Le marché obligataire américain est en train d’envoyer un signal que personne ne devrait ignorer : les rendements du Trésor montent alors même que l’économie montre des signes de faiblesse, que le pétrole explose et que les déficits atteignent des niveaux vertigineux. Dans ce contexte, une question devient de plus en plus difficile à éviter : le secrétaire au Trésor, Scott Bessent, serait-il en train de soutenir artificiellement le marché du Trésor américain pendant les heures creuses, lorsque la liquidité est faible et que les investisseurs dorment ? Mario Innecco à l’origine de ces propos le formule clairement comme une opinion et une spéculation, sans preuve directe, mais il souligne que le département du Trésor dispose juridiquement d’outils exceptionnels pour intervenir sur les marchés financiers. C’est précisément cette zone grise, entre stabilisation légale et manipulation de marché, qui inquiète. Pour les épargnants, la conclusion est brutale : lorsque les obligations d’État ne sont plus un refuge fiable, l’or physique redevient une protection essentielle, notamment via l’achat de pièces d’or comme le 20 francs Napoléon tête nue.
Le point de départ de cette analyse est un mouvement de marché qui n’a tout simplement pas de logique apparente. La veille au soir, avant la clôture officielle des marchés américains, le Brent a dépassé les 107 dollars le baril, avant de poursuivre sa progression vers 110 dollars, voire davantage sur certains contrats. Dans le même temps, le rendement des obligations américaines à deux ans a franchi 4,80 %, tandis que celui du 10 ans a atteint environ 5,15 %. Or, dans un environnement normal, une hausse du pétrole et une détérioration de la conjoncture devraient normalement peser sur les actions et faire baisser les taux longs, car les investisseurs cherchent alors la sécurité. Ici, c’est l’inverse qui s’est produit : les actions reculaient, les rendements obligataires montaient, et l’or comme l’argent résistaient d’abord avant d’être violemment corrigés. Pour Mario Innecco, cette séquence évoque une intervention destinée à empêcher une panique sur le marché du Trésor. Face à ce risque, il estime que détenir de l’or physique, par exemple en choisissant des pièces d’or investissement, reste une décision de protection patrimoniale.
Le cœur de la suspicion porte sur l’Exchange Stabilization Fund, ou ESF, un fonds créé en 1934 à la suite du Gold Reserve Act signé par Franklin D. Roosevelt. Son origine est essentielle pour comprendre pourquoi cette institution possède un pouvoir aussi considérable. En 1933, Roosevelt avait menacé les Américains d’amendes et de peines de prison s’ils ne remettaient pas leur or à l’État. Puis, en 1934, le Gold Reserve Act a permis de réévaluer le prix officiel de l’or, passant de 20,67 dollars l’once à 35 dollars, soit une dévaluation massive du dollar d’environ 70 %. Le Trésor américain a ainsi réalisé un profit considérable sur l’or confisqué ou remis volontairement par les citoyens, et cet excédent a servi à créer l’ESF. Aujourd’hui, ce fonds est contrôlé par le secrétaire au Trésor, avec l’approbation du président, et peut être mobilisé rapidement. Cette histoire rappelle pourquoi l’or n’est pas un simple actif spéculatif : c’est un actif souverain, que l’on peut encore acquérir sous forme de lingots d’or pour se prémunir contre les décisions monétaires arbitraires.
Le cadre légal est explicite. L’article 5302 du titre 31 du Code des États-Unis prévoit que le secrétaire au Trésor, avec l’approbation du président, peut traiter de l’or, des devises étrangères et d’autres instruments de crédit et de titres qu’il juge nécessaires afin de favoriser des arrangements de change ordonnés et un système de taux de change stable. Le texte précise également que le fonds est placé sous le contrôle exclusif du secrétaire au Trésor et que ses décisions sont finales, sans pouvoir être révisées par un autre agent ou employé du gouvernement. Autrement dit, le Trésor peut intervenir sans devoir demander une nouvelle appropriation au Congrès pour chaque opération. Pour Mario Innecco, cela signifie que ce que beaucoup appellent une manipulation est, dans le cas de l’ESF, une intervention légalement autorisée. Il résume cette asymétrie avec une formule glaçante : si un particulier manipule un marché, c’est un crime ; lorsque l’État le fait, c’est légal. Dans un tel environnement, il considère que l’or reste la seule véritable assurance, notamment sous forme de pièces d’or.
