Or réévalué à 139 000 $ : Ce scénario choc d’Andy Schectman qui pourrait permettre aux Etats-Unis d’alléger sa dette

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Et si la prochaine grande révolution monétaire ne consistait pas à sauver le dollar, mais à accepter qu’il perde une partie de sa valeur face à l’or ? C’est l’hypothèse particulièrement audacieuse développée par Andy Schectman, spécialiste des métaux précieux, dans une récente analyse consacrée à la dette américaine, à la fragilisation du système obligataire et à la transformation progressive de l’ordre monétaire international. Son raisonnement repose sur une idée aussi simple que dérangeante : lorsqu’un État accumule suffisamment de dettes pour que leur remboursement devienne de plus en plus difficile sans croissance nominale, inflation ou restructuration, la valeur de la monnaie dans laquelle ces dettes sont libellées devient une variable essentielle. Dans ce scénario, l’or ne monterait pas uniquement parce que les investisseurs seraient plus nombreux à en acheter ; il monterait parce que le dollar serait progressivement revalorisé à la baisse par rapport à une unité de compte jugée plus stable. Découvrir l’or physique comme instrument de protection patrimoniale

La question qui dérange : combien vaut réellement la dette américaine ?

Le point de départ du raisonnement de Schectman est la situation budgétaire des États-Unis. Le chiffre de la dette fédérale officiellement retenu dépend du périmètre utilisé, ce qui explique une partie des écarts spectaculaires que l’on retrouve dans les débats publics. La dette brute fédérale n’est pas identique à la dette détenue par le public, et aucune de ces deux mesures ne résume à elle seule l’ensemble des engagements futurs liés notamment aux programmes sociaux. Le Congressional Budget Office prévoit toutefois pour 2026 un déficit fédéral de l’ordre de 1 900 milliards de dollars et une dette détenue par le public équivalente à environ 101 % du PIB, tandis que les charges nettes d’intérêts dépasseraient 1 000 milliards de dollars sur l’exercice. À horizon 2036, le CBO projette une dette détenue par le public atteignant 120 % du PIB et des charges nettes d’intérêts de 2 100 milliards de dollars par an. Ces chiffres ne signifient évidemment pas que les États-Unis sont sur le point de faire défaut, mais ils montrent pourquoi la trajectoire budgétaire devient un sujet central pour les marchés financiers. Explorer les solutions en or et en argent pour diversifier son patrimoine

Il faut ici faire une distinction fondamentale entre une dette importante et une dette insoutenable. Les États-Unis disposent d’un avantage considérable : ils empruntent dans leur propre monnaie, laquelle demeure la principale devise de réserve mondiale. Le dollar représentait encore 57,13 % des réserves de change officiellement déclarées au FMI au premier trimestre 2026. Autrement dit, parler d’un effondrement imminent du dollar serait excessif. En revanche, le fait que le dollar conserve sa position dominante ne signifie pas que son pouvoir d’achat ou sa valeur relative soient immuables. C’est précisément à ce niveau que le raisonnement de Schectman devient intéressant : il ne parle pas nécessairement d’un défaut classique, avec une cessation brutale des paiements, mais d’un mécanisme beaucoup plus progressif dans lequel l’érosion de la valeur réelle de la monnaie permettrait de réduire le poids économique de dettes exprimées en dollars. Voir l’or comme réserve de valeur face aux incertitudes monétaires

Quand les taux montent mais que la confiance ne suit plus

L’un des signaux surveillés par Schectman est la relation entre les rendements obligataires américains et le dollar. Dans une situation financière classique, une remontée des taux longs peut rendre les obligations américaines plus attractives pour les investisseurs internationaux : davantage de rendement signifie potentiellement davantage de capitaux attirés vers les actifs libellés en dollars, ce qui peut soutenir la monnaie. Mais ce mécanisme n’est jamais automatique. Si les investisseurs considèrent simultanément que l’inflation, le risque budgétaire ou l’offre massive de dette nécessitent une prime de risque supérieure, les rendements peuvent grimper sans que le dollar bénéficie d’un soutien équivalent. Les données récentes montrent justement que le rendement du Treasury américain à 30 ans évoluait autour de 5,1 % fin juillet 2026, ce qui illustre le niveau élevé auquel se situe aujourd’hui la partie longue de la courbe. Découvrir pourquoi l’or attire lorsque la confiance envers les actifs monétaires est questionnée

