Or et argent : la correction est-elle un piège avant l’explosion du prix de l’or ? Mario Innecco à propos de l’énorme campagne de Planche à Billets à Venir

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L’or et l’argent viennent de traverser une période de baisse qui inquiète de nombreux épargnants. Pour l’analyste macroéconomique Mario Innecco, cette correction ne change rien à la tendance de fond : la dette publique, la création monétaire, la hausse des taux et la perte de confiance dans les monnaies occidentales rendent l’or physique plus important que jamais. Selon son analyse, les baisses actuelles seraient moins un signe d’affaiblissement de l’or qu’un mouvement de marché, avant une possible reprise puissante lorsque les banques centrales devront à nouveau injecter massivement des liquidités. Dans ce contexte, acheter des pièces d’or physiques devient pour certains investisseurs une manière concrète de se protéger contre l’érosion du pouvoir d’achat.

Dans une interview consacrée à l’or, à l’argent et à la politique monétaire, Mario Innecco explique que la baisse récente des métaux précieux ne remet pas en cause leur rôle de protection patrimoniale. Il estime que les investisseurs particuliers qui détiennent de l’or physique à long terme ne sont pas les principaux vendeurs : ce seraient plutôt des spéculateurs, des grandes banques et des acteurs intervenant sur les marchés à terme. Pour lui, la vraie question n’est donc pas de savoir si l’or peut encore baisser, mais de savoir quand les autorités monétaires seront contraintes de relancer la machine à liquidités. Les épargnants qui souhaitent diversifier leur patrimoine peuvent notamment acheter des lingots d’or certifiés afin de détenir un actif tangible hors du système bancaire.

La leçon brésilienne : quand l’inflation détruit les épargnants

Mario Innecco a grandi au Brésil pendant les années 1970 et 1980, une période marquée par une inflation élevée, de fortes inégalités et une monnaie qui perdait rapidement de sa valeur. Il raconte que les populations les plus modestes étaient les premières victimes de cette dépréciation monétaire, car elles ne disposaient pas des outils nécessaires pour protéger leur épargne. À l’inverse, détenir des dollars permettait alors de préserver une partie du pouvoir d’achat, un peu comme détenir de l’or aujourd’hui, selon son analyse. Pour ceux qui veulent s’inspirer de cette logique, acheter des pièces d’or d’investissement permet de détenir un actif physique, divisible et reconnu à l’international.

Cette expérience personnelle a façonné sa lecture de l’économie moderne. Pour Innecco, le problème brésilien ne se limitait pas à l’inflation des années 1970 et 1980 : il résultait d’une dépréciation monétaire plus ancienne, liée à l’abandon précoce de l’étalon-or et de l’étalon-argent, à la création monétaire et à la corruption. Il considère que les pays occidentaux suivent aujourd’hui une trajectoire comparable, avec une dette croissante, des déficits persistants et une monnaie dont le pouvoir d’achat s’érode. Dans ce cadre, acheter un Napoléon 20 francs peut apparaître comme une façon simple d’accéder à l’or physique tout en choisissant une pièce historique et liquide.

Pourquoi la création monétaire devient plus dangereuse

Innecco distingue clairement deux périodes. Jusqu’en 2019 ou 2020, la création monétaire fonctionnait relativement bien pour les marchés financiers, car les taux d’intérêt restaient bas et le marché obligataire était en tendance haussière. L’argent créé ne se traduisait pas immédiatement par une forte inflation des prix à la consommation : il alimentait surtout les actions, l’immobilier et les obligations, donnant aux ménages une impression de richesse croissante. Aujourd’hui, certains investisseurs considèrent que acheter un lingot d’or physique permet de se prémunir contre les conséquences à long terme de cette création monétaire.

Depuis, selon lui, l’équation a changé. Les marchés obligataires se sont retournés, les taux ont fortement augmenté depuis 2021 et la création monétaire liée à la pandémie a également été distribuée directement aux consommateurs. Cette fois, l’inflation n’est donc pas restée confinée aux actifs financiers : elle a touché les prix à la consommation, ce qui a directement réduit le pouvoir d’achat des ménages. Face à cette situation, acheter de l’or physique sous forme de pièces est présenté par certains épargnants comme une réponse à la dépréciation monétaire.

Pour Innecco, cette situation crée un dilemme majeur pour les gouvernements et les banques centrales. Elles ne peuvent plus facilement relancer l’économie par la création monétaire sans alimenter davantage l’inflation, mais elles ne peuvent pas non plus laisser les marchés s’effondrer, car l’ensemble du système repose sur la dette, le crédit et l’emprunt continu. C’est ce dilemme qui, selon lui, rend la situation actuelle plus dangereuse que lors des précédentes crises.

