Une crise financière qui ne serait plus très éloignée
Selon Alasdair Macleod, le système monétaire fondé sur les monnaies fiduciaires serait entré dans sa phase critique. Dans un entretien avec Paul Buitink, l’analyste affirme que les autorités ne disposeraient plus que d’environ 18 mois avant la mort du système fiduciaire. Il ne présente pas cette échéance comme une certitude mathématique, mais comme une estimation destinée à souligner l’urgence de la situation. À ses yeux, le danger ne se situe pas dans cinq, six ou dix ans : il serait déjà présent, avec la remontée des rendements obligataires, l’inflation persistante, le niveau d’endettement public et la perte de confiance dans le dollar. Dans ce contexte, acheter de l’or physique, notamment des pièces de 20 francs Marianne Coq, peut constituer une manière de détenir un actif distinct du système bancaire et monétaire.
La première étape du scénario décrit par Macleod serait une crise des marchés financiers. La deuxième consisterait en une intervention massive des gouvernements et des banques centrales pour tenter de sauver l’économie, les marchés et les établissements financiers. Il évoque la possibilité de réunions d’urgence du G7, de mesures exceptionnelles, de fermetures temporaires de marchés ou encore de contrôles des prix. Ces interventions pourraient donner l’impression de stabiliser la situation pendant quelques mois, mais elles finiraient, selon lui, par accélérer la destruction des monnaies fiduciaires. Pour les épargnants qui cherchent à diversifier leur patrimoine, les pièces d’or physiques offrent une réserve de valeur directement identifiable et conservée en dehors des actifs financiers classiques.
La hausse des taux ne sauverait pas la monnaie
Dans l’entretien, la hausse du taux directeur de la Réserve fédérale américaine, de 3,75% à 4%, est présentée comme insuffisante pour modifier la dynamique générale. Macleod estime que cette décision ne permettrait pas de gagner du temps, car elle interviendrait en réaction aux tensions déjà visibles plutôt qu’en anticipation d’une inflation future. Il observe également que le rendement de l’obligation américaine à dix ans est rapidement remonté au-dessus de 5% après un bref recul. Les données publiées en septembre 2026 indiquent effectivement que le rendement à dix ans a dépassé 5%, atteignant environ 5,039% en séance, un niveau inédit depuis 2007 selon les informations disponibles.
Le seuil de 5% revêt, dans l’analyse de Macleod, une importance particulière. Plus les rendements obligataires augmentent, plus les obligations deviennent compétitives par rapport aux actions et plus la valorisation des entreprises cotées est fragilisée. Il estime que les marchés actions seraient soutenus par une quantité considérable de crédit bancaire, par les prêts accordés aux courtiers, par les positions des fonds spéculatifs et par les investissements étrangers. Une hausse durable des rendements pourrait alors provoquer une vente rapide et massive. Toutefois, franchir 5% ne déclenche pas automatiquement un krach : ce niveau constitue surtout un signal de tension et non une règle mécanique annonçant l’effondrement des actions. Dans un environnement aussi instable, l’achat progressif de pièces d’or peut aider à répartir une épargne exposée aux marchés obligataires et boursiers.
Le problème central vient de la dette publique. Macleod affirme que les gouvernements fortement endettés ne peuvent pas supporter durablement des taux d’intérêt élevés. Une hausse importante renchérirait le coût du service de la dette, fragiliserait les entreprises dépendantes du crédit et exercerait une pression supplémentaire sur les marchés. Mais si les banques centrales maintiennent des taux trop faibles, elles risquent de laisser l’inflation progresser et d’accélérer la perte de pouvoir d’achat des monnaies. Selon cette logique, les autorités seraient enfermées entre deux choix : relever les taux et risquer une crise financière, ou les contenir et affaiblir davantage la monnaie. Dans les deux cas, la pièce d’or de 20 francs Marianne Coq est souvent recherchée pour sa liquidité et son format accessible.
Énergie, alimentation et inflation : un choc supplémentaire
Macleod relie également le risque monétaire aux tensions sur l’énergie, la logistique et l’alimentation. Il évoque des pénuries de diesel, de carburant maritime et de kérosène susceptibles de perturber le transport terrestre, maritime et aérien. Il ajoute les effets de la sécheresse sur les récoltes européennes ainsi que les difficultés d’exportation des céréales ukrainiennes liées à la guerre et au blocage des routes maritimes. Cette combinaison pourrait provoquer une crise alimentaire et une crise de distribution, avec des conséquences directes sur les prix. Dans ce scénario, l’inflation ne serait pas seulement alimentée par la demande : elle serait aussi poussée par les coûts de production, le transport, l’énergie et la rareté des produits essentiels. Pour les particuliers qui souhaitent convertir une partie de leur épargne en actif tangible, les pièces d’or peuvent s’intégrer à une stratégie de diversification face aux risques liés à l’inflation.
