Or et rendements montent ensemble : la règle du marché vient de se briser
Cette semaine, un phénomène inhabituel s’est produit sur les marchés financiers : l’or, les rendements des obligations du Trésor à long terme et le pétrole ont tous trois augmenté simultanément, une situation qui défie la logique traditionnelle selon laquelle lorsque les rendements montent, l’or doit baisser. Eric de Summit Metals note que cette anomalie de marché, observée alors que l’or oscillait entre 4 000 et 4 777 dollars l’once, signale un changement profond dans la dynamique des actifs refuges et une défiance croissante envers les modèles de pricing conventionnels. Cette rupture de corrélation historique indique que les investisseurs institutionnels, confrontés à une incertitude monétaire sans précédent et à des tensions géopolitiques croissantes, cherchent à se protéger via des actifs tangibles, incitant les particuliers à renforcer leur exposition aux métaux précieux physiques en se tournant vers l’achat d’or et d’argent physiques pour se prémunir contre les risques systémiques.
L’ombre de Paul Volcker en 1979 : pourquoi le marché ne sait pas qui est Kevin Warsh
Eric de Summit Metals établit un parallèle saisissant entre la situation actuelle et l’année 1979, lorsque Paul Volcker venait de prendre la tête de la Federal Reserve et que le marché, ignorant s’il serait « dur » ou « mou » face à l’inflation, avait propulsé l’or de 300 à 850 dollars l’once en quelques mois, le temps que le nouveau président de la Fed fasse ses preuves. Aujourd’hui, Kevin Warsh, nouveau chairman de la Fed, fait face à la même incertitude : refusant de donner des orientations claires sur sa politique monétaire, divisant son propre comité (la moitié des membres prévoit des hausses de taux avant fin 2026, l’autre moitié des baisses), il laisse les marchés « voler à l’aveugle », sans boussole pour anticiper les décisions de la banque centrale. Dans ce contexte d’incertitude maximale, où les investisseurs institutionnels (fonds de pension, fonds souverains) ne peuvent pas se permettre d’attendre pour savoir « qui est vraiment Warsh », ils achètent de l’assurance sous forme d’or, ce qui explique pourquoi le métal jaune monte même lorsque les rendements obligations augmentent, incitant les épargnants à suivre cette logique de précaution via l’or et l’argent physiques comme protection contre l’incertitude monétaire.
Trois signaux en trois coins du monde : Jamie Dimon, inflation masquée et fermeture du marché papier chinois
Trois événements majeurs survenus cette semaine dans différentes régions du monde envoient un signal convergent aux investisseurs : Jamie Dimon, patron de JPMorgan Chase, a déclaré dans une interview le 16 juillet qu’il n’achèterait ni actions ni obligations du Trésor aux prix actuels, estimant que le rendement du 10 ans devrait se situer entre 4 et 4,5% même si l’inflation revenait à l’objectif de la Fed, un avertissement rare venant d’un acteur aussi proche du marché obligataire. Parallèlement, les chiffres d’inflation de juillet masquent une réalité plus inquiétante : si l’inflation headline semble refluer, c’est uniquement parce que les prix du pétrole avaient baissé plus tôt dans l’été, avant que les tensions au détroit d’Hormuz et l’embargo maritime des Houthis contre l’Arabie saoudite ne fassent remonter le brut de 30% depuis ses bas de juillet, tandis que l’inflation core PCE reste à 3,4%, soit 63 mois consécutifs au-dessus de l’objectif de 2% de la Fed. Enfin, et c’est peut-être le signal le plus important, ce vendredi 24 juillet, le marché papier des métaux précieux en Chine fermera ses portes aux particuliers : ICBC (la plus grande banque mondiale par les actifs), Postal Savings Bank, Ping An et d’autres institutions ferment les comptes de trading de métaux précieux liés au Shanghai Gold Exchange, obligeant les clients existants à choisir entre clôturer leur position, passer à un produit sans levier, ou prendre livraison physique du métal. Cette décision du système bancaire chinois, qui dit en substance aux millions de traders particuliers chinois « si vous voulez de l’exposition à l’or, possédez de l’or physique, pas un papier sur l’or », envoie un message clair sur la préférence pour la détention physique en période de stress systémique, incitant les investisseurs occidentaux à emboîter le pas en se tournant vers l’achat d’or et d’argent physiques pour sécuriser leur exposition aux métaux précieux.
L’Inde réécrit son code fiscal pour l’or : ce que cela signifie vraiment
L’Inde, deuxième plus grand consommateur mondial d’or, vient de doubler le montant des remboursements de droits de douane (duty drawback) sur les exportations de bijoux en or et en argent, une mesure technique qui en réalité envoie un signal politique majeur : les bijoutiers indiens, qui importent des métaux précieux pour les transformer en bijoux avant de les exporter, recevaient jusqu’à présent un remboursement forfaitaire par kilo qui ne couvrait plus qu’environ la moitié des droits réellement payés, car les prix des métaux ont doublé en un an tandis que la grille de remboursement était restée figée sur les anciens prix. En doublant cette grille, le gouvernement indien reconnaît implicitement que les nouveaux prix de l’or et de l’argent (autour de 4 000 dollars et 60 dollars respectivement) ne sont pas une anomalie temporaire, mais le « nouveau normal », une décision que les États ne prennent pas à la légère et qui valide la perspective de prix élevés durables pour les métaux précieux. Cette réécriture du code fiscal indien, combinée à la fermeture du marché papier chinois, constitue une convergence de signaux géopolitiques et monétaires sans précédent, incitant les investisseurs à se positionner en conséquence via l’or et l’argent physiques pour profiter de cette dynamique haussière structurelle.
