Un graphique qui révèle un changement monétaire majeur
Le graphique publié par Bloomberg Intelligence porte un message particulièrement préoccupant pour les défenseurs du dollar : les institutions internationales réduisent progressivement leur exposition à la monnaie américaine. La courbe représente la part du dollar dans les réserves mondiales de change et montre une tendance générale à la baisse depuis le début des années 2000. Après avoir évolué autour de 60% au début de la période, la part du billet vert recule progressivement, connaît un rebond temporaire au milieu des années 2010, puis accélère fortement sa chute à partir de 2022. À l’extrémité droite du graphique, elle se situe autour de 40%, ce qui correspond au niveau le plus faible de la série présentée. Acheter de l’or physique permet de diversifier une épargne exposée à une monnaie dont la place internationale recule.
La domination du dollar est en net recul
Pendant des décennies, le dollar américain a occupé une position centrale dans les réserves des banques centrales, le commerce mondial, les paiements internationaux et les marchés financiers. Les États conservaient des dollars parce que la monnaie américaine était liquide, largement acceptée et soutenue par la puissance économique et militaire des États-Unis. Le graphique montre cependant que cette domination n’est plus aussi forte qu’auparavant. La baisse observée ne signifie pas que le dollar a cessé d’être la principale monnaie de réserve, mais elle montre que les institutions cherchent à réduire leur dépendance à son égard. La logique est simple : lorsqu’une monnaie représente une part très importante des réserves, la moindre perte de confiance peut provoquer des ventes massives et une déstabilisation internationale. Détenir une pièce d’or constitue une manière concrète de conserver une réserve de valeur indépendante d’une devise nationale.
U.S. Dollar share of global foreign currency reserves have fallen to its lowest level this century 🤯📉👀💸 pic.twitter.com/XAfwGsPv6S
— Barchart (@Barchart) September 17, 2026
Une chute particulièrement forte depuis 2022
La partie la plus inquiétante du graphique se trouve dans la période récente. Après avoir oscillé autour de 50 à 60% pendant plusieurs années, la part du dollar commence à décroître plus rapidement. La pente devient particulièrement abrupte à partir de 2022, année marquée par la guerre en Ukraine, le gel de réserves souveraines russes et l’utilisation renforcée des sanctions financières. Cet événement a envoyé un signal très clair aux banques centrales : les réserves détenues dans une monnaie étrangère peuvent être immobilisées si le pays émetteur décide d’employer son système financier comme instrument de pression géopolitique. Depuis lors, les États cherchent davantage à conserver des actifs qui ne dépendent pas directement d’une banque centrale étrangère ou d’un réseau de paiement contrôlé par une puissance dominante. L’or physique offre précisément cette caractéristique puisqu’il ne constitue la dette d’aucun gouvernement étranger.
Le rôle croissant de l’or dans les réserves
Le recul de la part du dollar s’accompagne d’un regain d’intérêt pour l’or. Les banques centrales accumulent de nouveau du métal précieux afin de diversifier leurs réserves et de réduire leur dépendance aux obligations souveraines occidentales. L’or ne verse pas de coupon et ne produit pas de revenu régulier, mais il possède une caractéristique essentielle : il ne dépend pas de la solvabilité d’un émetteur. Un bon du Trésor américain représente une créance sur le gouvernement des États-Unis. Une pièce d’or, elle, reste un actif tangible qui peut être détenu sans intermédiaire bancaire. Cette différence explique pourquoi l’or revient au centre des stratégies monétaires au moment où les dettes publiques atteignent des niveaux très élevés et où les tensions géopolitiques fragilisent les relations entre grandes puissances. La pièce de 20 francs Marianne Coq représente une solution accessible pour détenir une forme d’or monétaire reconnue.
La Chine accélère sa diversification
La Chine illustre parfaitement cette évolution. Ses avoirs déclarés en bons du Trésor américain sont tombés à 618 milliards de dollars en juillet 2026, leur niveau le plus faible depuis août 2008. À l’inverse, la Banque populaire de Chine poursuit ses achats d’or et a ajouté environ 20,2 tonnes à ses réserves en août 2026, prolongeant une série d’achats à 22 mois consécutifs. Le message envoyé par Pékin est évident : la Chine souhaite réduire son exposition directe à la dette américaine et augmenter la part d’un actif qui ne peut pas être créé à volonté par une banque centrale étrangère. Cette politique ne signifie pas que la Chine vend tous ses actifs en dollars, mais elle indique que Pékin ne veut plus dépendre exclusivement du système financier américain. Suivre la stratégie chinoise consiste aussi à considérer l’or comme un actif stratégique plutôt que comme une simple matière première.