L’analyste insiste sur le fait que l’énergie et la nourriture ne sont pas des dépenses facilement supprimables. Lorsque le prix d’un produit de luxe augmente, les consommateurs peuvent réduire leurs achats. En revanche, il est beaucoup plus difficile de renoncer au chauffage, au carburant, au transport ou à l’alimentation. Une envolée de ces prix pourrait donc réduire fortement le revenu disponible des ménages, ralentir l’activité privée et provoquer une récession tout en maintenant une forte inflation. Ce scénario, souvent décrit comme une stagflation, rendrait l’action des banques centrales particulièrement difficile. Dans ce contexte de tension sur les dépenses essentielles, détenir de l’or physique peut offrir une réserve patrimoniale indépendante de la consommation courante et des marchés de crédit.
Macleod affirme aussi que le prix du pétrole doit être observé en or et non uniquement en dollars. Selon son raisonnement, si l’or conserve mieux son pouvoir d’achat à long terme que les monnaies fiduciaires, une partie de la hausse apparente des matières premières en dollars reflète en réalité la dépréciation de la monnaie. Il avance que le pétrole serait très inférieur à son niveau historique lorsqu’il est mesuré en or et qu’un réajustement pourrait conduire à une hausse très importante du prix du baril en dollars. Il évoque même des niveaux supérieurs à 200 dollars, voire 300 ou 400 dollars, tout en reconnaissant que cette évolution ne se produirait pas nécessairement immédiatement. Pour ceux qui veulent se positionner sur un actif monétaire ancien et tangible, les pièces d’or restent une option concrète pour diversifier une épargne exposée à la baisse du pouvoir d’achat.
Le scénario d’un krach comparable à 1929
Dans la vision présentée par Macleod, la hausse des rendements obligataires finirait par déstabiliser les actions. Les marchés auraient progressé grâce à l’expansion du crédit bancaire et à l’abondance de liquidités. Si ce crédit se contractait, la Réserve fédérale chercherait à le remplacer par une création monétaire massive, notamment à travers l’augmentation des réserves bancaires et le retour d’un assouplissement quantitatif. Cette réponse pourrait soutenir temporairement les marchés, mais elle détruirait davantage le pouvoir d’achat de la monnaie et la confiance dans celle-ci. L’analyste décrit donc un double mouvement : une économie privée qui s’enfonce dans la récession et une création monétaire qui entretient l’inflation.
Macleod compare cette dynamique à celle observée après le krach de 1929. Il rappelle que la première chute des marchés avait été suivie d’une période de stabilisation avant la reprise d’une baisse beaucoup plus longue. Il estime que la bulle actuelle pourrait être encore plus importante que celle de 1929 en raison du volume de crédit et de la valorisation des actifs financiers. Il affirme également qu’une forte baisse des actions mesurée en or serait possible, tandis qu’une baisse moins spectaculaire en monnaie fiduciaire pourrait être masquée par l’inflation. Pour limiter l’exposition à un seul scénario de marché, les pièces de 20 francs en or permettent d’acquérir progressivement du métal sans dépendre uniquement des actions ou des obligations.
La réponse des autorités constituerait, selon lui, la deuxième phase de la crise. Les gouvernements chercheraient à sauver simultanément l’économie et les marchés, même si les mesures adoptées étaient incompatibles avec la stabilité monétaire. Macleod envisage alors une expansion du crédit public et de la masse monétaire à une échelle jamais observée auparavant. Cette politique pourrait empêcher un effondrement immédiat, mais elle aurait pour conséquence d’accélérer la perte de confiance dans les monnaies. Les investisseurs étrangers détiendraient également une exposition considérable aux actions américaines et pourraient chercher à vendre ces actifs, à réduire leurs positions en dollars et à acheter de l’or. Dans ce scénario de fuite devant le risque financier, l’achat d’or physique constitue une démarche de diversification patrimoniale à envisager avec prudence et selon ses objectifs personnels.