Ce phénomène mérite cependant d’être interprété avec prudence. Quelques séances de marché ne suffisent pas à démontrer une rupture structurelle du système monétaire. En revanche, lorsque les investisseurs commencent à demander durablement davantage de rendement pour financer un État fortement endetté, la question du coût du refinancement devient centrale. Le problème est alors mécanique : plus la dette existante doit être renouvelée à des taux élevés, plus la charge d’intérêts augmente, ce qui peut accroître le déficit et nécessiter davantage d’emprunts. Le CBO souligne précisément cette dynamique en projetant une progression très importante des dépenses d’intérêts au cours de la prochaine décennie. C’est cette boucle entre dette, déficit, refinancement et taux qui donne à la réflexion sur l’or une dimension différente d’une simple spéculation sur le cours du métal précieux. Accéder à l’or physique pour envisager une diversification face au risque de taux

La règle des 72 permet de comprendre le problème des intérêts composés

Schectman évoque également la célèbre règle des 72, qui permet d’estimer rapidement le temps nécessaire pour doubler un capital à partir d’un taux annuel donné. À 7,2 %, par exemple, 72 divisé par 7,2 donne environ dix ans. Pour une dette souveraine, le raisonnement doit évidemment être beaucoup plus nuancé, car le taux moyen payé par l’État dépend de la maturité de ses obligations, de la composition de la dette, des émissions nouvelles et des refinancements successifs. Mais l’idée fondamentale demeure : lorsque le coût moyen de financement augmente alors que le stock de dette est déjà gigantesque, chaque point de pourcentage supplémentaire peut représenter des sommes considérables. Le danger n’est donc pas uniquement le niveau absolu des taux, mais leur combinaison avec le volume de dette à refinancer. Comprendre le rôle de l’or lorsque les effets de l’endettement deviennent plus visibles

Le dilemme américain : augmenter les taux ou accepter davantage d’inflation ?

C’est ici que se trouve probablement le cœur de la thèse de Schectman. Si les autorités maintiennent des taux suffisamment élevés pour lutter contre l’inflation, elles risquent d’augmenter le coût de financement d’un État déjà très endetté et de fragiliser les acteurs fortement exposés aux obligations : banques, assureurs, fonds de pension, investisseurs institutionnels et ménages indirectement exposés aux marchés financiers. À l’inverse, si elles réduisent rapidement les taux alors que les pressions inflationnistes persistent, elles peuvent favoriser une nouvelle accélération de l’inflation ou une baisse du pouvoir d’achat du dollar. Il ne s’agit donc pas d’une alternative aussi simple que « bons taux » contre « mauvais taux » : l’arbitrage porte sur la stabilité financière, la stabilité des prix et la soutenabilité budgétaire simultanément. Les projections du CBO montrent d’ailleurs que la hausse des dépenses d’intérêts devient progressivement l’un des éléments majeurs de la trajectoire budgétaire américaine. Consulter l’or physique dans une stratégie de diversification face à l’inflation

Dans ce contexte, Schectman défend l’idée que l’inflation pourrait constituer une forme de « défaut silencieux ». Le terme doit être manié avec précaution : économiquement, une inflation élevée n’est pas juridiquement un défaut souverain. L’État continue de payer ses obligations dans la monnaie prévue par le contrat. Mais pour le créancier, la réalité économique peut être très différente : si la monnaie perd fortement de son pouvoir d’achat, la valeur réelle de la créance diminue. Une obligation remboursée intégralement en dollars peut donc être honorée nominalement tout en représentant une richesse réelle moindre. C’est cette distinction entre valeur nominale et valeur réelle qui donne tout son sens à la stratégie de réévaluation de l’or défendue par certains analystes. Découvrir l’or comme actif tangible face à l’érosion potentielle du pouvoir d’achat

Pourquoi l’or est au centre de cette équation

Le raisonnement devient encore plus spectaculaire lorsqu’il se concentre sur l’or. Dans le système monétaire actuel, le prix de l’or est exprimé en dollars. Dire que l’or passe de 5 000 à 10 000 dollars l’once peut donc être interprété comme une hausse du prix de l’or, mais également comme une baisse de la quantité d’or qu’un dollar permet d’acheter. Une réévaluation extrêmement forte du métal pourrait ainsi fonctionner comme une nouvelle unité de mesure de la valeur du dollar. C’est l’un des points essentiels de la thèse de Schectman : plutôt que de soutenir indéfiniment un dollar extrêmement fort, les États-Unis pourraient théoriquement accepter une dépréciation contrôlée de leur monnaie afin de rendre leur production domestique plus compétitive et d’augmenter, en dollars, la valeur de leurs réserves d’or. Voir les possibilités offertes par l’achat d’or physique dans ce contexte monétaire

