Le dollar au bord de l’effondrement : l’expert qui avait anticipé 2008 annonce la fin de l’empire américain

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Un effondrement historique du dollar serait-il imminent ?

Le dollar américain pourrait-il perdre brutalement son statut de monnaie dominante à l’échelle mondiale ? Pour Steve Keen, économiste connu pour avoir alerté avant la crise financière de 2008 sur les dangers de l’endettement privé et des déséquilibres financiers, le risque n’est plus théorique. Selon lui, les États-Unis ont bénéficié pendant des décennies d’un privilège monétaire exceptionnel, mais ce privilège aurait progressivement détruit une partie de leur industrie, affaibli leur appareil productif et rendu leur économie dépendante des importations. Si le dollar cessait d’être la principale monnaie des échanges internationaux, l’Amérique ne serait plus le même pays. La chute de la devise provoquerait une forte hausse du prix des produits importés, une inflation difficile à contrôler et une remise en cause de la puissance financière américaine. Dans ce scénario, les investisseurs qui souhaitent acheter de l’or physique chercheraient avant tout à se protéger contre la perte de valeur des monnaies.

L’économiste décrit la domination du dollar comme un avantage temporaire comparable à une dose de sucre. Tant que les États-Unis imposaient leur monnaie au commerce mondial, ils pouvaient financer leur consommation, attirer les capitaux étrangers et importer des biens à moindre coût. Mais cette situation aurait masqué un affaiblissement profond. Les États-Unis auraient échangé des morceaux de papier contre des marchandises produites ailleurs, donnant l’impression d’un enrichissement alors que leurs capacités industrielles se réduisaient. Steve Keen estime que ce mécanisme ressemble à un paiement différé : le pays profite d’abord d’une monnaie surévaluée, puis paie plus tard le prix de cette dépendance. Dans un contexte de défiance monétaire, certains épargnants se tournent vers des actifs tangibles comme les pièces d’or Napoléon.

Comment le dollar est devenu la monnaie du monde

La domination internationale du dollar est directement liée à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. En 1944, alors que le conflit n’était pas encore terminé, 44 pays se sont réunis à Bretton Woods, dans le New Hampshire, afin d’organiser le système monétaire de l’après-guerre. Les États-Unis sortaient du conflit avec une industrie intacte, une puissance militaire considérable et une position financière dominante. À l’inverse, l’Europe était dévastée et le Royaume-Uni avait perdu une grande partie de son influence économique et impériale. Le nouveau système a donc placé le dollar au centre des échanges internationaux, avec une convertibilité officielle en or jusqu’à la rupture décidée par Richard Nixon en 1971. [Historique de Bretton Woods]

Steve Keen rappelle que cette décision n’était pas la seule option disponible. John Maynard Keynes défendait la création d’une unité de compte internationale appelée le bancor. Cette unité n’aurait pas été la monnaie nationale d’une puissance particulière. Elle aurait servi d’instrument neutre pour régler les échanges entre les pays, au sein d’une Union internationale de compensation. Les États présentant des excédents commerciaux excessifs auraient été pénalisés, tout comme ceux accumulant des déficits trop importants. Pour Keen, cette proposition aurait empêché une seule nation de transformer sa monnaie en outil de domination mondiale. La détention d’or d’investissement reste aujourd’hui une manière de détenir un actif qui ne dépend pas directement du bilan d’un État ou d’une banque centrale.

Les États-Unis ont finalement défendu une autre solution : faire du dollar la monnaie centrale du commerce international. Selon Steve Keen, cette décision répondait à un intérêt immédiat. En 1944, les États-Unis bénéficiaient d’un excédent commercial massif et ne voulaient pas être pénalisés par un mécanisme visant les pays excédentaires. Washington a donc privilégié son avantage national au détriment d’une architecture monétaire véritablement neutre. Le problème, selon l’économiste, est qu’une monnaie nationale utilisée par tous les pays finit nécessairement par être demandée au-delà des besoins réels de l’économie qui l’a créée. Cette demande supplémentaire pousse sa valeur à la hausse et modifie profondément les rapports de compétitivité. Dans ce contexte, les investisseurs peuvent comparer le dollar aux actifs tangibles disponibles à l’achat, notamment via des pièces d’or historiques.

