L’idée d’un or à 17 000 dollars semblait encore totalement irréaliste il y a quelques années. Pourtant, aujourd’hui, cette hypothèse est désormais portée par l’un des investisseurs les plus respectés de l’industrie minière mondiale : Pierre Lassonde. Fondateur de Franco-Nevada, pionnier du modèle des royalties aurifères et figure incontournable du marché des métaux précieux, Lassonde considère désormais que l’or pourrait entrer dans une phase haussière historique comparable — voire supérieure — à celle des années 1970. Selon lui, les déficits américains hors de contrôle, l’inflation persistante, les tensions énergétiques mondiales et l’incapacité politique à réduire la dette créent un environnement explosif pour les monnaies fiduciaires. Dans cette configuration, l’or redeviendrait progressivement la véritable valeur refuge mondiale. Face à cette transformation monétaire historique, de nombreux investisseurs se tournent déjà vers l’achat d’or physique afin de protéger durablement leur patrimoine contre l’érosion des devises et l’instabilité financière mondiale.
Pourquoi Pierre Lassonde estime que 17 000 dollars l’once est un “plancher” crédible
Ce qui frappe immédiatement dans l’analyse de Pierre Lassonde, c’est qu’il ne présente pas l’objectif des 17 000 dollars comme une projection extravagante ou spéculative. Au contraire, il parle d’un niveau presque mathématique, basé sur des précédents historiques très précis. Son raisonnement repose principalement sur le célèbre ratio Dow Jones/or. Historiquement, à deux reprises majeures au cours des cent dernières années — en 1934 puis en 1980 — le cours de l’or et l’indice Dow Jones se sont retrouvés dans un rapport proche de 1 pour 1. En 1980, par exemple, le Dow Jones évoluait autour de 800 points tandis que l’or atteignait environ 800 dollars l’once après une décennie d’inflation galopante et de crise énergétique. Aujourd’hui, avec un Dow Jones autour des 50 000 points, Lassonde considère qu’un retour à un ratio plus équilibré pourrait faire exploser le prix de l’or. Même en imaginant une baisse de 30 % des marchés actions et un ratio Dow/or de 2 pour 1, cela mènerait mécaniquement vers une zone proche des 17 000 dollars l’once. Dans un contexte où les grands investisseurs anticipent une réévaluation spectaculaire du métal jaune, l’acquisition d’or physique devient progressivement une stratégie patrimoniale de plus en plus recherchée.
Le parallèle inquiétant avec les années 1970
L’un des éléments centraux du discours de Pierre Lassonde réside dans la comparaison qu’il établit entre notre époque actuelle et les années 1970. Pour lui, les similitudes sont extrêmement nombreuses : choc énergétique, inflation persistante, tensions géopolitiques, explosion des déficits publics et perte progressive de confiance envers les banques centrales. Dans les années 1970, la révolution iranienne et les décisions de l’OPEP avaient provoqué une flambée du pétrole, entraînant une hausse généralisée des prix dans l’ensemble de l’économie mondiale. Aujourd’hui, Lassonde estime que les conflits géopolitiques actuels reproduisent exactement ce schéma inflationniste. Selon lui, l’énergie reste la source primaire de toute inflation, car elle impacte directement les transports, l’agriculture, l’industrie et la chaîne alimentaire mondiale. Lorsque le pétrole grimpe fortement, toute l’économie finit par suivre. C’est précisément ce mécanisme qui pourrait alimenter une nouvelle spirale inflationniste durable dans les années à venir. Dans ce climat de tensions internationales et de hausse structurelle des prix, l’or physique apparaît de nouveau comme une réserve de valeur tangible capable de traverser les crises monétaires les plus profondes.
Inflation durable : pourquoi la Fed pourrait perdre le contrôle
Pierre Lassonde insiste également sur un point fondamental : selon lui, la Réserve fédérale américaine ne dispose plus des mêmes armes qu’au temps de Paul Volcker dans les années 1980. À cette époque, les taux d’intérêt avaient été brutalement relevés jusqu’à 20 % afin de casser l’inflation. Cette politique monétaire extrêmement agressive avait provoqué une récession sévère mais avait fini par stabiliser le système monétaire américain. Le problème aujourd’hui est totalement différent : les États-Unis sont désormais surendettés à un niveau historique. Avec une dette fédérale dépassant les 40 000 milliards de dollars, une hausse trop forte des taux deviendrait insoutenable pour l’État américain lui-même. Lassonde explique qu’un simple maintien de taux élevés pourrait faire exploser le coût annuel des intérêts de la dette à des niveaux astronomiques. Autrement dit, la Fed se retrouve piégée : soit elle laisse l’inflation progresser, soit elle provoque un choc économique potentiellement incontrôlable. Cette situation nourrit naturellement la hausse de l’or, qui prospère traditionnellement lorsque les investisseurs perdent confiance dans la capacité des banques centrales à préserver le pouvoir d’achat des monnaies. De plus en plus d’épargnants considèrent désormais l’achat d’or comme une couverture essentielle face à la perte progressive de valeur des devises et à l’affaiblissement des politiques monétaires traditionnelles.
