Dette française : la France au bord du scénario grec, l’euro menacé et l’épargne sous pression – Avec Philippe Béchade

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La France connaît une crise de la dette. Le taux d’emprunt français à dix ans vient de dépasser 4,3%, un niveau qui n’avait plus été observé depuis la crise financière de 2008. Dans le même temps, l’écart entre la dette française et la dette allemande franchit les 90 points de base. Pour Philippe Béchade, rédacteur en chef des Publications Agora et spécialiste des marchés financiers, les marchés adressent désormais un message clair aux dirigeants français : le refinancement du déficit coûte de plus en plus cher et la situation peut rapidement devenir explosive. Dans ce contexte de crise de la dette française, l’achat d’or apparaît comme une solution à étudier pour protéger une partie de son épargne.

La France entre dans une crise de la dette

La tension sur les taux d’intérêt ne concerne pas uniquement la France. Elle se propage depuis la mi-juillet et aucun émetteur n’est épargné. En l’espace de deux mois, les taux ont progressé de 50 à 60 points de base. Mais ce qui inquiète réellement Philippe Béchade, c’est l’évolution de l’écart entre le Bund allemand et l’OAT française. Il y a deux mois, cet écart était retombé autour de 75 points de base. Il vient désormais de franchir pour la première fois le seuil des 90 points. Face à la montée des risques sur la dette française, l’achat d’or permet aux épargnants d’envisager un actif tangible indépendant du financement de l’État.

Après la dissolution de l’Assemblée nationale en 2024 et l’incertitude politique qui avait suivi, le spread franco-allemand avait grimpé jusqu’à 89 points de base avant de redescendre rapidement vers 80 points. Cette fois, le mouvement est différent. La barre des 90 points vient d’être franchie au moment précis où commencent les discussions budgétaires sur le projet de loi de finances pour 2027. Pour Philippe Béchade, les marchés envoient encore un message discret, mais le seuil des 100 points n’est plus très éloigné. À 100 points de base, l’alerte générale serait déclenchée. Dans une période où les marchés sanctionnent la dette française, l’achat d’or peut constituer une protection patrimoniale face à la perte de confiance.

Le taux français dépasse celui de la Grèce

Le taux français à dix ans dépasse désormais celui de la Grèce. Le rendement de l’OAT se situe autour de 4,3%, tandis que la dette grecque évolue légèrement en dessous. Cette situation symbolise le changement de perception des investisseurs à l’égard de la France. Le pays qui était autrefois considéré comme l’un des piliers de la zone euro doit désormais payer un taux supérieur à celui d’un État qui avait été au cœur de la crise souveraine européenne. Lorsque la dette française devient plus coûteuse que la dette grecque, l’achat d’or mérite d’être étudié comme une solution de diversification de l’épargne.

La comparaison avec la Grèce doit néanmoins être replacée dans les chiffres avancés par Philippe Béchade. Au moment de sa crise, la Grèce portait une dette d’environ 350 milliards d’euros. La France supporte aujourd’hui une dette proche de 3 500 milliards d’euros, soit dix fois plus. La différence n’est donc pas seulement arithmétique. Elle est surtout systémique : la France est trop importante pour que son effondrement puisse être traité comme celui de la Grèce. Dans le scénario d’une crise systémique de la dette française, l’achat d’or peut permettre de conserver une partie de son patrimoine dans un actif physique.

Une crise française deviendrait une crise européenne

La France est un pays systémique. Si elle connaît une crise de la dette, c’est toute l’Europe qui entre en crise. Le choc se transmettrait immédiatement aux banques, aux marchés obligataires, aux entreprises et aux États membres de la zone euro. La conséquence la plus probable serait un affaiblissement de l’euro. Or un euro qui baisse signifie que le pouvoir d’achat de la monnaie diminue. Dans une crise qui menace la monnaie européenne, l’achat d’or apparaît comme un moyen de diversifier une épargne exposée à la baisse de l’euro.

Le risque devient encore plus important alors que le pétrole vient de franchir la barre des 100 dollars le baril. Si l’euro perd 3 ou 4% face au dollar, la France paiera son énergie et l’ensemble de ses importations 3 ou 4% plus cher. Cette baisse de la monnaie ajoutera donc immédiatement de l’inflation à une économie déjà fragilisée. Les ménages subiront la hausse des carburants, du chauffage, des transports et des produits importés. Lorsque l’euro perd du pouvoir d’achat et que l’inflation progresse, l’achat d’or peut servir à diversifier une épargne exposée à la dépréciation monétaire.

