Diesel à 3 euros, pénuries , récession et BRICS : le choc énergétique qui menace la France – Grand entretien avec Jacques Sapir

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La crise du diesel devient une menace économique

La France est confrontée à une nouvelle flambée des prix du carburant. Le gazole a dépassé 2,40 euro le litre en septembre 2026 et pourrait s’approcher de 2,50 euro dans les prochaines semaines, selon les informations disponibles. Dans certaines stations, le prix se rapproche déjà de 3 euros. Cette hausse ne concerne pas seulement les automobilistes : elle menace directement les transporteurs, les artisans, les agriculteurs, les pêcheurs, les entreprises industrielles et l’ensemble des secteurs dépendants du transport routier. Pour suivre l’évolution du marché et consulter les possibilités d’achat d’or physique face aux tensions économiques, les épargnants peuvent également se tourner vers des actifs traditionnellement considérés comme des valeurs de diversification.

Dans l’entretien fourni, Jacques Sapir présente cette crise comme le résultat d’un choc énergétique mondial combinant plusieurs facteurs : perturbation du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, attaques contre des infrastructures pétrolières saoudiennes, baisse des capacités de raffinage, difficultés d’exportation du diesel russe et tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Le mécanisme est simple : lorsque le pétrole brut circule moins facilement et que les raffineries produisent moins de carburants, les produits raffinés deviennent plus rares et plus chers. Le diesel est particulièrement exposé, car il est indispensable au transport des marchandises, aux engins agricoles, aux véhicules utilitaires et à de nombreuses activités industrielles. Dans ce contexte, l’achat de pièces d’or peut être présenté comme une décision patrimoniale indépendante des variations quotidiennes du prix à la pompe.

Pourquoi le diesel est plus durement touché

Le prix payé à la station-service ne dépend pas uniquement du cours du pétrole. Il intègre le coût du brut, le raffinage, le transport, le stockage, la distribution, les marges commerciales et les taxes. Or la crise actuelle touche précisément plusieurs maillons de cette chaîne. Le marché manque moins forcément de pétrole que de produits raffinés immédiatement disponibles. Cette différence est essentielle : un pays peut disposer de pétrole brut tout en connaissant une forte tension sur le diesel si ses raffineries sont insuffisantes, endommagées ou mal approvisionnées.

Les données récentes montrent que le marché français est déjà sous pression. Le diesel a atteint un record historique proche de 2,40 euro le litre, tandis que plusieurs milliers de stations ont rencontré des difficultés d’approvisionnement. Le gouvernement a toutefois indiqué qu’il n’existait pas, à ce stade, de risque général de pénurie nationale. Selon les données communiquées le 20 septembre, environ 15% des stations-service connaissaient une rupture d’au moins un carburant, une situation particulièrement concentrée dans le réseau TotalEnergies, dont les prix étaient plafonnés. Pour les ménages qui cherchent à protéger une partie de leur épargne contre une période d’inflation et d’instabilité, l’achat de pièces d’or françaises constitue une option à étudier séparément des dépenses courantes.

Ormuz et Bab el-Mandeb : les routes stratégiques du pétrole

Le détroit d’Ormuz est l’un des passages maritimes les plus importants pour le commerce mondial de l’énergie. Lorsqu’une partie des navires évite cette route, les trajets sont plus longs, les assurances plus coûteuses et les cargaisons plus difficiles à organiser. Le coût supplémentaire est ensuite intégré aux prix du pétrole et des produits raffinés. Le détroit de Bab el-Mandeb joue également un rôle majeur, car il relie la mer Rouge à l’océan Indien et permet aux navires de rejoindre rapidement les marchés européens et asiatiques.

L’entretien attribue également une importance centrale aux attaques contre l’oléoduc saoudien East-West, conçu pour permettre à l’Arabie saoudite d’exporter une partie de son pétrole sans utiliser le détroit d’Ormuz. Les informations récentes indiquent que la fermeture temporaire de cet oléoduc a renforcé les inquiétudes sur l’approvisionnement mondial. Le Brent a dépassé 100 dollars le baril au cours de la crise, tandis que le prix du diesel européen a atteint des niveaux exceptionnellement élevés. La France dépend notamment des importations moyen-orientales pour une partie de ses besoins en diesel et en kérosène. Dans une période où les risques géopolitiques peuvent rapidement provoquer des mouvements de marché, l’achat d’or d’investissement peut être intégré à une réflexion globale sur la diversification patrimoniale.

Un choc qui dépasse largement le prix à la pompe

Une hausse du diesel ne se limite jamais au coût d’un plein. Le carburant intervient dans presque toutes les étapes de la production et de la distribution. Les camions transportent les matières premières vers les usines, les produits finis vers les entrepôts et les marchandises vers les magasins. Les agriculteurs utilisent du gazole non routier pour les tracteurs et les engins agricoles. Les pêcheurs dépendent également du diesel pour faire fonctionner leurs navires. Lorsque le carburant augmente fortement, le coût de chaque kilomètre progresse et les entreprises doivent soit réduire leurs marges, soit augmenter leurs tarifs.

