Retraite: liquider son Or: les règles…

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Préparer sa retraite, ce n’est pas seulement accumuler de l’or

Pendant toute la vie active, l’épargnant raisonne généralement dans une logique d’accumulation : mettre de côté chaque mois, constituer une épargne de précaution, investir progressivement et construire au fil des années un patrimoine capable de sécuriser l’avenir. Pour certains, cette stratégie passe notamment par les actions, l’immobilier ou les produits d’épargne retraite. Pour d’autres, les métaux précieux occupent une place particulière dans cette construction patrimoniale. L’achat d’or peut ainsi être envisagé comme une manière de constituer progressivement un patrimoine physique, indépendant du fonctionnement d’un compte bancaire. Mais une question fondamentale est souvent oubliée : que va-t-on faire de cet or lorsque la retraite arrivera ? Car accumuler du patrimoine pendant trente ou quarante ans n’est que la première moitié de l’histoire. La seconde consiste à transformer progressivement ce capital en pouvoir d’achat lorsque les revenus professionnels diminuent ou disparaissent. C’est précisément cette phase de décumulation, ou de liquidation du patrimoine, qui mérite d’être anticipée longtemps avant le départ à la retraite.

La question essentielle : comment transformer son patrimoine en revenus à la retraite ?

Lorsqu’on parle de préparation financière de la retraite, on évoque souvent le montant que l’on devrait avoir accumulé, mais beaucoup moins fréquemment la manière dont ce capital sera ensuite consommé. Pourtant, cette question est capitale. Un patrimoine de 50 000 €, 100 000 € ou 200 000 € ne constitue pas en lui-même un revenu : il faut déterminer comment l’utiliser dans le temps. Dans le cas de l’or physique, cette problématique est encore plus évidente puisque le métal ne verse ni dividende ni coupon. Pour obtenir des euros, il faut vendre une partie du stock détenu. Cela signifie qu’un épargnant qui pratique l’achat d’or depuis plusieurs années doit réfléchir non seulement à la constitution de son patrimoine, mais également à sa future liquidation. L’objectif n’est donc pas nécessairement de vendre tout son or au moment du départ à la retraite. Il peut au contraire être pertinent d’envisager une liquidation progressive, organisée sur plusieurs années, afin de transformer une partie du capital en complément de revenus.

Les chiffres des retraites françaises montrent pourquoi le complément de revenus mérite d’être anticipé

Les données récentes permettent de mieux comprendre le contexte. Selon la DREES, 17,3 millions de personnes percevaient une pension de droit direct à la fin de l’année 2024, dont 16,4 millions résidaient en France. La pension moyenne de droit direct brute des retraités résidant en France s’élevait alors à 1 705 € par mois, sans majoration pour trois enfants ou plus. La DREES précise également que la pension moyenne des femmes demeurait inférieure de 36 % à celle des hommes lorsqu’on considère uniquement le droit direct. Ces moyennes ne permettent évidemment pas de déterminer la pension que percevra une personne donnée, car chaque carrière est différente, mais elles montrent l’importance de préparer individuellement son niveau de vie futur. Pour certains ménages, la retraite obligatoire suffira largement aux dépenses courantes ; pour d’autres, un complément sera nécessaire pour maintenir leur niveau de vie. C’est dans cette perspective que l’achat d’or peut trouver sa place dans une stratégie patrimoniale diversifiée : non pas comme une solution miracle, mais comme une réserve de patrimoine susceptible d’être mobilisée progressivement.

Pourquoi il faut oublier les anciennes statistiques lorsqu’on prépare sa retraite

Il est fréquent de retrouver sur Internet des chiffres concernant les pensions françaises datant de 2011, 2015 ou 2020. Ces données peuvent être utiles pour observer l’évolution historique du système, mais elles ne doivent pas être utilisées comme si elles décrivaient la situation actuelle. Les statistiques de la DREES sont régulièrement actualisées et permettent désormais de travailler sur des données allant jusqu’à 2024. Cette précision est importante lorsqu’on élabore une stratégie patrimoniale sur quinze, vingt ou trente ans. Le niveau de pension futur dépendra de nombreux paramètres : durée de cotisation, rémunération au cours de la carrière, régime de retraite, âge de départ, évolution réglementaire et situation personnelle. Par conséquent, avant de déterminer la quantité d’achat d’or nécessaire pour sa retraite, il faut d’abord connaître aussi précisément que possible le niveau de pension auquel on peut raisonnablement s’attendre.

