L’argent à 120 dollars l’once n’est pas une nouvelle prédiction pour Nomi Prins : c’est un objectif qu’elle continue de défendre malgré le violent retournement du marché depuis le sommet de janvier 2026. Dans un entretien consacré à l’éducation financière, l’ancienne dirigeante de Wall Street revient sur une conviction qui peut sembler spectaculaire à première vue : selon elle, l’argent reste fortement sous-évalué au regard de sa rareté, de ses usages industriels et de la demande croissante pour les métaux physiques. Alors que l’argent évolue actuellement autour de 61 dollars l’once, son objectif de 120 dollars représente presque un doublement du prix actuel. Le marché doit donc progresser d’environ 97 % pour atteindre ce niveau.
Cette prévision intervient après une année 2026 particulièrement mouvementée. L’argent avait franchi pour la première fois les 100 dollars en janvier et atteint un sommet historique supérieur à 121 dollars le 29 janvier, avant de subir une correction extrêmement importante. Le Silver Institute indique par ailleurs que le marché mondial de l’argent devrait connaître en 2026 une sixième année consécutive de déficit, avec une demande supérieure à l’offre disponible. Autrement dit, derrière les mouvements spectaculaires du prix se trouve une question beaucoup plus fondamentale : combien d’argent physique est réellement disponible lorsque la demande augmente simultanément du côté des investisseurs, des industriels et des acteurs financiers ?
Pourquoi Nomi Prins considère toujours l’argent comme gravement sous-évalué
Le raisonnement de Nomi Prins repose d’abord sur une idée très simple : l’argent n’est pas uniquement un métal précieux que l’on achète dans l’espoir de voir son cours monter. C’est également une matière première industrielle indispensable à une multitude d’applications. Cette double nature distingue profondément l’argent de nombreux autres actifs. Une partie de la demande provient de personnes qui cherchent à conserver leur patrimoine à travers un actif physique, tandis qu’une autre partie provient d’entreprises qui ont besoin du métal pour fabriquer des composants, des équipements et des technologies. Lorsque ces deux catégories de demande se rencontrent alors que l’offre minière progresse lentement, le rapport entre disponibilité et demande devient particulièrement important.
La situation actuelle donne du poids à cette lecture. Le World Silver Survey 2026 indique que le déficit du marché de l’argent s’est poursuivi en 2025, portant à cinq le nombre d’années consécutives durant lesquelles la demande mondiale a dépassé l’offre. Pour 2026, le Silver Institute anticipait encore un déficit, estimé à 67 millions d’onces dans ses prévisions de février, alors que la production minière devait progresser de seulement 1 % et que l’offre totale devait augmenter de 1,5 %. Le rapport publié en avril évoquait de son côté un déficit structurel de 46,3 millions d’onces pour 2026. Les chiffres prévisionnels ont donc évolué, mais le constat central est resté identique : le marché demeure déficitaire.
C’est précisément cette situation qui permet de comprendre pourquoi Prins continue d’employer une expression aussi forte que « gravement sous-évalué ». Son argument n’est pas simplement que l’argent devrait monter parce qu’il est déjà monté. Il est que la valeur du métal doit être appréciée à partir de sa rareté, de sa capacité à répondre à une demande industrielle croissante et de son rôle historique comme actif physique. Dans cette logique, une correction du cours ne signifie pas nécessairement que la thèse de long terme est détruite. Elle peut au contraire créer un écart entre le prix observé sur les marchés et les contraintes physiques auxquelles l’industrie doit répondre.
Pour les investisseurs qui souhaitent suivre cette logique directement sur le marché physique, l’idée défendue par Prins conduit naturellement à regarder au-delà du simple graphique du cours : acheter de l’argent physique sous forme de pièces peut permettre d’accéder directement au métal plutôt que de se limiter à une exposition financière à son prix.
L’objectif de 120 dollars n’a rien d’impossible sur le papier
À environ 61 dollars l’once au 5 octobre 2026, le seuil de 120 dollars paraît évidemment très éloigné. Pourtant, le marché de l’argent a déjà démontré cette année qu’une variation de plusieurs dizaines de dollars pouvait se produire rapidement. Le métal a franchi 100 dollars en janvier avant de dépasser temporairement 121 dollars, puis il a brutalement corrigé. L’objectif de Prins n’est donc pas un niveau que le marché n’aurait jamais approché : l’argent l’a déjà dépassé en 2026 avant de revenir nettement plus bas.
