51,4 milliards d’euros : la France face à un déficit commercial historique avec la Chine
Le déficit commercial entre la France et la Chine a atteint 51,4 milliards d’euros, un niveau qualifié de record historique par l’économiste Marc Touati. Ce chiffre signifie que la France importe de la Chine bien plus de marchandises qu’elle ne lui en vend, alors que l’année n’était même pas terminée au moment de son intervention, les données s’arrêtant au mois d’août. Pour Marc Touati, cette situation n’est plus un simple déséquilibre statistique : elle traduit une perte de compétitivité, une désindustrialisation durable et une dépendance croissante de la France vis-à-vis de Pékin. Dans un contexte où la confiance dans les monnaies et les États s’effrite, de nombreux épargnants cherchent à protéger une partie de leur patrimoine avec des actifs tangibles, à l’image de l’achat de pièces d’or comme le 20 francs Napoléon tête nue.
Ce déficit de 51,4 milliards d’euros illustre une réalité brutale : la France exporte très peu vers la Chine, tandis que les produits chinois continuent d’affluer sur le marché français. Marc Touati rappelle que ce déséquilibre n’est pas uniquement le fruit de la mondialisation ou de la concurrence normale entre économies. Selon lui, la Chine ne respecte pas les règles du commerce international et profite d’avantages structurels qui écrasent la production française. Face à cette pression, la question de la préservation du pouvoir d’achat et du patrimoine devient centrale, et beaucoup de Français se tournent vers l’achat de pièces d’or comme refuge historique face à l’incertitude économique.
Dumping chinois : des produits vendus à perte pour conquérir les marchés
Marc Touati accuse la Chine de pratiquer le dumping, c’est-à-dire de vendre certains produits à perte afin de gagner des parts de marché. Cette pratique est, selon lui, interdite par les règles du commerce international, mais elle permet aux entreprises chinoises d’imposer des prix que les producteurs européens, et notamment français, ne peuvent pas suivre. Le mécanisme est simple et redoutablement efficace : plus les prix chinois sont bas, plus les consommateurs achètent chinois, plus les industriels locaux perdent des clients, des emplois et des capacités de production. Cette spirale affaiblit l’économie réelle et pousse les ménages à rechercher des valeurs refuges, notamment lorsqu’ils souhaitent acheter des lingots d’or pour se prémunir contre les crises.
Le dumping ne concerne pas seulement le prix de vente. Marc Touati souligne également que la Chine ne respecterait pas certaines règles sanitaires ou sociétales, ce qui réduirait artificiellement ses coûts de production. En d’autres termes, les produits importés peuvent apparaître moins chers non pas parce qu’ils sont plus efficacement fabriqués, mais parce que certaines contraintes supportées par les entreprises françaises ne pèsent pas de la même manière sur leurs concurrents chinois. Cette concurrence déloyale fragilise l’industrie nationale, accentue le déficit commercial et renforce le sentiment qu’il faut protéger son épargne avec des actifs physiques, comme les pièces d’or.
Yuan sous-évalué : l’arme silencieuse des exportations chinoises
Le deuxième pilier de l’avantage chinois, selon Marc Touati, réside dans la sous-évaluation du yuan. L’économiste estime que la monnaie chinoise se situe à peu près 50% en dessous de sa valeur réelle. Cette faiblesse du yuan rend les produits chinois mécaniquement moins chers pour les acheteurs étrangers, y compris les Français, tout en rendant les exportations françaises plus coûteuses pour les consommateurs chinois. C’est un avantage considérable : une monnaie sous-évaluée agit comme une subvention implicite aux exportations et comme une taxe invisible sur les importations.
Cette politique de change permet à la Chine de continuer à exporter massivement, alors même que sa puissance industrielle et technologique progresse. Marc Touati insiste sur le fait que Pékin ne veut surtout pas laisser sa devise s’apprécier, car une monnaie plus forte rendrait ses produits moins compétitifs à l’international. Pour les épargnants français, cette course au prix bas et cette instabilité monétaire rappellent l’importance de détenir une réserve de valeur qui ne dépend pas des décisions des banques centrales, comme le 20 francs Napoléon tête nue.