La règle des 4 % : le concept américain qui intéresse les épargnants français

La fameuse règle des 4 % vient de la planification financière américaine. Son principe est simple à comprendre : lorsqu’une personne arrive à la retraite avec un portefeuille financier, elle peut prendre comme hypothèse de départ un retrait représentant environ 4 % de son capital la première année, puis adapter ensuite ses retraits selon la stratégie retenue. Cette règle a été popularisée par les études historiques sur les portefeuilles américains et l’objectif était notamment d’étudier la capacité d’un capital à financer plusieurs décennies de retraite. Mais il faut immédiatement apporter une nuance essentielle : la règle des 4 % n’est pas une loi économique et encore moins une garantie de rendement. Elle dépend de la composition du portefeuille, de la durée de retraite, de l’inflation, des rendements obtenus, des frais et des conditions de marché. Elle a surtout été conçue pour des portefeuilles financiers diversifiés et ne doit donc pas être appliquée mécaniquement à un patrimoine constitué uniquement d’or. Pour l’épargnant qui pratique l’achat d’or, elle constitue néanmoins un excellent outil pédagogique pour comprendre la logique générale de la liquidation progressive d’un capital.

Pourquoi 4 % signifie environ 25 années de capital ?

Le calcul derrière la règle est extrêmement simple. Si l’on souhaite retirer 4 % d’un capital chaque année, il suffit de faire l’opération inverse pour déterminer le capital théorique nécessaire. 1 divisé par 4 % donne 25. Autrement dit, un revenu annuel correspondant à 4 % d’un capital représente environ un vingt-cinquième de celui-ci. Ainsi, 100 000 € correspondent à 4 000 € avec une hypothèse de retrait de 4 %. 200 000 € correspondent à 8 000 €. 300 000 € correspondent à 12 000 €. Mais attention : cela ne signifie absolument pas qu’un capital de 100 000 € produira automatiquement 4 000 € par an pendant trente ans. Il s’agit simplement d’une hypothèse de retrait. Cette distinction est fondamentale lorsqu’on parle d’achat d’or, car l’or ne génère pas de revenu périodique. Pour obtenir 4 000 €, il faut céder une partie du métal et transformer cette fraction du patrimoine en liquidités.

Comment appliquer la règle des 4 % à un patrimoine en or ?

Imaginons qu’au moment de partir à la retraite, un épargnant possède un patrimoine en or physique valorisé à 100 000 €. Une hypothèse de liquidation à 4 % représenterait alors 4 000 € la première année. Si le patrimoine atteint 150 000 €, le même calcul donne 6 000 €. À 200 000 €, il donne 8 000 €. L’intérêt de cette méthode est de transformer une masse patrimoniale abstraite en un ordre de grandeur de revenu potentiel. Mais il faut bien comprendre que l’on ne peut pas déterminer aujourd’hui combien de pièces il faudra vendre dans vingt ans. Si le cours de l’or augmente, quelques pièces pourront représenter une somme importante ; si le cours recule, davantage de métal sera nécessaire pour obtenir la même quantité d’euros. C’est pourquoi l’achat d’or doit être pensé en termes de patrimoine et non uniquement en nombre de pièces accumulées.