C’est un élément essentiel de son raisonnement. Dans l’entretien, Prins rappelle que l’argent avait déjà atteint environ 120 dollars avant de subir une forte pression vendeuse sur les marchés financiers. Selon elle, cette baisse ne correspond pas nécessairement à une disparition de la demande physique. Elle distingue le marché physique du marché « papier », c’est-à-dire l’ensemble des instruments financiers permettant de prendre des positions sur le prix de l’argent sans détenir directement une quantité équivalente de métal. Cette distinction constitue l’un des piliers de son analyse : le prix coté à court terme peut être fortement influencé par les positions financières alors que les contraintes de disponibilité du métal demeurent présentes.
Il faut cependant bien comprendre ce que signifie la prévision de 120 dollars. Il ne s’agit pas d’un prix garanti ni d’un mécanisme automatique selon lequel un déficit entraînerait mécaniquement une hausse immédiate. Il s’agit de l’objectif de marché défendu par Nomi Prins. Au moment où elle formule cette perspective, l’argent avait déjà connu une envolée vers 120 dollars, puis une correction. Sa thèse consiste donc à considérer que les facteurs fondamentaux susceptibles de provoquer une nouvelle remontée n’ont pas disparu.
À environ 61 dollars, atteindre 120 dollars nécessiterait une progression d’environ 96 %. C’est considérable. Mais le marché a déjà parcouru une distance comparable dans l’autre sens. Pour cette raison, la question centrale n’est pas simplement de savoir si 120 dollars semble élevé en valeur absolue. La question est de savoir si la combinaison de la demande industrielle, de la demande d’investissement, des stocks disponibles et des contraintes d’approvisionnement peut provoquer un déséquilibre suffisamment puissant pour pousser le prix vers ce niveau.
Le déficit de l’argent constitue le cœur de la thèse
Le chiffre le plus important à retenir n’est finalement pas 120 dollars. C’est le déficit structurel. Le Silver Institute estime que le marché mondial devrait rester déficitaire pour la sixième année consécutive en 2026. Dans ses prévisions, l’offre totale devait atteindre environ 1,05 milliard d’onces, tandis que la demande devait rester supérieure à cette production disponible. Le déficit devait être compensé en partie par la mobilisation de stocks existants. Cette situation est fondamentale parce qu’un marché peut supporter une production annuelle insuffisante tant que les stocks accumulés sont suffisamment importants. Mais plus les années déficitaires s’enchaînent, plus ces réserves disponibles deviennent stratégiques.
Le problème est renforcé par la structure même de la production minière. L’argent n’est pas uniquement extrait de mines dont le produit principal est le métal blanc. Une grande partie de l’argent mondial provient comme sous-produit de mines produisant principalement du plomb, du zinc, du cuivre ou de l’or. L’US Geological Survey indique que plus des deux tiers des ressources mondiales d’argent sont associés à des gisements polymétalliques et que l’argent est principalement obtenu comme sous-produit de mines de plomb-zinc, de cuivre et d’or. Cela signifie qu’une hausse du prix de l’argent ne suffit pas toujours à provoquer immédiatement une explosion de la production : une mine ne peut pas simplement décider de produire deux fois plus d’argent si son activité dépend principalement de l’exploitation d’un autre métal.
Cette caractéristique donne une dimension particulière à l’idée de rareté défendue par Prins. Si une matière première est principalement produite comme sous-produit, l’offre ne réagit pas nécessairement aussi vite que son prix. C’est précisément le type de situation dans lequel une augmentation durable de la demande peut exercer une pression de plus en plus forte sur les stocks disponibles.
Le phénomène est d’autant plus intéressant que l’argent est utilisé dans des secteurs qui sont au cœur des investissements technologiques mondiaux. Électronique, réseaux électriques, automobile, équipements industriels, technologies solaires et infrastructures liées à la numérisation nécessitent de nombreux matériaux conducteurs et performants. Le Silver Institute estime ainsi que la demande industrielle demeure une composante majeure du marché mondial, même si certaines économies de matière et substitutions réduisent la consommation d’argent dans certains secteurs, notamment le photovoltaïque.