La bulle de l’intelligence artificielle remise en question
L’analyste rejette l’idée selon laquelle l’intelligence artificielle et la robotique permettraient de résoudre mécaniquement le problème de la dette. Il ne nie pas le potentiel technologique de l’intelligence artificielle, mais conteste les valorisations financières attribuées à certaines entreprises du secteur. Selon lui, ces valorisations ne reposeraient pas encore sur des bénéfices suffisants ni sur des revenus capables de justifier les montants investis. Il compare cette situation à celle de certaines entreprises technologiques au début de leur développement, lorsque les investisseurs justifiaient des prix élevés par des promesses de croissance future. Pour Macleod, l’absence de bénéfices solides rendrait une partie de la hausse particulièrement vulnérable.
Il souligne également la concurrence chinoise, notamment avec DeepSeek, dont le développement aurait démontré qu’il est possible de produire des solutions d’intelligence artificielle à un coût bien inférieur à celui annoncé par certaines entreprises américaines. Cette différence pourrait remettre en cause les investissements massifs consacrés aux infrastructures, aux puces et aux centres de données. Si les revenus futurs ne correspondent pas aux attentes actuelles, une correction des valeurs liées à l’intelligence artificielle pourrait peser sur l’ensemble du marché actions. Dans une période où les actifs technologiques sont fortement valorisés, une allocation mesurée en pièces d’or peut réduire la dépendance d’un patrimoine aux valeurs de croissance les plus spéculatives.
Pourquoi 18 mois selon Macleod ?
Alasdair Macleod reconnaît que personne ne peut connaître avec précision la date de rupture d’un système monétaire. Les 18 mois ne constituent donc pas une échéance garantie, mais une estimation personnelle fondée sur l’évolution des rendements obligataires, de la dette et de la confiance. Il explique que cette durée pourrait être plus courte si les marchés se dégradaient rapidement. Son objectif est surtout de combattre ce qu’il considère comme une forme de complaisance : l’idée selon laquelle le système pourrait rester stable pendant encore cinq ou dix ans avant une éventuelle réforme.
Dans son raisonnement, le niveau des rendements à dix ans est le facteur le plus immédiat. Si les rendements franchissent durablement 5% et continuent de progresser, les gouvernements pourraient être contraints d’abandonner leurs objectifs de lutte contre l’inflation pour sauver les marchés et l’économie. Une nouvelle vague d’assouplissement quantitatif deviendrait alors probable, mais elle risquerait d’affaiblir davantage les devises. Les derniers épisodes de franchissement du seuil de 5% montrent que cette zone est surveillée par les marchés, sans toutefois prouver à eux seuls qu’un effondrement monétaire est imminent. Dans cette incertitude, l’achat d’une pièce d’or peut s’inscrire dans une stratégie de protection progressive plutôt que dans une réaction précipitée.
Pourquoi un nouveau Bretton Woods ne réglerait pas tout
Interrogé sur la possibilité d’un nouveau système international inspiré de Bretton Woods et reposant sur l’or, Macleod se montre très sceptique. Il estime que les États-Unis ne seraient pas en mesure de stabiliser durablement leur monnaie en relevant suffisamment les taux, car une telle décision provoquerait la faillite ou la fragilisation de l’État, des entreprises très endettées et des marchés. Il considère également qu’un véritable retour à l’étalon-or exigerait une réduction massive des dépenses publiques, des excédents budgétaires et l’abandon de nombreuses interventions gouvernementales. Cela impliquerait une rupture complète avec les politiques économiques dominantes depuis plusieurs décennies.
Selon lui, la politique primerait sur la rationalité économique. Les gouvernements chercheraient d’abord à protéger leur popularité, leur économie et leurs marchés, même lorsque les mesures adoptées aggraveraient les déséquilibres monétaires. L’analyste estime qu’il serait donc très difficile de mettre en place rapidement un système monétaire discipliné par l’or. Dans cette perspective, la possession directe du métal prendrait une importance particulière, car elle ne dépendrait pas de la décision d’un gouvernement de réintroduire ou non une convertibilité. Les pièces d’or physiques permettent précisément de détenir du métal avant toute éventuelle réforme monétaire.
Les banques centrales retirent-elles leur or des États-Unis ?
L’entretien accorde une place importante à la décision de la banque centrale néerlandaise. Entre mars et août 2026, De Nederlandsche Bank aurait déplacé environ 86 tonnes d’or détenues en Amérique du Nord, dont une partie depuis New York et une autre depuis Ottawa. La banque centrale néerlandaise a présenté cette opération comme une mesure destinée à améliorer la préparation aux crises et la liquidité de ses réserves. La part conservée à New York aurait diminué, tandis que Londres serait devenue le principal lieu de conservation étranger de l’or néerlandais.