La fin du marché haussier obligataire change tout

Le point central de l’analyse d’Innecco concerne le marché obligataire. Pendant près de quarante ans, les obligations ont bénéficié d’un marché haussier, soutenu par la baisse continue des taux d’intérêt. Cette configuration a permis aux États de s’endetter massivement à faible coût, aux banques de financer l’économie facilement et aux investisseurs de valoriser leurs portefeuilles obligataires.

Mais cette ère serait désormais terminée. Innecco estime que nous sommes entrés dans un marché baissier obligataire : les taux montent, les prix des obligations baissent et les États doivent refinancer leur dette à des conditions de plus en plus coûteuses. Pour lui, ce retournement est fondamental, car il remet en cause le modèle économique sur lequel repose une grande partie du système financier occidental.

Cette pression sur les obligations a des conséquences directes pour les épargnants. Les fonds en euros, les assurances-vie investies en obligations, les retraites et les portefeuilles diversifiés peuvent voir une partie de leur rendement réel grignotée par l’inflation. Dans ce contexte, certains investisseurs cherchent à compléter leurs actifs financiers par de l’or physique, notamment sous forme de lingots certifiés, afin de réduire leur exposition à la dépréciation monétaire.

Pourquoi l’or et l’argent pourraient rebondir violemment

Innecco ne prétend pas pouvoir donner une date précise. Mais il identifie un déclencheur potentiel : le moment où les banques centrales et les trésors publics seront contraints de stabiliser les marchés en injectant massivement des liquidités. Selon lui, cette intervention prendrait probablement la forme d’un nouveau round d’assouplissement quantitatif, plus connu sous le nom de QE.

Lorsque cette bascule surviendrait, l’or et l’argent pourraient connaître une accélération forte. La raison est simple : davantage de liquidités dans un système déjà saturé de dettes peut renforcer la méfiance envers les monnaies fiduciaires et pousser les investisseurs vers les actifs réels. L’or, l’argent, les matières premières et les actifs tangibles retrouveraient alors, selon cette analyse, un rôle central dans les stratégies de protection.

Pour Innecco, la baisse actuelle de l’or et de l’argent ne doit donc pas être interprétée comme la fin du cycle haussier. Il la considère comme une correction normale dans un marché volatile, comparable à celles qu’il observe depuis qu’il a commencé à acheter des métaux précieux en 2002. Son message est clair : tant que la dette, les déficits et la création monétaire persistent, les fondements d’une hausse durable de l’or restent, selon lui, intacts.

Les banques centrales achètent-elles toujours de l’or ?

Les chiffres récents donnent un poids important à cette thèse. En septembre 2026, les banques centrales ont déclaré 61 tonnes d’achats nets d’or, soit le plus fort total mensuel de l’année. Depuis le début de 2026, les achats nets cumulés atteignent 228 tonnes, tandis que le troisième trimestre a enregistré 321 tonnes d’achats, en hausse de 42 % sur un an.

La Chine occupe une place particulière dans ce mouvement. La Banque populaire de Chine a ajouté 23 tonnes d’or en septembre 2026, son plus fort achat mensuel depuis octobre 2023, portant ses réserves officielles à environ 2 410 tonnes. Cette accumulation s’inscrit dans une série de 23 mois consécutifs d’achats, tandis que la part de l’or dans les réserves chinoises est passée de 5,5 % fin 2024 à 8,5 % fin septembre 2026.

Ces achats ne signifient pas que le prix de l’or ne peut pas baisser à court terme. Ils montrent toutefois que certains États cherchent activement à diversifier leurs réserves, à réduire leur dépendance aux actifs libellés en dollars et à se prémunir contre les risques géopolitiques. Pour Innecco, ce mouvement traduit une perte progressive de confiance dans les obligations d’État et dans le système financier dominé par le dollar.

L’or dépasse-t-il vraiment les Treasuries américaines ?

Innecco affirme que l’or a dépassé les bons du Trésor américain comme principale réserve mondiale dans certaines mesures. Cette affirmation doit toutefois être précisée, car elle dépend fortement de la méthode de calcul et de la valorisation des actifs. En 2025, la valeur mondiale des réserves d’or a effectivement dépassé les avoirs étrangers officiels en titres du Trésor américain, mais la Réserve fédérale souligne que ce dépassement résulte en grande partie de la hausse du prix de l’or, et non d’une augmentation massive des achats de métal par les banques centrales.