L’argent n’est pas seulement un métal précieux : c’est aussi un métal industriel
C’est probablement l’un des aspects les plus importants du raisonnement de Nomi Prins. Lorsque l’investisseur achète de l’or, il achète principalement un actif monétaire et patrimonial. Lorsque l’investisseur achète de l’argent, il achète un métal qui possède simultanément une fonction monétaire historique et une fonction industrielle majeure. Cette différence modifie profondément la dynamique de la demande.
Le métal peut être immobilisé dans une pièce ou un lingot pendant des décennies, mais il peut également être incorporé dans un composant électronique ou dans une infrastructure industrielle. Dans ce deuxième cas, il devient beaucoup plus difficile de récupérer immédiatement le métal utilisé. Le recyclage existe évidemment, mais il nécessite des procédés industriels et économiques qui ne permettent pas toujours de remettre instantanément tout le métal consommé sur le marché.
Cette réalité rejoint une autre idée centrale développée par Prins dans l’entretien : la finance moderne donne souvent l’impression que l’argent est essentiellement une donnée numérique affichée sur un écran. Pourtant, derrière le prix se trouve une matière première physique qui doit être extraite, transportée, raffinée, transformée puis distribuée. Une once d’argent n’apparaît pas parce qu’un ordre d’achat a été passé sur une plateforme financière. Elle doit avoir été extraite quelque part dans le monde.
Pour l’investisseur qui veut transformer cette réflexion en exposition directe au métal, la question devient alors celle de la détention physique et des caractéristiques du produit choisi : découvrir les pièces d’argent disponibles à l’achat permet de passer de la simple observation du cours à une réflexion concrète sur la détention d’un actif physique.
Le marché a déjà prouvé que l’argent pouvait atteindre 120 dollars
Il existe une différence fondamentale entre prévoir qu’un actif atteindra un niveau jamais observé et maintenir un objectif après que ce niveau a déjà été atteint. Dans le cas de l’argent, 120 dollars n’est plus une hypothèse purement théorique. Le Silver Institute indique que le métal a atteint un sommet historique supérieur à 121 dollars le 29 janvier 2026. La correction qui a suivi a ramené l’argent vers 60 dollars à l’automne. Cette amplitude spectaculaire montre à quel point ce marché peut être volatil.
Cette volatilité explique aussi pourquoi le discours de Prins insiste sur le long terme. Elle ne présente pas l’argent comme un actif destiné à être acheté aujourd’hui puis revendu quelques semaines plus tard. Dans son raisonnement, le métal constitue plutôt une composante d’un patrimoine destinée à répondre à des transformations monétaires, économiques et industrielles de long terme.
Le retour vers 60 dollars ne signifie donc pas automatiquement que l’objectif de 120 dollars est devenu impossible. Il signifie que le marché doit désormais franchir de nouveau plusieurs résistances et retrouver une dynamique suffisamment puissante. C’est précisément ici que les fondamentaux deviennent importants : pour que le scénario de 120 dollars se matérialise, il faudrait que la demande et les contraintes physiques reprennent suffisamment de force pour absorber l’offre disponible et provoquer une nouvelle tension sur les prix.
Pourquoi les banques centrales sont essentielles dans le raisonnement sur l’or
Le discours de Nomi Prins ne concerne pas uniquement l’argent. Il repose également sur une conviction beaucoup plus large concernant le rôle de l’or dans le système monétaire mondial. Selon elle, l’accumulation d’or par les banques centrales constitue l’un des signaux les plus importants de la transformation du système financier international.
Les données disponibles en 2026 confirment qu’il ne s’agit pas d’un phénomène imaginaire. Le World Gold Council indique que les banques centrales ont acheté net 288,9 tonnes d’or au deuxième trimestre 2026, contre 177,9 tonnes au deuxième trimestre 2025. Le premier semestre a toutefois été moins spectaculaire, avec 345 tonnes d’achats nets, le plus faible premier semestre depuis 2022. Le World Gold Council estime néanmoins que les banques centrales devraient rester des acheteurs importants sur l’ensemble de l’année.
Cette accumulation constitue un élément essentiel de la vision de Prins : les États ne considèrent pas nécessairement l’or comme un simple actif spéculatif. Ils peuvent l’utiliser comme réserve de valeur et comme instrument de diversification de leurs réserves. C’est précisément cette dimension monétaire qui distingue l’or des autres matières premières.