Selon Philippe Béchade, on ne pourra pas infliger à la France une leçon comparable à celle qui avait été infligée à la Grèce. Punir la France reviendrait littéralement à punir l’Europe. Si le niveau de vie des Français baissait de 30 ou 35%, la croissance européenne s’effondrerait. La France est le premier partenaire économique de l’Allemagne et son premier client. La même logique s’applique à l’Italie, à la Belgique et à de nombreux autres pays. Dans une crise européenne qui menace directement le niveau de vie, l’achat d’or peut offrir une réserve patrimoniale à ceux qui veulent se protéger de l’appauvrissement.

La BCE devra calmer les créanciers

Pour Philippe Béchade, la Banque centrale européenne n’aura probablement pas d’autre choix que d’intervenir si la crise de financement devient trop forte. La BCE avait déjà agi avec l’Italie, lorsque les taux italiens étaient montés au-delà de 7,5% ou 8% en 2011. Elle avait décidé de racheter les émissions italiennes afin de calmer les créanciers, quitte à mettre de côté ses propres règles et la limite qui lui interdisait de détenir plus de 30% de la dette souveraine d’un pays. Dans l’hypothèse d’un soutien massif de la BCE et d’une création monétaire accrue, l’achat d’or peut constituer une alternative à la monnaie fiduciaire.

L’enjeu ne serait pas seulement de sauver la France. Il s’agirait de préserver la survie de l’euro. La situation française est différente de la crise grecque, car la France est au cœur du fonctionnement économique et financier de la zone euro. La BCE devrait donc faire baisser le taux de refinancement de la dette française à un niveau raisonnable et empêcher l’écart avec le Bund allemand de dépasser durablement les 100 points de base. Dans un contexte où la survie de l’euro dépendrait d’une intervention monétaire, l’achat d’or peut être étudié comme une protection contre la perte de valeur de la monnaie.

L’Europe ne sauvera pas directement la France

La zone euro ne viendra pas directement sauver la France. La France est un contributeur net au budget européen : elle verse chaque année environ 11 à 12 milliards d’euros de plus qu’elle ne reçoit. Elle fait donc partie des créanciers de l’Europe, tandis que la Pologne et plusieurs pays d’Europe de l’Est bénéficient davantage des transferts européens. Le soutien ne viendrait pas d’un sauvetage financier classique de l’Union européenne, mais de l’action de la BCE sur les marchés obligataires. Dans une crise où le soutien européen prendrait la forme d’une intervention monétaire, l’achat d’or peut permettre de détenir un actif qui ne dépend pas des décisions de Bruxelles ou de Francfort.

La mission de la BCE serait donc de calmer les créanciers. Elle devrait racheter les émissions françaises afin d’empêcher les taux de continuer à grimper et d’éviter que le spread ne franchisse un seuil critique. Mais cette stratégie reviendrait à créer de la monnaie. Plus la BCE rachèterait de dette, plus elle augmenterait la quantité de monnaie en circulation. Pour Philippe Béchade, ce mécanisme conduit inévitablement à réduire la valeur de la monnaie. Lorsque les banques centrales créent davantage de monnaie pour financer les dettes, l’achat d’or peut offrir une protection contre la dépréciation monétaire.

L’épargne française sous pression

Si la situation se dégrade fortement, les détenteurs d’assurance-vie, de fonds en euros et d’obligations d’État françaises devront surveiller l’évolution de leurs placements. Lorsque les taux montent, la valeur nominale des obligations déjà émises baisse. Une obligation achetée à une époque où les taux étaient proches de 2% vaut moins sur le marché lorsque les nouvelles obligations offrent 4,3% ou davantage. La hausse des taux ne signifie pas que l’épargne disparaît, mais elle entraîne une baisse de la valeur des titres détenus. Dans une période où les obligations perdent de la valeur, l’achat d’or permet d’envisager une diversification hors des fonds principalement exposés à la dette.

