selon le fixing LBMA PM. Pourtant, l’approche défendue par Jesse Colombo conduit à une conclusion radicalement différente : rapporté à l’explosion de la dette fédérale américaine, le prix du métal précieux serait loin d’avoir reproduit l’excès observé au sommet du précédent grand cycle haussier. Pour les investisseurs qui souhaitent transformer cette analyse macroéconomique en réflexion patrimoniale, acheter de l’or physique peut constituer une manière concrète d’intégrer le risque monétaire et budgétaire dans une stratégie de diversification.

Pourquoi le chiffre de 952 en 1980 est-il aussi important ?

Le premier élément à comprendre est essentiel : le graphique fourni ne représente pas simplement l’évolution du cours de l’or en dollars. Il compare le prix du métal jaune à la dette fédérale américaine, puis normalise cette relation afin de la rendre plus facile à comparer entre différentes périodes. Autrement dit, il ne cherche pas uniquement à répondre à la question « combien coûte une once d’or ? », mais plutôt à celle-ci : quelle valeur l’or représente-t-il par rapport à l’ampleur des engagements financiers du gouvernement américain ? Cette nuance change considérablement l’interprétation. Sur le graphique, l’indice atteint environ 952 lors du pic de 1980, contre seulement 122 autour du sommet de 2011 et 107 aujourd’hui. Les chiffres exacts peuvent légèrement différer selon la date retenue et les séries statistiques utilisées, mais le message général demeure identique : le ratio actuel est très inférieur à celui observé lors du grand sommet de 1980. Dans cette perspective, l’achat d’or physique apparaît comme une façon de détenir un actif dont la valeur n’est pas directement liée à la capacité du gouvernement américain à rembourser sa dette.

1980 : le précédent historique qui continue de fasciner les investisseurs

Le sommet de 1980 constitue le cœur de l’argumentation. À cette époque, l’économie américaine traversait une période particulièrement difficile, marquée par une inflation élevée, des taux d’intérêt très importants, des tensions géopolitiques et une profonde défiance à l’égard du système monétaire. L’or avait alors atteint un sommet historique nominal proche de 850 dollars l’once en janvier 1980. Mais ce qui frappe dans le graphique n’est pas seulement le niveau du prix : c’est la relation entre ce prix et la dette fédérale américaine. L’indice atteint environ 952, ce qui signifie que, relativement à l’endettement fédéral, l’or occupait une place incomparablement plus importante qu’aujourd’hui. C’est précisément cette disproportion qui nourrit la thèse de Colombo : si l’on considère que le niveau de dette constitue une sorte de « mètre étalon » permettant d’évaluer le prix du métal, l’or actuel n’aurait pas encore retrouvé le degré de revalorisation observé au début des années 1980. Pour l’épargnant qui souhaite se positionner avant une éventuelle poursuite de cette réévaluation, l’acquisition progressive d’or physique peut être envisagée comme une couverture de long terme face aux déséquilibres monétaires.

107 aujourd’hui contre 952 en 1980 : un écart spectaculaire

Le contraste entre les deux extrémités du graphique est particulièrement frappant. Avec un indice de 107 aujourd’hui contre environ 952 en 1980, le ratio actuel représente à peine un peu plus de 11 % du sommet observé à l’époque. En divisant 952 par 107, on obtient environ 8,9. C’est de cette comparaison que vient l’idée selon laquelle l’or devrait être multiplié par environ neuf pour retrouver, à dette constante, le même ratio qu’en 1980. Cette dernière précision est capitale : il serait incorrect de transformer mécaniquement ce calcul en prévision de cours. La dette américaine continuera d’évoluer, et le ratio peut donc atteindre un niveau donné par différentes combinaisons entre hausse de l’or et progression de la dette. Le calcul de neuf fois doit donc être compris comme une illustration de l’écart historique, et non comme un objectif mathématique garanti. Dans tous les cas, détenir une partie de son patrimoine en or physique permet précisément de se préparer à un scénario dans lequel la monnaie évolue beaucoup plus rapidement que le pouvoir d’achat du métal.