La Fed explique également que la comparaison est trompeuse, car les réserves mondiales d’or incluent les stocks détenus par les États-Unis, alors que les avoirs étrangers en Treasuries excluent par définition la Réserve fédérale. Les États-Unis représentent à eux seuls environ 22 % des réserves mondiales d’or, ce qui gonfle mécaniquement le total de l’or par rapport aux Treasuries.

Malgré cette nuance méthodologique, la tendance reste significative. À la fin de 2025, les réserves mondiales d’or atteignaient 5 100 milliards de dollars, contre 3 900 milliards de dollars pour les avoirs étrangers officiels en Treasuries. Même en excluant les réserves américaines, l’or représentait environ 4 000 milliards de dollars. Cette évolution traduit donc un déplacement réel du centre de gravité des réserves internationales, même si la Fed invite à ne pas en tirer de conclusions trop simplistes.

La dette américaine : un problème que personne ne peut ignorer

Le sujet de la dette américaine est au cœur du raisonnement d’Innecco. Selon lui, les États-Unis ne rembourseront pas réellement leur dette : ils continueront à la refinancer et à créer de la monnaie pour faire face à leurs obligations. Cette mécanique permet d’éviter un défaut formel, mais elle peut entraîner une dépréciation progressive de la monnaie et une perte de pouvoir d’achat pour les détenteurs d’obligations.

Cette analyse rejoint une préoccupation largement partagée parmi les investisseurs en métaux précieux. Lorsqu’un État s’endette toujours davantage, il devient de plus en plus dépendant de la capacité du marché à absorber ses émissions de dette. Si la confiance diminue, les taux montent, le coût du refinancement augmente et la spirale devient plus difficile à contrôler.

Innecco rappelle que ce ne sont pas seulement les investisseurs institutionnels qui souffriraient d’une telle crise. Les retraités, les épargnants, les salariés les moins bien payés et tous ceux dont les revenus sont fixes seraient particulièrement exposés. Lorsque la monnaie perd de la valeur, les prix augmentent, les rendements réels diminuent et le patrimoine financier peut être érodé silencieusement.

Pourquoi les baisses de l’or peuvent être trompeuses

Innecco estime que les baisses rapides de l’or et de l’argent peuvent être trompeuses. Selon lui, le prix papier des métaux précieux, fixé notamment sur les marchés à terme, ne reflète pas toujours la réalité du marché physique. Il soutient que des acteurs institutionnels peuvent influencer les cours à court terme, notamment lorsqu’ils cherchent à soutenir les obligations ou à éviter une panique sur les marchés financiers.

Cette hypothèse de manipulation doit être distinguée d’un fait établi : les marchés de l’or comportent une composante papier importante, notamment à travers les contrats à terme, les options et les produits dérivés. Ces instruments peuvent amplifier les mouvements de prix, créer des ventes techniques et provoquer des corrections brutales, même lorsque la demande physique reste solide.

Pour Innecco, la vraie bataille se joue donc entre le prix papier et la demande physique. Les banques centrales, les fonds souverains, les family offices et certains investisseurs fortunés continueraient d’acheter de l’or physique, tandis que les marchés à terme pourraient connaître des pressions vendeuses. À terme, il pense que le marché physique finira par l’emporter, car la quantité d’or disponible reste limitée.

L’or comme refuge face à la perte de confiance

L’un des messages les plus forts d’Innecco concerne la confiance. Selon lui, les sanctions économiques, le gel des actifs russes en 2022 et l’utilisation du dollar comme instrument de pression géopolitique ont poussé plusieurs pays à chercher des alternatives. Moins un pays fait confiance au système financier occidental, moins il souhaite détenir ses réserves en dollars, en euros ou en livres sterling.

Cette perte de confiance a une conséquence directe : elle réduit la demande pour les monnaies occidentales et peut accélérer leur dépréciation. Lorsqu’une monnaie perd de la valeur, les prix des biens importés augmentent, l’inflation progresse et le pouvoir d’achat diminue. Pour Innecco, ce mécanisme explique en partie pourquoi l’or retrouve de l’attractivité auprès des États, des institutions et des investisseurs privés.

L’or ne dépend pas de la promesse d’une banque centrale ni de la solidité d’un système bancaire. Il s’agit d’un actif physique, rare, transportable et reconnu depuis des siècles. C’est précisément cette caractéristique qui explique son rôle de refuge en période de crise monétaire, de tensions géopolitiques ou de perte de confiance dans les institutions financières.

Ce que l’or physique peut apporter à un épargnant

L’or physique ne remplace pas un salaire, une assurance-vie ou un plan d’épargne. Il constitue plutôt une composante de diversification, destinée à réduire la dépendance aux monnaies fiduciaires et aux actifs financiers traditionnels. Dans une stratégie patrimoniale, il peut servir de réserve de valeur, de protection contre l’inflation et de couverture en cas de crise systémique.

