Le dollar est-il vraiment roi ? L’or révèle une vérité que Wall Street refuse de voir – Avec Mario Innecco

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Le récit du « King Dollar » est peut-être l’une des plus grandes illusions monétaires de notre époque. Depuis des décennies, une partie de la finance traditionnelle répète que le dollar américain resterait éternellement la monnaie dominante, que les bons du Trésor américain seraient l’actif le plus sûr du monde et que les investisseurs étrangers seraient condamnés à acheter des dollars en masse. Pourtant, les chiffres racontent une histoire radicalement différente. Depuis la fermeture de la « fenêtre de l’or » par Richard Nixon le 15 août 1971, le dollar ne s’est pas renforcé face aux monnaies réelles : il s’est effondré. Face à l’or, sa perte de valeur atteint environ 99 %, ce qui signifie qu’une once d’or qui valait environ 85 à 90 dollars en 1971 s’échange aujourd’hui autour de 4 000 dollars. Dans ce contexte, acheter des Napoléon or reste une réponse concrète à l’érosion silencieuse du pouvoir d’achat, car l’or n’est pas une promesse de remboursement, mais une richesse tangible qui ne dépend d’aucune banque centrale.

Le premier élément à comprendre est que le dollar index, l’indice qui sert souvent de preuve supposée de la force du dollar, est un instrument profondément trompeur. Créé en mars 1973 avec une base de 100, il mesure le dollar contre un panneau de monnaies essentiellement européennes, complété par le yen japonais, la livre sterling et le dollar canadien. Or, ces monnaies représentent environ 92,2 % de l’indice, alors que la Chine, dont le PIB dépasse désormais celui de la zone euro, en est totalement absente. Autrement dit, le « King Dollar » est jugé dans une compétition qui exclut précisément les économies qui pèsent le plus dans le commerce et la production mondiaux. Plus grave encore : depuis mars 1973, l’indice n’a progressé que d’environ 1 %, puisqu’il évolue juste au-dessus de 101. Un gain de 1 % en plus de cinquante-trois ans ne ressemble pas à une domination monétaire, mais à une stagnation. Face à cette évidence, les pièces d’or permettent de sortir du piège des comparaisons entre monnaies fiduciaires, car toutes ces devises sont, par nature, des créances sur des États endettés.

Les comparaisons bilatérales sont encore plus accablantes pour le dollar. Depuis le 15 août 1971, date à laquelle les États-Unis ont mis fin à la convertibilité du dollar en or, le billet vert a perdu environ 48 % de sa valeur face au Deutsche Mark, dont le taux de conversion avec l’euro reste fixe et permet encore de reconstituer la comparaison. Face au franc suisse, la dépréciation atteint environ 80 %. Face au yen japonais, monnaie que certains présentent pourtant comme en chute libre, le dollar a perdu environ 56 %. Ces chiffres ne sont pas des opinions, mais des mesures de change sur plus d’un demi-siècle. Ils démontrent que le dollar n’est pas « roi » même dans l’arène étroite des monnaies occidentales. Face à l’or, la défaite est encore plus brutale : environ 99 % de perte de valeur. C’est précisément pourquoi les lingots d’or constituent une protection patrimoniale directement opposée à la dévaluation monétaire, puisqu’ils ne peuvent pas être imprimés par une banque centrale pour financer un déficit ou sauver un système bancaire.

La question centrale n’est donc pas de savoir si le dollar reste utile dans les échanges commerciaux, car il le demeure évidemment. La question est de savoir s’il conserve sa valeur dans le temps. La réponse est non. Toutes les monnaies fiduciaires émises depuis 1971 sont, comme l’a résumé l’ancien gouverneur de la Réserve fédérale John Exter, des « I Owe You Nothings » : des promesses de paiement qui ne promettent finalement rien d’autre que d’autres billets du même type. Le dollar, l’euro, le yen, la livre sterling et le yuan partagent cette même faiblesse structurelle : leur quantité peut être augmentée sans limite physique. L’or, au contraire, ne peut pas être créé par décret. C’est cette différence fondamentale qui explique pourquoi le métal jaune a survécu à tous les régimes monétaires, à toutes les crises bancaires et à toutes les expériences d’inflation. Pour ceux qui veulent reprendre le contrôle de leur épargne, le Napoléon 20 francs or tête nue est une pièce historique, liquide et reconnaissable, particulièrement adaptée à une stratégie de préservation de capital.