La dette américaine est aujourd’hui dans une autre dimension

La comparaison devient encore plus intéressante lorsque l’on regarde le poids de la dette américaine par rapport à la taille de l’économie. Le FMI estime que la dette brute des administrations publiques américaines représentait environ 123,9 % du PIB en 2025 et prévoit qu’elle atteigne environ 125,8 % en 2026, avec une trajectoire dépassant 140 % du PIB à l’horizon 2031 dans ses projections. Le déficit des administrations publiques devrait lui aussi rester très élevé. C’est un changement majeur par rapport à 1980, période à laquelle, selon la comparaison mise en avant par Colombo, la dette fédérale rapportée au PIB se situait à un niveau beaucoup plus faible, autour de 33 %. Il faut toutefois éviter de comparer sans précaution des définitions différentes de la dette : dette fédérale, dette détenue par le public ou dette brute des administrations publiques ne recouvrent pas exactement le même périmètre. Le point macroéconomique reste néanmoins incontestable : le poids de l’endettement public américain est aujourd’hui considérablement supérieur à celui qui prévalait au début des années 1980. Dans ce contexte, l’or physique peut jouer un rôle de diversification face au risque que représentent les déficits publics persistants et l’érosion potentielle du pouvoir d’achat monétaire.

Le véritable raisonnement de Jesse Colombo : ce n’est pas seulement l’or qui compte

La thèse de Jesse Colombo repose donc moins sur l’idée simpliste selon laquelle « l’or va monter » que sur une réflexion beaucoup plus large concernant la dégradation progressive des équilibres budgétaires et monétaires. Son raisonnement est le suivant : si la quantité de dette augmente fortement tandis que le prix de l’or ne progresse pas dans les mêmes proportions, le ratio entre les deux se contracte. À l’inverse, une forte appréciation de l’or permettrait de restaurer une partie de la relation historique entre le métal et les engagements financiers de l’État. Colombo considère ainsi que le cycle haussier des métaux précieux pourrait encore avoir plusieurs années devant lui. Dans ses analyses de 2026, il maintient notamment un scénario dans lequel l’or pourrait atteindre au moins 15 000 dollars l’once. Pour l’investisseur de long terme, l’achat d’or physique par étapes peut être une manière de construire progressivement une exposition à cette thématique sans dépendre exclusivement d’un point d’entrée unique.

15 000 dollars : un scénario extrême ou une simple étape ?

Le niveau de 15 000 dollars l’once paraît évidemment vertigineux lorsqu’on le compare aux niveaux observés il y a encore quelques années. Pourtant, replacé dans la trajectoire récente du marché, le mouvement apparaît moins inconcevable qu’il ne pouvait le sembler auparavant. Le fixing LBMA PM a atteint 5 405 dollars l’once en janvier 2026, après une progression extrêmement rapide, avant que le marché ne corrige une partie de cette envolée. Atteindre 15 000 dollars depuis 5 405 dollars nécessiterait encore une progression d’environ 178 %, soit un prix multiplié par environ 2,8, et non par neuf. Cela permet de mieux comprendre la différence entre les deux arguments : **15 000 dollars correspond à une hypothèse de prix formulée par Colombo, tandis que le ratio 952/107 mesure l’écart entre deux régimes historiques**. Ce sont deux indicateurs complémentaires, mais ils ne doivent pas être confondus. Pour ceux qui envisagent l’or comme une assurance patrimoniale plutôt qu’un simple pari de court terme, l’achat d’or physique peut s’inscrire dans une stratégie de conservation sur plusieurs années, indépendamment de la réalisation ou non d’un objectif de 15 000 dollars.

Le précédent de 2011 montre pourquoi le ratio est intéressant

Le graphique fait également apparaître un deuxième sommet, beaucoup moins spectaculaire que celui de 1980 : celui de 2011, lorsque le ratio atteint environ 122. Cette période est particulièrement instructive puisque l’or avait alors franchi pour la première fois les 1 900 dollars l’once dans un contexte de crise de la dette souveraine européenne, de politique monétaire très accommodante et d’inquiétudes concernant la reprise économique mondiale. Or, malgré ce niveau historiquement important du prix du métal, le ratio or/dette américaine ne s’était approché que modestement de son sommet de 1980. Aujourd’hui, le graphique place même le ratio autour de 107, soit légèrement sous son niveau de 2011. Cela signifie qu’en termes relatifs à la dette fédérale, l’or ne se situe pas dans une zone historiquement comparable à celle de 1980. Cette lecture constitue l’un des arguments les plus intéressants du graphique, car elle montre pourquoi regarder uniquement le prix nominal de l’once peut donner une image incomplète de la situation. Dans cette logique, l’or physique conserve un intérêt particulier pour les investisseurs qui veulent raisonner en termes de préservation de richesse plutôt qu’en simple prix exprimé en dollars.

