France au bord de la crise de la dette : « la tronçonneuse ou la faillite ! » – Le diagnostic choc de Philippe Herlin

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La France s’approche-t-elle d’une crise de la dette ?

La France entre dans une période particulièrement dangereuse pour ses finances publiques. Les défaillances d’entreprises restent à un niveau historiquement élevé, la croissance demeure presque inexistante, le chômage progresse et le coût du financement de la dette augmente rapidement. Selon les données disponibles fin juin 2026, plus de 70 800 défaillances d’entreprises ont été enregistrées sur douze mois, soit un niveau supérieur à la moyenne observée avant la crise sanitaire et proche des sommets atteints lors des grandes crises économiques. Dans le même temps, le rendement de l’obligation française à dix ans a dépassé 4,4% en septembre 2026, un niveau qui n’avait plus été observé depuis la crise financière de 2008.

Pour Philippe Herlin, ces indicateurs ne décrivent pas une simple période de ralentissement. Ils signalent une économie déjà entrée en récession, même si les statistiques officielles peuvent encore afficher une croissance légèrement positive sur certains trimestres. Son raisonnement repose sur une idée simple : une économie ne se résume pas au produit intérieur brut. Lorsque les entreprises ferment en nombre, que les investissements reculent, que les marges se contractent et que le chômage augmente, la réalité vécue par les ménages et les entrepreneurs peut être beaucoup plus mauvaise que la moyenne nationale publiée dans les comptes trimestriels. Dans ce contexte, acheter de l’or physique peut être présenté comme une manière de diversifier une épargne exposée aux difficultés économiques, sans que cela constitue une garantie contre les pertes ni un conseil financier personnalisé.

Des faillites d’entreprises au-dessus du niveau de 2008

Le premier signal d’alerte concerne les entreprises. D’après les chiffres cités dans l’entretien, plus de 70 000 défaillances ont été recensées sur douze mois à la fin du printemps 2026, avec une progression annuelle de 4,4% selon la présentation initiale. Une actualisation publiée en août faisait état de 70 803 défaillances à fin juin 2026. Le niveau est préoccupant, car il est atteint alors que la France ne traverse pas officiellement une crise bancaire mondiale comparable à celle de 2008. À l’époque, la faillite de Lehman Brothers avait provoqué une onde de choc internationale, un gel du crédit et un effondrement des marchés. En 2026, le contexte est différent, mais le nombre de défaillances reste extrêmement élevé.

Philippe Herlin insiste également sur la nécessité d’examiner les chiffres hors microentrepreneurs et travailleurs indépendants. Selon lui, lorsque l’on se concentre sur les entreprises employant plusieurs salariés, c’est-à-dire les artisans, les commerçants, les PME et les sociétés plus importantes, la situation apparaît encore plus inquiétante. Ces entreprises supportent des charges fixes, des salaires, des loyers, des remboursements bancaires et des obligations fiscales qui continuent de courir même lorsque l’activité ralentit. Dans ce contexte, les pièces d’or de 20 francs peuvent être évoquées comme un actif tangible à étudier pour diversifier un patrimoine en période d’incertitude, mais leur prix dépend du cours de l’or, de la prime et des conditions de revente.

Pourquoi les entreprises françaises tombent-elles ?

Plusieurs facteurs expliquent cette vague de défaillances. Le premier est la fin progressive des dispositifs exceptionnels accordés pendant la crise sanitaire. De nombreuses entreprises ont contracté un prêt garanti par l’État afin de survivre à l’arrêt de l’activité. Ces emprunts ont permis d’éviter une vague immédiate de faillites, mais ils doivent désormais être remboursés. Pour les sociétés dont le chiffre d’affaires n’a pas suffisamment redémarré, le remboursement du prêt s’ajoute aux charges courantes et réduit encore la trésorerie disponible.

Le deuxième facteur est le niveau élevé des prélèvements obligatoires. Philippe Herlin considère que les entreprises françaises portent un poids fiscal et social supérieur à celui de nombreux concurrents internationaux. Lorsque la croissance est forte, une entreprise peut absorber une partie de ces coûts en augmentant ses ventes. Lorsque l’activité stagne, le même niveau de prélèvements devient beaucoup plus difficile à supporter. Le troisième facteur est la hausse des taux d’intérêt, qui renchérit les crédits nouveaux et les refinancements. Une entreprise déjà fragile peut alors se retrouver prise entre une baisse de ses recettes, une hausse de ses coûts et l’obligation de rembourser des dettes contractées quelques années auparavant. Dans une telle situation, la diversification vers des actifs physiques comme l’or est parfois étudiée par les épargnants qui veulent réduire leur dépendance au seul système bancaire, tout en gardant à l’esprit que l’or ne produit pas de revenu régulier.

La charge de la dette devient un poste incompressible

Le deuxième grand danger concerne le coût des intérêts versés par l’État. Dans l’entretien, Philippe Herlin évoque une charge de la dette de 34,5 milliards d’euros au premier semestre 2026 et une estimation annuelle de 77 milliards d’euros. D’autres estimations publiques citées dans la presse ont retenu des montants inférieurs pour l’ensemble de l’année, ce qui montre que les chiffres peuvent varier selon le périmètre comptable, la méthode de calcul et les hypothèses de taux. Le point central ne change pas : la hausse des taux transforme progressivement les intérêts en une dépense budgétaire majeure.