Le risque le plus immédiat concerne les professionnels qui travaillent avec des contrats négociés plusieurs mois à l’avance. Un transporteur qui facture une prestation à un prix fixe ne peut pas toujours répercuter instantanément la hausse du gazole. Si ses coûts progressent brutalement, sa marge disparaît. À 3 euros le litre, certains artisans et transporteurs peuvent se retrouver dans l’obligation de réduire leur activité, d’augmenter leurs prix ou de cesser temporairement de travailler. Pour les investisseurs qui souhaitent conserver une partie de leur patrimoine en dehors des actifs directement exposés aux difficultés des entreprises et des ménages, l’achat d’or physique reste une piste de diversification à considérer avec prudence.

La fiscalité au cœur du débat français

En France, les taxes représentent une part importante du prix du diesel. Une baisse temporaire de la fiscalité pourrait donc réduire rapidement le prix payé par les consommateurs. Jacques Sapir évoque dans l’entretien une suppression de la TVA appliquée aux taxes sur les carburants, ainsi qu’une baisse générale de la pression fiscale sur le gazole. Selon le raisonnement présenté, la diminution du prix pourrait entraîner une hausse des volumes consommés, ce qui compenserait une partie de la perte de recettes fiscales.

Cette analyse repose sur la notion d’élasticité-prix. Si une hausse de 10% du prix provoque une baisse de 10% de la consommation, les recettes fiscales peuvent rester relativement stables. À l’inverse, une baisse du prix peut encourager les automobilistes et les entreprises à acheter davantage de carburant. L’entretien avance qu’une réduction de la fiscalité pourrait coûter beaucoup moins cher aux finances publiques que les estimations souvent citées. Ces calculs doivent toutefois être vérifiés à partir de données officielles complètes avant toute conclusion définitive. Dans une stratégie patrimoniale, l’achat d’or ne remplace ni une épargne de précaution ni une analyse personnalisée de la situation financière.

Le plafonnement des prix peut provoquer des pénuries

Le plafonnement des prix vise à protéger les consommateurs, mais il peut créer un déséquilibre lorsque le prix imposé est inférieur au coût réel d’approvisionnement. Si une station vend du diesel moins cher que ses concurrentes, les automobilistes s’y dirigent en priorité. La demande augmente alors plus vite que les livraisons, ce qui peut provoquer une rupture locale. L’entretien prend l’exemple du plafonnement appliqué dans certaines stations TotalEnergies pour expliquer comment une mesure destinée à limiter la hausse peut contribuer à concentrer la demande.

Les données récentes montrent effectivement que la majorité des stations concernées par les difficultés d’approvisionnement appartiennent au réseau TotalEnergies, qui plafonne le prix de certains carburants. Cela ne signifie pas nécessairement que le plafonnement est la seule cause des tensions, mais il peut accentuer les écarts entre les stations et accélérer la concentration de la demande. Les pouvoirs publics doivent donc distinguer une pénurie nationale d’un problème local lié aux prix, au stockage, au transport ou à la logistique. Dans cet environnement incertain, l’achat de pièces d’or peut être présenté comme une démarche patrimoniale de long terme et non comme une réponse immédiate à une rupture de carburant.

La Russie peut-elle sauver le marché européen du diesel ?

Dans l’entretien, Jacques Sapir distingue le pétrole brut du diesel. La Russie conserve une importante capacité d’exportation de pétrole, mais cela ne signifie pas qu’elle puisse fournir rapidement du carburant diesel à l’Europe. Le pétrole brut doit être transformé dans une raffinerie avant de devenir du gazole, du kérosène ou de l’essence. Si les raffineries européennes sont déjà sous tension, l’arrivée de brut supplémentaire ne suffit donc pas à résoudre immédiatement le problème des produits raffinés.

Les attaques contre des installations pétrolières russes peuvent également réduire les exportations de diesel et de kérosène. Toutefois, il faut éviter de transformer chaque interruption locale en preuve d’un effondrement général de l’approvisionnement. Les marchés pétroliers réagissent fortement aux anticipations : la crainte d’un manque futur peut faire monter les prix avant même qu’une pénurie réelle ne soit constatée. Cette dynamique explique pourquoi le diesel peut devenir très cher alors que les autorités affirment que les stocks disponibles restent suffisants. Pour les épargnants qui souhaitent se renseigner sur les formes concrètes de détention d’or, l’achat de pièces d’or en ligne doit être évalué selon les frais, la prime, la conservation et l’horizon de placement.