Pourquoi dire que « l’or est trop cher » peut être trompeur

Lorsqu’un actif bat régulièrement ses records, il est naturel de considérer qu’il est devenu cher. C’est une réaction psychologique parfaitement compréhensible : acheter de l’or à plus de 5 000 dollars l’once semble beaucoup plus difficile émotionnellement qu’en acheter à 1 200 ou 1 500 dollars. Mais un prix nominal élevé ne signifie pas nécessairement qu’un actif est surévalué. Une maison à 500 000 euros peut être moins chère relativement aux revenus qu’une maison à 200 000 euros à une autre époque, et le même raisonnement peut s’appliquer au métal jaune lorsqu’on le compare à la masse monétaire, aux actifs financiers, à l’inflation ou, comme ici, à la dette publique. Le World Gold Council souligne que la dynamique de l’or en 2026 reste influencée par les risques géopolitiques, l’investissement et les achats des banques centrales. Ainsi, acheter de l’or physique ne revient pas nécessairement à parier sur une hausse immédiate : cela peut aussi revenir à acheter un actif réel dans une perspective de protection patrimoniale de long terme.

Attention : le ratio or/dette n’est pas une boule de cristal

C’est ici qu’une lecture sérieuse du graphique doit se distinguer d’un discours purement promotionnel. Le ratio historique est intéressant, mais il ne permet pas de prédire automatiquement le prochain prix de l’or. Premièrement, rien ne garantit que le marché reproduira exactement le comportement de 1980. Deuxièmement, une hausse de la dette américaine n’entraîne pas mécaniquement une hausse équivalente du cours de l’or. Troisièmement, les taux d’intérêt réels, le dollar, l’inflation, les achats des banques centrales, les flux vers les ETF, la demande asiatique, les tensions géopolitiques et les anticipations de politique monétaire peuvent modifier profondément la trajectoire du métal. Il serait donc imprudent de présenter 952 comme une cible certaine, tout comme il serait imprudent de présenter 15 000 dollars comme une promesse. Dans une stratégie patrimoniale prudente, l’achat d’or physique doit être considéré comme une composante potentielle d’une diversification globale et non comme une garantie de performance future.

Le scénario qui pourrait réellement changer la donne

Le scénario le plus puissant pour l’or ne serait finalement pas nécessairement une explosion instantanée du prix du métal, mais une combinaison prolongée de déficits publics élevés, d’endettement croissant, de taux réels faibles ou négatifs, d’inflation persistante et de perte progressive de confiance dans les monnaies fiduciaires. Dans un tel environnement, l’or pourrait bénéficier d’un double mécanisme : une demande accrue pour ses qualités défensives et une hausse de sa valeur nominale nécessaire pour conserver une certaine rareté relative face à l’expansion des passifs financiers. C’est précisément ce type de « réévaluation monétaire » que la thèse de Colombo cherche à mettre en évidence. Son scénario de 15 000 dollars constitue déjà une hypothèse très haussière ; son évocation d’une éventuelle hyperinflation conduisant, à très long terme, à des prix de l’or exprimés en dizaines de milliers, millions, voire davantage, relève d’un scénario beaucoup plus extrême et spéculatif qui ne doit pas être confondu avec une prévision consensuelle. Pour un épargnant qui souhaite néanmoins se prémunir contre des scénarios monétaires défavorables, l’or physique peut représenter une réserve de valeur tangible susceptible de compléter les actifs financiers traditionnels.

