Système bancaire en danger : pourquoi il est plus fragile aujourd’hui, qu’avant la création de la Fed selon Jonathan Newman

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Depuis plus d’un siècle, la Réserve fédérale américaine est présentée comme le pilier de la stabilité financière mondiale. Pourtant, selon Jonathan Newman, chercheur au Mises Institute, le système bancaire serait aujourd’hui plus fragile qu’avant 1913, date de création de la Fed.

Derrière l’argument officiel — stabiliser les crises bancaires — se cacherait en réalité un mécanisme institutionnalisé d’expansion monétaire et de sauvetage permanent des banques commerciales. Dans ce contexte d’instabilité structurelle, de nombreux épargnants cherchent à sécuriser une partie de leur patrimoine via l’achat d’or physique comme protection contre le risque bancaire, un actif hors système qui ne dépend d’aucune promesse institutionnelle.

La Réserve fédérale : stabilisateur ou cartel bancaire ?

La Federal Reserve a été créée en 1913 après une série de paniques bancaires, notamment celle de 1907. L’argument central était simple : mettre en place un « prêteur en dernier ressort » pour éviter les ruées bancaires.

Mais selon Newman, cette justification masque un problème fondamental : la réserve fractionnaire. Les banques prêtent une grande partie des dépôts qu’elles reçoivent. En cas de panique, elles ne disposent pas des liquidités suffisantes.

Plutôt que de corriger cette fragilité, la Fed l’aurait institutionnalisée en offrant une garantie implicite : en cas de crise, la banque centrale interviendra.

Ce mécanisme crée ce que les économistes appellent un aléa moral : les banques prennent plus de risques puisqu’elles savent qu’elles seront secourues. Face à cette architecture systémique, l’achat d’or d’investissement tangible apparaît pour beaucoup comme une alternative prudente aux actifs dépendants du crédit bancaire.

Depuis 1913 : plus de crises, plus d’inflation

La promesse de stabilité est-elle tenue ?

Le XXe siècle et le début du XXIe ont connu :

  • La Grande Dépression
  • La crise inflationniste des années 1970
  • La crise financière de 2008
  • Les tensions bancaires récentes post-2020

Depuis l’abandon définitif de l’étalon-or en 1971 sous Richard Nixon, le dollar est une monnaie purement fiduciaire. Résultat : une perte massive de pouvoir d’achat sur le long terme.

En 1913, l’or était fixé à 20,67 dollars l’once. Aujourd’hui, il évolue à des niveaux historiquement élevés, reflet d’un siècle d’expansion monétaire. Cette dynamique explique pourquoi certains investisseurs considèrent l’achat d’or comme rempart contre l’érosion du dollar comme une mesure de préservation du capital.

Déficits publics et création monétaire : une trajectoire explosive

Un autre point central soulevé par Newman concerne la trajectoire budgétaire américaine. Les dépenses fédérales augmentent structurellement, tandis que les recettes fiscales stagnent relativement au PIB.

Conséquence : des déficits chroniques financés par l’émission de dette.

Or, une part significative de cette dette est absorbée indirectement par la banque centrale via la création monétaire. Ce mécanisme soutient artificiellement les taux d’intérêt mais accroît la masse monétaire.

Cette spirale rend le système de plus en plus dépendant de la liquidité injectée par la Fed. Dans un tel environnement, détenir un actif sans risque de contrepartie comme via l’achat d’or physique sécurisé permet de réduire son exposition aux déséquilibres macroéconomiques.

Pourquoi les crises semblent devenir systémiques

Selon l’analyse autrichienne défendue par Newman et héritée de Ludwig von Mises et Murray Rothbard, les cycles économiques ne sont pas des accidents naturels.

Ils seraient la conséquence directe de l’expansion artificielle du crédit. Lorsque la banque centrale maintient des taux artificiellement bas, elle encourage des investissements mal orientés (malinvestments). Lorsque la réalité économique rattrape ces erreurs, la récession survient.

Ainsi, loin d’avoir supprimé les cycles, la Fed les aurait amplifiés.

Dans cette optique, posséder un actif monétaire indépendant du système de crédit via l’achat d’or en réserve patrimoniale constitue une stratégie de diversification face aux déséquilibres financiers.

École autrichienne vs keynésianisme : deux visions opposées

Newman rappelle que l’école autrichienne repose sur :

  • La subjectivité de la valeur
  • L’importance des prix libres
  • Le rôle central de l’entrepreneur
  • La nécessité d’une monnaie saine

À l’inverse, l’approche keynésienne dominante considère que l’État doit stimuler la demande en période de crise via la dépense publique et la politique monétaire.

Le problème, selon les autrichiens, est que cette stimulation crée de nouvelles distorsions au lieu de corriger les précédentes.

Dans un monde où l’intervention monétaire est permanente, de nombreux épargnants privilégient l’achat d’or comme actif monétaire historique afin d’échapper aux expérimentations macroéconomiques successives.

Le réveil progressif des épargnants

Un point encourageant, souligne Newman, est l’éveil croissant d’une partie du public — notamment chez les jeunes générations — face aux limites du système monétaire actuel.

Cryptoactifs, métaux précieux, diversification internationale : les stratégies d’« exit » se multiplient.

La montée structurelle du prix de l’or au cours des dernières années reflète cette prise de conscience progressive. Loin d’être spéculative, elle traduit une recherche de stabilité dans un environnement monétaire instable.

C’est dans cette logique de préservation à long terme que certains optent pour l’achat d’or physique reconnu internationalement, actif tangible qui traverse les cycles politiques et monétaires.

Conclusion : un système plus complexe… mais plus fragile ?

Plus d’un siècle après sa création, la Réserve fédérale devait apporter stabilité et confiance.

Pour Jonathan Newman et l’école autrichienne, le constat est inverse :

  • Plus de dette
  • Plus de dépendance à la création monétaire
  • Plus d’aléa moral bancaire
  • Des cycles amplifiés

Le système paraît sophistiqué. Mais sa stabilité repose sur une expansion continue du crédit.

Dans un environnement où la monnaie est créée par décision politique, détenir un actif qui ne dépend ni d’un bilan bancaire ni d’un engagement gouvernemental reste, pour beaucoup, une forme élémentaire de prudence.

Et l’histoire monétaire montre une chose : lorsque la confiance vacille, l’or redevient central.

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