Scott Bessent n’est pas un technocrate anonyme : c’est un ancien gestionnaire de fonds macroéconomiques, un spécialiste reconnu des devises et des marchés obligataires, ancien responsable des investissements chez Soros Fund Management et fondateur de Key Square Capital Management. Il est le 79e secrétaire au Trésor des États-Unis, sworn in le 28 janvier 2025, et son profil fait précisément de lui quelqu’un qui comprend parfaitement le fonctionnement des marchés de change, des taux et des produits dérivés. Mario Innecco avance l’hypothèse, qu’il présente explicitement comme une spéculation invérifiable à ce stade, que Bessent pourrait mobiliser des traders de grandes banques présents à Singapour, Hong Kong ou ailleurs en Asie pendant que les marchés américains sont officiellement fermés. Les marchés à terme, notamment les futures sur obligations du Trésor, fonctionnent presque en continu et offrent précisément le terrain idéal pour agir lorsque la liquidité est réduite. Mario Innecco, ancien courtier sur les futures de taux pendant vingt ans, estime que ces séances nocturnes sont devenues de plus en plus liquides parce qu’elles permettent d’intervenir efficacement. Pour lui, cette mécanique renforce l’urgence de détenir un actif hors du système bancaire et hors du marché obligataire, comme le 20 francs Napoléon tête nue.
Les chiffres récents donnent une crédibilité supplémentaire à cette inquiétude. Le déficit fédéral américain a atteint 1,992 billion de dollars pour l’exercice 2026, en hausse de 12 % sur un an, tandis que le rendement du 10 ans a dépassé 5,1 % et que celui du 2 ans évolue autour de 4,78 % à 4,81 %. Mario Innecco rappelle que les dépenses d’intérêt brutes atteignent déjà environ 1 300 milliards de dollars, que le déficit avoisine 2 000 milliards de dollars et que les dépenses publiques représentent environ 6 % du PIB en déficit. Si le pétrole continue de monter, l’économie pourrait basculer rapidement en récession, les recettes fiscales chuter, les dépenses d’intelligence artificielle se contracter et le marché du crédit lié à l’IA se dégrader. Dans ce scénario, le déficit augmenterait encore, la pression sur les obligations américaines s’intensifierait, et les Treasuries cesseraient d’être le refuge que beaucoup croient encore. C’est pourquoi il rejette frontalement l’idée selon laquelle les obligations du Trésor seraient le seul valeur refuge, et il recommande au contraire de conserver l’or et l’argent physique, notamment via l’achat de lingots d’or.
Un marché du Trésor qui ne se comporte plus normalement
Le signal le plus troublant, selon Mario Innecco, n’est pas la hausse isolée d’un rendement, mais la combinaison de plusieurs mouvements contradictoires survenus au même moment. Le Brent crude a bondi au-dessus de 107 dollars, puis a poursuivi sa progression vers 110 dollars, alimenté par des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et par des informations faisant état d’attaques potentielles de drones contre des champs pétroliers saoudiens. Dans le même temps, le rendement à deux ans a dépassé 4,80 % et le 10 ans a atteint environ 5,15 %. Or, une hausse du pétrole est inflationniste : elle renchérit les coûts de production, les transports, l’énergie et, in fine, les prix à la consommation. Logiquement, cela devrait renforcer les anticipations de taux plus élevés, mais cela devrait aussi fragiliser la croissance et pousser les investisseurs vers les obligations d’État. Ce n’est pas ce qui s’est passé. Les rendements ont continué de monter, signe que le marché commençait à douter de la capacité des États-Unis à financer leur dette dans des conditions acceptables.
C’est précisément ce doute qui, selon Mario Innecco, aurait pu déclencher une intervention nocturne. Le lendemain matin, à Londres, les rendements ont brusquement reculé : le 10 ans est descendu d’environ six points de base vers 5,09 %, tandis que le 2 ans a perdu environ quatre points de base vers 4,78 %. Pourtant, rien dans les fondamentaux ne justifiait un tel revirement. L’inflation restait une menace, le pétrole était toujours orienté à la hausse, les tensions géopolitiques persistaient et les déficits restaient massifs. Pour Mario Innecco, cette correction soudaine des taux pendant les heures asiatiques, alors que les marchés américains sont fermés, ressemble à une opération de soutien du marché obligataire. Il ne prétend pas détenir de preuve formelle, mais il estime que la séquence des prix, l’heure de l’intervention et l’existence d’outils légaux puissants forment un faisceau d’indices trop troublant pour être ignoré.