Il faut ici rappeler une réalité historique : les États-Unis ont déjà procédé à des changements officiels du prix monétaire de l’or. En 1933-1934, l’administration Roosevelt a profondément modifié le cadre monétaire américain et le prix officiel de l’or a finalement été fixé à 35 dollars l’once, contre 20,67 dollars auparavant. Cela constitue un précédent historique important, mais il serait trompeur d’en déduire qu’une nouvelle réévaluation à plusieurs dizaines de milliers de dollars est aujourd’hui programmée. Le système monétaire contemporain n’est plus celui de l’étalon-or des années 1930. L’intérêt de cet épisode historique est plutôt de montrer qu’un État peut, dans certaines circonstances, modifier le rapport officiel entre sa monnaie et l’or. Approfondir l’intérêt historique de l’or comme référence monétaire

139 000 dollars l’once : d’où vient réellement ce chiffre ?

Le chiffre de 139 000 dollars l’once est celui qui attire naturellement le plus l’attention. Il ne doit pourtant pas être présenté comme une prévision officielle du gouvernement américain, ni comme une cible certaine du marché. Dans le raisonnement rapporté par Schectman, ce niveau apparaît dans un scénario extrêmement haussier lié à une éventuelle perte du statut de réserve du dollar et à une nouvelle architecture monétaire dans laquelle l’or jouerait un rôle beaucoup plus important. L’idée n’est donc pas simplement que « l’or va monter à 139 000 dollars » parce que la demande des particuliers augmente. Il s’agit d’un scénario de rupture dans lequel la valeur du métal serait recalculée relativement à une masse considérable d’actifs et de passifs monétaires. Explorer l’or physique à l’heure où les scénarios de réévaluation se multiplient

Pour mesurer ce que représente réellement un tel chiffre, il suffit de le comparer aux niveaux observés récemment. Le World Gold Council indique qu’au premier trimestre 2026, le cours moyen trimestriel LBMA avait atteint 4 873 dollars l’once, après un sommet historique de 5 405 dollars en janvier. Un passage à 139 000 dollars représenterait donc un multiple gigantesque du niveau de référence actuel, très éloigné d’une simple poursuite du marché haussier. Ce serait une transformation du système monétaire lui-même. C’est précisément pourquoi ce scénario doit être compris comme une hypothèse de réévaluation extrême et non comme une prévision de cours classique. Suivre les opportunités liées à l’or physique dans un marché en pleine transformation

Le vrai changement est peut-être déjà visible dans les réserves des banques centrales

La partie la plus tangible de la thèse de Schectman ne se trouve peut-être pas dans les 139 000 dollars, mais dans un phénomène beaucoup plus facile à documenter : les banques centrales continuent d’accumuler de l’or à un rythme historiquement élevé. Le World Gold Council estime que les banques centrales ont acheté environ 244 tonnes d’or net au premier trimestre 2026, soit une progression de 17 % par rapport au trimestre précédent. La Pologne a été le principal acheteur avec 31 tonnes, tandis que l’Ouzbékistan en a ajouté 25 et la Chine 7. Ces achats ne prouvent pas l’existence d’un complot visant à faire exploser le prix de l’or, mais ils témoignent clairement d’une volonté de diversification des réserves officielles. Découvrir pourquoi les banques centrales renforcent leurs réserves en or

Le mouvement apparaît encore plus significatif lorsqu’on prend davantage de recul. Selon l’enquête 2026 du World Gold Council, les banques centrales ont accumulé en moyenne environ 1 000 tonnes d’or par an au cours des quatre dernières années, contre environ 500 tonnes par an durant la décennie précédente. Plus remarquable encore, 89 % des responsables de réserves interrogés anticipent une augmentation des réserves mondiales d’or au cours des douze prochains mois et 45 % pensent que leur propre institution augmentera ses réserves. Autrement dit, même si le scénario à 139 000 dollars ne se matérialisait jamais, la tendance structurelle à la diversification vers l’or est, elle, parfaitement observable. Voir comment l’or physique s’inscrit dans cette tendance mondiale de diversification

Le dollar est-il réellement en train d’être abandonné ?