Pourquoi il est plus intelligent de raisonner en valeur qu’en nombre de Napoléons

L’idée de constituer un « club des 50 », « club des 100 » ou « club des 150 Napoléons » peut être extrêmement motivante pour un épargnant. Elle donne un objectif concret et permet de mesurer facilement la progression de son patrimoine. Mais il faut distinguer la quantité physique détenue de sa valeur économique. Cent Napoléons ne représenteront pas nécessairement la même somme dans dix ou vingt ans qu’aujourd’hui. Leur valeur dépendra notamment du cours de l’or et, selon les pièces, de leur prime. Il serait donc dangereux de considérer qu’un nombre fixe de pièces garantit un revenu fixe à la retraite. La meilleure approche consiste à connaître régulièrement la valeur globale de son patrimoine puis à déterminer quelle fraction pourrait être consommée. L’achat d’or devient alors une démarche patrimoniale de long terme, dans laquelle le nombre de pièces constitue un indicateur de quantité, tandis que leur valeur constitue l’élément déterminant pour la future liquidation.

Exemple : combien pourrait représenter une liquidation de 4 % ?

Prenons un exemple volontairement simple. Supposons qu’un retraité dispose de 75 000 € d’or au moment de son départ. Une liquidation théorique de 4 % correspondrait à 3 000 €. Avec 100 000 €, elle atteindrait 4 000 €. Avec 150 000 €, 6 000 €. Et avec 250 000 €, elle représenterait 10 000 €. Ce calcul permet de comprendre immédiatement l’effet de la capitalisation patrimoniale : plus le capital constitué pendant la vie active est important, plus un faible pourcentage de celui-ci peut représenter un complément significatif. Mais il faut encore une fois rappeler que ces montants sont des illustrations mathématiques, et non des prévisions de rendement. La valeur future de l’or est inconnue et les conditions de vente peuvent évoluer. Pour l’épargnant qui envisage l’achat d’or, l’objectif doit donc être de construire progressivement un capital suffisamment important pour conserver une marge de manœuvre au moment de la retraite.

Pourquoi vendre quatre pièces par an n’est pas forcément une bonne stratégie

On pourrait être tenté de transformer immédiatement la règle des 4 % en une règle physique : « je vendrai quatre pièces chaque année ». Ce raisonnement est pourtant fragile. Si la valeur de l’or évolue, quatre pièces ne représenteront plus la même somme. Une année, elles pourraient correspondre à 2 500 €, une autre à 4 000 € et une autre encore à 5 000 €. Une stratégie de liquidation intelligente doit donc commencer par un objectif de revenu en euros, puis déterminer la quantité d’or nécessaire pour atteindre cet objectif au moment de la vente. Cette méthode offre beaucoup plus de souplesse. Celui qui a progressivement constitué son patrimoine grâce à l’achat d’or pourra ainsi adapter la quantité vendue à la situation réelle du marché plutôt que de s’imposer un nombre de pièces identique chaque année.

Le principal danger : devoir vendre son or au mauvais moment

C’est probablement l’un des éléments les plus importants à comprendre. L’or peut être utilisé comme réserve patrimoniale, mais sa valeur de marché fluctue. Si un retraité a besoin d’une somme importante précisément au moment où le cours de l’or est moins favorable, il devra éventuellement vendre davantage de métal pour obtenir le même montant en euros. C’est la raison pour laquelle il est dangereux de prévoir une stratégie de retraite exclusivement fondée sur un seul actif. Une réserve de liquidités, des placements financiers diversifiés et, lorsque cela est pertinent, d’autres sources de revenus peuvent permettre d’éviter de vendre systématiquement de l’or dans toutes les conditions de marché. L’achat d’or peut ainsi constituer une partie du patrimoine, mais il doit idéalement s’intégrer dans une stratégie globale capable de résister à différents scénarios économiques.

Pourquoi une épargne de précaution reste indispensable

La logique est très simple : si vous disposez d’une épargne immédiatement disponible, vous n’êtes pas nécessairement obligé de vendre votre or pour payer une dépense imprévue. Cette réserve peut notamment servir à financer les réparations importantes, les dépenses de santé non couvertes, les travaux ou les événements exceptionnels. L’or peut alors conserver son rôle de réserve patrimoniale de long terme. Cette séparation entre liquidités de court terme et patrimoine de long terme permet d’éviter de transformer chaque imprévu en opération de vente. L’épargnant qui pratique l’achat d’or doit donc éviter de considérer son métal comme un compte courant. Il s’agit d’un actif patrimonial dont la liquidation peut être organisée, mais qui n’a pas vocation à remplacer intégralement une trésorerie disponible.