Le privilège du dollar aurait détruit l’industrie américaine

Le raisonnement de Steve Keen repose sur un mécanisme simple. Lorsqu’une monnaie est utilisée pour les transactions internationales, les entreprises et les banques du monde entier doivent en détenir une partie. Cette demande artificielle renforce la devise concernée. Une monnaie plus forte permet d’acheter davantage de marchandises à l’étranger, mais elle rend aussi les produits fabriqués dans le pays émetteur plus chers pour les clients étrangers. Les producteurs nationaux perdent alors en compétitivité face aux entreprises installées dans des pays où les coûts sont plus faibles. À long terme, les consommateurs bénéficient d’importations bon marché tandis que les usines ferment, que les emplois industriels disparaissent et que les chaînes de production migrent vers l’étranger. La diversification vers l’achat de pièces d’or s’inscrit précisément dans cette logique de protection contre les déséquilibres monétaires de long terme.

Pour illustrer son raisonnement, Steve Keen imagine une monnaie impériale surévaluée de 50%. Dans un tel scénario, un fabricant étranger pourrait vendre un produit équivalent à un prix nettement inférieur à celui d’un producteur installé dans le pays dominant. Le consommateur profiterait immédiatement de cette différence, mais le fabricant national finirait par perdre ses marchés. Cette dynamique ne concernerait pas seulement les biens de consommation. Elle toucherait aussi les machines, les composants, les infrastructures et les capacités technologiques indispensables à la puissance industrielle et militaire. Pour l’économiste, une monnaie trop forte produit donc un paradoxe : elle renforce le pouvoir d’achat à court terme tout en affaiblissant la capacité de production à long terme. Dans une stratégie patrimoniale prudente, certains épargnants choisissent d’acheter des Napoléons en or pour conserver une réserve de valeur tangible.

Cette mécanique explique, selon lui, le déclin de plusieurs empires dans l’histoire. Une puissance devient dominante parce qu’elle dispose d’une industrie supérieure et d’une capacité militaire plus importante que ses rivales. Sa monnaie devient ensuite la devise des échanges internationaux. Cette domination monétaire renforce la valeur de la monnaie, ce qui réduit progressivement la compétitivité de l’industrie nationale. Les pays périphériques ou dépendants développent leurs propres capacités productives, rattrapent le centre impérial et finissent par le concurrencer. La puissance qui avait imposé sa monnaie devient alors dépendante des importations produites par les nations qu’elle dominait auparavant. Face à cette perspective de perte de confiance, l’achat d’or est souvent présenté comme un moyen de détenir un actif en dehors du système bancaire international.

Des chantiers navals américains à la montée de la Chine

Steve Keen insiste sur le rôle central de l’industrie dans la naissance d’un empire. Une grande puissance ne peut pas imposer durablement son influence sans produire les navires, les avions, les véhicules, les équipements et les armes nécessaires à sa défense. Les États-Unis ont acquis cette supériorité industrielle pendant la Seconde Guerre mondiale en transformant rapidement leur appareil productif. Le pays a mis en place une production standardisée à grande échelle et construit des centaines de navires Liberty afin d’approvisionner les forces alliées. La puissance américaine reposait donc initialement sur une capacité concrète à fabriquer rapidement des biens complexes en très grande quantité.

À la fin de la guerre, les États-Unis étaient la seule grande puissance industrielle dont le territoire n’avait pas été ravagé par les bombardements. Leurs usines fonctionnaient, leurs infrastructures étaient intactes et leurs concurrents européens étaient considérablement affaiblis. Cette situation a donné à Washington une avance exceptionnelle. Mais, selon Steve Keen, l’utilisation internationale du dollar aurait progressivement retourné cet avantage contre les États-Unis. Les produits étrangers sont devenus moins chers, les consommateurs américains ont acheté davantage de biens importés et les entreprises ont transféré leur production vers des régions où les coûts étaient plus faibles. L’industrie américaine s’est ainsi affaiblie pendant que ses anciens concurrents renforçaient leurs propres capacités. Dans un environnement marqué par le risque monétaire, la demande d’or physique sous forme de Napoléon peut répondre à une volonté de diversification.