La réponse doit être beaucoup plus nuancée que ne le suggèrent certains discours alarmistes. Le dollar demeure très largement dominant dans les réserves de change internationales, avec une part de 57,13 % au premier trimestre 2026 selon les données du FMI. Par conséquent, parler d’un abandon immédiat du dollar serait factuellement incorrect. Mais domination et exclusivité sont deux notions différentes. Le développement de systèmes de paiement alternatifs, l’augmentation des échanges en monnaies locales et la progression des réserves d’or peuvent progressivement réduire la dépendance marginale de certains pays au dollar sans provoquer pour autant son remplacement brutal. C’est une évolution lente, et c’est précisément ce caractère progressif qui la rend parfois difficile à percevoir. Diversifier son épargne avec de l’or face à l’évolution progressive du système monétaire mondial

Le paradoxe de Triffin : le privilège du dollar a aussi un coût

Pour comprendre la vision de Schectman, il faut également comprendre le fameux dilemme de Triffin. Robert Triffin avait mis en évidence la tension qui apparaît lorsqu’une monnaie nationale sert simultanément de monnaie internationale. Le reste du monde a besoin de cette monnaie pour commercer, investir et constituer des réserves ; le pays émetteur doit donc fournir suffisamment d’actifs libellés dans cette monnaie pour satisfaire la demande mondiale. Cette situation peut favoriser des déséquilibres extérieurs et financiers. La Banque des règlements internationaux rappelle toutefois que les extensions modernes du dilemme de Triffin sont discutées et que certaines interprétations populaires sont contestables. Le concept reste néanmoins utile pour comprendre une contradiction réelle : être au centre du système monétaire international procure un privilège considérable, mais impose également des contraintes particulières. Comprendre pourquoi l’or reste pertinent dans un système monétaire multipolaire

Pourquoi une monnaie plus faible pourrait favoriser la réindustrialisation américaine

Le raisonnement de Schectman va ensuite beaucoup plus loin que la seule dette. Selon lui, un dollar durablement fort a contribué, parmi d’autres facteurs, à rendre certaines productions américaines moins compétitives par rapport aux importations. Une monnaie plus faible pourrait mécaniquement rendre les produits américains moins chers pour les acheteurs étrangers et renchérir les produits importés pour les consommateurs américains. Mais il serait trop simpliste d’attribuer la désindustrialisation américaine uniquement au dollar : la productivité, les coûts salariaux, les chaînes logistiques mondiales, les politiques commerciales, les progrès technologiques et les décisions des entreprises ont également joué des rôles majeurs. Le point intéressant est plutôt que la politique monétaire et le taux de change font partie des variables susceptibles d’accompagner une stratégie de réindustrialisation. Découvrir l’or comme actif tangible dans une stratégie de diversification à long terme

Le GENIUS Act change-t-il vraiment la donne pour le dollar ?

Un autre élément du raisonnement de Schectman concerne les stablecoins et le GENIUS Act. Sur ce point, un fait est établi : le texte a été signé en juillet 2025 et établit un cadre fédéral pour certains stablecoins de paiement. Le département du Trésor américain a lui-même expliqué que les stablecoins adossés au dollar pouvaient créer une nouvelle infrastructure numérique de paiement tout en augmentant la demande de bons du Trésor servant de réserves. Cela peut effectivement renforcer l’utilisation internationale du dollar dans certains usages numériques. En revanche, il faut éviter de franchir un pas supplémentaire sans preuve : rien dans les informations officielles disponibles ne permet d’affirmer que le GENIUS Act a été conçu comme un mécanisme secret destiné à acheter de l’or pour le compte du Trésor américain. Cette dernière partie appartient au domaine de l’hypothèse développée par Schectman. Explorer l’or physique alors que les infrastructures monétaires évoluent rapidement

Cette distinction entre faits et interprétation est essentielle pour comprendre la véritable portée du scénario. Le GENIUS Act peut soutenir la demande d’actifs du Trésor parce que les stablecoins réglementés doivent être adossés à des réserves répondant à certaines exigences. Le Trésor américain présente explicitement cette évolution comme susceptible d’accroître la demande de Treasuries. Mais cela ne signifie pas que chaque dollar numérique nouvellement créé sera transformé en or, ni qu’un mécanisme automatique de réévaluation du métal jaune existe aujourd’hui. Le scénario imaginé par Schectman suppose plusieurs décisions politiques et financières supplémentaires qui ne sont pas établies à ce jour. Consulter l’offre d’or physique pour se positionner indépendamment des scénarios politiques