Le contexte actuel est toutefois moins favorable aux métaux précieux qu’au début de l’année. Au 5 octobre 2026, l’or évoluait autour de 4 130 dollars l’once, après avoir fortement corrigé depuis son record annuel. Les rendements obligataires et les anticipations de politique monétaire américaine ont pesé sur l’or, tandis que l’évolution du marché du travail américain a modifié les anticipations concernant les taux.
Pour Prins, cette volatilité de court terme ne suffit donc pas à invalider la tendance de fond. C’est également la raison pour laquelle elle continue de défendre son objectif de 6 000 dollars pour l’or autour du changement d’année, tout en reconnaissant que le calendrier exact reste incertain.
Or à 6 000 dollars : pourquoi Nomi Prins maintient également son objectif
Dans son raisonnement, l’or et l’argent sont liés mais ne jouent pas exactement le même rôle. L’or bénéficie d’une demande monétaire extrêmement importante, notamment de la part des banques centrales. L’argent possède cette fonction monétaire historique mais dispose également d’une demande industrielle considérable. Cette différence explique pourquoi Prins peut être optimiste simultanément sur les deux métaux sans considérer qu’ils doivent nécessairement suivre exactement la même trajectoire.
Son objectif de 6 000 dollars sur l’or représente aujourd’hui une hausse beaucoup moins spectaculaire en pourcentage que son objectif de 120 dollars sur l’argent. Avec un cours proche de 4 130 dollars le 5 octobre, l’or devrait progresser d’environ 45 % pour atteindre 6 000 dollars. L’argent, lui, devrait quasiment doubler depuis ses niveaux actuels.
Le raisonnement de Prins repose notamment sur la demande des banques centrales, la rareté des nouvelles capacités minières, les tensions géopolitiques et la volonté de certains acteurs de réduire leur dépendance à certains actifs financiers traditionnels. Le World Gold Council confirme une partie importante de ce tableau : les achats des banques centrales ont fortement rebondi au deuxième trimestre 2026 et l’organisation estime que ces acteurs devraient rester des acheteurs significatifs.
Dans cette perspective, acheter de l’or ou de l’argent ne signifie pas nécessairement chercher à prédire le mouvement de la semaine suivante. Le raisonnement défendu par Prins consiste davantage à considérer les métaux comme des actifs physiques susceptibles de conserver une fonction particulière dans un environnement marqué par l’endettement, les tensions géopolitiques et la transformation du système monétaire mondial.
La grande différence entre l’argent physique et le marché papier
L’une des affirmations les plus fortes de Prins concerne précisément la différence entre le métal physique et les instruments financiers qui reproduisent son prix. Dans l’entretien, elle estime que le marché « papier » de l’argent peut temporairement exercer une pression importante sur le cours sans modifier la quantité de métal physiquement disponible. Cette distinction mérite une attention particulière parce qu’elle permet de comprendre pourquoi un prix peut baisser alors même que certaines données fondamentales restent tendues.
Le marché financier peut permettre à des investisseurs de prendre des positions haussières ou baissières sans que chaque transaction implique le déplacement physique d’une once d’argent. C’est une caractéristique normale des marchés modernes. Elle permet une liquidité beaucoup plus importante et facilite la gestion des risques. Mais elle signifie également que le prix financier peut s’éloigner temporairement des conditions observées dans les circuits physiques.
Pour Prins, cette situation peut devenir particulièrement importante lorsque le marché physique se tend. Si une quantité importante de positions vendeuses doit finalement être débouclée et que les vendeurs doivent acquérir du métal pour répondre à leurs obligations, une hausse rapide peut se produire. C’est ce mécanisme de rattrapage potentiel qui nourrit une partie de sa conviction sur les 120 dollars.
Il ne s’agit donc pas simplement d’affirmer que « l’argent est rare ». Le raisonnement est plus précis : une offre physique limitée, une demande industrielle persistante, une demande d’investissement élevée et un marché financier capable de créer d’importants volumes de positions peuvent produire une divergence temporaire entre prix et disponibilité. Si cette divergence se résorbe brutalement, le mouvement de prix peut être beaucoup plus violent qu’une progression régulière.
