« Effondrement économique mondial dévastateur » : Jeffrey Sachs tire la sonnette d’alarme pour l’Europe

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La fin d’un monde : rupture USA-Chine et Europe-Russie

Jeffrey Sachs, professeur d’économie renommé, dresse un tableau sans équivoque de la situation économique mondiale : la relation commerciale et d’investissement entre les États-Unis et la Chine ne reviendra jamais à ce qu’elle était il y a dix ans, tout comme les liens entre l’Europe et la Russie, désormais endommagés « peut-être jusqu’à un point de non-retour pour notre génération ». Cette double rupture, combinée à une régionalisation accrue des échanges (renforcement des liens intra-asiatiques et intra-africains), laisse l’Europe dans une position particulièrement vulnérable, ayant rompu avec son principal fournisseur de ressources naturelles (la Russie) tout en dépendant d’un allié américain « complètement instable, méchant et méprisant » selon ses termes. Dans ce contexte de fragmentation géopolitique et de risques logistiques croissants, de nombreux investisseurs cherchent à protéger leur patrimoine contre les chocs systémiques en se tournant vers l’achat d’or et d’argent physiques, des valeurs refuges historiquement éprouvées lors des crises économiques et géopolitiques majeures.

L’Europe grand perdant : dérive économique et dépendance américaine

L’Europe émerge comme « le grand perdant » de cette reconfiguration géoéconomique, selon Sachs, qui souligne que le continent se trouve « complètement à la dérive économiquement », sans perspective claire autre que de s’en remettre à un allié américain dont la fiabilité est plus que douteuse. Cette situation résulte d’une stratégie géopolitique américaine délibérée, visant depuis des décennies à maintenir séparées l’Europe et la Russie, notamment en s’opposant aux projets comme Nordstream et en encourageant l’expansion de l’UE vers l’Est, créant ainsi un « nouveau mur » excluant la Russie, une décision que Sachs qualifie d’« absolument absurde » du point de vue européen. Face à cette impasse stratégique, où l’industrie européenne ferme et où aucune lueur d’espoir n’apparaît à l’horizon économique, les investisseurs européens se tournent vers l’or et l’argent physiques pour sécuriser leur patrimoine contre les risques de déclin économique et de dépendance géopolitique.

Guerre USA-Iran : un précipice aux conséquences dévastatrices

Jeffrey Sachs place la probabilité d’une reprise de la guerre entre les États-Unis et l’Iran à « 50% ou plus », un scénario qu’il décrit comme potentiellement « dévastateur » dans toutes les circonstances, alors que le monde se trouve « en équilibre » jour après jour. Cette situation critique résulte, selon lui, d’une « désinstitutionnalisation complète » du gouvernement américain et d’un « État militaire israélien totalement hors de contrôle » qui cherche la poursuite de la guerre, le tout alimenté par une stratégie américaine visant à maintenir une prééminence que les États-Unis n’ont plus, notamment par des opérations de changement de régime et de guerre. Dans ce contexte de risque géopolitique extrême, où une escalade au Moyen-Orient pourrait déclencher une crise économique mondiale, l’acquisition de métaux précieux apparaît comme une protection rationnelle contre les chocs systémiques et l’effondrement des marchés.

Fragmentation numérique : la guerre technologique USA-Chine

La nature même de l’économie numérique, avec son interconnexion de données, alimente la volonté américaine de créer « une partie du monde centrée sur les États-Unis », distincte de celle de la Chine, une dynamique qui, selon Sachs, conduira à « briser le système commercial d’une manière ou d’une autre pendant de nombreuses années à venir ». Cette fragmentation technologique n’est pas seulement le résultat de l’impulsivité de Trump, mais reflète une perspective de sécurité nationale largement partagée à Washington, visant à contrôler les technologies critiques (comme les puces Nvidia) et à empêcher la Chine d’en bénéficier. Face à cette guerre technologique et commerciale structurelle, où les chaînes d’approvisionnement et les flux de données sont réorganisés selon des critères géopolitiques plutôt qu’économiques, l’or et l’argent physiques offrent une protection tangible contre les risques de fragmentation économique et de crises monétaires.