Si les taux montaient jusqu’à 5%, les Français ne perdraient pas toute leur épargne. En revanche, Philippe Béchade estime que la peur serait utilisée pour leur demander d’accepter des réformes extrêmement désagréables, voire injustes. Les gouvernements expliqueraient que, pour préserver l’épargne, il faudrait consentir des sacrifices. Plusieurs solutions pourraient être avancées : lancement d’un grand emprunt, désindexation des retraites, baisse des pensions ou modification de certaines règles concernant l’épargne. Face au risque de mesures imposées au nom de la sauvegarde de l’épargne, l’achat d’or peut être considéré comme une manière de détenir directement un actif tangible.

L’épargne française ne s’effondrera pas totalement. Même en Grèce, elle n’a pas disparu dans son intégralité. Mais le levier de la peur sera utilisé pour convaincre les Français d’accepter des sacrifices afin de préserver leur patrimoine. Pour Philippe Béchade, c’est vers cette situation que le pays se dirige. Les ménages seront invités à renoncer à une partie de leurs revenus ou de leurs droits afin de protéger un système financier affaibli par la dette. Dans ce climat de peur et de pression sur les épargnants, l’achat d’or peut constituer une solution patrimoniale à examiner.

L’immobilier sera le premier secteur frappé

L’immobilier est le secteur qui souffre le plus de la remontée des taux. Avec des taux obligataires autour de 4,3%, les crédits immobiliers sur quinze ans flirtent avec les 5%. En ajoutant le coût de l’assurance, un emprunteur peut finir par payer deux fois le bien acheté sur une période d’environ quatorze ans. Cette situation exclut progressivement les primo-accédants du marché. Les jeunes qui achètent leur premier logement ne peuvent plus obtenir les mêmes conditions de financement qu’auparavant. Dans un marché immobilier paralysé par la hausse des taux, l’achat d’or peut être étudié comme une autre manière d’investir progressivement une partie de son épargne.

La construction est déjà en panne à un niveau jamais observé depuis la crise de 1990-1991. La production pourrait passer d’environ 85 000 logements construits à seulement 60 000. Les promoteurs réduisent leurs projets, les ménages renoncent à emprunter et les jeunes ménages restent exclus de la propriété. La hausse des taux provoque donc un choc direct sur le logement, mais aussi sur l’emploi, les entreprises du bâtiment et les finances locales. Dans une économie où l’immobilier devient inaccessible, l’achat d’or peut offrir une possibilité de diversification pour les épargnants qui ne peuvent plus financer un projet immobilier.

Les entreprises croulent sous les dettes

Les entreprises déjà endettées sont également menacées. Beaucoup avaient accumulé des dettes avant la pandémie et n’ont survécu que grâce au dispositif du « quoi qu’il en coûte ». Elles doivent maintenant faire face au poids de leurs emprunts dans un environnement où les taux augmentent et où l’activité ralentit. La sous-traitance automobile illustre cette fragilité. À Mulhouse, la production automobile liée à Stellantis et Peugeot aurait chuté des deux tiers en sept ou huit ans. Pour les sous-traitants, cela représente environ 65% de commandes en moins. Lorsque les entreprises réduisent leur activité et que le risque de faillite progresse, l’achat d’or peut permettre de diversifier une épargne trop concentrée sur l’économie nationale.

La fuite dans l’endettement ne résoudra rien. Tant que la France ne relocalisera pas son industrie, elle ne recréera pas suffisamment de richesse. Même une baisse des taux ne suffirait pas à sortir le pays de ses difficultés. Le problème est plus profond que le seul coût du crédit : il concerne la désindustrialisation, la perte de production et l’incapacité à conserver sur le territoire les entreprises les plus prometteuses. Dans une économie qui ne produit plus assez de richesse, l’achat d’or peut représenter une réserve patrimoniale indépendante des performances industrielles françaises.

Le Bitcoin reste spéculatif, l’or est privilégié

Pour Philippe Béchade, le Bitcoin est vendu comme une protection contre la prolifération monétaire. Les États-Unis viennent de s’endetter de 2 100 milliards de dollars supplémentaires en douze mois et créent de la monnaie pour financer leur dette. La Réserve fédérale américaine serait piégée, car elle devrait continuer à intervenir pour maintenir les marchés obligataires. En Europe, si la BCE rachetait toutes les émissions françaises, elle imprimerait également de la monnaie. Dans un monde où les banques centrales créent toujours plus de monnaie, l’achat d’or permet de détenir un actif qui ne peut pas être imprimé.