L’Exchange Stabilization Fund : une arme légale entre les mains du Trésor
L’ESF n’est pas une simple réserve comptable. C’est une institution créée spécifiquement pour permettre au gouvernement américain d’intervenir sur les marchés. Sa naissance est directement liée à l’une des pages les plus controversées de l’histoire monétaire américaine : la confiscation de l’or des particuliers en 1933, puis la réévaluation officielle du métal précieux en 1934. Roosevelt a fait passer le prix légal de l’or de 20,67 dollars à 35 dollars l’once, ce qui a représenté une dévaluation de près de 70 % du dollar. Les Américains qui avaient remis leur or à l’État ont été payés au prix antérieur, puis l’État a bénéficié de la réévaluation. Le Trésor a ainsi engrangé des milliards de dollars de profit, et cet argent a servi à créer l’Exchange Stabilization Fund. Mario Innecco insiste sur ce point : l’ESF est né d’une opération qui a transféré la richesse des citoyens vers l’État, puis a donné à l’État un instrument permanent d’intervention sur les marchés.
Le texte légal actuel confirme l’étendue de ce pouvoir. Le secrétaire au Trésor, avec l’accord du président, peut acheter ou vendre de l’or, des devises, des instruments de crédit et des titres. Il peut donc intervenir non seulement sur le marché des changes, mais aussi sur des instruments financiers qui touchent directement aux taux d’intérêt et aux obligations souveraines. Mario Innecco souligne que cette formulation est beaucoup plus large qu’une simple mission de stabilisation du dollar. Elle ouvre la porte à des opérations sur les futures d’obligations, sur les titres du Trésor et sur d’autres instruments de crédit. Et surtout, ces décisions ne sont pas soumises à une approbation du Congrès opération par opération. Le secrétaire dispose donc d’une flexibilité quasi totale, ce qui explique pourquoi certains observateurs parlent d’un pouvoir extraordinaire, voire inquiétant.
Pourquoi les interventions auraient lieu la nuit
Mario Innecco avance une explication très concrète : les interventions les plus efficaces se déroulent lorsque le marché est le moins liquide. Pendant la nuit aux États-Unis, les volumes sont plus faibles, les participants sont moins nombreux et un montant relativement limité peut avoir un impact disproportionné sur les prix. Les marchés asiatiques sont ouverts, mais ils ne compensent pas entièrement l’absence de la profondeur de liquidité américaine. Les futures sur obligations du Trésor, qui fonctionnent presque en continu, deviennent alors l’outil idéal pour influencer les rendements sans avoir à affronter le marché au comptant pendant les heures de forte activité. Mario Innecco, qui a travaillé vingt ans comme courtier sur les futures de taux d’intérêt, rappelle que la séance Globex existait déjà dans les années 1990, mais qu’elle était alors beaucoup moins liquide. Aujourd’hui, ces marchés sont devenus suffisamment profonds pour permettre des interventions massives et discrètes.
C’est aussi la raison pour laquelle, selon lui, la pression en faveur d’un fonctionnement 24 heures sur 24, 7 jours sur 7 des marchés à terme doit être interrogée. Officiellement, cette évolution serait présentée comme une modernisation destinée à rattraper le marché des cryptomonnaies, où les transactions sont possibles en permanence. Mais Mario Innecco y voit une autre logique : si la crise du marché obligataire s’aggrave, les autorités doivent pouvoir intervenir à tout moment pour empêcher une hausse incontrôlée des rendements. Il compare la situation à un barrage qui commence à céder : Bessent et ses équipes devraient garder les doigts sur les fissures, jour et nuit, pour éviter l’effondrement. Cette image traduit bien le sentiment d’urgence qui traverse son analyse : le problème n’est plus une simple correction de marché, mais une crise structurelle de la dette souveraine occidentale.
La vraie cause n’est pas la guerre, mais la dette
Mario Innecco est formel : les tensions au Moyen-Orient et la hausse du pétrole sont un déclencheur, pas la cause fondamentale de la crise. Le vrai problème, c’est l’accumulation de dette publique, les dépenses gouvernementales excessives, la création monétaire des banques centrales et l’entrée dans un marché baissier des obligations. Tant que les États occidentaux continuent d’emprunter massivement pour financer leurs déficits, les taux d’intérêt seront poussés vers le haut, car les investisseurs exigeront une compensation accrue pour détenir des titres de plus en plus risqués. La France est présentée comme étant dans une situation encore plus préoccupante, mais Mario Innecco insiste sur le fait que le problème dépasse largement le cas français. Le marché du Trésor américain, le marché de la dette britannique et le marché japonais des JGB sont tous touchés par la même dynamique : trop de dette, trop de dépenses, trop de monétisation et trop de confiance aveugle dans la capacité des États à rembourser.
