Lorsque j’avais 35 ans la banque dans laquelle je travaillais avait décrété que nous étions trop vieux et qu’il fallait nous mettre dehors avant 40 ans, sinon, la banque devait nous payer jusqu’à 65 ans ce qui ne les arrangeaient pas vraiment !
Vu l’implication des jeunes actuels et leur résistance à l’effort les entreprises changent complètement leur fusil d’épaule, finalement les vieux c’était nettement mieux même s’ils sont moins malléables et obéissants, et pour cause, les jeunes ne sont pas obéissants, ils ne sont pas malléables, ils sont plutôt « chers » et en plus… la résistance à l’effort n’est plus là.
Nos pauvres gamins n’en sont pas franchement responsables. Nous les avons élevés (je parle collectivement) dans une espèce de mièvrerie niaise à la Oui-Oui et son taxi jaune depuis la plus tendre enfance. Il faut leur parler gentiment, il faut pas trop leur en demander, et même quand le cahier est pourri moisi la maîtresse met un bonhomme content (je parle de choses vécues personnellement). C’est affligeant. Entre les écrans et les consoles, il n’y a plus de gosses à partir des U15 (13/14 ans) au club de foot pour faire l’effort de pousser la balle en vrai sous la pluie normande, jouer à Fifa 15 ou 18 je ne sais plus le numéro est nettement plus confortable au chaud du fonds de son canapé.
Tous les indicateurs que nous leur donnons, tous les repères sont erronés.
Alors quand ils arrivent dans la réalité difficile ne le nions pas de la vie professionnelle c’est l’effondrement. Un effondrement évitable, car le but de la formation c’est de vous préparer à affronter le monde des « grands ».

Mais il y a une véritable raison qui n’est pas affichée.
Non les jeunes ne sont pas mieux formés du tout.
Ils sont globalement mauvais sur tout, et éventuellement parfois bon techniquement quand on demande de frotter des écrans ou de tapoter sur un clavier, et encore, du haut de mes presque 50 ans, je peux vous dire que j’en connais plus sur les réseaux sociaux et le fonctionnement des ordinateurs et des mulots comme disait Chirac dans les Guignols que nombre de jeunes gens qui confondent compétences et connaissance avec usage des écrans.
Les jeunes sont mauvais techniquement et mal formés. Mais à la limite cela peut se rattraper et les lacunes se combler.
Ce que vous ne pouvez pas changer en revanche, c’est un état d’esprit.
Et quand vous avez une grosse fatigue professionnelle à 27 ans, quand vous êtes déjà épuisé avant d’avoir commencé, le problème de fonds est comportemental et ce n’est pas le travail de l’entreprise que de faire la psychothérapie des jeunes suite à une éducation collectivement défaillante et sans goût de l’effort où le mensonge est érigé en vérité.
Je peux donc vous faire une prédiction qui va se réaliser et mes poules sont d’accord.
Les vieux seront de plus plus prisés. Il y aura deux catégories de jeunes. Ceux qui comprennent la nécessité de l’effort et l’hypocrisie de la société et du système éducatif, et ceux qui préfèrent croire aux balivernes.
Les premiers seront très peu nombreux.
Ils réussiront brillamment dans un monde d’aimables paresseux. .
Et les aimables paresseux, nettement plus nombreux, demanderont toujours plus aux premiers au nom de la justice sociale.
Et le pays fera faillite et nous sommes en bonne voie.
Alors que tout cela pourrait être évité. Comment ? Avec sagesse et bon sens et en faisant ce qui s’est toujours fait. On équilibre les jeunes et les vieux. Les anciens forment les jeunes et passent leur savoir-faire et leur manière de faire. Mais même cela se perd dans les limbes d’une société qui devient folle.
Charles SANNAT

Source: insolentiae – Voir les précédentes interventions de Charles Sannat
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Dans la société informatique de ma fille la plupart des salariés sont jeunes, voire très jeunes et il faut composer avec ça : récemment ils se sont plaints que le papier toilette dans les wawa du bureau était trop rêche !