L’or, l’argent et le Bitcoin ne peuvent pas être créés à volonté par les banques centrales. Mais Philippe Béchade distingue clairement l’or du Bitcoin. Le Bitcoin reste spéculatif et ne possède pas, selon lui, de véritable valeur intrinsèque. Son prix de revient dépend du minage, mais il ne repose pas sur un fondamental historique et économique comparable à celui de l’or. Le métal jaune et l’argent disposent, eux, de 4 000 ans d’histoire comme instruments de préservation de la valeur. Pour ceux qui recherchent un actif ancien, tangible et impossible à créer par simple décision monétaire, l’achat d’or constitue la piste privilégiée par Philippe Béchade.

Le Bitcoin reste dans l’univers du dollar, notamment parce que les stablecoins sont majoritairement libellés en dollars. Acheter du Bitcoin revient donc à arbitrer en permanence entre le Bitcoin, le dollar et les stablecoins. Avec l’or et l’argent, l’investisseur sort de cet univers monétaire. Philippe Béchade compare cet univers à celui du franc suisse, une monnaie qui ne repose pas sur une création monétaire massive. Mais le franc suisse reste un espace étroit, tandis que l’or représente un marché beaucoup plus profond. Pour sortir de l’univers du dollar et détenir un actif physique reconnu mondialement, l’achat d’or apparaît comme la solution privilégiée.

Les banques centrales accumulent de l’or

Les banques centrales des pays émergents et des BRICS accumulent de l’or. La Chine en achèterait environ 33 tonnes par mois et la Pologne est devenue le principal acheteur en Europe. La Pologne a récemment acheté 56 tonnes d’or. Ses liquidités excédentaires ne servent donc pas uniquement à acheter de l’euro ou des obligations européennes : elles sont transformées en or. À l’image des banques centrales qui renforcent leurs réserves, l’achat d’or permet aux particuliers de détenir une réserve physique reconnue à l’échelle mondiale.

Le choix de la Pologne est particulièrement révélateur. Ce pays reçoit des financements européens, notamment de la France et de l’Allemagne, puis transforme une partie de ses liquidités en or. Il n’accumule pas massivement des euros ou des bons du Trésor libellés en euros. Il achète de l’or. Pour Philippe Béchade, ce choix pose une question évidente : pourquoi un pays qui reçoit des fonds européens préfère-t-il convertir son argent en métal précieux ? Pour suivre la stratégie des banques centrales et de la Pologne, l’achat d’or peut être envisagé comme une protection contre la perte de valeur des monnaies.

Les dépenses publiques sont devenues incontrôlables

Les dépenses de fonctionnement de l’État ont augmenté de 24% depuis 2021. Pour Philippe Béchade, la Cour des comptes pointe chaque année de véritables trous noirs budgétaires. Des centaines de millions, voire des milliards d’euros, disparaissent dans des agences dont personne ne sait précisément ce qu’elles font. La France compterait environ 1 200 agences, pour un coût estimé entre 100 et 140 milliards d’euros. Une différence de 40 milliards dans l’estimation montre à quel point le système échappe au contrôle. Dans un pays où les dépenses publiques échappent au contrôle, l’achat d’or peut permettre aux épargnants de protéger directement une partie de leur patrimoine.

Près de 80% de ces agences ne feraient l’objet d’aucun contrôle sérieux sur la manière dont elles dépensent l’argent public. Elles reçoivent des financements sans que leur production réelle soit clairement mesurée. Certaines ne publient même pas de rapports utiles, tandis que leurs dirigeants disposent de postes de président, de vice-président ou de trésorier avec des rémunérations élevées. Pour Philippe Béchade, un audit complet permettrait de réaliser des économies considérables. Face au gaspillage de l’argent public et à l’augmentation des impôts qui en découle, l’achat d’or peut constituer un moyen de diversifier son épargne.

Un millefeuille administratif qui coûte une fortune

Les agences servent également à recycler les responsables politiques qui ont perdu une élection ou qui ont été écartés. À cela s’ajoutent les différentes strates administratives : communes, intercommunalités, départements, régions, État et structures spécialisées. La France compte 577 députés et 348 sénateurs, auxquels s’ajoutent les présidents de région, les hauts fonctionnaires et les cabinets de conseil. Chaque étage du millefeuille administratif nécessite des responsables, des bureaux, des rémunérations et des dépenses de fonctionnement. Dans un système administratif devenu trop coûteux, l’achat d’or peut aider à diversifier un patrimoine exposé aux hausses d’impôts nécessaires pour le financer.