C’est pourquoi il considère que les obligations du Trésor américain ne peuvent plus être présentées comme un refuge absolu. Si le pétrole atteignait 150 dollars le baril dans les semaines ou les mois à venir, comme il le juge possible, l’économie américaine pourrait entrer rapidement en récession. Les recettes fiscales chuteraient, les dépenses sociales augmenteraient, les déficits se creuseraient et les intérêts de la dette continueraient d’exploser. Dans ce scénario, le gouvernement devrait émettre encore plus d’obligations, alors même que les investisseurs exigeraient des rendements plus élevés. C’est le cercle vicais parfait : plus la crise s’aggrave, plus l’État doit emprunter, et plus le coût de cet emprunt devient insoutenable. L’or, au contraire, ne dépend d’aucun prometteur, d’aucune banque centrale et d’aucun Parlement pour conserver sa valeur.
Harry Dent et le piège du refuge obligataire
Mario Innecco s’attaque également à ceux qui continuent de recommander les Treasuries comme valeur refuge, en citant notamment Harry Dent, qui aurait déclaré qu’il fallait vendre l’or et que les obligations du Trésor étaient le seul refuge sûr. Pour lui, c’est exactement l’inverse qu’il faut faire. Il utilise une métaphore volontairement chocante : conseiller les Treasuries aujourd’hui, c’est comme dire aux passagers du Titanic d’aller profiter du bal plutôt que de monter dans les canots de sauvetage. Son message est sans ambiguïté : lorsque le système financier commence à se fissurer, les conseils traditionnels deviennent dangereux, car ils poussent les épargnants à rester exposés aux actifs les plus vulnérables. Les obligations souveraines, longtemps considérées comme l’actif le plus sûr au monde, sont précisément au centre de cette vulnérabilité.
Ce rejet du consensus n’est pas une simple provocation éditoriale. Il repose sur une logique économique simple : un titre obligataire est une promesse de remboursement futur. Si l’émetteur est un État endetté, dont les déficits se creusent et dont les intérêts deviennent insoutenables, la valeur de cette promesse diminue. Les taux montent, les prix des obligations baissent, et les investisseurs perdent en capital. L’or, lui, n’est la promesse de personne. Il ne peut pas être imprimé, il ne peut pas faire défaut et il ne dépend pas de la solvabilité d’un gouvernement. C’est cette différence fondamentale qui explique pourquoi Mario Innecco insiste autant sur la nécessité de conserver de l’or et de l’argent physique, plutôt que de se réfugier dans des titres de dette publique.
Scott Bessent, l’homme qui connaît les marchés mieux que personne
Le profil de Scott Bessent renforce la crédibilité de cette hypothèse, même si elle reste une spéculation. Ancien gestionnaire de fonds macro, spécialiste des devises et des taux, il a passé plus de quarante ans dans la finance internationale. Il a dirigé des investissements chez Soros Fund Management, fondé Key Square Capital Management et interagi avec des dirigeants et des banquiers centraux dans plus de soixante pays. En d’autres termes, ce n’est pas un politique improvisé qui découvre les marchés financiers : c’est un professionnel qui sait exactement comment fonctionnent les futures, les changes, les obligations et les interventions de marché. Pour Mario Innecco, c’est précisément cette expertise qui rend plausible l’idée qu’il pourrait utiliser les outils à sa disposition de manière très ciblée, notamment pendant les périodes de faible liquidité.
Il est important de rester factuel : Mario Innecco ne prétend pas prouver que Bessent est actuellement en train de donner des ordres à des traders de JP Morgan ou d’autres banques. Il dit clairement qu’il s’agit de son opinion et d’une spéculation. Mais il souligne que le département du Trésor dispose des moyens juridiques, financiers et opérationnels pour le faire. Et il rappelle que Bessent a déjà défendu publiquement l’utilisation de l’ESF pour des interventions de change, notamment pour soutenir le yen en échangeant des actifs en devises du fonds contre des yens. Cette opération, confirmée publiquement, montre que l’ESF n’est pas une relique historique : c’est un instrument actif, utilisé récemment, et dont le périmètre d’action est large.