Le cas du Japon constitue un exemple important dans son analyse. Après la guerre, les constructeurs japonais ont développé des véhicules compacts et économes qui répondaient à une demande moins bien couverte par les fabricants américains. Toyota, Honda et d’autres groupes ont progressivement gagné des parts de marché grâce à leur efficacité industrielle. Dans les années 1980 et au début des années 1990, la puissance manufacturière japonaise semblait même capable de remettre directement en cause la prééminence américaine. Le Japon a ensuite connu l’éclatement d’une immense bulle financière et immobilière, mais son ascension avait déjà démontré qu’un pays dépendant pouvait devenir un concurrent industriel majeur. Aujourd’hui, la Chine occupe une place beaucoup plus importante dans cette dynamique et pousse certains investisseurs à renforcer leur exposition aux métaux précieux.

La Chine serait devenue le principal rival des États-Unis

Pour Steve Keen, la Chine représente désormais le principal bénéficiaire de l’affaiblissement industriel américain. Le pays a développé une capacité de production considérable dans de nombreux secteurs, de l’électronique aux véhicules électriques, en passant par les machines, les batteries, les infrastructures et les équipements énergétiques. Cette progression ne repose pas uniquement sur des coûts salariaux inférieurs. Elle s’appuie également sur une organisation industrielle de grande échelle, des investissements massifs, une politique de soutien aux secteurs stratégiques et une capacité à construire rapidement de nouvelles infrastructures. Keen estime que les États-Unis ont pris un retard difficile à combler dans certains domaines essentiels. Si la monnaie américaine perdait une partie de sa valeur, les États-Unis ne pourraient pas immédiatement remplacer les importations par une production nationale équivalente.

Cette dépendance est le cœur du scénario inflationniste décrit par l’économiste. Lorsque le dollar baisse, les produits importés deviennent plus chers en monnaie américaine. Les ménages paient davantage pour l’énergie, les biens de consommation, les composants industriels et les produits alimentaires provenant de l’étranger. Une banque centrale peut tenter de lutter contre une inflation liée à une demande excessive en relevant ses taux d’intérêt. Elle dispose toutefois de moyens plus limités lorsque la hausse des prix vient directement de la dépréciation de la monnaie. Les taux plus élevés ne reconstruisent pas instantanément les usines disparues et ne créent pas les chaînes d’approvisionnement manquantes. Dans une telle situation, certains épargnants envisagent l’achat d’or Napoléon comme une protection patrimoniale potentielle contre la perte de pouvoir d’achat.

Steve Keen décrit cette évolution comme le prix à long terme d’un avantage monétaire de court terme. Les États-Unis auraient bénéficié pendant des décennies d’importations peu coûteuses et d’un financement abondant, mais ils auraient perdu une partie de leur savoir-faire productif. Ce processus aurait transformé le déficit commercial en phénomène permanent. Les chiffres exacts varient selon les périodes et les méthodes de calcul, mais la tendance générale évoquée par Keen est celle d’un passage d’une économie américaine excédentaire après la guerre à une économie fortement dépendante des importations. Pour lui, la question n’est donc pas seulement de savoir si le dollar est fort ou faible, mais de comprendre ce que sa position internationale a fait à la structure productive américaine. Dans ce cadre, l’achat d’or en pièces peut être intégré à une réflexion plus large sur la diversification des actifs.

La fin de la domination du dollar provoquerait un choc mondial

Le dollar demeure aujourd’hui la principale monnaie de réserve internationale, mais sa position n’est pas immuable. Le FMI publie régulièrement la composition des réserves de change officielles détenues par les banques centrales. Les dernières données disponibles montrent que le dollar reste largement dominant, même si sa part fluctue sous l’effet des mouvements de change, des décisions d’allocation des réserves et de l’évolution des autres devises. La progression de l’euro, l’utilisation croissante de monnaies nationales dans certains échanges et les discussions autour de mécanismes alternatifs alimentent toutefois le débat sur la dédollarisation. Cela ne signifie pas qu’un effondrement est certain ou imminent, mais cela montre que la structure monétaire internationale peut évoluer. Les investisseurs qui souhaitent se préparer à différents scénarios peuvent consulter les solutions d’achat d’or d’investissement.