La France aurait quatre fois plus de députés que la Suède ou que plusieurs pays scandinaves. Elle multiplie les contrôleurs, les normes, les réglementations et les recours administratifs. Les cabinets de conseil représenteraient également plusieurs milliards d’euros d’économies potentielles. Mais la réduction de ces dépenses se heurte à des habitudes politiques profondément installées et à un système de renvoi d’ascenseur entre responsables publics. Dans une économie écrasée par les dépenses administratives, l’achat d’or peut être étudié comme un actif tangible face à l’instabilité fiscale.

Il faut relocaliser l’industrie française

Pour rééquilibrer les finances, il ne suffit pas de réduire les dépenses. Il faut également produire davantage de richesse. La seule solution consiste à relocaliser l’industrie en France. Or, depuis neuf ou quatorze ans, la France vend ses entreprises les plus prometteuses. Environ 1 600 start-up ou « licornes » auraient été rachetées, le plus souvent par des groupes américains. Une fois ces sociétés acquises, les cerveaux et la production partent aux États-Unis. Dans une économie marquée par les délocalisations et la fuite des capitaux, l’achat d’or offre aux particuliers un actif qui reste physiquement détenu par son propriétaire.

La fuite des cerveaux aggrave la situation. En France, une personne qui crée une richesse considérable est lourdement taxée. Sur une rémunération annuelle de 250 000 euros, il peut rester moins de 130 000 euros après les prélèvements et la TVA. Aux États-Unis, le prélèvement serait beaucoup plus faible, tandis qu’aux Émirats arabes unis il serait presque nul. Les entrepreneurs, les ingénieurs et les dirigeants partent donc vers des pays où ils conservent une part plus importante de la richesse qu’ils créent. Dans un pays où la fiscalité pousse les créateurs de richesse à partir, l’achat d’or peut permettre de préserver une épargne tangible hors du circuit économique national.

La baisse des retraites aggraverait la crise

Réduire ou désindexer les retraites ne permettrait pas de régler le problème. Les retraités dépensent l’argent qu’ils reçoivent et soutiennent ainsi la consommation, qui représente une grande partie de la croissance. Si les pensions baissent, si une année blanche est décidée ou si l’abattement de 10% est supprimé, les retraités consommeront moins. Les ménages qui arrivent déjà difficilement à la fin du mois seront contraints de faire davantage d’économies. Dans une période où les revenus et les retraites sont menacés, l’achat d’or peut représenter une manière de conserver une partie de son patrimoine sous forme physique.

On ne peut pas rééquilibrer les comptes uniquement en prenant de l’argent dans la poche des Français ou en leur en restituant moins. Les retraites n’ont pas vocation à être équilibrées comme une entreprise. Elles doivent permettre aux personnes qui ont créé de la richesse par le passé de recevoir un revenu, de consommer et de soutenir l’activité actuelle. La même logique s’applique au système de santé : les hôpitaux ne sont pas conçus pour générer un bénéfice comptable. Face aux projets de baisse des revenus et de ponction de l’épargne, l’achat d’or peut être étudié comme une réserve patrimoniale durable.

La France doit changer de logiciel économique

La France doit restaurer une culture de la création de richesse. Depuis 1981, le logiciel économique français repose principalement sur la redistribution. Mais la redistribution ne peut fonctionner que si la richesse est d’abord créée. Les pays prospères sont ceux où les personnes qui créent la richesse en conservent la plus grande partie. Singapour et les Émirats arabes unis illustrent cette dynamique : les entrepreneurs y sont encouragés à investir, à créer et à développer leurs activités. Dans une économie qui doit retrouver le chemin de la création de richesse, l’achat d’or peut protéger une partie de l’épargne pendant la transformation du modèle économique.

En France, l’entrepreneur passe désormais plus de temps à remplir des formulaires Cerfa qu’à exercer son métier, développer son activité ou vendre ses produits. Les postes de contrôleurs se multiplient tandis que les créateurs deviennent toujours moins nombreux. Un chef d’entreprise peut devoir remplir 174 déclarations et demandes de conformité une année, puis 188 l’année suivante, avant d’atteindre 200 formalités. À ce niveau de complexité, certains finissent par abandonner. Dans un environnement où la bureaucratie étouffe les entreprises, l’achat d’or peut constituer une solution pour diversifier son épargne en dehors des seuls placements français.