Pourquoi l’or et l’argent restent la seule issue
Face à ce tableau, la conclusion de Mario Innecco est sans détour : il faut conserver son or et son argent physique, et ne pas retourner vers les actifs du système financier traditionnel. Il compare la situation à un Titanic qui coule : ceux qui restent dans le bal continuent de croire que tout va bien, tandis que ceux qui ont compris le danger cherchent les canots de sauvetage. Dans sa vision, l’or et l’argent sont ces canots. Ils ne produisent pas de rendement, ils ne versent pas de coupon, mais ils ne font pas non plus défaut. Ils ne peuvent pas être créés à volonté par une banque centrale, et ils ne dépendent pas de la capacité d’un État à refinancer sa dette. C’est cette indépendance qui en fait, selon lui, la seule véritable protection dans un environnement où les taux montent, les déficits explosent et les interventions d’État deviennent de plus en plus fréquentes.
Les cours récents illustrent d’ailleurs cette tension. L’or a reculé vers 4 089 dollars l’once, tandis que l’argent a chuté d’environ 2,78 % vers 56,34 dollars, dans un contexte où le Brent a dépassé 110 dollars le baril et où les rendements obligataires restaient élevés. Pour Mario Innecco, ces corrections ne remettent pas en cause la thèse de fond : elles sont au contraire le signe que les marchés sont devenus volatils, nerveux et potentiellement manipulés. Lorsque les fondamentaux se dégradent mais que les prix corrigent brutalement sans explication rationnelle, il estime que les investisseurs doivent se méfier davantage, pas moins. C’est précisément dans ces moments-là que la détention physique d’or prend tout son sens, car elle permet de sortir partiellement du système et de réduire l’exposition aux décisions arbitraires des autorités monétaires et budgétaires.
Ce que cela signifie pour les épargnants
Pour un épargnant ordinaire, le message est clair : ne pas confondre sécurité apparente et sécurité réelle. Les obligations d’État ont longtemps été présentées comme l’actif le plus sûr, mais cette réputation repose sur une époque où les déficits étaient maîtrisés, où les taux étaient bas et où les banques centrales pouvaient encore soutenir les marchés sans conséquence visible. Cette époque est terminée. Aujourd’hui, les déficits dépassent 2 000 milliards de dollars, les intérêts de la dette approchent 1 300 milliards de dollars, et les rendements à 10 ans dépassent 5 %. Dans ce contexte, détenir des Treasuries, c’est accepter un risque de perte en capital si les taux continuent de monter, tout en s’exposant à une inflation qui érode la valeur réelle des coupons. Mario Innecco estime que c’est un risque inacceptable, surtout lorsque des alternatives comme l’or physique existent.
Il ne s’agit pas de prédire un effondrement immédiat, mais de reconnaître que le risque de système s’est déplacé. La crise n’est plus seulement bancaire ou boursière : elle est désormais souveraine. Elle touche la capacité des États à financer leurs déficits sans faire exploser leurs taux. Et lorsque c’est le cas, les interventions deviennent plus fréquentes, plus opaques et plus difficiles à distinguer d’une véritable manipulation. Mario Innecco ne dit pas que tout est perdu, mais il dit que le temps de se protéger est avant la crise, pas après. C’est exactement le rôle qu’il attribue à l’or et à l’argent physique : non pas un placement spéculatif, mais une assurance contre la faillite du système monétaire et budgétaire tel qu’il fonctionne aujourd’hui.
La question qui reste ouverte
La question centrale reste donc ouverte : Scott Bessent soutient-il activement le marché du Trésor américain via l’ESF, ou s’agit-il simplement d’une coïncidence de marché ? Mario Innecco ne le prétend pas de manière définitive, mais il estime que les indices sont suffisamment troublants pour justifier une vigilance maximale. Le cadre légal existe, les outils existent, les précédents existent et les tensions sur le marché obligataire sont réelles. Ce qui manque, c’est la preuve directe d’une intervention en cours. Mais pour Mario Innecco, attendre cette preuve formelle reviendrait à attendre que le barrage cède avant de chercher un abri. Son message est plus pragmatique : lorsque les risques deviennent systémiques, il faut agir avant, pas après.
C’est dans cette logique qu’il conclut en appelant à conserver l’or et l’argent physique, et à ne pas retourner vers les actifs qu’il considère comme les plus exposés. Pour lui, le Titanic est déjà en train de couler, et ceux qui restent dans le bal ne le voient pas encore. Les obligations du Trésor, les actions, les produits dérivés et les promesses des États ne sont plus des refuges fiables à ses yeux. Seuls les métaux précieux physiques offrent, selon lui, une véritable indépendance face à un système qui devient de plus en plus instable. C’est cette conviction, brute et sans détour, qui structure tout son analyse : dans un monde où les États peuvent intervenir légalement sur les marchés, l’or redevient la seule monnaie qui n’appartient à personne.