Crise de la dette, récession, puis krach : Michael Pento estime que les marchés américains reposent sur une combinaison particulièrement fragile de dette, de création monétaire, de taux d’intérêt artificiellement influencés et de bulles d’actifs. Selon lui, cette construction pourrait se fissurer en 2027, lorsque la Réserve fédérale américaine cherchera à maintenir sa lutte contre l’inflation alors que l’économie dépend de plus en plus du crédit.
L’analyste ne prédit pas nécessairement un effondrement immédiat des marchés. Son avertissement porte plutôt sur une dégradation progressive des conditions financières, susceptible de provoquer une succession d’événements : élargissement des écarts de crédit, ralentissement de l’investissement, éclatement de la bulle liée à l’intelligence artificielle, baisse de l’immobilier et chute des actions. Dans ce scénario, les obligations américaines ne joueraient plus automatiquement leur rôle traditionnel de valeur refuge.
Michael Pento devient progressivement baissier
Michael Pento explique avoir commencé à réduire fortement ses positions acheteuses après avoir observé une détérioration des indicateurs de crédit et des conditions financières. Après avoir été exposé positivement aux marchés pendant plusieurs années, il affirme avoir ouvert plusieurs positions vendeuses, une première depuis 2023 selon ses propres déclarations.
Le changement de position repose principalement sur deux signaux. Le premier concerne l’élargissement des écarts de crédit, qui traduit une hausse de la prime exigée par les investisseurs pour détenir des obligations risquées. Le second correspond au resserrement des conditions financières, qui rend progressivement le financement plus coûteux pour les entreprises, les ménages et les investisseurs.
Dans une situation habituelle, l’élargissement des spreads de crédit entraîne une recherche de sécurité. Les investisseurs vendent les obligations à haut rendement et se reportent sur les bons du Trésor américain, ce qui fait monter leur prix et baisser leurs rendements. Michael Pento souligne toutefois que le marché actuel présente une configuration différente : les obligations risquées reculent rapidement, mais les Treasuries se comportent également mal et leurs rendements augmentent.
Pour l’analyste, cette évolution constitue un signal particulièrement inquiétant. Elle signifie que les investisseurs ne se contentent plus de fuir le risque privé pour acheter de la dette publique américaine. Ils demandent également une rémunération plus élevée pour continuer à financer les États-Unis.
Pourquoi les rendements obligataires pourraient rester élevés
Michael Pento identifie plusieurs facteurs susceptibles de maintenir les rendements obligataires américains sur une tendance haussière de long terme. Le premier est la persistance de l’inflation. D’après son analyse, la hausse des prix serait restée supérieure à l’objectif de 2% de la Réserve fédérale pendant une période prolongée, ce qui limite la possibilité d’une baisse rapide des taux directeurs.
Le deuxième facteur est l’ampleur de la dette américaine. Les États-Unis doivent financer leurs déficits courants tout en refinançant les emprunts arrivant à échéance. Lorsque les taux d’intérêt augmentent, le coût de ce refinancement progresse à son tour. Les données budgétaires disponibles en 2026 montrent déjà une forte hausse des charges d’intérêts : les paiements d’intérêts sur la dette ont dépassé 1 000 milliards de dollars sur l’exercice budgétaire 2026, tandis que le Congressional Budget Office anticipe une progression vers environ 2 100 milliards de dollars par an en 2036.
Le troisième élément avancé par Pento est le retrait relatif de certains acheteurs étrangers. Les banques centrales et les investisseurs internationaux jouent un rôle important dans le financement du marché des Treasuries. Si leur demande diminue, le Trésor américain doit proposer des rendements plus élevés afin d’attirer suffisamment de capitaux.
Le quatrième facteur réside dans l’évolution des taux obligataires à l’étranger. Pendant des années, les rendements très faibles des obligations japonaises et allemandes ont contribué à rendre les Treasuries attractifs. Cette situation a changé. La remontée des rendements mondiaux réduit l’avantage relatif offert par la dette américaine et modifie les flux de capitaux internationaux.
Enfin, Michael Pento insiste sur le ralentissement des achats d’obligations par la Réserve fédérale. Lorsque la banque centrale augmente fortement son bilan et acquiert des titres publics, elle soutient mécaniquement la demande de Treasuries. À l’inverse, lorsque cette intervention ralentit, le marché doit absorber une quantité plus importante de dette avec moins de soutien monétaire.
La Fed face à un choix impossible
Selon Michael Pento, la Réserve fédérale se trouve confrontée à un problème central. Elle doit combattre l’inflation sans provoquer l’effondrement d’une économie devenue dépendante de l’endettement. Pour atteindre son objectif, elle peut maintenir des taux élevés ou les relever davantage. Mais cette politique renchérit le coût du crédit et fragilise les secteurs qui dépendent le plus du financement.