Le deuxième pilier du récit du « King Dollar » repose sur l’idée que les étrangers seraient structurellement obligés d’acheter des dollars parce qu’ils auraient des dettes en dollars. Cette théorie, popularisée notamment par la « Dollar Milkshake Theory », suppose une ruée mondiale vers le billet vert en cas de crise. Mais les données officielles du Bureau of Economic Analysis contredisent frontalement cette vision. À la fin du deuxième trimestre 2026, la position extérieure nette des États-Unis s’établissait à moins 22 420 milliards de dollars. Les résidents américains détenaient 46 970 milliards de dollars d’actifs à l’étranger, tandis que les étrangers détenaient 69 390 milliards de dollars d’actifs aux États-Unis. Les investisseurs étrangers ne sont donc pas des emprunteurs désespérés à la recherche de dollars : ils sont nettement longs de 22 420 milliards de dollars d’actifs américains. Cette réalité change complètement la lecture du risque. Investir dans l’or physique permet de ne pas dépendre de la volonté d’investisseurs étrangers de continuer à financer les déficits américains, un financement qui n’a rien d’une fatalité.

Cette position extérieure négative n’est pas un détail technique réservé aux économistes. Elle signifie que les États-Unis doivent davantage au reste du monde qu’ils ne possèdent d’actifs à l’étranger, avec un écart de 22 420 milliards de dollars. Elle traduit des décennies de déficits courants, de consommation financée par l’étranger et de dépendance croissante envers les capitaux extérieurs. Lorsque les déficits courants se creusent encore, comme au deuxième trimestre 2026 où il a atteint 246 milliards de dollars, la question n’est plus de savoir si les étrangers achèteront des dollars, mais s’ils continueront indéfiniment à accepter des actifs américains en échange de biens réels, d’énergie, de matières premières et de production industrielle. L’or répond à cette interrogation par sa fonction millénaire : il ne demande aucune confiance dans la solvabilité d’un État, la compétence d’une banque centrale ou la stabilité d’un marché obligataire. Acheter un lingot d’or revient à détenir une réserve de valeur qui ne repose sur aucune dette souveraine, ce qui prend tout son sens lorsque la dette extérieure américaine atteint de tels niveaux.

Les bons du Trésor ne sont pas un refuge absolu

Le troisième mythe à démonter concerne les bons du Trésor américain, présentés comme l’actif refuge ultime. Cette affirmation mérite un examen beaucoup plus sévère. Un bon du Trésor est une promesse de remboursement en dollars, émise par un État dont la position extérieure nette est négative de plus de 22 000 milliards de dollars et dont la capacité à attirer durablement les capitaux étrangers n’est pas garantie. Lorsque les rendements montent, les prix des obligations baissent. Un investisseur qui détient une obligation longue peut donc subir des pertes de capital importantes, même si l’émetteur ne fait pas défaut. Le prix des obligations américaines à 30 ans aurait ainsi chuté d’environ 50 % sur les quatre ou cinq dernières années, selon l’analyse reprise dans le propos initial. Un actif qui peut perdre la moitié de sa valeur en quelques années n’est pas un refuge sans risque : c’est un instrument financier exposé à la durée, à l’inflation et à la confiance des créanciers.

L’or fonctionne selon une logique inverse. Il n’est la promesse de personne. Il ne peut pas être dilué par une décision du Congrès américain, par une hausse du plafond de la dette ou par une intervention de la Réserve fédérale. Lorsque les investisseurs perdent confiance dans les obligations souveraines, dans les banques ou dans les monnaies papier, ils ne se tournent pas vers une autre promesse : ils se tournent vers un actif qui existe physiquement. C’est la raison pour laquelle les banques centrales elles-mêmes continuent d’accumuler de l’or. Selon des données du World Gold Council citées par ING, les banques centrales sont restées acheteuses nettes en août, avec 39 tonnes supplémentaires, portant le total annuel à 170 tonnes. Les États comprennent ce que beaucoup d’épargnants refusent encore de voir : dans un monde de dettes illimitées, l’or redevient la référence ultime de la valeur.