Le Summit Metals Pressure Index : ce que le volume short des ETF révèle
Le Summit Metals Pressure Index (SMPI), qui mesure les pressions d’achat et de vente sur les métaux précieux, est resté étonnamment stable cette semaine, mais cette lecture plate masque un mouvement interne révélateur : le volume de vente à découvert (short volume) sur les principaux ETF or vient de chuter à des niveaux pluriannuels, indiquant que les traders papier prennent des positions baissières massives juste au moment où la Chine ferme son marché papier aux particuliers. Eric de Summit Metals note que l’histoire montre que des niveaux de shorting aussi extrêmes ont plus souvent précédé des « squeezes » (remontées brutales des prix lorsque les vendeurs à découvert sont contraints de racheter) que des effondrements, et que la configuration actuelle de l’argent est encore plus propre que celle de l’or, avec un ratio or/argent proche de 69 qui laisse l’argent sous-évalué par rapport à l’or. Cette dynamique technique, combinée aux signaux fondamentaux (fermeture marché papier Chine, réforme fiscale Inde, incertitude Fed), renforce la thèse haussière sur les métaux précieux, incitant les investisseurs à accumuler progressivement via l’achat d’or et d’argent physiques pour bénéficier de la prochaine phase haussière.
Objectifs de prix 2026 : 5 500 dollars l’once d’or, 120 dollars l’once d’argent
Malgré la volatilité récente et la correction observée depuis les sommets de début d’année, Eric de Summit Metals maintient ses objectifs de prix à long terme inchangés : 5 500 dollars l’once pour l’or et 120 dollars l’once pour l’argent, des cibles fondées sur des calculs macroéconomiques qui tiennent compte de la croissance économique ralentie (1,66% au dernier trimestre), de l’inflation persistante au-dessus de l’objectif de la Fed, et de la réponse inévitable de la banque centrale en cas de nouveau choc économique. La logique est implacable : si Kevin Warsh relève les taux dans une économie déjà fragile et que rien ne casse, les objectifs de prix seront simplement décalés dans le temps, mais si l’économie casse (récession, crise de marché), la Fed répondra comme toujours par un assouplissement monétaire massif qui sera du « carburant de fusée » pour les métaux précieux. Dans les deux scénarios, la direction reste haussière, ce qui justifie une accumulation patiente et disciplinée via l’or et l’argent physiques pour se positionner sur la prochaine vague haussière.
Que faire maintenant : hold, accumulate, ou vendre selon sa situation
Eric de Summit Metals offre des conseils pragmatiques selon la situation de chaque investisseur : si vous détenez déjà des métaux physiques, la recommandation est de « hold » (conserver), car la correction récente était un « paper flush » (liquidation des positions papier) et la Chine vient de montrer « quel côté du marché survit quand le système est stressé ». Si vous êtes accumulateur, c’est le genre de fenêtre d’opportunité que vous attendiez : or sous 4 100 dollars, argent sous 60 dollars, avec tous les signaux fondamentaux et techniques alignés, il faut acheter votre montant normal selon votre calendrier habituel. Enfin, si vous avez une raison réelle de vendre (frais de scolarité, achat immobilier, besoin de liquidité), vendez sans culpabilité : c’est pour cela que vous avez construit cette position, et les dealers comme Summit Metals rachètent quotidiennement au prix spot avec des cotations équitables. Cette approche nuancée, qui reconnaît que les métaux précieux sont à la fois une assurance et un investissement, incite chaque investisseur à agir selon sa situation tout en maintenant une exposition de base via l’achat d’or et d’argent physiques pour protéger son patrimoine.
La question à 12 mois : l’or reviendra-t-il à 5 500 dollars ?
Eric de Summit Metals lance un défi à sa communauté d’investisseurs : selon vous, l’or atteindra-t-il 5 500 dollars l’once dans les 12 prochains mois ? Les arguments pour « oui » incluent l’incertitude monétaire (qui est Kevin Warsh ?), les tensions géopolitiques (Hormuz, Houthis, élections), la demande des banques centrales (qui ont acheté deux fois plus depuis 2022 qu’en 2015-2019), et la dynamique technique (shorting extrême précédant souvent des squeezes). Les arguments pour « non » incluent un possible retour de la Fed à une politique plus restrictive, un apaisement des tensions géopolitiques, ou un ralentissement de la demande industrielle qui pèserait sur l’argent et indirectement sur l’or. Quels que soient les scénarios, la recommandation reste de maintenir une allocation de base en métaux précieux physiques, car comme le disent les proverbes de marché : « il vaut mieux être en position et avoir tort que hors position et regretter », incitant les investisseurs à sécuriser leur exposition via l’or et l’argent physiques pour traverser la tempête et profiter des opportunités à venir.