Les premiers touchés seraient l’immobilier, l’automobile, les entreprises fortement endettées et les sociétés technologiques dont les investissements reposent sur des émissions obligataires ou des financements privés. Le resserrement monétaire ne crée pas davantage de pétrole, ne supprime pas les droits de douane et ne construit pas de nouvelles infrastructures énergétiques. Il agit principalement en réduisant la demande et en rendant le crédit plus difficile à obtenir.
L’analyste estime que la lutte contre l’inflation pourrait donc passer par l’éclatement de la bulle du crédit. Les investissements liés à l’intelligence artificielle occupent une place centrale dans ce raisonnement. De nombreuses entreprises dépensent massivement pour développer des infrastructures, des centres de données et des capacités informatiques. Si les coûts de financement augmentent, ces dépenses pourraient ralentir brutalement.
Les chiffres avancés dans l’entretien attribuent une part très importante de la croissance économique et de la progression des bénéfices à des dépenses liées à l’intelligence artificielle financées par la dette. Si cette source de croissance venait à disparaître, les marchés pourraient perdre l’un de leurs principaux moteurs.
Trois bulles pourraient éclater en même temps
Michael Pento considère que la situation actuelle se distingue par la coexistence de trois bulles majeures : la bulle du crédit, la bulle immobilière et la bulle des actions. Dans son scénario, ces trois marchés ne seraient pas indépendants. L’éclatement de la première pourrait fragiliser les deux autres.
La hausse des taux rend le crédit plus cher, ce qui réduit la capacité d’achat des ménages et affaiblit la demande immobilière. La baisse de l’immobilier réduit ensuite la valeur des garanties détenues par les banques et les particuliers. Dans le même temps, les entreprises qui dépendent du financement par la dette peuvent voir leurs bénéfices diminuer, ce qui pèse sur leur valorisation en Bourse.
L’analyste souligne également le niveau élevé du ratio entre les prix des logements et les revenus des ménages. Il cite aussi la capitalisation totale des actions rapportée au produit intérieur brut, un indicateur souvent utilisé pour mesurer la valorisation globale des marchés. Selon les chiffres évoqués dans l’entretien, ce ratio aurait atteint environ 235%, contre une moyenne historique proche de 90%.
Dans cette configuration, une correction des valeurs technologiques ne resterait pas nécessairement limitée à quelques grandes entreprises. Elle pourrait toucher les marchés du crédit, les dépenses d’investissement, l’immobilier et les portefeuilles d’actions. C’est la simultanéité de ces risques qui conduit Michael Pento à employer des termes particulièrement alarmants.
Pourquoi 2027 serait une année dangereuse
Michael Pento ne présente pas 2027 comme une date certaine pour un krach instantané. Il indique plutôt que cette année pourrait marquer une phase de forte dégradation, car la Réserve fédérale pourrait poursuivre le relèvement des taux alors que les effets du resserrement monétaire se diffuseraient pleinement dans l’économie.
Dans son scénario, la banque centrale effectuerait encore plusieurs hausses de taux. Cette politique finirait par augmenter le coût du financement des entreprises liées à l’intelligence artificielle et des autres segments du crédit privé. Les obligations spéculatives, les prêts privés, les structures de dette complexes et les sociétés fortement endettées seraient alors particulièrement vulnérables.
La hausse des prix de l’énergie pourrait aggraver le problème. Les ménages doivent déjà composer avec des dépenses élevées pour le logement, l’alimentation, le transport et le crédit. Une nouvelle progression des carburants réduirait leur revenu disponible et affaiblirait la consommation, qui représente une composante essentielle de l’activité économique américaine.
La situation des marchés ne serait toutefois pas uniforme. Michael Pento affirme que les indices peuvent encore progresser alors qu’une grande partie des actions se trouve déjà en baisse. Il estime qu’une part importante des titres composant le S&P 500 aurait reculé de manière significative par rapport à ses sommets, tandis que quelques valeurs liées à l’intelligence artificielle maintiendraient les indices à des niveaux élevés.
Cette concentration donne une image incomplète de la santé du marché. Un indice peut rester proche de ses records si un petit nombre de grandes capitalisations progresse fortement, alors que de nombreuses autres entreprises subissent déjà une baisse importante. La fragilité devient visible lorsque les valeurs dominantes cessent à leur tour de soutenir l’ensemble du marché.
La prochaine récession pourrait aggraver la dette
Michael Pento estime qu’une prochaine récession provoquerait une forte augmentation du déficit budgétaire américain. Les recettes fiscales diminueraient tandis que les dépenses sociales et les mécanismes de soutien augmenteraient automatiquement. Dans son hypothèse, un déficit annuel d’environ 2 000 milliards de dollars pourrait se rapprocher de 6 000 milliards de dollars pendant une crise économique sévère.