Le véritable danger : attendre que tout le monde parle de l’argent
Un autre thème particulièrement présent dans l’entretien est celui de l’éducation financière. Nomi Prins insiste sur l’idée que la plupart des individus ne comprennent pas suffisamment les mécanismes qui déterminent la valeur de leur argent. Ils voient leur salaire, leur compte bancaire, leurs crédits et leurs dépenses, mais ne relient pas toujours ces éléments aux grandes transformations monétaires et économiques.
Elle insiste notamment sur l’inflation. Une inflation officielle de quelques pourcents ne signifie pas que chaque individu subit exactement cette hausse de prix. Les indices sont des mesures statistiques agrégées. Une personne qui consomme davantage certains produits dont les prix augmentent fortement peut subir une inflation personnelle bien supérieure à l’indice général.
Cette différence explique pourquoi une inflation officiellement modérée peut être ressentie comme beaucoup plus violente dans la vie quotidienne. Si le logement, l’énergie, l’alimentation, l’assurance ou certains services progressent rapidement, le pouvoir d’achat disponible peut se contracter beaucoup plus vite que ne le laisse penser un seul chiffre national.
La réponse défendue par Prins n’est pas de chercher une solution miracle. Elle commence par la connaissance. Comprendre la dette, comprendre l’inflation, comprendre l’épargne, comprendre les investissements et comprendre les actifs physiques doit permettre à chacun de prendre des décisions plus informées.
Dans cette logique, une exposition aux métaux précieux ne devrait pas être présentée comme une solution universelle. Elle constitue une possibilité parmi d’autres dans une stratégie patrimoniale. Mais pour quelqu’un qui souhaite étudier précisément le rôle de l’argent physique dans un patrimoine, consulter les possibilités d’achat d’argent permet d’examiner concrètement les produits disponibles et leur prix.
Le message de Nomi Prins commence en réalité par 5 dollars
L’un des aspects les plus intéressants de l’entretien est que le discours ne commence paradoxalement pas par les centaines de milliers de dollars nécessaires pour acheter un lingot. Prins insiste au contraire sur la discipline financière. Même une personne endettée peut, selon elle, essayer de mettre de côté une petite somme régulièrement. Elle donne l’exemple de 5 ou 10 dollars prélevés sur une somme consacrée au remboursement de dettes, non pas pour abandonner le remboursement, mais pour développer parallèlement l’habitude de se constituer quelque chose pour soi.
Le principe est plus important que le montant. Commencer petit permet de transformer l’épargne en automatisme. Le même raisonnement peut être appliqué à l’argent métal : il n’est pas nécessaire de commencer avec une grosse somme. Une personne peut étudier le marché, comprendre les primes, les différentes formes de détention, les frais et les caractéristiques des produits avant d’effectuer progressivement ses premiers achats.
Le discours de Prins rejoint ici une idée centrale de l’éducation financière : la taille de la première décision est moins importante que la compréhension du mécanisme. Un investisseur qui ne comprend pas ce qu’il achète peut perdre beaucoup d’argent avec une petite somme comme avec une grosse. À l’inverse, comprendre progressivement les actifs et leur fonctionnement permet de prendre des décisions plus cohérentes.
Pour ceux qui souhaitent précisément étudier cette approche progressive, examiner les pièces d’argent disponibles permet d’aborder l’investissement dans le métal physique à partir de formats adaptés à différents budgets.
Pourquoi l’argent peut être plus explosif que l’or
Le comportement de l’argent explique également pourquoi son potentiel de hausse peut sembler plus spectaculaire que celui de l’or. Le marché de l’argent est beaucoup plus petit et le métal possède une forte composante industrielle. Cela signifie que les variations de la demande peuvent provoquer des mouvements proportionnellement importants.
Le 5 octobre 2026, l’argent se situait autour de 61 dollars, tandis que son sommet annuel dépassait 121 dollars. Le métal se trouvait donc à environ la moitié de son record de janvier. Cette situation illustre parfaitement le caractère explosif du marché : en quelques mois, l’argent a connu une ascension historique, une correction majeure et un début de stabilisation.
Cette volatilité constitue simultanément l’argument le plus puissant et le principal risque de la thèse haussière. Elle permet à l’argent de progresser très rapidement lorsque les acheteurs affluent, mais elle permet également des corrections extrêmement brutales lorsque les flux financiers se retournent.
La prévision de 120 dollars doit donc être comprise dans cet environnement. Pour Nomi Prins, le potentiel vient de la combinaison de la rareté physique et de la demande. Le marché, lui, peut emprunter des chemins extrêmement différents avant d’atteindre éventuellement un tel niveau.