Selon Steve Keen, la perte du statut de monnaie internationale entraînerait d’abord une chute importante de la demande mondiale de dollars. Les banques centrales, les entreprises multinationales et les acteurs financiers n’auraient plus besoin de détenir autant de dollars pour régler les échanges ou acheter des actifs étrangers. Cette diminution de la demande pourrait exercer une pression durable sur le taux de change. Une baisse progressive serait déjà difficile à absorber, mais une perte de confiance rapide pourrait provoquer un mouvement beaucoup plus violent. Les détenteurs d’actifs libellés en dollars chercheraient à réduire leur exposition, tandis que les investisseurs étrangers exigeraient des rendements plus élevés pour continuer à financer les déficits américains. Dans ce scénario, l’or d’investissement disponible en ligne pourrait attirer davantage l’attention des épargnants.

La première conséquence pour les États-Unis serait une hausse du coût des importations. Le pays consomme une part importante de produits fabriqués à l’étranger et s’appuie sur des chaînes d’approvisionnement internationales. Une monnaie plus faible augmenterait mécaniquement le prix de ces marchandises en dollars. Les ménages américains perdraient une partie de leur pouvoir d’achat et les entreprises verraient leurs coûts de production progresser. Les autorités devraient alors choisir entre soutenir l’économie par des dépenses supplémentaires, relever les taux pour défendre la monnaie ou accepter une baisse du niveau de vie. Ces options comporteraient toutes des coûts importants. Dans un contexte de forte incertitude, le marché des pièces d’or d’investissement pourrait bénéficier d’une demande accrue.

Le complexe militaro-industriel serait également fragilisé

Le raisonnement de Steve Keen ne concerne pas uniquement la consommation et le commerce. Il s’étend aussi à la puissance militaire américaine. Selon lui, un empire ne peut rester dominant que s’il conserve une industrie capable de produire des équipements supérieurs à ceux de ses concurrents. Or, un pays qui désindustrialise son économie perd progressivement les compétences, les infrastructures et les fournisseurs indispensables à la production militaire. Une armée peut conserver pendant un temps un avantage technologique et financier, mais cet avantage se réduit si elle ne peut plus renouveler rapidement ses équipements ou produire en grande quantité.

L’économiste reprend également la critique formulée par le président Dwight Eisenhower dans son discours de départ en 1961. Eisenhower avait mis en garde contre l’influence croissante du complexe militaro-industriel, c’est-à-dire la relation étroite entre les entreprises d’armement, l’administration et les forces armées. Steve Keen estime que cette organisation a favorisé des programmes extrêmement coûteux sans garantir une supériorité opérationnelle équivalente. Selon lui, une partie des dépenses militaires aurait davantage servi les profits des fournisseurs que la construction d’un appareil productif réellement efficace. Cette lecture est controversée, mais elle occupe une place centrale dans son analyse du déclin américain. Les investisseurs qui redoutent une dégradation des finances publiques peuvent chercher à acheter de l’or physique pour diversifier leur patrimoine.

La question militaire est liée à la question monétaire parce que la puissance du dollar permet aux États-Unis de financer une partie de leurs déficits à des conditions privilégiées. Tant que les investisseurs internationaux recherchent des actifs américains, Washington peut emprunter plus facilement et financer ses dépenses publiques. Si cette demande diminuait, le Trésor américain devrait probablement offrir des rendements plus élevés pour attirer les capitaux. Le coût du service de la dette augmenterait et limiterait la capacité du gouvernement à financer de nouvelles dépenses. Pour Steve Keen, la perte de la domination monétaire pourrait donc provoquer simultanément une crise industrielle, une crise financière et une crise budgétaire. Dans ce type de scénario, l’achat de pièces d’or peut représenter un choix de diversification pour certains investisseurs.

La militarisation du dollar accélérerait la recherche d’alternatives

Le dollar ne serait pas seulement affaibli par les déséquilibres commerciaux. Steve Keen considère également que les États-Unis ont transformé leur monnaie et leur système financier en instruments de pression géopolitique. Les sanctions, le gel d’avoirs, les restrictions d’accès aux circuits de paiement et l’exclusion de certains pays des infrastructures financières internationales ont montré que l’accès au système dominé par le dollar pouvait être utilisé comme un levier politique. Cette stratégie peut être efficace à court terme, mais elle encourage aussi les pays concernés à rechercher des solutions alternatives. Plus les acteurs internationaux craignent de perdre leur accès au système financier américain, plus ils ont intérêt à développer d’autres moyens de paiement.