La dette a changé d’échelle, et cela pourrait changer la lecture de l’or

Au fond, le message le plus intéressant du graphique n’est peut-être même pas « l’or va monter neuf fois ». Ce serait une simplification excessive. Le véritable enseignement est que la dette américaine a augmenté à une vitesse telle que le prix actuel de l’or doit être analysé dans un contexte totalement différent de celui des années 1970 et 1980. Le FMI prévoit encore une augmentation du ratio de dette publique américaine au cours des prochaines années. Si cette trajectoire devait se poursuivre tandis que les investisseurs recherchent davantage de protection contre les risques monétaires et budgétaires, le ratio or/dette pourrait rester déprimé même avec une forte progression du métal. Autrement dit, il est tout à fait possible que l’or atteigne 10 000 ou 15 000 dollars sans retrouver immédiatement son sommet historique relatif de 1980, précisément parce que le dénominateur, c’est-à-dire la dette, aura lui aussi énormément augmenté. C’est pourquoi détenir une quantité raisonnable d’or physique peut être envisagé comme une protection contre l’accumulation de risques qui ne sont pas toujours visibles dans le seul cours des marchés financiers.

Un marché haussier séculaire encore loin d’être terminé selon Colombo

Jesse Colombo considère que le cycle actuel des métaux précieux n’en est qu’à ses premières années. Dans ses publications de 2026, il a maintenu son scénario d’un marché haussier séculaire commencé autour de 2024, malgré la correction observée après le sommet de janvier. Il réaffirme notamment son objectif d’un or à au moins 15 000 dollars, considérant la correction de 2026 comme une phase de refroidissement au sein d’une tendance plus longue. Cette interprétation est évidemment celle de l’analyste et ne constitue pas un consensus de marché. Elle mérite néanmoins d’être étudiée parce qu’elle propose une grille de lecture différente : au lieu de considérer le record de janvier comme la conclusion d’un cycle, Colombo l’interprète comme une étape d’un mouvement de long terme. Pour l’investisseur qui partage cette vision, l’achat d’or physique peut être pensé avec un horizon de plusieurs années plutôt qu’avec la seule perspective de profiter du prochain mouvement quotidien des cours.

Alors, jusqu’où l’or peut-il réellement aller ?

Personne ne peut aujourd’hui fournir un chiffre certain. 5 600 dollars n’était pas nécessairement le sommet définitif, pas plus que 15 000 dollars n’est une destination garantie. Le marché de l’or peut connaître des corrections importantes au cours d’un cycle haussier, notamment lorsque les taux réels remontent, que le dollar se renforce ou que les investisseurs réduisent leur exposition aux actifs défensifs. La véritable question consiste donc moins à chercher un chiffre magique qu’à comprendre les forces structurelles qui déterminent la valeur du métal. Or, plusieurs données récentes montrent que le contexte reste radicalement différent de celui d’il y a dix ou vingt ans : le World Gold Council a recensé un record historique de 5 405 dollars l’once en janvier 2026 et souligne l’importance de la demande d’investissement ainsi que des achats des banques centrales. Dans cette perspective, acheter de l’or physique peut être considéré non comme une tentative de deviner le prochain sommet, mais comme une décision de diversification face à plusieurs scénarios économiques possibles.

Conclusion : le prix de l’or n’est peut-être pas le meilleur indicateur à regarder

Le graphique fourni délivre finalement un message beaucoup plus subtil que son spectaculaire « 107 contre 952 ». Oui, si le ratio or/dette américaine revenait exactement au niveau de 1980 et si la dette restait inchangée, le calcul impliquerait une multiplication du prix de l’or par environ 8,9. Mais ce scénario mécanique n’est pas une prévision : la dette continuera d’évoluer, les conditions monétaires changeront et le marché ne reproduira jamais parfaitement le passé. En revanche, l’écart entre le ratio actuel et celui de 1980 met en évidence une réalité difficile à ignorer : **l’économie américaine porte aujourd’hui un niveau d’endettement public bien plus lourd, tandis que l’or, même après son spectaculaire parcours jusqu’en 2026, n’a pas retrouvé le poids relatif qu’il représentait au début des années 1980**. C’est précisément ce décalage qui alimente la conviction de Jesse Colombo selon laquelle le cycle haussier pourrait encore avoir plusieurs années devant lui et conduire potentiellement le métal vers 15 000 dollars, voire davantage dans des scénarios monétaires beaucoup plus extrêmes. Pour les investisseurs qui souhaitent tirer leurs propres conclusions de cette évolution, découvrir les possibilités d’achat d’or physique peut constituer une première étape pour intégrer le métal jaune dans une stratégie patrimoniale diversifiée.

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