Les chiffres disponibles indiquent qu’une partie seulement de l’or aurait été transportée physiquement. Le reste aurait été vendu en Amérique du Nord puis remplacé par de l’or acheté à Londres. La banque centrale néerlandaise affirme que l’or londonien est plus facilement négociable et mobilisable en cas de crise. Cette explication officielle ne constitue pas une preuve de disparition d’or dans les coffres américains. Elle montre toutefois que les banques centrales accordent une importance croissante à la localisation, à la disponibilité et au contrôle direct de leurs réserves. Pour les particuliers, conserver des pièces d’or physiques permet de choisir directement le lieu de détention de son patrimoine métallique.
Macleod interprète le retrait néerlandais comme le troisième épisode européen mettant en cause, selon lui, la capacité de la Réserve fédérale de New York à restituer rapidement l’or conservé pour le compte de banques centrales étrangères. Il fait référence aux précédents allemand et français et affirme que ces opérations traduiraient une inquiétude croissante concernant la disponibilité réelle de l’or placé aux États-Unis. Cette interprétation est contestée par les explications officielles, qui mettent en avant la diversification géographique, la liquidité et la préparation aux crises. Il convient donc de distinguer les faits vérifiables — les mouvements de réserves — de la conclusion de Macleod sur l’existence éventuelle d’un déficit physique. Pour un épargnant, l’achat d’or physique réduit la dépendance à une promesse de livraison ou à un simple instrument financier.
La confiance dans le dollar au centre de la crise
Pour Macleod, la confiance constitue l’élément essentiel de toute monnaie fiduciaire. Une devise n’est pas uniquement un moyen de paiement : elle repose aussi sur la conviction que les autres agents économiques continueront de l’accepter et qu’elle conservera une partie significative de son pouvoir d’achat. Lorsque cette confiance disparaît, les détenteurs cherchent à réduire leur exposition à la monnaie et à acquérir des actifs considérés comme plus sûrs. L’or jouerait alors le rôle de monnaie de sortie, c’est-à-dire d’actif vers lequel les capitaux se dirigent lorsque la confiance dans les devises et les institutions s’érode.
L’analyste relie cette perte de confiance aux sanctions financières, au gel de réserves étrangères, aux conflits géopolitiques et à la volonté de plusieurs pays de réduire leur dépendance au dollar. Il estime que les États qui conservent leurs réserves dans le système financier américain peuvent craindre de perdre le contrôle de leurs actifs en cas de crise politique. Les décisions de rapatriement ou de réallocation de l’or ne prouvent pas que le dollar va disparaître immédiatement, mais elles indiquent que la gestion du risque géopolitique est devenue un facteur central pour les banques centrales. Dans ce contexte, les pièces d’or permettent aux particuliers de détenir une forme de réserve monétaire sans dépendre exclusivement du dollar.
L’or comme porte de sortie selon Alasdair Macleod
Le message de Macleod est direct : les autorités seraient confrontées à une crise qu’elles ne pourraient pas résoudre sans compromettre davantage la valeur des monnaies. La hausse des taux menacerait les marchés et les finances publiques, tandis que leur baisse ou leur plafonnement entretiendrait l’inflation. Une intervention massive des banques centrales permettrait peut-être de retarder l’effondrement des actifs, mais elle détruirait progressivement la confiance dans le système fiduciaire. Le seuil de 5% sur l’obligation américaine à dix ans agirait alors comme un point de rupture psychologique dans un marché actions déjà fortement valorisé.
À cette fragilité financière s’ajouteraient les chocs énergétiques, les tensions alimentaires, les conflits armés, la concurrence technologique chinoise et la réorganisation des réserves d’or des banques centrales. Macleod ne décrit pas un simple ralentissement économique, mais un enchaînement susceptible de conduire à une crise monétaire systémique. Son estimation de 18 mois doit être comprise comme une alerte et non comme un calendrier certain. Mais si les rendements obligataires continuent de grimper, si l’inflation repart et si les autorités répondent par une nouvelle création monétaire, la confiance dans les monnaies fiduciaires pourrait effectivement subir une pression croissante. Dans une logique de diversification, découvrir les pièces d’or disponibles permet d’évaluer concrètement une exposition progressive au métal précieux.