Le réseau SWIFT n’est pas une monnaie et ne constitue pas à lui seul le système monétaire mondial. Il facilite principalement l’échange de messages nécessaires aux transactions financières internationales. Néanmoins, l’accès aux circuits de paiement, aux banques correspondantes et aux marchés libellés en dollars constitue un élément essentiel de la puissance financière américaine. Si des pays réussissaient à commercer davantage dans leurs monnaies nationales ou à utiliser des mécanismes de compensation indépendants, la demande structurelle de dollars diminuerait. C’est cette évolution progressive, plus qu’un événement isolé, qui pourrait affaiblir la devise américaine. Dans cette perspective, l’achat de monnaies d’or attire les personnes qui souhaitent détenir une réserve de valeur en dehors des circuits bancaires.

Les pays émergents et les membres des BRICS discutent depuis plusieurs années de moyens destinés à réduire leur dépendance au dollar. Les projets évoqués vont d’un règlement direct dans les monnaies nationales à la création d’une unité de compte commune, en passant par une augmentation des échanges bilatéraux. Aucun de ces mécanismes n’a, à ce jour, remplacé le dollar à l’échelle mondiale. Les difficultés sont nombreuses : convertibilité des monnaies, profondeur des marchés financiers, stabilité juridique, confiance politique et capacité à fournir des actifs sûrs. Mais même une dédollarisation partielle peut réduire la demande internationale de dollars et modifier le rapport de force. Face à cette transformation potentielle, certains épargnants examinent les offres d’or physique en pièces.

Le système financier américain serait la prochaine victime

Pour Steve Keen, les États-Unis ont déjà affaibli leur secteur industriel et risquent désormais de fragiliser leur secteur financier. Les banques, les fonds d’investissement, les courtiers et les grandes entreprises américaines ont longtemps profité du fait que les transactions mondiales nécessitaient des dollars. Cette position permettait aux institutions américaines de jouer un rôle central dans les paiements, les financements, les marchés de capitaux et la gestion des réserves. Si les échanges internationaux pouvaient être réglés sans passer par le dollar, une partie de cette rente disparaîtrait. La puissance financière américaine ne s’effondrerait pas nécessairement en une journée, mais elle pourrait connaître une érosion durable.

La baisse de la demande mondiale pour les actifs américains aurait également des conséquences sur les marchés obligataires et immobiliers. Les investisseurs étrangers détiennent une part importante des titres américains, directement ou indirectement. S’ils réduisaient leurs achats, les taux d’intérêt pourraient augmenter afin de compenser le risque de change et le risque budgétaire. Des taux plus élevés pèseraient sur la valeur des obligations existantes, renchériraient les crédits et fragiliseraient les entreprises fortement endettées. Une telle évolution pourrait provoquer une instabilité financière importante, en particulier si elle se combinait avec une baisse de la monnaie et une hausse des prix importés. Dans ce climat, l’achat d’or et d’argent peut être envisagé comme un élément parmi d’autres d’une allocation diversifiée.

Steve Keen estime que les États-Unis pourraient alors subir une inflation qu’ils ne pourraient pas combattre avec les instruments habituels. La Réserve fédérale peut relever ses taux pour ralentir la demande intérieure, mais elle ne peut pas produire les composants, les machines et les biens importés qui manquent à l’économie américaine. La hausse des taux risque même d’aggraver les difficultés financières en augmentant les coûts d’emprunt des ménages, des entreprises et de l’État. Le pays serait donc confronté à une combinaison particulièrement dangereuse : monnaie affaiblie, produits importés plus chers, déficits persistants et industrie insuffisamment capable de remplacer les importations. Dans un tel contexte, l’achat d’un Napoléon en or peut intéresser les épargnants recherchant un actif tangible.

Le bancor de Keynes pourrait-il remplacer le dollar ?

La proposition de Steve Keen ne consiste pas simplement à remplacer le dollar par le yuan, l’euro ou une autre monnaie nationale. Il considère qu’une telle substitution reproduirait le même problème. Si la Chine devenait la nouvelle puissance dominante et imposait le renminbi comme monnaie mondiale, elle pourrait bénéficier d’un avantage similaire à celui dont les États-Unis ont profité depuis 1944. Sa monnaie serait demandée partout, sa valeur pourrait augmenter et son économie risquerait à son tour de perdre en compétitivité industrielle. Pour Keen, remplacer une monnaie impériale par une autre ne réglerait donc pas le problème structurel du système.