Les pièces d’or présentent l’avantage de la divisibilité. Un investisseur peut acheter progressivement, revendre une partie de ses avoirs si nécessaire et conserver le reste sur le long terme. Les lingots, quant à eux, offrent généralement une prime plus faible par gramme, ce qui les rend intéressants pour les investisseurs souhaitant acquérir des quantités plus importantes.

Le choix entre pièces et lingots dépend donc des objectifs. Les pièces conviennent souvent à ceux qui recherchent de la flexibilité, de la liquidité et une revente progressive. Les lingots conviennent davantage à ceux qui privilégient le coût par gramme et une exposition plus importante à l’or physique. Dans les deux cas, la qualité, la traçabilité et la réputation du vendeur restent essentielles.

Ce que Mario Innecco anticipe pour les cinq prochaines années

Sur cinq à dix ans, Innecco n’affirme pas qu’un retour complet à l’étalon-or est certain. Il envisage plusieurs scénarios : un retour partiel à des monnaies plus solides, une liberté accrue pour les individus d’utiliser l’or et l’argent, ou au contraire une intensification du contrôle monétaire à travers les monnaies numériques de banque centrale, les CBDC.

Il considère toutefois que l’or, l’argent, les matières premières et les actifs réels sont actuellement sous-évalués par rapport aux grandes capitalisations technologiques et au secteur de l’intelligence artificielle. Selon lui, les marchés pourraient progressivement revenir vers des valeurs plus tangibles, alors que la confiance dans la dette, la spéculation et la croissance financière s’érode.

Cette vision ne signifie pas que les technologies n’auront plus d’importance. Innecco considère l’intelligence artificielle comme un outil, comparable à Internet, mais il estime que les sociétés ne peuvent pas vivre uniquement de technologie, de dette et de spéculation. À ses yeux, un retour vers la frugalité, l’épargne et les actifs réels est probable.

Le piège serait-il de vendre pendant la panique ?

Le titre de cette analyse pose une question volontairement provocatrice : la baisse de l’or et de l’argent est-elle un piège ? Pour Innecco, la réponse est nuancée, mais claire. Les corrections existent, les spéculateurs peuvent provoquer des baisses brutales et les marchés peuvent rester volatils. Cependant, vendre pendant la panique revient souvent à céder au moment où les risques systémiques sont les plus élevés.

Son expérience personnelle et professionnelle le conduit à une conclusion simple : les cycles existent, mais ils ne sont jamais linéaires. Lorsque tout semble aller mal et que les prix baissent, c’est parfois précisément le moment où les fondamentaux deviennent les plus intéressants. Pour lui, la dette, l’inflation, les tensions géopolitiques et la faiblesse structurelle des monnaies fiduciaires restent des moteurs puissants pour l’or.

Les investisseurs doivent donc distinguer la volatilité de court terme de la tendance de long terme. Une baisse de 10 % ou 20 % ne dit rien sur la valeur réelle d’un actif si les fondamentaux monétaires se dégradent. À l’inverse, une hausse rapide ne garantit pas non plus qu’un actif restera durablement sous-évalué. L’or physique doit être abordé comme une protection, non comme un pari spéculatif à court terme.

L’or physique, une assurance contre l’inconnu

L’argument central de Mario Innecco peut se résumer ainsi : les gouvernements occidentaux sont pris dans un piège structurel. Ils doivent soutenir les marchés, financer leurs déficits et éviter l’effondrement du crédit, mais chaque intervention monétaire affaiblit un peu plus la confiance dans la monnaie. Selon lui, cette contradiction ne peut pas durer indéfiniment.

Dans ce contexte, l’or physique redevient un sujet central. Il ne promet pas de rendement, ne verse pas de dividende et ne génère pas de flux de trésorerie. Mais il offre quelque chose que la monnaie fiduciaire ne peut pas garantir : une existence matérielle, une rareté relative et une indépendance vis-à-vis du système bancaire.

Pour ceux qui souhaitent agir concrètement, les pièces d’or et les lingots certifiés restent les formats les plus accessibles. Acheter de l’or physique peut ainsi s’inscrire dans une logique de protection patrimoniale, à condition de le faire progressivement, avec une stratégie claire et sans mettre en péril son épargne de précaution.

La question n’est donc pas seulement de savoir si l’or va monter demain. Elle est de savoir si vous êtes prêt à détenir un actif qui ne dépend pas d’une promesse politique, d’une banque centrale ou d’un marché financier en difficulté. Pour Mario Innecco, la réponse

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