Ce qui pourrait pousser l’argent vers 120 dollars
Le premier facteur est évidemment le déficit structurel. Le Silver Institute prévoit encore en 2026 une demande supérieure à l’offre, malgré une progression de la production et du recyclage. Tant que cette situation persiste, les stocks disponibles jouent le rôle de variable d’ajustement.
Le deuxième facteur est la demande industrielle. L’argent reste indispensable à de nombreux usages technologiques. Le développement des infrastructures électriques, de l’électronique, des équipements industriels et des technologies liées à l’intelligence artificielle entretient une demande structurelle en métaux conducteurs. Le Silver Institute souligne cependant que certains secteurs, notamment le photovoltaïque, réduisent leur consommation d’argent par unité produite grâce aux économies de matière et à la substitution.
Le troisième facteur est l’investissement. Lorsque les investisseurs recherchent des actifs physiques dans un environnement marqué par l’inflation, les tensions géopolitiques ou l’incertitude monétaire, les flux vers les métaux précieux peuvent accélérer rapidement. Le quatrième facteur est la spéculation financière : si les positions vendeuses deviennent trop importantes et doivent être rachetées, le mouvement de couverture peut amplifier une hausse déjà engagée.
Enfin, le cinquième facteur est le comportement de l’or. Si l’or repart fortement à la hausse, l’argent peut bénéficier de son statut de métal précieux secondaire. Les investisseurs qui considèrent l’argent comme relativement bon marché par rapport à l’or peuvent alors renforcer leur exposition au métal blanc. C’est notamment pourquoi le ratio or/argent est régulièrement utilisé pour comparer les deux marchés.
Pourquoi 120 dollars ne signifie pas que l’argent montera en ligne droite
Le scénario défendu par Prins ne suppose pas une progression régulière. Le parcours vers 120 dollars, s’il devait se produire, pourrait être marqué par des corrections extrêmement violentes. L’histoire récente du marché suffit à le démontrer : après avoir dépassé 121 dollars en janvier 2026, l’argent a perdu une partie considérable de sa valeur avant de revenir autour de 60 dollars.
Les taux d’intérêt constituent notamment un facteur déterminant. Lorsque les rendements obligataires augmentent, les actifs ne produisant pas de revenu financier peuvent perdre une partie de leur attrait relatif. Les mouvements des rendements américains et les anticipations de politique monétaire peuvent donc exercer une pression importante sur les métaux précieux.
Le dollar joue également un rôle majeur puisque l’argent est coté en dollars. Un dollar plus fort peut rendre le métal plus cher pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies. Les tensions géopolitiques, les anticipations d’inflation, les politiques des banques centrales et l’évolution de la croissance mondiale peuvent donc provoquer des changements rapides dans les flux d’investissement.
Autrement dit, la thèse des 120 dollars est une thèse de réévaluation potentielle, pas une promesse de hausse continue. C’est précisément ce qui rend l’évolution de l’argent aussi spectaculaire : les fondamentaux peuvent être favorables tandis que le prix connaît simultanément des phases de correction brutale.
La leçon financière la plus importante de Nomi Prins
Au-delà de l’or et de l’argent, le message le plus profond de Nomi Prins concerne finalement l’autonomie financière. Elle explique que la première étape consiste à comprendre son propre rapport à l’argent. Cela signifie connaître ses dettes, ses dépenses, son épargne et les mécanismes qui déterminent le pouvoir d’achat de son revenu.
Elle insiste également sur la nécessité d’apprendre par soi-même. Il n’existe pas, selon elle, un unique livre qui permettrait de comprendre définitivement la finance. Il faut commencer, rechercher, comparer les informations, comprendre les mécanismes et progressivement construire son propre niveau de connaissance.
Cette philosophie explique pourquoi son discours sur l’argent commence paradoxalement par l’éducation financière plutôt que par un ordre d’achat. Avant de savoir s’il faut acheter de l’or, de l’argent, des actions, des obligations ou tout autre actif, il faut comprendre pourquoi on le fait.
La même logique s’applique à l’argent physique. Il est possible d’étudier les différences entre pièces et lingots, les primes, la pureté, les conditions de stockage et la liquidité avant de prendre une décision. Pour approfondir la partie consacrée aux pièces physiques, voir les différentes pièces d’argent proposées à l’achat permet de comparer les formats et de mieux comprendre le marché physique.