La dette américaine : le véritable moteur caché de l’explosion de l’or
Selon Pierre Lassonde, le problème majeur n’est même plus l’inflation elle-même, mais l’absence totale de volonté politique pour réduire les déficits publics. Républicains comme démocrates continuent d’accroître les dépenses publiques alors que les recettes fiscales ne suffisent plus à suivre. Cette dérive budgétaire permanente fragilise structurellement le dollar américain. Or, comme le rappelle Lassonde, près de 80 % des mouvements du cours de l’or restent directement liés à l’évolution du dollar. Plus la confiance dans la devise américaine s’érode, plus l’or devient attractif à l’échelle mondiale. Lassonde souligne également un point souvent sous-estimé : les grands programmes sociaux américains comme la sécurité sociale ou Medicare approchent progressivement d’un mur financier. Le financement futur de ces systèmes nécessitera soit des hausses massives d’impôts, soit davantage de création monétaire. Dans les deux cas, cela constitue historiquement un carburant extrêmement favorable pour l’or. Face à l’explosion incontrôlée des dettes souveraines, l’or physique continue d’être perçu comme l’un des rares actifs ne dépendant d’aucune promesse gouvernementale.
Pourquoi les crises énergétiques pourraient déclencher une nouvelle vague inflationniste mondiale
Pierre Lassonde rappelle que l’inflation ne provient jamais uniquement des banques centrales. Elle naît également des perturbations physiques de l’économie réelle. Or, selon lui, le secteur énergétique entre dans une période de fragilité extrême. Toute perturbation durable de l’approvisionnement pétrolier mondial entraîne immédiatement une hausse du coût des engrais, du transport maritime, de l’alimentation et de la production industrielle. Lassonde évoque notamment les risques pesant sur certaines routes stratégiques du pétrole mondial ainsi que les tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Lorsque le prix de l’énergie grimpe fortement, l’inflation finit par contaminer l’ensemble de la chaîne économique. Les consommateurs voient alors leur pouvoir d’achat diminuer tandis que les revendications salariales augmentent, créant une boucle inflationniste autoalimentée. C’est exactement ce scénario que Lassonde estime actuellement en train de se reproduire. Dans un environnement où l’inflation énergétique menace directement le pouvoir d’achat mondial, l’or demeure une solution historique de protection patrimoniale particulièrement recherchée.
L’or reste-t-il réellement une protection contre l’inflation et les crises géopolitiques ?
Certains observateurs reprochent parfois à l’or de ne pas réagir immédiatement aux événements géopolitiques ou aux statistiques d’inflation. Pourtant, Lassonde rappelle une réalité essentielle : le marché de l’or est influencé quotidiennement par des dizaines de facteurs différents. À court terme, des corrections temporaires peuvent apparaître, notamment lors des débuts de récession où les investisseurs vendent parfois tous leurs actifs pour récupérer des liquidités. Mais historiquement, sur le long terme, l’or a toujours fini par refléter l’érosion monétaire provoquée par l’inflation et les excès de dette. Dans les années 1970, malgré de nombreuses phases de volatilité, le métal jaune avait finalement enregistré une progression spectaculaire. Lassonde estime que le même phénomène pourrait se reproduire dans les prochaines années, avec une intensité potentiellement encore plus forte compte tenu de l’ampleur actuelle des déséquilibres financiers mondiaux. Pour de nombreux investisseurs expérimentés, détenir de l’or physique constitue aujourd’hui une assurance financière face aux incertitudes économiques et monétaires qui se multiplient à travers le monde.
Vers une nouvelle ère monétaire mondiale ?
Ce que Pierre Lassonde décrit dépasse finalement la simple hausse du cours de l’or. Son analyse suggère une remise en cause profonde du système monétaire international tel qu’il fonctionne depuis plusieurs décennies. Lorsque les dettes deviennent incontrôlables, que les banques centrales perdent progressivement leur crédibilité et que l’inflation s’installe durablement, les investisseurs cherchent naturellement des actifs tangibles capables de conserver leur valeur réelle. Historiquement, l’or a toujours joué ce rôle lors des grandes transitions monétaires. C’est précisément pour cette raison que Lassonde considère désormais les 17 000 dollars comme un objectif crédible, voire conservateur. Dans son esprit, le véritable sujet n’est plus de savoir si l’or montera fortement, mais jusqu’où ira cette réévaluation mondiale des actifs tangibles face à l’affaiblissement des monnaies papier. À mesure que la confiance envers les systèmes financiers traditionnels se fragilise, l’achat d’or physique s’impose progressivement comme une stratégie de préservation patrimoniale incontournable pour de nombreux investisseurs internationaux.



Tout le contraire , il suffit de regarder les cours , il n’est qu’au début de son effondrement, d’ailleurs il va creuser comme une minière.