Et si 3 % était plus prudent que 4 % ?

La règle des 4 % ne doit surtout pas être considérée comme un chiffre magique. Plus la retraite est longue, plus la prudence peut devenir importante. Une personne qui prend sa retraite à 60 ans n’a évidemment pas le même horizon qu’une personne qui part à 67 ans. Si l’on souhaite financer plusieurs décennies de dépenses, réduire le rythme de liquidation peut permettre de préserver davantage de capital. Avec une hypothèse de 3 %, 100 000 € représentent 3 000 € de retrait annuel au lieu de 4 000 €. 150 000 € représentent 4 500 € au lieu de 6 000 €. Cette différence peut sembler importante, mais elle permet justement de réfléchir à plusieurs scénarios. L’épargnant qui développe une stratégie d’achat d’or pour la retraite peut donc avoir intérêt à tester différentes hypothèses plutôt que de retenir automatiquement le chiffre de 4 %.

La retraite française n’est pas le système américain

Il faut également éviter de transposer directement les méthodes américaines au système français. La règle des 4 % est née dans un environnement où les portefeuilles individuels de retraite, les comptes d’investissement et les marchés financiers occupent une place très importante. En France, la retraite repose principalement sur des régimes obligatoires auxquels peuvent s’ajouter des dispositifs de retraite supplémentaire et de l’épargne personnelle. La DREES suit notamment les pensions versées par les différents régimes français et publie régulièrement des données permettant d’observer l’évolution du nombre de retraités et du niveau des pensions. L’achat d’or doit donc être considéré comme un élément potentiel d’un patrimoine français diversifié, et non comme une copie du modèle américain de retraite par capitalisation.

La phase d’accumulation doit progressivement laisser place à la phase de liquidation

Pendant les premières décennies, l’objectif est généralement d’accumuler. On épargne, on investit et on augmente progressivement son patrimoine. Mais à mesure que la retraite approche, la question change. Il ne s’agit plus uniquement de savoir « combien puis-je accumuler ? », mais aussi « combien devrai-je retirer chaque année ? ». Cette transition mérite d’être préparée plusieurs années avant le départ. L’épargnant peut progressivement déterminer la part de son patrimoine qu’il souhaite conserver, la part qu’il pourrait utiliser pour financer son train de vie et les actifs qu’il préfère garder pour une éventuelle transmission. Cette réflexion donne une nouvelle dimension à l’achat d’or : le métal n’est plus seulement considéré comme un actif à accumuler, mais comme un patrimoine dont l’utilisation future doit être organisée.

La transmission de l’or peut également modifier la stratégie de liquidation

Tous les retraités ne souhaitent évidemment pas consommer la totalité de leur patrimoine. Certains veulent au contraire transmettre une partie de leur capital à leurs enfants ou petits-enfants. Dans ce cas, une stratégie de liquidation à 4 % ne doit pas nécessairement concerner l’intégralité des avoirs. Il peut être pertinent de distinguer une poche destinée à financer le niveau de vie pendant la retraite et une autre destinée à la transmission. Cette distinction est particulièrement intéressante avec les métaux précieux physiques, car les pièces et lingots peuvent être conservés sur une longue période. Une personne ayant développé son patrimoine grâce à l’achat d’or peut donc réfléchir simultanément à deux objectifs : disposer d’un complément de revenus et préserver une partie du capital pour ses proches.

Il faut connaître son besoin réel avant de déterminer combien d’or vendre

Supposons qu’une personne bénéficie d’une pension de retraite suffisante pour couvrir son logement, son alimentation et ses dépenses courantes, mais qu’elle souhaite conserver 5 000 € supplémentaires chaque année pour voyager, aider ses proches ou réaliser des projets. Son objectif patrimonial sera très différent de celui d’une personne dont la pension ne couvre pas les dépenses essentielles. Dans le premier cas, le patrimoine en or pourra être utilisé de manière ponctuelle et flexible. Dans le second, il faudra construire une stratégie beaucoup plus prudente et probablement diversifier davantage les sources de revenus. Il est donc inutile de demander « combien de Napoléons dois-je vendre ? » avant d’avoir répondu à la question « combien me manque-t-il chaque année ? ». C’est seulement ensuite que l’achat d’or peut être intégré dans une véritable stratégie de complément de revenus.