L’économiste revient plutôt à l’idée d’une unité de compte internationale inspirée du bancor de Keynes. Dans ce système, les pays enregistreraient leurs excédents et leurs déficits au sein d’une institution internationale de compensation. Les soldes positifs et négatifs devraient s’équilibrer à l’échelle mondiale. Un pays exportant beaucoup plus qu’il n’importe accumulerait un excédent, tandis qu’un pays important davantage qu’il n’exporte enregistrerait un déficit. Des pénalités seraient appliquées aux déséquilibres excessifs afin d’éviter qu’un pays ne puisse accumuler indéfiniment des créances pendant qu’un autre s’endette. L’objectif serait de limiter les politiques consistant à gagner des parts de marché au détriment des partenaires commerciaux. Dans une stratégie patrimoniale indépendante des monnaies nationales, l’achat de pièces d’or reste une option suivie par certains investisseurs.

Cette proposition répond à une critique fondamentale de Steve Keen : les marchés ne corrigeraient pas automatiquement les déséquilibres commerciaux. La théorie économique traditionnelle affirme que les taux de change finissent par rétablir l’équilibre entre les importations et les exportations. Dans la réalité, certains pays peuvent conserver pendant des années des excédents très importants, tandis que d’autres accumulent des déficits persistants. Les entreprises, les chaînes de production, les habitudes de consommation, les politiques industrielles et les mouvements de capitaux empêchent souvent un ajustement rapide. Les déséquilibres peuvent donc renforcer les pays déjà excédentaires et affaiblir davantage les pays déficitaires. Dans un environnement monétaire incertain, l’achat de pièces Napoléon peut être présenté comme un moyen de diversification patrimoniale, sans garantie contre les fluctuations de prix.

La disparition du dollar ne serait pas automatique

Le scénario décrit par Steve Keen est particulièrement alarmant, mais il ne doit pas être confondu avec une prévision certaine. Le dollar reste soutenu par plusieurs éléments puissants : la taille de l’économie américaine, la profondeur de ses marchés financiers, la liquidité des bons du Trésor, la puissance de ses institutions, le poids des entreprises américaines et l’usage généralisé de la devise dans les contrats internationaux. Les banques centrales peuvent critiquer la politique américaine tout en continuant à détenir des dollars parce qu’elles ont besoin d’actifs liquides et facilement négociables. La chute de la part du dollar dans les réserves mondiales pourrait donc être lente, irrégulière et limitée, plutôt qu’un effondrement brutal.

Les données du FMI montrent précisément l’importance de cette distinction. Même lorsque la part du dollar recule, la devise américaine demeure très largement en tête des réserves officielles. Les variations trimestrielles peuvent aussi résulter des mouvements de change et de la valorisation des actifs détenus, et pas uniquement d’une décision massive des banques centrales de vendre leurs dollars. Le recul relatif du dollar ne signifie donc pas automatiquement la disparition de son rôle international. Il peut toutefois signaler une diversification progressive du système monétaire mondial. Pour les personnes souhaitant étudier les solutions liées aux métaux précieux, l’achat d’or d’investissement doit être analysé selon le budget, l’horizon de placement et les risques acceptés.

Le véritable danger pourrait être moins un effondrement instantané qu’une perte graduelle de confiance. Une diminution lente de la demande mondiale de dollars obligerait les États-Unis à financer leurs déficits à un coût plus élevé. Les importations deviendraient progressivement plus chères et les entreprises devraient relocaliser une partie de leur production. La transition serait difficile, mais elle laisserait davantage de temps pour adapter l’économie. À l’inverse, une crise politique, une erreur de politique monétaire ou une crise financière pourrait accélérer la défiance et provoquer un ajustement beaucoup plus violent. Dans les deux cas, le débat sur la protection du patrimoine et sur l’achat d’or en pièces pourrait prendre une place plus importante.

