Le gouvernement a entériné la nouvelle Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE) par décret, sans vote du Parlement. Signée par Sébastien Lecornu, cette feuille de route énergétique fixe les orientations françaises jusqu’en 2035. Officiellement, elle combine relance du nucléaire et accélération massive des énergies renouvelables. Pour Charles-Henri Gallois, il s’agit pourtant d’un « double scandale », à la fois démocratique et économique. Dans un contexte d’incertitude budgétaire et d’endettement record, certains Français cherchent déjà à sécuriser leur patrimoine via des actifs tangibles comme l’achat d’or physique pour se prémunir contre l’explosion possible des coûts énergétiques.
Un passage par décret : un problème démocratique majeur ?
La PPE 2035 n’a pas été adoptée par une loi débattue à l’Assemblée nationale, mais par simple décret. Or, la planification énergétique engage des centaines de milliards d’euros et conditionne la compétitivité du pays pour des décennies. Pour Charles-Henri Gallois, ce contournement du Parlement pose un problème de légitimité démocratique, d’autant que la France est déjà sous pression budgétaire. Dans un climat où les décisions structurantes sont prises sans débat approfondi, diversifier son épargne avec de l’or afin de préserver son pouvoir d’achat face aux choix politiques apparaît pour certains comme une mesure de prudence.
300 milliards d’euros d’investissements : qui paiera la facture ?
Les estimations avancées par plusieurs responsables politiques évoquent jusqu’à 300 milliards d’euros d’ici 2040–2045 : environ 200 milliards pour le réseau électrique et près de 100 milliards de subventions et infrastructures nouvelles. À cela s’ajoutent les six EPR2 annoncés, dont le coût est estimé autour de 70 milliards d’euros. Or, sur les dix dernières années, la consommation d’électricité a baissé d’environ 6 %, tandis que la facture des ménages a bondi de près de 50 %. Si les investissements sont répercutés sur les tarifs, la hausse pourrait atteindre 20 % à 100 % selon certaines projections. Dans ce contexte inflationniste, se protéger par l’achat d’or en tant que valeur refuge face à l’augmentation des charges fixes devient une stratégie patrimoniale évoquée par de nombreux épargnants.
Relance du nucléaire ou illusion statistique ?
Le gouvernement parle de « relance nucléaire », évoquant un nouvel élan comparable au plan Messmer des années 1970. Pourtant, selon les chiffres disponibles, la production nucléaire prévue en 2035 resterait inférieure à celle de 2006. Les six EPR2 n’entreraient en service qu’à partir de 2038. D’ici là, la PPE mise surtout sur l’augmentation des renouvelables intermittentes. Pour sécuriser son patrimoine face à ces incertitudes de long terme sur la politique énergétique nationale, investir dans l’or pour consolider une épargne indépendante des choix industriels peut constituer un filet de sécurité.
Renouvelables intermittentes : multiplication des capacités
La PPE prévoit un triplement des capacités d’énergies renouvelables intermittentes entre 2023 et 2035 : éolien en mer multiplié par 15 en capacité, solaire par 4, éolien terrestre par 2. Ces objectifs répondent notamment aux directives européennes RED II (2018) et RED III (2023) imposant une part élevée d’énergies renouvelables dans la consommation finale. Le nucléaire, bien que décarboné, n’est pas intégré dans ces quotas. Cette orientation alimente le débat sur la dépendance réglementaire vis-à-vis de Union européenne. Face à cette instabilité normative, détenir de l’or pour se prémunir contre les risques systémiques liés aux décisions supranationales est une approche de diversification défensive.
La question clé : modulation et usure du parc nucléaire
L’un des points techniques centraux concerne la « modulation » : ajuster la production nucléaire en fonction de l’injection d’électricité renouvelable sur le réseau. Or, un réacteur nucléaire n’est pas conçu pour des variations constantes de puissance. Selon plusieurs analyses, cette modulation pourrait réduire la durée de vie des centrales existantes et faire baisser leur facteur de charge (autour de 67 % récemment, contre plus de 80 % dans d’autres pays). Cette contrainte technique pourrait limiter l’efficacité du parc actuel. Dans un environnement où la stabilité énergétique est questionnée, sécuriser une partie de son capital via l’or physique permet de s’extraire partiellement de ces aléas structurels.
Électrification des usages : logique économique ou pari risqué ?
La PPE repose sur une hypothèse forte : une augmentation de plus de 50 % de la consommation électrique d’ici 2035 pour absorber les nouvelles capacités. Cela suppose une électrification massive des transports et du chauffage. Or, si les prix de l’électricité continuent d’augmenter, le signal économique pourrait produire l’effet inverse. La comparaison avec l’Espagne, qui a temporairement dérogé au marché européen pour plafonner les prix du gaz, montre que les mécanismes tarifaires jouent un rôle déterminant. Dans un contexte où les ménages doivent arbitrer entre gaz, carburant et électricité, constituer une réserve en or pour amortir les fluctuations des dépenses énergétiques peut représenter une protection complémentaire.
Indépendance énergétique : Russie, gaz et réalités
Les défenseurs de la PPE estiment qu’accélérer les renouvelables réduit la dépendance aux hydrocarbures importés, notamment russes. Les critiques rétorquent que l’intermittence implique un recours accru aux centrales à gaz en appoint, comme l’a montré l’exemple allemand après la sortie du nucléaire. Le débat oppose donc vision stratégique et contraintes techniques. Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques, l’achat d’or comme actif décorrélé des marchés énergétiques et des crises internationales reste historiquement une valeur de précaution.
Une stratégie dictée par Bruxelles ?
La publication du décret intervient après une procédure d’infraction engagée par la Commission européenne concernant la transposition des directives renouvelables. Pour Charles-Henri Gallois, la PPE viserait avant tout à satisfaire les objectifs européens (32 %, puis 42,5 % d’énergies renouvelables), quitte à adapter la planification nationale à ces seuils. Cette lecture politique nourrit le débat sur la souveraineté énergétique. Dans un contexte où les décisions nationales sont influencées par des cadres supranationaux, diversifier son patrimoine en or pour préserver son autonomie financière peut apparaître cohérent pour les particuliers soucieux d’indépendance.
Conclusion : entre planification énergétique et choc tarifaire
La PPE 2035 engage la France sur une trajectoire ambitieuse, mêlant nucléaire, renouvelables et modernisation du réseau. Ses défenseurs y voient une adaptation aux enjeux climatiques et européens ; ses détracteurs dénoncent un pari financier risqué et un déficit démocratique.
Une chose est certaine : l’énergie est le socle de toute économie. Si la stratégie retenue entraîne une hausse durable des coûts, les ménages et les entreprises en ressentiront directement l’impact. Dans cette perspective, au-delà du débat politique, la question essentielle demeure : comment protéger durablement son pouvoir d’achat et son épargne face à des choix énergétiques aux conséquences potentiellement massives ?