Le graphique et les données du FMI ne mesurent pas exactement la même chose
Une précision importante doit être apportée pour comprendre correctement le graphique. La série de Bloomberg Intelligence semble présenter une estimation de la part du dollar dans l’ensemble des réserves de change mondiales, tandis que la base COFER du Fonds monétaire international mesure principalement la composition des réserves de change dont la devise est déclarée par les autorités concernées. Le FMI indiquait une part du dollar de 57,13% au premier trimestre 2026, contre 56,42% au quatrième trimestre 2025. Ces chiffres sont donc supérieurs au niveau proche de 40% visible sur le graphique. Cette différence ne signifie pas nécessairement qu’une des deux sources est erronée : elles peuvent utiliser des périmètres, des méthodes de calcul et des hypothèses différentes. Le message général reste toutefois identique : la part relative du dollar est nettement inférieure à son niveau du début du siècle. Diversifier une épargne avec de l’or permet de se protéger contre les incertitudes statistiques, monétaires et géopolitiques.
Le dollar reste dominant malgré son recul
La diminution de la part du dollar ne doit pas être interprétée comme la disparition immédiate de la monnaie américaine. Le dollar reste la principale devise de réserve selon les données officielles du FMI et conserve un rôle central dans les échanges commerciaux, les paiements internationaux, le financement mondial et les transactions sur le marché des changes. Cependant, une monnaie peut rester dominante tout en perdant progressivement du terrain. C’est précisément ce que montre la tendance du graphique : le dollar demeure numéro un, mais son avance se réduit. La question essentielle n’est donc pas de savoir si le dollar sera remplacé demain, mais de mesurer la vitesse à laquelle les banques centrales diminuent leur dépendance à son égard. L’achat d’or peut s’inscrire dans une stratégie de long terme destinée à ne pas dépendre d’une seule monnaie dominante.
La dédollarisation avance par petites étapes
La dédollarisation ne prend pas forcément la forme d’une vente spectaculaire et simultanée de tous les actifs américains. Elle s’effectue souvent par petites décisions successives : une banque centrale achète davantage d’or, un pays règle une partie de ses échanges dans sa monnaie nationale, un fonds réduit ses obligations américaines ou un gouvernement conserve davantage de réserves en euros, en francs suisses ou dans d’autres devises. Individuellement, ces mouvements paraissent limités. Additionnés sur plusieurs années, ils modifient toutefois la structure du système financier mondial. La baisse de la part du dollar observée sur le graphique correspond à cette accumulation de décisions. Le système ne bascule pas nécessairement en une seule journée ; il se transforme progressivement jusqu’à ce que la nouvelle réalité devienne impossible à ignorer. Constituer progressivement une réserve de pièces d’or permet d’accompagner cette transformation sans dépendre d’un mouvement brutal du marché.
Les sanctions ont accéléré la remise en question
Le gel des réserves russes a profondément modifié la perception du risque lié aux devises étrangères. Avant cet événement, de nombreux gouvernements considéraient les réserves en dollars comme des actifs pratiquement intouchables, protégés par leur liquidité et leur statut officiel. Après le gel de ces réserves, les banques centrales ont compris que la détention d’actifs en dollars impliquait également une dépendance juridique et politique envers les autorités américaines et leurs alliés. Cette évolution encourage les pays qui souhaitent préserver leur autonomie stratégique à augmenter leurs stocks d’or et à diversifier leurs partenaires financiers. Le dollar n’est donc pas seulement confronté à la concurrence d’autres devises : il doit également faire face au retour d’un actif monétaire ancien, universel et difficile à contrôler. L’or physique permet de détenir un actif qui n’est pas immobilisé par le gel d’un compte bancaire ou d’une réserve électronique.
La dette américaine renforce les inquiétudes
La progression de la dette publique américaine constitue un autre élément qui pousse les institutions à diversifier leurs réserves. Pour financer ses déficits, le gouvernement américain doit émettre de grandes quantités de bons du Trésor. Tant que la demande internationale reste suffisamment forte, ce mécanisme peut fonctionner sans difficulté majeure. Mais si les banques centrales réduisent leurs achats, le Trésor doit offrir des rendements plus élevés pour attirer de nouveaux investisseurs. Cette hausse des taux augmente ensuite le coût du service de la dette et peut aggraver les déficits futurs. Le risque est celui d’un cercle vicieux dans lequel l’État doit emprunter davantage pour payer les intérêts d’une dette toujours plus lourde. Dans un tel environnement, les institutions peuvent considérer l’or comme une protection contre l’érosion de la valeur réelle des actifs libellés en dollars. Acheter de l’or physique permet de diversifier un patrimoine exposé aux déficits et à l’endettement des États.