Un nouvel ordre monétaire pourrait être chaotique

Steve Keen se montre pessimiste sur la capacité des grandes puissances à construire rapidement un système coopératif. En 1944, les pays réunis à Bretton Woods sortaient d’une dépression et d’une guerre mondiale. Ils avaient un intérêt commun à éviter le retour des politiques protectionnistes, des dévaluations compétitives et des conflits commerciaux qui avaient aggravé la crise des années 1930. Le contexte actuel est différent. Les rivalités géopolitiques sont fortes, la confiance entre les grandes puissances est limitée et chaque pays cherche à réduire sa dépendance aux autres. La transition vers un système monétaire alternatif pourrait donc être marquée par des tensions plutôt que par un consensus.

Le risque principal serait de remplacer une monnaie dominante par plusieurs monnaies rivales sans créer de mécanisme commun de règlement. Les pays pourraient conclure des accords bilatéraux, accumuler les devises de leurs partenaires et rencontrer des difficultés lorsque les échanges deviendraient déséquilibrés. Une entreprise française vendant à un pays asiatique pourrait recevoir une monnaie difficile à convertir ou à utiliser ailleurs. Les banques devraient gérer davantage de risques de change et les contrats internationaux deviendraient plus complexes. Cette fragmentation pourrait réduire l’efficacité du commerce mondial et accroître la volatilité des marchés. Dans une période de transition, l’achat de pièces d’or pourrait être considéré comme une diversification face à la multiplication des risques monétaires.

La création d’une monnaie internationale neutre serait théoriquement plus stable, mais elle supposerait un accord politique extrêmement difficile à obtenir. Les grandes puissances devraient accepter de renoncer à une partie de leur influence et se soumettre à des règles limitant leurs excédents, leurs déficits et leurs sanctions financières. Elles devraient également faire confiance à l’institution chargée de gérer cette unité de compte. Steve Keen considère cette solution comme la plus rationnelle, mais il reconnaît lui-même qu’elle relève presque de l’utopie politique. À défaut d’un tel accord, les pays pourraient privilégier la concurrence et chercher à imposer leur propre monnaie. Dans ce contexte, certains épargnants s’intéressent aux possibilités d’achat d’or physique comme actif non rattaché à une devise nationale.

Ce que la chute du dollar changerait pour les marchés

Une baisse importante du dollar modifierait d’abord les marchés des changes. Les monnaies des pays exportateurs pourraient s’apprécier face à la devise américaine, tandis que les entreprises exposées aux importations américaines devraient ajuster leurs prix. Les marchés obligataires pourraient subir une hausse des rendements américains si les investisseurs exigeaient une compensation pour le risque de change. Les matières premières, souvent cotées en dollars, pourraient aussi connaître des mouvements complexes : leur prix pourrait augmenter en dollars même si leur valeur réelle évoluait différemment. Les banques centrales devraient arbitrer entre la stabilité de leur monnaie, la maîtrise de l’inflation et le soutien à leur activité économique.

Le marché de l’or serait directement concerné par une perte de confiance dans le dollar, mais cela ne signifie pas que le métal jaune monterait mécaniquement chaque jour. Le cours de l’or dépend également des taux d’intérêt réels, de la demande des banques centrales, des tensions géopolitiques, des flux d’investissement, de la production minière et du niveau de la demande en bijoux. Une crise monétaire peut donc soutenir l’or, mais le prix peut rester volatil. Les investisseurs qui souhaitent acheter des pièces d’or doivent tenir compte des primes, des frais, de la conservation, de la liquidité et de l’horizon de placement.

Pour les ménages européens, une baisse du dollar aurait des effets contrastés. Les produits importés des États-Unis pourraient devenir moins chers en euros si l’euro s’appréciait, mais les marchés mondiaux pourraient être déstabilisés par les tensions financières. Les matières premières et les contrats internationaux pourraient subir une forte volatilité. Les entreprises exportatrices vers les États-Unis devraient également gérer une baisse du pouvoir d’achat de leurs clients américains. Les conséquences dépendraient donc de l’ampleur, de la vitesse et de la nature du mouvement monétaire. L’achat de Napoléons en or peut entrer dans une stratégie de diversification, mais ne supprime ni le risque de marché ni le risque de détention.