Pourquoi les achats d’or des banques centrales sont peut-être plus importants que le chiffre de 139 000 $

Il existe une différence fondamentale entre une prédiction spectaculaire et une tendance mesurable. Les 139 000 dollars l’once appartiennent à la première catégorie. Les achats persistants des banques centrales appartiennent à la seconde. Le World Gold Council souligne que l’or a récemment dépassé les obligations du gouvernement américain en valeur au sein des réserves officielles mondiales, même si le FMI rappelle que cette comparaison est fortement influencée par la hausse du prix de l’or et ne signifie pas que le dollar a cessé d’être dominant. Cette nuance est importante : l’or gagne du poids dans les portefeuilles officiels, mais le système mondial n’est pas devenu subitement un système fondé sur l’or. Découvrir pourquoi les réserves d’or occupent une place croissante dans les banques centrales

Le marché physique mérite également d’être surveillé

Schectman insiste beaucoup sur les livraisons de métaux précieux sur les marchés à terme et notamment sur le COMEX. Il faut toutefois éviter une confusion fréquente : une livraison sur un marché de futures ne signifie pas nécessairement qu’une banque centrale vient de retirer clandestinement des lingots pour les transférer dans un coffre gouvernemental. Les marchés à terme sont conçus pour permettre la couverture des risques et la livraison physique constitue une composante normale de leur fonctionnement. Le fait que les volumes de livraison évoluent fortement peut néanmoins être intéressant pour analyser la demande et les conditions du marché physique. Les documents de CME montrent d’ailleurs que les infrastructures de stockage et les conditions de livraison font régulièrement l’objet de modifications et de décisions réglementaires. Découvrir l’or physique en complément des marchés financiers et des produits papier

La Chine, l’or et la montée d’un système monétaire plus multipolaire

La Chine constitue une autre pièce importante du puzzle. Pékin poursuit depuis des années une stratégie de développement de ses marchés financiers, de ses infrastructures de paiement et de l’utilisation internationale du yuan. L’évolution ne signifie pas que le renminbi est sur le point de remplacer le dollar : sa part dans les réserves de change mondiales reste très faible par rapport à celle du billet vert. Mais le développement d’infrastructures alternatives peut progressivement réduire la nécessité de convertir certaines transactions en dollars. Dans ce contexte, l’or peut servir de réserve neutre, puisqu’il ne dépend pas directement de la solvabilité d’un autre État. Cette caractéristique explique en partie pourquoi les banques centrales peuvent apprécier le métal jaune même lorsqu’elles continuent parallèlement à détenir d’importantes quantités de dollars et de Treasuries. Investir dans l’or physique pour accompagner la montée d’un environnement monétaire multipolaire

L’or à 139 000 $ est-il possible ? Oui. Est-il probable ? C’est une autre question.

La question mérite une réponse directe. Mathématiquement, rien n’interdit à l’or d’atteindre un jour 139 000 dollars l’once, car un prix nominal peut atteindre pratiquement n’importe quel niveau si l’unité monétaire dans laquelle il est exprimé perd suffisamment de valeur. Mais cela ne signifie absolument pas que ce niveau constitue aujourd’hui une prévision centrale crédible. Pour atteindre 139 000 dollars dans un horizon relativement court, il faudrait une combinaison extrêmement inhabituelle de facteurs : forte dépréciation du dollar, inflation durable ou changement majeur de régime monétaire, perte importante de confiance envers les obligations souveraines, demande institutionnelle exceptionnelle pour l’or, éventuelle réévaluation officielle des réserves et/ou transformation profonde du système monétaire international. Ce serait donc davantage une rupture historique qu’un simple nouveau cycle haussier du métal précieux. Voir l’or physique comme protection potentielle contre les scénarios monétaires extrêmes

Ce que le scénario à 139 000 $ signifie réellement pour l’épargnant

Le véritable enseignement de cette théorie n’est finalement pas de savoir s’il faut croire aveuglément à un cours futur de 139 000 dollars. Il est de comprendre ce que signifie posséder un actif qui n’est pas simultanément la dette d’un autre agent économique. Une obligation représente une créance sur un émetteur ; un dépôt bancaire dépend du système bancaire ; une monnaie fiduciaire dépend du cadre institutionnel et de la politique monétaire qui l’entoure. L’or physique possède une caractéristique différente : il n’a pas de risque de contrepartie au sens où la possession directe d’un lingot ou d’une pièce ne constitue pas une créance sur un État ou une entreprise. Cela ne rend évidemment pas son prix garanti — l’or peut fortement monter ou baisser — mais cela explique pourquoi il conserve une place particulière dans les réserves officielles et dans certaines stratégies patrimoniales. Découvrir l’or physique et ses caractéristiques comme actif tangible sans risque de contrepartie