L’argent à 120 dollars : le marché doit désormais répondre à une seule question
La question centrale est finalement simple : le marché de l’argent dispose-t-il de suffisamment de métal disponible pour absorber durablement la demande future ? Les données disponibles montrent un marché qui connaît depuis plusieurs années des déficits successifs. Le Silver Institute prévoit encore un déficit en 2026, tandis que l’US Geological Survey souligne la particularité de la production mondiale, largement dépendante de l’extraction de l’argent comme sous-produit d’autres métaux.
Face à cette réalité, l’objectif de 120 dollars défendu par Nomi Prins prend une signification différente. Il ne repose pas uniquement sur un graphique ou sur une tendance technique. Il repose sur l’hypothèse qu’une tension durable entre la disponibilité du métal et la demande finira par être reflétée dans le prix.
Le marché actuel apporte cependant un contraste saisissant. L’argent se négocie autour de 61 dollars alors qu’il a dépassé 121 dollars quelques mois plus tôt. Cette correction signifie que le scénario de 120 dollars nécessite désormais une nouvelle phase haussière majeure. Elle ne prouve ni que Prins a raison ni qu’elle a tort. Elle montre simplement l’ampleur du mouvement nécessaire.
Si la demande industrielle reste forte, si les déficits se prolongent, si les stocks physiques continuent de se contracter et si les investisseurs reviennent massivement vers les métaux précieux, le scénario de Nomi Prins pourrait redevenir l’un des paris les plus surveillés du marché des métaux précieux. Pour les investisseurs qui souhaitent étudier la composante physique de cette thèse, découvrir les possibilités d’achat d’argent physique constitue une première étape pour examiner concrètement ce marché.
Conclusion : Nomi Prins refuse d’abandonner les 120 dollars
Nomi Prins maintient donc une position particulièrement offensive sur l’argent. Malgré la correction spectaculaire enregistrée après le sommet de janvier, elle considère toujours que le métal est « gravement sous-évalué » et conserve un objectif de 120 dollars. Ce niveau représente presque le double du cours observé au début d’octobre 2026, mais il a déjà été dépassé temporairement quelques mois auparavant.
La force de sa thèse repose sur plusieurs éléments : un marché déficitaire depuis plusieurs années, une offre minière difficile à augmenter rapidement, une utilisation industrielle massive, une demande d’investissement susceptible de progresser et un marché financier capable d’amplifier les mouvements de prix. Le Silver Institute confirme au moins une partie essentielle de cette photographie en constatant la poursuite du déficit structurel du marché.
Son raisonnement s’inscrit également dans une vision plus large des métaux précieux. L’or conserve une place croissante dans les réserves des banques centrales, dont les achats ont fortement rebondi au deuxième trimestre 2026. Dans le même temps, l’or reste soumis aux forces opposées des taux d’intérêt, du dollar et des tensions géopolitiques.
Le véritable message de Prins dépasse donc le chiffre de 120 dollars. Elle invite surtout les particuliers à comprendre ce qu’ils possèdent, ce que vaut réellement leur monnaie et quelles sont les forces physiques et financières qui déterminent le prix des actifs. L’argent est au cœur de cette réflexion parce qu’il réunit deux caractéristiques rares : il est à la fois un métal précieux historiquement utilisé comme réserve de valeur et une matière première indispensable à l’économie moderne.
Le marché devra maintenant trancher. À environ 61 dollars l’once, l’argent est très loin de l’objectif de 120 dollars, mais il se trouve également très loin de son sommet de plus de 121 dollars atteint en janvier. Si les déficits physiques, la demande industrielle et les flux d’investissement reprennent suffisamment de vigueur, le scénario de Nomi Prins pourrait redevenir l’un des paris les plus surveillés du marché des métaux précieux. Pour les investisseurs qui souhaitent étudier la composante physique de cette thèse, consulter les possibilités d’achat d’argent physique permet d’examiner directement les solutions disponibles sur le marché.
Une chose est certaine : après avoir dépassé 120 dollars en janvier avant de retomber autour de 60 dollars, l’argent vient de rappeler au marché qu’il est capable de mouvements d’une violence exceptionnelle. Pour Nomi Prins, cette histoire n’est pas terminée.