Cette estimation repose sur le fonctionnement habituel des finances publiques en période de récession. Lorsque l’activité ralentit, les revenus de l’État diminuent. En parallèle, les dépenses liées à l’assurance chômage, aux aides sociales et aux dispositifs de soutien progressent. Le déficit augmente alors même que les autorités cherchent à stabiliser l’économie.
Le gouvernement américain devrait ensuite trouver des acheteurs pour une quantité beaucoup plus importante de dette. Si la demande privée ne suffisait pas, les rendements devraient augmenter afin d’attirer les investisseurs. Cette hausse renchérirait à son tour les intérêts payés par le Trésor et accentuerait le déficit.
La seconde possibilité serait une intervention massive de la Réserve fédérale. La banque centrale pourrait acheter une grande quantité de dette publique et accroître fortement son bilan. Mais cette solution risquerait d’affaiblir la confiance dans le dollar et dans les obligations américaines, surtout si les investisseurs estimaient que la création monétaire sert à financer directement les déficits.
Michael Pento décrit ainsi un choix particulièrement difficile : laisser les rendements monter et provoquer une contraction économique profonde, ou créer de la monnaie pour soutenir le marché obligataire au risque de relancer l’inflation et de déprécier le dollar.
Les obligations ne seraient plus un refuge fiable
Dans les précédentes crises économiques américaines, les investisseurs se tournaient généralement vers les obligations d’État. La baisse des taux permettait alors aux détenteurs d’obligations longues d’enregistrer des gains importants. Les portefeuilles diversifiés, notamment les portefeuilles composés de 60% d’actions et de 40% d’obligations, bénéficiaient de cette corrélation favorable.
Michael Pento estime que cette protection pourrait ne plus fonctionner. Si une récession s’accompagne d’une inflation persistante, de déficits records et d’une perte de confiance dans les finances publiques, les rendements obligataires pourraient rester élevés ou continuer à progresser. Les prix des obligations baisseraient alors en même temps que les actions.
Un tel scénario provoquerait une double perte pour les investisseurs. La partie actions du portefeuille subirait l’éclatement des bulles de crédit et de valorisation. La partie obligataire diminuerait également en raison de la hausse des taux. La structure traditionnelle destinée à amortir les chocs fonctionnerait donc beaucoup moins bien.
Les données disponibles montrent que les taux américains demeurent élevés par rapport à la période des taux proches de zéro. Au 2 octobre 2026, le taux effectif des fonds fédéraux se situait à 3,88%, dans une fourchette cible de 3,75% à 4%. Le niveau des taux, combiné à l’importance de la dette à refinancer, maintient une pression constante sur le budget américain.
Quel rôle pour l’or dans ce scénario ?
Michael Pento ne considère pas que l’or constitue automatiquement une protection immédiate contre la phase initiale de la crise. Lorsque les taux nominaux et les taux réels augmentent, le métal précieux peut subir une pression, car il ne verse ni coupon ni dividende. Les investisseurs peuvent alors privilégier les actifs monétaires à court terme offrant un rendement élevé.
Dans son scénario, l’or et l’argent pourraient toutefois progresser fortement après que la récession serait devenue évidente et que la Réserve fédérale commencerait à parler de baisses de taux plutôt que de nouvelles hausses. Une intervention monétaire importante pourrait également renforcer l’intérêt pour les actifs tangibles et les valeurs refuges.
Cette distinction est essentielle dans l’analyse de Michael Pento. Il ne présente pas l’or comme une solution permettant de gagner dans toutes les phases du cycle. Il estime plutôt que le métal précieux pourrait devenir plus recherché lorsque les investisseurs commenceraient à anticiper une nouvelle période de création monétaire, de dépréciation monétaire et d’inflation persistante.
Pour les épargnants qui souhaitent étudier les différentes possibilités disponibles, l’achat de pièces d’or comme le 20 francs Napoléon peut constituer un point de comparaison concret entre l’or physique, les placements financiers et les liquidités.
Une période de stagflation pourrait suivre le choc
Michael Pento envisage une première phase de dépression déflationniste, caractérisée par la baisse de la demande, des actifs et du crédit. Mais il redoute ensuite une longue période de stagflation. Dans ce contexte, la croissance réelle resterait faible tandis que les prix nominaux continueraient d’augmenter.
Cette situation serait particulièrement difficile pour les ménages. Les salaires pourraient progresser moins vite que les prix, les coûts du logement resteraient élevés et les taux d’emprunt pèseraient sur les achats importants. Les entreprises seraient confrontées à des charges financières importantes alors que leurs clients réduiraient leurs dépenses.