Le véritable signal à surveiller n’est peut-être pas le cours de l’or

Si l’on devait retenir un seul indicateur de toute cette analyse, ce ne serait donc pas nécessairement le franchissement d’un seuil spectaculaire comme 5 000, 10 000 ou 139 000 dollars. Il faudrait plutôt surveiller simultanément plusieurs variables : les rendements longs américains, l’évolution du déficit fédéral, le coût du service de la dette, la part du dollar dans les réserves internationales, les achats d’or des banques centrales, les flux vers les ETF et le marché physique, ainsi que l’évolution des infrastructures de paiement internationales. Pris isolément, chacun de ces indicateurs peut être trompeur. Pris ensemble sur plusieurs années, ils peuvent révéler une transformation beaucoup plus profonde du système financier. Suivre l’or physique pendant que les grands équilibres monétaires évoluent

La thèse de Schectman face à la réalité de 2026

À la lumière des données disponibles en 2026, certaines observations de Schectman apparaissent clairement pertinentes, tandis que d’autres doivent rester classées dans la catégorie des scénarios prospectifs. Oui, la trajectoire de la dette américaine est préoccupante : le CBO prévoit des déficits élevés et une progression importante de la dette rapportée au PIB. Oui, le coût des intérêts devient un poste budgétaire majeur. Oui, les banques centrales continuent d’acheter de l’or à un rythme historiquement élevé. Oui, les responsables de réserves interrogés par le World Gold Council anticipent majoritairement une progression de la place de l’or dans les réserves. Oui encore, le dollar reste dominant, mais son monopole n’est pas absolu et des infrastructures alternatives se développent. En revanche, aucune de ces observations ne permet à elle seule de conclure qu’une réévaluation officielle de l’or à 139 000 dollars est décidée ou imminente. Explorer l’or et l’argent à la lumière des données économiques les plus récentes

Le scénario le plus dangereux n’est peut-être pas le défaut, mais la perte progressive de pouvoir d’achat

Il existe enfin une nuance essentielle dans cette histoire. L’investisseur qui attend un « grand soir » monétaire risque de passer à côté du mécanisme le plus probable : les changements monétaires sont souvent progressifs. Une monnaie peut perdre 5 %, puis 10 %, puis 20 % de son pouvoir d’achat sur une période suffisamment longue pour que les ménages ne perçoivent pas immédiatement la transformation. De la même manière, la diversification des réserves peut s’effectuer sur dix ou vingt ans sans qu’un jour précis soit identifiable comme celui où « le système a changé ». C’est précisément pour cette raison que l’or intéresse les banques centrales : il peut être accumulé progressivement, sans qu’il soit nécessaire d’annoncer publiquement une rupture avec le système existant. Découvrir l’achat d’or physique dans une perspective patrimoniale de long terme

Conclusion : 139 000 $ n’est pas une prophétie, mais un avertissement

Le scénario de l’or à 139 000 dollars l’once est spectaculaire, mais son intérêt ne réside pas uniquement dans le chiffre lui-même. Il pose une question beaucoup plus profonde : que se passerait-il si les États-Unis choisissaient progressivement de privilégier la réduction réelle du poids de leur dette et la réindustrialisation plutôt que la défense à tout prix d’un dollar extrêmement fort ? Dans cette hypothèse, une hausse massive du prix de l’or pourrait être la conséquence d’une modification du rapport entre le dollar et le métal, plutôt que la simple conséquence d’une frénésie spéculative. Rien ne permet aujourd’hui d’affirmer que Washington prépare une telle réévaluation, et il serait imprudent de transformer une hypothèse en certitude. Mais la progression des achats d’or par les banques centrales, le niveau des déficits américains, la montée des charges d’intérêts et l’évolution des infrastructures financières internationales montrent que la question monétaire mérite désormais d’être prise au sérieux. L’or à 139 000 dollars n’est donc peut-être pas une prévision à laquelle il faut croire ou ne pas croire : c’est surtout un scénario extrême qui permet de comprendre jusqu’où pourrait aller une revalorisation du métal si le monde entrait dans une véritable transformation du système monétaire. Découvrir les solutions en or et en argent pour diversifier son patrimoine

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