La Chine possède bien un marché obligataire majeur

Un autre argument avancé par les défenseurs du « King Dollar » est que la Chine ne disposerait pas d’un véritable marché obligataire gouvernemental, ni d’un marché repo, et que le yuan ne pourrait jamais devenir une monnaie de réserve. Cette affirmation est factuellement erronée. La Chine possède un marché obligataire d’État pleinement fonctionnel et l’un des plus importants au monde, derrière celui des États-Unis. Elle émet des obligations souveraines chinoises comparables, dans leur fonction, aux bons du Trésor américains, avec un encours évoqué autour de 6 500 milliards de dollars. Elle dispose également d’obligations des gouvernements locaux, émises par les provinces et les municipalités, ainsi que d’obligations de banques politiques émises par des institutions telles que la China Development Bank, la Agricultural Development Bank of China ou la Export-Import Bank of China.

Surtout, la Chine possède un marché repo, c’est-à-dire un marché de pensions livrées, qui est central dans la gestion de la liquidité bancaire par la Banque populaire de Chine. Le pays dispose aussi d’une courbe des taux souveraine établie, comprenant des échéances de 2, 5, 10 et 30 ans, voire davantage. Affirmer qu’il n’existe aucun marché obligataire chinois revient donc à ignorer la réalité d’un système financier de première importance mondiale. Certes, cela ne signifie pas que le yuan deviendra immédiatement la monnaie de réserve dominante, ni que le système chinois soit exempt de risques. Mais cela détruit l’argument selon lequel la Chine serait structurellement incapable de développer une alternative au système du dollar. L’important pour l’épargnant n’est pas de choisir entre Washington et Pékin : c’est de comprendre que la domination du dollar n’est plus une évidence mécanique.

Pourquoi l’or est le véritable roi du système monétaire

La conclusion s’impose avec une brutalité rare : si l’on mesure la valeur réelle d’une monnaie par sa capacité à conserver le pouvoir d’achat, alors le dollar n’est pas roi. L’or l’est. Depuis 1971, le dollar a perdu environ 99 % de sa valeur face au métal jaune. Il a également reculé face au Deutsche Mark, au franc suisse et au yen. L’indice dollar, souvent brandi comme preuve de force, n’a progressé que d’environ 1 % depuis sa création en 1973. Pendant ce temps, les États-Unis sont devenus le pays avec la plus importante position extérieure nette négative au monde, à moins 22 420 milliards de dollars au deuxième trimestre 2026. Ces faits ne laissent guère de place à l’interprétation : le « King Dollar » est un mythe entretenu par ceux qui ont intérêt à protéger Wall Street, le système de la dette et la monnaie fiduciaire.

L’or, lui, ne promet rien, mais il ne trahit personne. Il ne dépend pas d’une banque centrale, d’un gouvernement, d’une agence de notation ou d’un marché interbancaire. Il a traversé les effondrements monétaires, les guerres, les crises bancaires et les expériences d’hyperinflation. À environ 4 000 dollars l’once fin octobre 2026, il rappelle chaque jour que le billet vert n’a pas gagné du terrain face à la richesse réelle : il a reculé. Pour l’épargnant qui comprend ce mécanisme, la question n’est plus de savoir s’il faut croire au dollar, mais s’il veut continuer à détenir une monnaie qui s’érode ou un actif qui a préservé sa valeur à travers les siècles. Le Napoléon or demeure l’un des moyens les plus accessibles pour détenir physiquement cette valeur refuge, à l’abri des promesses fragiles du système monétaire actuel.

Ce que cela signifie pour votre épargne

Le message n’est pas de céder à la panique, mais de regarder les chiffres en face. Garder la totalité de son patrimoine en monnaie fiduciaire, en dépôts bancaires ou en obligations longues, c’est accepter d’être exposé à une érosion continue du pouvoir d’achat et à la volatilité des marchés de la dette. L’histoire monétaire depuis 1971 montre que le dollar n’a pas protégé les épargnants face à l’or. Il a au contraire été systématiquement dévalué. La vraie question n’est donc pas de savoir si le dollar restera utilisé dans les échanges internationaux, mais s’il continuera à protéger votre capital. Les données disponibles répondent clairement : non. L’or, en revanche, a rempli cette fonction pendant plus de cinquante ans, et c’est précisément pour cela qu’il apparaît comme le véritable roi du système monétaire.

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