Les BRICS accélèrent leur autonomie économique

Le sommet des BRICS organisé à New Delhi est présenté dans l’entretien comme une étape de consolidation plutôt que comme une rupture immédiate avec le système dominé par le dollar. Les pays membres cherchent à renforcer les règlements en monnaies locales, à développer des systèmes de paiement interconnectés et à élargir les possibilités de financement par des institutions alternatives. L’objectif n’est pas nécessairement de créer rapidement une monnaie commune, mais de réduire la dépendance à un seul système financier.

Un projet important concerne la création d’un marché des céréales et des produits agricoles. Une telle plateforme pourrait faciliter les échanges entre producteurs et acheteurs des pays membres, tout en favorisant l’utilisation de monnaies locales. Le projet s’inscrit dans une logique de souveraineté alimentaire : les BRICS souhaitent également renforcer la coopération dans les machines agricoles, les équipements industriels et les infrastructures de stockage. Des informations publiées après le sommet évoquent une poursuite des travaux sur une plateforme céréalière, sans annonce d’une monnaie commune des BRICS. Dans ce contexte de transformation financière internationale, l’achat d’or comme actif tangible peut intéresser les lecteurs qui suivent les évolutions monétaires et géopolitiques.

Le risque d’une récession avec inflation

Le scénario le plus inquiétant décrit dans l’entretien est celui d’une stagflation, c’est-à-dire une combinaison entre ralentissement économique et hausse persistante des prix. Lorsque le carburant augmente, les ménages consacrent davantage d’argent à leurs déplacements et réduisent leurs achats dans d’autres secteurs. Les entreprises subissent simultanément une hausse de leurs coûts de transport, de production et de distribution. La consommation ralentit, les marges diminuent et les investissements peuvent être reportés.

Jacques Sapir estime qu’une hausse de 10% des prix des carburants peut ajouter mécaniquement une pression importante sur l’inflation. La transmission n’est toutefois pas uniforme : certains produits manufacturés peuvent voir leurs prix ralentir si les consommateurs réduisent leurs achats. Le résultat global dépend donc de la durée du choc, de l’évolution des salaires, des marges des entreprises, des aides publiques et de la réaction des banques centrales. Face à cette incertitude, l’achat d’or physique pour diversifier une épargne ne doit pas être présenté comme une garantie de rendement, mais comme une option patrimoniale à examiner dans une allocation équilibrée.

La France face à un nouveau choc social

La hausse du diesel rappelle mécaniquement le contexte qui avait précédé le mouvement des Gilets jaunes. La situation actuelle n’est pas identique, car les acteurs ont conservé la mémoire de la crise précédente et les mécanismes économiques ont changé. Le point commun reste cependant la dépendance de nombreux Français à la voiture et au transport routier. Dans les territoires ruraux et périurbains, réduire rapidement les déplacements est souvent impossible, car le travail, les services publics, les commerces et les établissements de santé se trouvent à plusieurs kilomètres.

Le risque social dépendra de la durée de la hausse et de la capacité du gouvernement à agir sur les taxes, les stocks, les importations et la logistique. Une hausse temporaire peut être absorbée par les ménages et les entreprises. Une crise prolongée peut en revanche transformer une augmentation de prix en choc durable sur le pouvoir d’achat, les faillites et l’emploi. Pour les lecteurs qui souhaitent étudier les solutions d’épargne liées aux métaux précieux, l’achat d’une pièce d’or française doit être envisagé après comparaison des prix, des primes et des conditions de revente.

Ce qu’il faut retenir de l’entretien

Le message central de Jacques Sapir est direct : la crise du diesel ne serait pas un simple épisode de hausse des prix, mais le symptôme d’un déséquilibre énergétique, géopolitique et industriel beaucoup plus large. Les tensions sur les routes maritimes, les attaques contre les infrastructures pétrolières, la fragilité du raffinage et les difficultés d’approvisionnement en produits raffinés se combinent pour exercer une pression maximale sur le gazole. La France, fortement dépendante du transport routier, est particulièrement vulnérable à ce type de choc.

Les informations disponibles confirment une forte hausse des prix, mais elles ne permettent pas d’affirmer qu’une pénurie générale est déjà installée. Environ 15% des stations-service connaissaient récemment une rupture d’au moins un carburant, tandis que les autorités françaises et européennes affirmaient que la sécurité globale de l’approvisionnement n’était pas menacée. L’alerte concerne donc avant tout le niveau des prix, la durée de la crise et ses conséquences économiques. Dans une période de grande incertitude, l’achat d’or et de pièces d’investissement peut être étudié comme l’un des éléments d’une stratégie de diversification, sans remplacer une analyse financière complète.

Conclusion : le diesel à 3 euros ne constitue pas une simple hypothèse théorique si les perturbations pétrolières et les difficultés de raffinage persistent. La question décisive sera de savoir si les marchés peuvent rétablir rapidement les flux de brut et de produits raffinés. Si ce rééquilibrage échoue, la France pourrait subir simultanément une inflation plus forte, une consommation plus faible, une pression accrue sur les entreprises et une nouvelle crise sociale.

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