La France a sacrifié son industrie : « une économie sans usine »
Marc Touati ne désigne pas uniquement la Chine comme responsable. Il affirme que la France porte elle aussi une part de responsabilité dans cette situation, car elle aurait complètement abandonné son industrie. Selon lui, l’industrie française a été sacrifiée à cause de charges trop lourdes, d’une fiscalité excessive et d’un modèle économique qui a fini par privilégier les services, la finance et la consommation au détriment de la production manufacturière. Le constat est sévère : on a voulu une économie française sans usine, et la facture arrive aujourd’hui sous la forme d’un déficit commercial massif.
Cette désindustrialisation a des conséquences très concrètes. Moins d’usines signifie moins de production nationale, moins d’emplois industriels, moins d’innovation ancrée sur le territoire et une dépendance accrue aux importations, notamment chinoises. Lorsqu’un pays importe l’essentiel de ses biens manufacturés, il devient vulnérable aux tensions géopolitiques, aux ruptures de chaînes d’approvisionnement et aux chocs sur les prix. Dans ce climat d’insécurité économique, l’or conserve son rôle de protection patrimoniale, et l’achat de pièces d’or apparaît pour beaucoup comme une réponse simple et tangible.
La nouveauté dramatique : la Chine innove de plus en plus
Le point le plus préoccupant, aux yeux de Marc Touati, n’est plus seulement le prix bas des produits chinois. La Chine innove de plus en plus. L’économiste évoque notamment le salon de l’OTO pour illustrer cette montée en puissance technologique du pays. Tant que la Chine proposait uniquement des produits moins chers, l’Europe pouvait encore espérer conserver l’avantage sur les segments haut de gamme, l’innovation et la qualité. Mais si les produits chinois deviennent à la fois moins chers et plus innovants, la France et l’Europe risquent de ne plus avoir grand-chose à opposer.
C’est précisément ce basculement qui rend la situation dramatique selon Marc Touati. Une puissance qui combine dumping, monnaie sous-évaluée, faible coût de production et innovation technologique ne se contente plus de concurrencer les économies occidentales : elle peut les dépasser. La France se retrouve alors prise en étau entre des importations toujours plus compétitives et une industrie nationale affaiblie. Dans un tel environnement, la préservation du patrimoine devient une priorité, et l’achat de lingots d’or s’impose comme une protection contre l’érosion de la confiance dans les systèmes économiques et monétaires.
Réindustrialisation impossible sans baisse des impôts et des charges
Marc Touati estime que la réindustrialisation de la France ne viendra pas par miracle. Tant que les impôts ne baissent pas, que les charges sur les salaires ne diminuent pas et que l’économie française n’est pas modernisée, les entreprises n’auront ni les moyens ni les incitations nécessaires pour produire davantage sur le territoire national. La réindustrialisation ne peut donc pas être un simple slogan politique : elle exige une transformation profonde du cadre dans lequel les entreprises françaises embauchent, investissent, innovent et exportent.
Sans cette réforme structurelle, le déficit commercial avec la Chine risque de perdurer. Les produits chinois continueront d’entrer massivement sur le marché français, tandis que les exportations françaises peineront à progresser suffisamment pour rééquilibrer la balance. Cette situation affaiblit la souveraineté économique du pays et alimente l’inquiétude des ménages. Face à cette incertitude, les Français cherchent de plus en plus à sécuriser une partie de leurs avoirs, notamment en se tournant vers les pièces d’or, un actif physique reconnu depuis des siècles.
4 000 milliards de dollars de réserves : la puissance financière de la Chine
La puissance commerciale de la Chine se transforme également en puissance financière. Marc Touati rappelle que Pékin dispose d’environ 4 000 milliards de dollars de réserves de change. Ce matelas financier considérable donne à la Chine la capacité d’affronter les difficultés économiques, de stabiliser sa monnaie et de soutenir ses entreprises. Mais il lui donne aussi un levier d’influence majeur : celui d’investir dans les pays endettés, y compris en Europe.
