Or : le prochain grand rallye ne viendra peut-être pas de l’inflation, mais de la géopolitique – Avec Martin Armstrong

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Pourquoi l’or a reflué

Le recul récent de l’or ne doit pas être interprété trop vite comme un changement durable de tendance. Le métal jaune a d’abord été soutenu par un environnement très favorable, puis il a subi un reflux à mesure que certains risques géopolitiques se sont partiellement détendus et que des prises de bénéfices sont apparues après une phase de hausse rapide. Dans ce type de marché, la question n’est jamais seulement de savoir si l’or baisse ou monte sur quelques séances, mais plutôt de comprendre quel facteur dominant est temporairement en train d’écraser la prime de risque. Ici, le mécanisme semble assez clair : lorsque la tension immédiate recule, la composante émotionnelle du prix s’efface, mais les facteurs structurels restent en place. C’est précisément pour cette raison que de nombreux investisseurs gardent une exposition de fond au métal via l’achat d’or physique, afin de ne pas dépendre uniquement des à-coups de marché.

La géopolitique comme moteur principal

L’idée centrale de cette analyse est simple : le prochain mouvement majeur de l’or pourrait être moins lié à l’inflation qu’aux tensions géopolitiques. C’est un point important, car beaucoup d’investisseurs raisonnent encore comme si l’or ne réagissait qu’aux statistiques de prix à la consommation ou aux décisions de taux. En réalité, dans les grandes phases de rupture, l’or agit souvent comme un actif de neutralité. Il ne dépend d’aucun gouvernement, ne promet pas de rendement, et devient donc particulièrement attractif lorsque les États se méfient les uns des autres. Les conflits au Moyen-Orient, les tensions en Europe, les incertitudes autour de l’Ukraine et la rivalité stratégique entre grandes puissances peuvent tous alimenter un retour de l’or sur le devant de la scène. Pour ceux qui veulent se protéger sans attendre qu’un choc soit pleinement visible, il est pertinent d’envisager une position directe sur l’or.

Le rôle des banques centrales

Les achats de banques centrales restent l’un des éléments les plus importants à surveiller. Lorsqu’une banque centrale achète de l’or, elle ne cherche pas forcément un gain rapide ; elle cherche d’abord de la stabilité, de la liquidité stratégique et une réserve qui ne peut pas être dévaluée par une décision politique étrangère. Dans le contexte actuel, cette logique prend encore plus de poids, car les réserves officielles servent de bouclier contre les sanctions, les ruptures commerciales et les crises de confiance. Les banques centrales ne pensent pas comme un investisseur de court terme : elles construisent des réserves pour des scénarios extrêmes. C’est ce qui donne au marché de l’or une profondeur particulière et explique pourquoi certains observateurs considèrent que la demande institutionnelle pourrait soutenir les prix pendant une période prolongée. C’est aussi ce qui renforce l’attrait de solutions concrètes comme l’or physique d’investissement, plus lisible qu’un instrument financier complexe.

Pourquoi l’Europe compte autant

L’Europe joue un rôle central dans cette configuration, non seulement parce qu’elle est exposée économiquement aux chocs énergétiques et commerciaux, mais aussi parce qu’elle reste vulnérable à une fragmentation politique plus profonde. Quand un bloc économique manque de cohésion, les investisseurs s’interrogent immédiatement sur la capacité des États à financer leurs dettes et à maintenir la confiance du marché. L’or a historiquement bénéficié de ces périodes de tension, car il devient alors un refuge contre les risques de désorganisation financière. Si les flux de capitaux commencent à fuir certaines zones jugées fragiles, ils cherchent naturellement des actifs considérés comme hors système. Dans cet environnement, l’or retrouve sa fonction première : protéger la valeur du capital lorsqu’une zone économique se fragilise. Beaucoup d’épargnants préfèrent alors sécuriser une partie de leur patrimoine via des achats d’or simples et directs.

Le Moyen-Orient comme déclencheur possible

Le Moyen-Orient reste un déclencheur potentiel de la prochaine phase haussière. Une montée des tensions dans cette région ne touche pas seulement l’énergie ; elle peut aussi provoquer un déplacement mondial des capitaux, une hausse des primes de risque et une réévaluation brutale des actifs refuges. Lorsque les marchés comprennent qu’un conflit ne sera pas court, la réaction n’est plus seulement émotionnelle : elle devient systémique. Les investisseurs cherchent alors à rééquilibrer leurs portefeuilles avec des actifs qui résistent à la dégradation du cadre géopolitique. L’or est l’un des rares actifs capables de remplir ce rôle avec une crédibilité historique aussi forte. C’est précisément dans ce type de séquence que l’accès à un actif tangible prend tout son sens, notamment via un achat d’or physique sécurisé.

Le niveau à surveiller pour le prochain rebond

Sur le plan technique, l’idée qu’un support important puisse précéder un nouveau mouvement haussier reste cohérente avec la structure classique des marchés de l’or. Quand le prix reflue après une montée forte, il doit souvent reconstruire une base avant de repartir. Ce processus peut être frustrant pour les investisseurs pressés, mais il est sain. Le plus important n’est pas de deviner le point bas exact, mais de repérer le moment où les vendeurs s’épuisent et où les causes profondes de la hausse redeviennent dominantes. Si la géopolitique se dégrade à nouveau, ce rebond pourrait être plus rapide que prévu. Dans ce genre de phase, ceux qui ont déjà sécurisé une partie de leur exposition à l’or via de l’or réel détenu hors du système bancaire partent avec une longueur d’avance.

Le vrai risque jusqu’en 2027

Le vrai sujet n’est pas seulement le prix de l’or aujourd’hui, mais la trajectoire globale jusqu’en 2027. Si les tensions internationales se multiplient, si les chaînes logistiques restent fragiles et si les dettes publiques continuent de gonfler, alors l’environnement restera favorable aux actifs de protection. L’or bénéficie justement de ces régimes de stress, car il ne dépend ni de la solvabilité d’un État ni de la promesse d’une banque. C’est cette indépendance qui lui redonne du poids lorsque le système semble plus instable. Pour les particuliers, cela signifie qu’une stratégie prudente n’est pas de tout miser sur l’or, mais de lui redonner une place raisonnable dans le patrimoine, notamment par l’achat progressif d’or physique.

Ce que les investisseurs doivent retenir

L’enseignement principal est clair : l’or ne doit pas être vu seulement comme une couverture contre l’inflation, mais comme une couverture contre la géopolitique, la dette, le doute et la fragmentation du monde. Lorsque les tensions s’accumulent, le métal jaune cesse d’être un simple actif de rendement absent ; il redevient un actif de confiance. C’est la raison pour laquelle de nombreux investisseurs expérimentés regardent d’abord les cartes du pouvoir mondial avant de regarder les graphiques de prix. Le prochain rallye de l’or pourrait très bien naître non pas d’un chiffre d’inflation, mais d’un événement politique ou militaire. Dans cette logique, il est rationnel de conserver une base tangible via une sélection d’or physique adaptée à un horizon de long terme.

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