Commencer petit peut déjà avoir du sens

Tout le monde n’a évidemment pas la possibilité d’acheter plusieurs pièces d’or chaque mois. Mais une stratégie patrimoniale n’a pas nécessairement besoin de commencer par des sommes importantes. L’essentiel est d’établir une épargne compatible avec son budget et de maintenir une certaine régularité. Certains pourront acquérir une pièce occasionnellement, d’autres préféreront des formats plus petits ou des achats plus espacés. L’objectif est surtout de ne pas mettre en péril son budget quotidien pour constituer un patrimoine. Une démarche d’achat d’or doit rester compatible avec les autres priorités financières : dépenses courantes, épargne de précaution, remboursement des dettes et préparation globale de la retraite.

Pourquoi l’objectif des 100 ou 150 Napoléons peut malgré tout être intéressant

Même si le nombre de pièces ne doit pas être confondu avec une garantie de revenu, se fixer un objectif peut être psychologiquement efficace. Dire « je souhaite progressivement atteindre 50, 100 ou 150 pièces » permet de rendre visible un objectif qui serait autrement abstrait. Chaque nouvelle acquisition représente alors une étape supplémentaire dans la constitution du patrimoine. Mais cet objectif doit rester évolutif. Si les revenus changent, si les dépenses augmentent ou si les priorités familiales évoluent, il faut pouvoir modifier le rythme d’épargne. La force d’une stratégie d’achat d’or sur plusieurs décennies réside précisément dans sa régularité et sa capacité d’adaptation, plutôt que dans l’obligation d’atteindre coûte que coûte un chiffre symbolique.

Le jour de la retraite, il ne faudra surtout pas tout vendre d’un coup

L’une des erreurs les plus évidentes serait de considérer le départ à la retraite comme le signal indiquant qu’il faut immédiatement transformer l’intégralité de son patrimoine en euros. Une liquidation totale supprimerait précisément l’une des caractéristiques recherchées par certains détenteurs d’or : la conservation d’un actif tangible sur le long terme. Une stratégie progressive permet au contraire de conserver une partie du patrimoine tout en utilisant une fraction du capital pour financer les besoins. L’achat d’or peut donc être pensé dès le départ avec cette perspective : une partie du patrimoine sera éventuellement consommée, une autre pourra être conservée et une autre encore pourra être transmise.

La fiscalité doit être intégrée avant toute liquidation importante

La valeur affichée d’un patrimoine en or n’est pas nécessairement égale au montant net qui sera disponible après une vente. Les modalités fiscales applicables à la vente de métaux précieux et de certains objets précieux doivent être vérifiées au moment de l’opération, car la réglementation peut évoluer et le traitement peut dépendre de la nature du bien et des justificatifs disponibles. Pour une opération importante, une vérification auprès d’un professionnel ou des sources administratives à jour est donc préférable. Cette dimension doit être intégrée à toute stratégie d’achat d’or destinée à la retraite : le rendement apparent et le montant brut de cession ne racontent pas nécessairement toute l’histoire.

La meilleure stratégie est celle qui fonctionne même si les prévisions sont fausses

Personne ne connaît aujourd’hui le prix exact de l’or dans dix, quinze ou vingt ans. Personne ne peut non plus prévoir précisément le niveau d’inflation, les taux d’intérêt, la fiscalité ou l’évolution des marchés financiers. Une bonne stratégie patrimoniale ne consiste donc pas à faire une prévision spectaculaire et à miser toute sa retraite dessus. Elle consiste à construire un système suffisamment robuste pour fonctionner dans plusieurs scénarios. Si l’or progresse fortement, le patrimoine augmente. S’il stagne, il faut pouvoir compter sur d’autres ressources. S’il corrige, il faut éviter d’être contraint de vendre une quantité excessive au mauvais moment. C’est cette logique de diversification qui doit accompagner l’achat d’or lorsqu’il est utilisé dans une stratégie patrimoniale de long terme.