C’est là que réside, pour Marc Touati, l’un des dangers les plus graves. Les pays surendettés ont souvent besoin du cash des pays excédentaires. Or, la France accumule elle-même des déficits et une dette publique élevée. L’économiste résume cette dynamique par une formule frappante : les pays endettés finissent par vendre leurs « bijoux de famille ». Autrement dit, ils cèdent des actifs stratégiques, des infrastructures, des entreprises ou des parts de souveraineté afin d’obtenir les liquidités dont ils ont besoin.
« On vend nos bijoux de famille » : le précédent du port du Pirée
Marc Touati cite l’exemple du port du Pirée, à Athènes, dont la Chine aurait acquis la moitié lors de la crise grecque. Pour lui, ce précédent montre ce qui peut arriver lorsqu’un pays affaibli financièrement doit faire appel aux capitaux d’une puissance étrangère excédentaire. La Grèce, en pleine crise, a cédé un actif stratégique à la Chine. Aujourd’hui, selon Marc Touati, ce serait au tour de la France de s’exposer à ce type de risque, notamment à travers des ports majeurs comme Le Havre ou Marseille.
L’enjeu dépasse donc largement le commerce de biens de consommation. Il touche aux infrastructures, à la logistique, à l’industrie, à la technologie et à la capacité d’un pays à décider de son avenir. Lorsque des acteurs étrangers contrôlent des maillons essentiels de l’économie, la dépendance devient politique autant qu’économique. C’est cette perspective qui explique l’urgence du message de Marc Touati : la France doit regarder la réalité en face avant que la situation ne devienne encore plus difficile à inverser.
Des conséquences lourdes pour l’avenir de la France
Les conséquences annoncées par Marc Touati sont claires : la situation va durer, et elle ne sera pas « jolie jolie ». Tant que la France ne réduit pas ses impôts, ses charges et ses rigidités économiques, la réindustrialisation restera hors de portée. Dans le même temps, la Chine continuera de défendre un yuan faible, d’exporter massivement, d’accumuler des excédents et d’utiliser sa puissance financière pour investir à l’étranger. La France risque ainsi de se retrouver dans une position de dépendance croissante, avec moins d’industrie, plus de dette et moins de marges de manœuvre.
Pour les particuliers, cette alerte rejoint une préoccupation plus large : comment protéger son épargne lorsque les déséquilibres commerciaux, la dette publique et les tensions géopolitiques s’accumulent ? L’or, métal précieux et actif tangible, reste l’une des réponses historiques à ce type d’incertitude. Que ce soit sous forme de pièces ou de lingots, il permet de détenir une valeur qui ne repose pas sur la promesse d’un État ou d’une banque centrale.
Ce qu’il faut retenir de l’alerte de Marc Touati
Le message de Marc Touati est sans détour : le déficit commercial de la France avec la Chine, estimé à 51,4 milliards d’euros, révèle une faiblesse structurelle de l’économie française. Il attribue ce déséquilibre au dumping chinois, au non-respect des règles du commerce international, à la sous-évaluation du yuan et à l’abandon de l’industrie française, pénalisée par des charges trop élevées. Il alerte également sur la montée en innovation de la Chine, qui rend la concurrence encore plus dangereuse pour l’Europe.
Enfin, il met en garde contre la transformation de la puissance commerciale chinoise en puissance financière. Avec près de 4 000 milliards de dollars de réserves de change, la Chine peut investir dans les pays endettés et acquérir des actifs stratégiques. Pour Marc Touati, la France est en train de vendre ses « bijoux de famille », et la situation risque de s’aggraver tant que les réformes nécessaires ne seront pas engagées. Face à ce tableau, la protection du patrimoine devient une préoccupation majeure, et l’or conserve toute sa pertinence comme valeur refuge.