L’inflation s’infiltre partout

La Banque centrale européenne a relevé ses taux directeurs pour la deuxième fois de l’année. Cette décision répond aux anticipations des marchés et à la progression des risques inflationnistes. Avec le pétrole au-dessus de 100 dollars, l’inflation ne restera pas limitée à l’énergie ou à l’alimentation. Le carburant renchérit le transport routier, le kérosène augmente le coût des billets d’avion et la hausse de l’énergie finit par se transmettre à tous les services. Lorsque l’inflation s’étend à tous les secteurs, l’achat d’or peut être recherché pour préserver une partie du pouvoir d’achat de l’épargne.

La BCE ne peut pas rester immobile alors que la Réserve fédérale américaine, la Banque du Japon, la Banque du Canada et d’autres banques centrales se préparent également à agir contre l’inflation. Si la BCE ne suit pas le mouvement, l’euro risque de perdre 3 ou 4% face au dollar. Cette baisse renchérirait toutes les importations, réduirait la compétitivité de l’Europe et ajouterait une nouvelle couche d’inflation. Dans une période où les banques centrales combattent l’inflation au risque de fragiliser la croissance, l’achat d’or peut servir de protection contre la baisse de la monnaie.

Une monnaie de plus en plus fragile

Depuis la crise financière de 2008, le véritable problème de la dette n’a jamais été résolu. Il a été repoussé grâce à un tsunami d’argent supplémentaire. Les États ont accumulé les déficits et les banques centrales ont créé de la monnaie pour empêcher le système de s’effondrer. Cette stratégie consiste à repousser indéfiniment le problème sans jamais le régler. Dans un système fondé sur la création monétaire permanente, l’achat d’or permet de détenir un actif qui ne peut pas être fabriqué par une banque centrale.

Si la BCE rachète les obligations françaises pour faire baisser les taux, elle devra créer de la monnaie. Plus elle rachètera de dette, plus elle affaiblira la valeur de la monnaie. La monnaie fiduciaire risque alors de devenir une « monnaie de singe », selon l’expression employée par Philippe Béchade. Face à cette perte de valeur, les investisseurs recherchent des actifs qui ne peuvent pas être imprimés. Pour se protéger contre la création monétaire et la dépréciation de l’euro, l’achat d’or apparaît comme une solution privilégiée.

Dette française : le seuil des 100 points sera décisif

La France se trouve aujourd’hui à environ 90 points de base au-dessus de l’Allemagne pour refinancer son déficit. Le taux de l’OAT évolue autour de 4,3%, tandis que les taux italiens et grecs se situent dans une zone comparable. Il n’y a pas encore de situation aussi alarmante que celle qu’a connue l’Italie lorsque ses taux avaient dépassé 7,5 ou 8%. Mais le seuil des 100 points de base constituerait un signal d’alerte générale. Avant que la crise de la dette française ne franchisse un seuil critique, l’achat d’or permet d’envisager une diversification patrimoniale face à la montée des risques.

Le véritable problème ne se limite pas au niveau actuel de la dette ou au déséquilibre des retraites. Il concerne la perte de richesse industrielle, l’explosion des dépenses administratives, la fuite des cerveaux, l’augmentation des prélèvements et la dépendance à la création monétaire. La France doit produire davantage, relocaliser ses industries, réduire son millefeuille administratif et restaurer une véritable culture de l’entreprise. Dans cette crise globale de la dette française et de la création de richesse, l’achat d’or peut offrir une réserve physique face à l’affaiblissement du système monétaire.

La France ne se dirige pas vers une simple difficulté budgétaire. Elle se trouve au cœur d’une crise qui menace l’euro, l’épargne, l’immobilier, les entreprises et le pouvoir d’achat. Le seuil des 100 points de spread se rapproche, le pétrole dépasse 100 dollars, l’inflation s’infiltre partout et la BCE devra peut-être imprimer toujours plus de monnaie pour calmer les créanciers. Dans ce scénario, la question n’est plus de savoir si la crise existe, mais jusqu’où elle peut aller. Pour les épargnants qui veulent anticiper cette dégradation, l’achat d’or peut représenter une solution concrète de diversification patrimoniale.

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