Le véritable avertissement de Steve Keen

Le message de Steve Keen ne se résume pas à l’annonce spectaculaire d’un effondrement imminent du dollar. Son analyse vise surtout le fonctionnement d’un système dans lequel une monnaie nationale sert de moyen de paiement mondial. Pour lui, cette organisation crée une demande artificielle pour la devise dominante, pousse sa valeur à la hausse et encourage le pays émetteur à consommer davantage qu’il ne produit. Le pays profite d’abord d’un pouvoir d’achat exceptionnel, puis perd progressivement sa base industrielle. Lorsque ses rivaux deviennent suffisamment puissants, ils peuvent contester son influence économique, militaire et monétaire.

Le risque présenté par l’économiste est donc celui d’un cercle vicieux. La monnaie dominante attire les capitaux, ce qui la renforce. La devise forte rend les importations moins chères et les exportations moins compétitives. Les consommateurs achètent davantage de produits étrangers, tandis que les entreprises nationales réduisent leur production. La désindustrialisation affaiblit ensuite la puissance économique et militaire. Lorsque la confiance finit par diminuer, la monnaie peut baisser rapidement, mais le pays ne dispose plus de capacités industrielles suffisantes pour produire immédiatement ce qu’il importait. Dans ce scénario, la protection contre la perte de valeur monétaire devient une question centrale, ce qui explique l’intérêt porté à l’achat d’or d’investissement.

La question essentielle est donc de savoir si les États-Unis peuvent conserver leur influence sans réindustrialiser leur économie et sans restaurer la confiance dans leur politique budgétaire et financière. Tant que le dollar reste la principale monnaie de réserve, Washington conserve un avantage considérable. Mais cet avantage n’est pas gratuit. Il repose sur la confiance des banques centrales, des investisseurs et des partenaires commerciaux. Si cette confiance se dégrade durablement, le privilège monétaire peut devenir une source de fragilité. Dans cette perspective, les personnes qui souhaitent examiner les solutions disponibles peuvent consulter les offres d’achat de pièces d’or proposées par des spécialistes du marché.

Conclusion : la fin du dollar ou la fin d’un cycle ?

Selon Steve Keen, le dollar américain se trouve au terme d’un cycle historique. Les États-Unis auraient transformé leur puissance industrielle en domination monétaire, puis leur domination monétaire en dépendance aux importations. Cette stratégie aurait enrichi le pays à court terme tout en fragilisant son industrie, ses finances publiques et sa puissance productive. La montée de la Chine, le développement de solutions de paiement alternatives et la volonté de certains pays de réduire leur exposition au dollar pourraient accélérer cette remise en cause. Si le dollar perdait effectivement son statut central, les conséquences seraient considérables : inflation importée, hausse des taux, crise financière et instabilité géopolitique.

Le scénario d’un effondrement brutal n’est toutefois pas établi. Les données du FMI montrent que le dollar reste la première monnaie de réserve mondiale, soutenu par la profondeur des marchés américains et par l’absence d’alternative immédiatement équivalente. La transition pourrait être lente, partielle et discontinue, ou au contraire s’accélérer sous l’effet d’un choc politique ou financier. Le véritable enjeu n’est donc pas de savoir si le dollar disparaîtra demain, mais de comprendre comment la diversification monétaire mondiale peut modifier l’équilibre économique des prochaines décennies. Dans ce contexte, l’achat d’or et de pièces d’investissement peut être étudié comme une composante potentielle d’une stratégie patrimoniale diversifiée, sans constituer une garantie contre les pertes.

Une chose est certaine dans l’analyse de Steve Keen : une monnaie internationale ne peut pas être utilisée indéfiniment comme un instrument de puissance sans produire de déséquilibres. Le système fondé sur le dollar a permis une expansion spectaculaire du commerce et de la finance, mais il a également favorisé l’accumulation de dettes, de déficits et de dépendances industrielles. Si les grandes puissances choisissent de remplacer le dollar par une autre monnaie nationale, elles risquent de reproduire la même erreur. La véritable alternative serait un système international neutre, capable de limiter les excédents et les déficits excessifs. Mais, comme le souligne l’économiste, la volonté politique nécessaire à sa création semble aujourd’hui très éloignée. C’est précisément pourquoi certains investisseurs continuent d’examiner l’achat d’un Napoléon en or comme une solution tangible de diversification face aux incertitudes monétaires.

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