Alors, faut-il vraiment appliquer la règle des 4 % à son or ?

La réponse est oui comme outil de réflexion, mais non comme règle absolue. La règle des 4 % permet de comprendre très simplement la relation entre un capital et un revenu annuel théorique. Elle permet également de comparer différents niveaux de patrimoine et de visualiser ce que pourrait représenter une liquidation progressive. Mais elle ne garantit ni la valeur future de l’or, ni la durée de vie du capital, ni le maintien du pouvoir d’achat. Pour cette raison, un épargnant peut avoir intérêt à tester plusieurs hypothèses : 3 %, 3,5 %, 4 %, voire une stratégie variable selon les années. L’achat d’or doit ainsi être envisagé comme une composante d’une stratégie globale de retraite et non comme un mécanisme automatique produisant 4 % de revenus chaque année.

La véritable règle à retenir : épargner régulièrement, puis liquider progressivement

Au fond, la leçon est beaucoup plus simple que ne le laisse penser la complexité des calculs. Pendant la vie active, il faut progressivement construire son patrimoine en fonction de ses moyens. Lorsque la retraite approche, il faut connaître ses droits, estimer ses dépenses futures, mesurer son patrimoine et déterminer la part de capital qui pourra être consommée chaque année. La règle des 4 % peut fournir un premier point de départ pour effectuer ces simulations, mais elle doit rester adaptable. Pour un épargnant qui souhaite intégrer l’achat d’or à sa préparation de retraite, la véritable question n’est donc pas de savoir combien de pièces il doit absolument posséder. Elle est de savoir quel niveau de patrimoine il souhaite construire, quel complément de revenus il lui faudra et pendant combien de temps ce patrimoine devra l’accompagner.

Conclusion : l’or ne sert pas uniquement à être accumulé, il doit aussi être pensé pour la retraite

Accumuler de l’or pendant sa vie active peut répondre à différentes motivations : diversification, constitution d’un patrimoine physique, protection recherchée contre certains risques économiques ou volonté de transmettre un capital. Mais l’étape de la retraite impose de changer de perspective. Il ne s’agit plus seulement d’acheter et de conserver, mais de réfléchir à la manière dont le patrimoine pourra être progressivement utilisé. La règle des 4 % constitue un excellent exercice pour comprendre cette transition : un capital de 100 000 € correspond à 4 000 € avec une hypothèse de retrait de 4 %, 150 000 € à 6 000 € et 200 000 € à 8 000 €. Ces chiffres sont toutefois des hypothèses mathématiques, pas des promesses de rendement. La valeur future de l’or, la fiscalité, les conditions de marché, l’inflation, l’espérance de vie et les autres revenus devront être pris en compte. Les statistiques les plus récentes montrent par ailleurs que la France comptait 17,3 millions de retraités de droit direct fin 2024, avec une pension moyenne brute de 1 705 € pour les retraités résidant en France. Dans ce contexte, préparer suffisamment tôt son avenir financier reste essentiel. Et pour ceux qui souhaitent intégrer les métaux précieux à cette démarche, l’achat d’or peut être envisagé comme l’une des composantes d’un patrimoine diversifié, à condition de penser dès aujourd’hui à la façon dont ce capital pourra être utilisé demain.

1 COMMENTAIRE

  1. Fiscalité les prochaines années ???? confiscation les prochaines années ???? conditions de change les prochaines années ??? on parle vraiment dans le vide ! il faut le faire dans le cadre de la diversification et on verra bien le moment venu ! A bon entendeur ….. A l’échelle longue du temps, ça parait néanmoins pertinent ! au delà de la valeur, il y a à la clé : la liberté de le posséder ! Posséder une ctif reconnu comme tel partout dans le monde, non truandable par dilution, photocopieuse ou autre artifice de ceux qui veulent l’hégémonie sur vous pour vous manipuler à leur guise pour leur plus grands plaisirs et leurs plus grands profits ! Votre affranchissement, Dieu sait qu’ils n’aiment pas ça !

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