La stagflation limite également les marges de manœuvre des banques centrales. Une baisse des taux pourrait soutenir l’activité, mais elle risquerait de relancer l’inflation. À l’inverse, une politique monétaire restrictive pourrait ralentir davantage l’économie et augmenter les défauts de paiement.
Dans cette configuration, les actifs tangibles peuvent attirer davantage l’attention des investisseurs qui souhaitent diversifier leur patrimoine face au risque monétaire. Les pièces d’or physiques peuvent ainsi être comparées aux autres formes de détention d’or dans une stratégie de diversification patrimoniale.
Pourquoi l’or physique revient dans les stratégies défensives
L’or physique ne dépend pas du remboursement d’une entreprise, du paiement d’un coupon obligataire ou de la solvabilité d’un émetteur financier. Cette caractéristique explique son rôle historique dans les périodes de crise monétaire, de tensions bancaires et de perte de confiance dans les monnaies.
Cela ne signifie pas que son prix augmente en permanence. Le métal précieux peut subir des corrections, notamment lorsque les investisseurs cherchent des liquidités ou lorsque les taux réels progressent. Mais sa fonction ne se limite pas à la recherche d’une performance à court terme. Il peut également être utilisé comme actif de diversification face aux risques pesant sur les actions, les obligations et les devises.
Dans l’hypothèse développée par Michael Pento, cette fonction deviendrait plus importante si les autorités choisissaient finalement de monétiser une partie des déficits. Les investisseurs qui souhaitent examiner l’or d’investissement peuvent notamment consulter les pièces en or disponibles avant de prendre une décision adaptée à leur situation.
Le modèle 60/40 remis en question
Le principal message de Michael Pento concerne la gestion active des portefeuilles. Il estime qu’un portefeuille figé composé d’actions et d’obligations pourrait subir de lourdes pertes si les deux marchés baissent simultanément. Selon lui, l’investisseur ne devrait pas considérer la partie obligataire comme une protection automatique contre une chute des actions.
Une gestion active peut chercher à modifier la durée des obligations, à augmenter la part de liquidités, à réduire l’exposition aux actions ou à utiliser des stratégies permettant de profiter d’une baisse des marchés. L’objectif consiste à adapter le portefeuille à l’évolution de l’inflation, de la croissance, des taux et des conditions de crédit.
Cette approche ne supprime pas le risque. Elle repose sur la capacité à analyser correctement le cycle économique et à agir avant que les pertes ne deviennent trop importantes. Elle s’oppose cependant à une stratégie consistant à conserver la même répartition quelles que soient les conditions du marché.
Dans une stratégie de diversification, certains épargnants peuvent également examiner la place de l’or physique, en tenant compte de leur horizon de placement, de leurs besoins de liquidité et de leur tolérance au risque. Découvrir les pièces d’or disponibles permet de comparer les formats, les caractéristiques et les conditions d’achat de l’or physique.
Le scénario de Michael Pento en résumé
L’analyse de Michael Pento suit une séquence précise. D’abord, les déficits et la dette maintiennent une pression croissante sur le marché obligataire. Ensuite, les rendements élevés renchérissent le financement des entreprises et des ménages. Cette hausse fragilise le crédit privé et l’investissement lié à l’intelligence artificielle. La contraction du crédit pèse alors sur l’immobilier et les actions.
La récession entraîne ensuite une nouvelle hausse des déficits, car les recettes fiscales baissent et les dépenses publiques augmentent. Les autorités doivent choisir entre accepter une forte hausse des rendements ou intervenir massivement sur le marché obligataire. Dans le premier cas, l’économie souffre d’un choc de taux. Dans le second, la monnaie et les anticipations d’inflation sont fragilisées.
Après une première phase de baisse des actifs, une nouvelle période de création monétaire pourrait soutenir les actifs tangibles et les métaux précieux. Les personnes qui envisagent une exposition à l’or physique peuvent étudier les pièces d’or comme l’une des options possibles de diversification.
Michael Pento considère donc que 2027 pourrait devenir une année particulièrement difficile pour les marchés. Son avertissement ne repose pas sur un seul événement, mais sur l’accumulation de plusieurs déséquilibres : dette publique élevée, déficits persistants, inflation, rendements obligataires en hausse, crédit privé fragile et valorisations importantes des actions.
La dernière recommandation de l’analyste est de ne pas attendre que la crise soit pleinement visible pour réfléchir à la protection du patrimoine. Dans son raisonnement, la préparation doit intervenir avant l’éclatement des bulles, car les actifs les plus liquides et les plus recherchés peuvent devenir difficiles à acquérir lorsque la panique s’installe. Consulter les solutions d’achat d’or physique peut aider à mieux comprendre les possibilités de diversification avant toute décision patrimoniale.