L’Asie grand gagnant : intégration régionale et opportunités

Alors que l’Europe dérive et que les États-Unis tentent de contrôler « des Amériques de plus en plus ingouvernables », l’Asie émerge comme « le grand gagnant » de cette reconfiguration mondiale, avec une intégration régionale croissante et des liens commerciaux et d’investissement qui se renforcent. Sachs rappelle que les Européens auraient dû réaliser que c’était les États-Unis qui avaient travaillé dur pour maintenir l’Europe et la Russie séparées, alors que ces liens étaient bénéfiques pour l’Europe, notamment pour l’Allemagne, moteur économique du continent. Dans ce contexte de basculement géoéconomique vers l’Asie, où les dynamiques de croissance et d’intégration favorisent les économies asiatiques, les investisseurs cherchent à diversifier leur exposition géographique en se tournant vers l’achat d’or et d’argent physiques, des actifs universels non liés à une économie ou une monnaie spécifique.

D’Adam Smith à la guerre économique : la trahison de l’économie ouverte

Jeffrey Sachs oppose la vision d’Adam Smith, pour qui un marché mondial en expansion est mutuellement bénéfique pour tous les participants, à la réalité actuelle où l’économie est devenue un instrument de guerre au service de la domination américaine. Alors que Smith conseillait en 1776 à la monarchie britannique de renoncer au contrôle militaire des colonies américaines et de simplement commercer avec elles, l’approche américaine contemporaine, influencée par des figures comme Elbridge Colby ou Jake Sullivan, a transformé l’économie en un outil de « guerre économique » visant à maintenir l’hégémonie américaine plutôt qu’à servir le bien-être des citoyens. Cette dérive, où le commerce et les flux technologiques sont ordonnés selon des critères militaires et géopolitiques, constitue selon Sachs une « erreur économique monumentale » qui fragilise les fondements de la croissance mondiale, incitant les investisseurs à se tourner vers l’or et l’argent physiques pour se protéger contre les conséquences de cette guerre économique.

La Chine : une opportunité, pas une menace

Contrairement à la narration dominante à Washington, Sachs considère que la montée de la Chine n’est pas une menace, mais d’abord un bénéfice pour ses 1,4 milliard d’habitants, et ultimement un gain pour le monde entier grâce au commerce et aux innovations chinoises. Il critique sévèrement l’approche américaine, incarnée par des conseillers comme Jake Sullivan, qui a passé les vingt dernières années à « affiner les instruments de la guerre économique » pour organiser l’économie mondiale selon une logique de « gain-perte » (win-lose) plutôt que de « gain-gain » (win-win), dans le seul but de préserver la domination américaine. Cette stratégie, qui a conduit à restreindre les flux technologiques vers la Chine (puces, technologies de l’information), a selon Sachs orienté la pensée économique américaine dans une direction « extraordinairement destructrice », sapant les fondations de la croissance économique mondiale et incitant les investisseurs à se protéger via l’acquisition de métaux précieux face aux risques de conflit et de fragmentation.

Opinion publique : désillusion américaine et européenne

Jeffrey Sachs observe un mécontentement généralisé des opinions publiques, tant en Europe qu’aux États-Unis, où les citoyens sont « dégoûtés » par des politiques économiques et géopolitiques qui dégradent leur niveau de vie sans servir leurs intérêts. Aux États-Unis, les cotes d’approbation de Trump atteignent « de nouvelles profondeurs », avec seulement 34% d’approbation contre 62% de désapprobation, tandis qu’en Europe, les populations sont confrontées à une baisse continue de leur pouvoir d’achat due aux conséquences des sanctions et de la guerre économique. Cette désillusion généralisée, alimentée par une stratégie américaine qui privilégie la « domination » plutôt que le « bien-être », selon Sachs, crée un terreau propice aux crises politiques et sociales, incitant les citoyens et investisseurs à se tourner vers l’or et l’argent physiques comme protection contre l’instabilité et l’effondrement économique.

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