Depuis plusieurs mois, une question circule avec insistance dans les cercles monétaires : les États-Unis pourraient-ils réévaluer officiellement leur or ?
Invité par Michelle Makori, le stratège macroéconomique James Rickards a relancé le débat en estimant qu’il existait “plus de 50 %, probablement 60 à 65 % de chances” qu’une telle décision soit prise sous une administration Trump.
Derrière cette hypothèse se cache un mécanisme juridique méconnu, un potentiel “gain” comptable proche de 1 000 milliards de dollars… et surtout un signal psychologique mondial extrêmement puissant.
Décryptage complet et pédagogique.
Pourquoi l’or américain est toujours valorisé à 42,22 dollars ?
Aujourd’hui encore, le Trésor américain valorise officiellement ses 261 millions d’onces d’or (environ 8 133 tonnes) à 42,22 $ l’once, un prix fixé en 1973 après la fin du système de Bretton Woods sous Richard Nixon.
Ce prix n’a rien à voir avec le marché actuel, où l’or évolue autour de plusieurs milliers de dollars l’once.
Pourquoi cet écart ? Parce que les États-Unis utilisent toujours une comptabilité au coût historique pour cette ligne spécifique du bilan.
Dans un contexte où l’or redevient un actif stratégique pour les banques centrales, comprendre les mécanismes de valorisation renforce l’intérêt d’un achat d’or physique comme actif monétaire réel, indépendant des conventions comptables étatiques.
Comment fonctionnerait concrètement une réévaluation ?
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, il ne s’agirait pas d’acheter de l’or supplémentaire.
Le mécanisme repose sur le Gold Reserve Act.
Étape par étape :
- Le Trésor demande à la Réserve fédérale de revaloriser le “gold certificate” inscrit à son bilan.
- La Fed augmente la valeur de cet actif de 42,22 $ au prix du marché.
- La contrepartie comptable apparaît sous forme de crédit sur le Treasury General Account (le compte courant du Trésor à la Fed).
Résultat : environ 1 000 milliards de dollars pourraient apparaître comptablement, sans émission de dette supplémentaire.
Ce procédé a déjà été utilisé sous l’administration de Dwight D. Eisenhower dans les années 1950 pour contourner temporairement un blocage du plafond de la dette.
Dans un environnement où la dette fédérale dépasse désormais 34 000 milliards de dollars, l’idée d’un actif tangible comme socle de stabilité explique pourquoi beaucoup considèrent aujourd’hui l’achat d’or comme protection face au risque souverain comme une mesure de prudence.
Un impact économique limité… mais un choc psychologique majeur
James Rickards insiste sur un point essentiel :
👉 Cette opération ne changerait pas directement le prix mondial de l’or.
L’or est une commodité internationale négociée notamment sur le COMEX, via la London Bullion Market Association et sur le Shanghai Gold Exchange.
Un simple ajustement comptable américain ne modifierait ni l’offre ni la demande mondiale.
En revanche, le message serait colossal :
Les États-Unis reconnaîtraient officiellement l’or comme actif monétaire stratégique.
Dans un monde marqué par la “financial weaponization” — gel des réserves russes, exclusion de systèmes de paiement — cela pourrait renforcer l’attrait pour l’or physique, d’où l’intérêt croissant pour un achat d’or hors système bancaire.
Quel signal pour la Chine et les banques centrales ?
La People’s Bank of China accumule de l’or à un rythme soutenu depuis plusieurs années.
De nombreux pays émergents réduisent leur exposition au dollar, surtout après le gel des avoirs russes détenus chez Euroclear.
Si Washington revalorisait officiellement son or :
- Cela validerait la stratégie d’accumulation des pays asiatiques
- Cela renforcerait l’idée que l’or redevient un pilier implicite du système monétaire
- Cela signalerait que les États-Unis eux-mêmes prennent au sérieux le risque de fragmentation financière
Dans ce contexte géopolitique, diversifier une partie de son patrimoine via un achat d’or en anticipation d’un réalignement monétaire apparaît cohérent avec les mouvements des banques centrales.
Pourquoi Rickards parle-t-il de 65 % de probabilité ?
Selon Rickards, plusieurs éléments rendent le scénario plausible :
- L’intérêt affiché de personnalités proches de Trump
- Le profil de responsables favorables à l’or au Trésor
- L’utilité politique d’un levier permettant d’injecter 1 000 milliards sans augmenter la dette officielle
Il précise toutefois que la décision relèverait du Trésor, propriétaire légal de l’or américain, et que la Fed aurait peu de marge pour s’y opposer si l’initiative venait du pouvoir exécutif.
Dans un environnement où les équilibres budgétaires deviennent de plus en plus fragiles, sécuriser une part de son épargne via un achat d’or avant décision monétaire majeure relève davantage de l’anticipation que de la spéculation.
Un retour implicite vers l’or comme actif monétaire ?
Rickards rappelle un point souvent oublié : jusqu’au milieu des années 1970, l’or était encore enseigné comme actif monétaire dans les universités.
Depuis, trois générations d’économistes ont été formées dans un système purement fiat.
Une réévaluation officielle changerait la narration dominante. Elle ne restaurerait pas un étalon-or, mais elle réintroduirait l’or dans le discours monétaire officiel américain.
Or, l’histoire montre que lorsque les États redécouvrent l’utilité stratégique de l’or, les investisseurs privés suivent.
C’est précisément dans ces phases de transition que l’achat d’or physique comme réserve patrimoniale prend tout son sens.
Conclusion : simple écriture comptable ou tournant historique ?
Techniquement, une réévaluation serait une opération comptable.
Mais symboliquement, elle constituerait un événement majeur :
- Reconnaissance officielle de l’or comme actif monétaire
- Injection potentielle de 1 000 milliards de dollars
- Signal stratégique envoyé à la Chine et aux marchés
James Rickards ne parle pas d’une certitude. Il parle d’une probabilité significative.
Et dans l’histoire monétaire, les grands tournants commencent souvent par des décisions administratives qui semblent anodines.
Si Washington franchissait ce pas, la perception mondiale de l’or pourrait changer profondément — non pas parce que son prix serait décrété plus élevé, mais parce que son rôle monétaire serait à nouveau officiellement reconnu.



Préparez vous donc à une chute violente de l’or , lui c’est un signal rouge écarlate des krachs de l’or .2012, puis Janvier 2026 , entre temps il se cachait mais internet n’oublie pas.