Un dollar plus faible pourrait alimenter l’inflation
Une réduction de la demande internationale de dollars peut également exercer une pression sur la valeur de la monnaie américaine. Lorsque les investisseurs étrangers détiennent moins de dollars et moins de bons du Trésor, les États-Unis peuvent perdre une partie de l’avantage lié au statut de monnaie de réserve. Un dollar plus faible rend les importations plus coûteuses pour les ménages et les entreprises américaines, ce qui peut alimenter l’inflation. Il peut également modifier les flux de capitaux, augmenter les rendements exigés sur les obligations et accroître la volatilité des marchés. Dans ce scénario, l’or bénéficie généralement d’un soutien supplémentaire, car il est coté en dollars et parce que les investisseurs recherchent une réserve de valeur lorsque la monnaie perd du pouvoir d’achat. Une pièce d’or peut jouer un rôle de protection patrimoniale lorsque l’inflation réduit la valeur réelle de la monnaie.
Pourquoi la pente du graphique est si importante
La valeur du graphique ne réside pas uniquement dans le niveau atteint à son extrémité. C’est surtout la pente de la courbe qui attire l’attention. Pendant les premières années, la baisse apparaît lente et irrégulière. Le dollar perd quelques points, puis récupère temporairement du terrain. À partir de 2022, la trajectoire devient beaucoup plus descendante. Cette accélération signifie que la réduction de l’exposition au dollar n’est plus seulement une tendance théorique discutée par quelques analystes : elle devient une décision concrète prise par des institutions disposant de centaines de milliards de dollars de réserves. Une tendance lente peut être absorbée par les marchés. Une tendance qui s’accélère peut provoquer des déséquilibres beaucoup plus importants lorsque les investisseurs commencent à anticiper les ventes futures. Conserver une partie de son patrimoine en or permet de se positionner sur une tendance monétaire de long terme plutôt que de spéculer uniquement sur les mouvements quotidiens.
Le véritable danger pour Washington
Le principal danger pour les États-Unis n’est pas que le dollar cesse brutalement d’être utilisé. Le véritable risque est que les créanciers étrangers acceptent de moins en moins de financer les déficits américains aux conditions actuelles. Si les banques centrales, les fonds souverains et les investisseurs internationaux demandent des rendements plus élevés, le coût de financement de Washington augmente. Cette situation peut réduire la marge de manœuvre du gouvernement américain, peser sur les marchés actions et renchérir les crédits accordés aux ménages et aux entreprises. Plus la part du dollar diminue dans les réserves internationales, plus les États-Unis doivent convaincre les investisseurs privés de prendre le relais. L’ancien privilège monétaire américain ne disparaît donc pas en une journée, mais il devient progressivement plus coûteux à maintenir. L’or physique constitue une réserve de valeur qui ne dépend pas de la capacité d’un gouvernement à refinancer sa dette.
Ce que le graphique signifie pour les épargnants
Pour les épargnants, le graphique envoie un message précis : il devient risqué de concentrer l’intégralité de son patrimoine sur une seule devise, un seul système bancaire ou une seule catégorie d’actifs. La baisse de la part du dollar ne garantit pas automatiquement une hausse permanente de l’or, mais elle révèle une transformation profonde des réserves internationales. Les banques centrales elles-mêmes cherchent à diversifier leurs actifs et à réduire leur dépendance aux monnaies étrangères. Cette stratégie peut être adaptée à une échelle individuelle grâce à une répartition équilibrée entre liquidités, placements financiers et actifs tangibles. Dans cette perspective, l’or physique occupe une place particulière parce qu’il peut être détenu directement, sans créance envers une banque ou un État. Découvrir les pièces d’or disponibles permet d’envisager une diversification concrète face aux mutations du système monétaire.
Le dollar reste numéro un, mais il n’est plus incontesté
Le graphique ne montre pas la disparition du dollar : il montre la fin de sa domination incontestée. La monnaie américaine reste la première devise de réserve dans les statistiques officielles du FMI, mais sa part est nettement inférieure à celle observée au début du siècle. L’or progresse dans les stratégies des banques centrales, la Chine réduit ses avoirs en dette américaine et les tensions géopolitiques accélèrent la diversification des réserves. La conclusion est donc directe : le monde monétaire devient progressivement plus fragmenté et plus concurrentiel. Le dollar demeure puissant, mais il doit désormais composer avec des États qui veulent réduire leur exposition, renforcer leur autonomie et accumuler davantage d’or. Investir dans l’or physique revient à se préparer à un environnement où plusieurs actifs monétaires se partageront le rôle autrefois concentré sur le dollar.