La France ne paie pas instantanément un taux plus élevé sur la totalité de sa dette. Une grande partie des obligations existantes a été émise à taux fixe. En revanche, lorsqu’un emprunt arrive à échéance, l’État doit le refinancer. Il rembourse alors l’ancien titre grâce à une nouvelle émission obligataire. Si le taux de marché a augmenté entre-temps, le nouvel emprunt coûte plus cher. La dette est ainsi progressivement renouvelée à des conditions moins favorables. Avec une dette publique supérieure à 3 500 milliards d’euros et une durée moyenne de plusieurs années, le choc ne se transmet pas en une seule fois, mais il devient de plus en plus lourd à mesure que les anciennes obligations arrivent à échéance. Dans ce contexte, certains investisseurs se tournent vers l’or d’investissement pour détenir une réserve indépendante des obligations publiques et des dépôts bancaires, avec les risques de marché et de liquidité propres à cet actif.

Le signal des marchés obligataires

Le rendement de l’OAT française à dix ans est devenu l’un des indicateurs les plus surveillés. Il sert de référence pour une grande partie du financement de l’État. En septembre 2026, le taux français a évolué autour de 4,4% à 4,5%, tandis que le rendement allemand à dix ans se situait autour de 3,5%. L’écart entre les deux obligations, appelé spread franco-allemand, a atteint près de 100 points de base le 15 septembre, un niveau inédit depuis 2012. Cet écart ne mesure pas uniquement la situation française, car les taux européens peuvent augmenter pour des raisons communes. Il indique toutefois la prime supplémentaire exigée par les investisseurs pour détenir de la dette française plutôt que de la dette allemande.

Pour Philippe Herlin, le niveau absolu du taux français ne suffit pas à déterminer l’entrée dans une crise. Le véritable signal d’alarme serait une hausse rapide de l’écart avec l’Allemagne. Si les investisseurs exigent une rémunération toujours plus élevée pour acheter des obligations françaises, le coût du refinancement augmente. Cette hausse alourdit ensuite le déficit, ce qui peut alimenter de nouveaux doutes sur la capacité de l’État à stabiliser ses comptes. La mécanique devient alors potentiellement cumulative : déficit élevé, besoins d’emprunt importants, taux plus élevés, charge de la dette accrue et nouveau déficit. Face à cette montée de l’incertitude, l’achat de pièces d’or est souvent présenté comme une solution de diversification patrimoniale à examiner lorsque les marchés obligataires deviennent plus volatils, sans que cette stratégie élimine le risque financier.

Un budget 2027 jugé trop optimiste

Le projet de budget 2027 constitue un test majeur pour la crédibilité de la France. Le gouvernement viserait un déficit public de 4,9% du produit intérieur brut après un déficit estimé à 5,2% en 2026. Philippe Herlin juge cet objectif peu crédible. Selon son analyse, si aucune réforme importante n’est engagée, le déficit pourrait atteindre 6,2% du PIB en 2027, notamment à cause de la progression mécanique de la charge de la dette, de l’indexation de certaines dépenses sociales et de la hausse des rémunérations publiques.

Une mission de quatre économistes indépendants aurait pour sa part estimé le déficit à 5,9% du PIB en 2027 à politique inchangée, soit un écart important avec la prévision gouvernementale. Cette différence illustre le problème central des trajectoires budgétaires : le gouvernement retient une hypothèse de croissance, de recettes et d’économies qui peut être difficile à atteindre, alors que les dépenses déjà engagées sont beaucoup plus rigides. Si la croissance est plus faible que prévu, les recettes fiscales diminuent. Si les taux restent élevés, les intérêts progressent. Si aucune économie structurelle n’est votée, le déficit se creuse automatiquement. Dans cette perspective, les épargnants qui achètent de l’or cherchent généralement à protéger une partie de leur patrimoine contre les scénarios de crise monétaire ou budgétaire, mais ils doivent tenir compte des frais, de la fiscalité et de la volatilité du cours.

Le déficit réel dépasse largement le chiffre affiché

Philippe Herlin propose de regarder le déficit autrement. Lorsque le déficit est exprimé en pourcentage du PIB, il peut sembler abstrait. Il compare donc les recettes et les dépenses directement inscrites au budget de l’État. Pour 2026, il cite environ 319 milliards d’euros de recettes et 454 milliards d’euros de dépenses, soit un déficit de 135 milliards d’euros. Dans cette présentation, les dépenses représentent environ 142 euros pour 100 euros de recettes. L’analogie utilisée est celle d’un particulier qui gagnerait 3 200 euros par mois et en dépenserait 4 500.

Cette comparaison permet de comprendre pourquoi un déficit proche de 5% du PIB ne signifie pas que l’État ne dépense que 5% de plus que ses recettes. Le PIB comprend l’ensemble de la richesse produite par l’économie, tandis que les recettes budgétaires ne représentent qu’une partie des ressources directement perçues par l’État. Le déficit rapporté aux recettes mesure donc l’écart entre les rentrées fiscales et les dépenses publiques avec une autre échelle. Pour Philippe Herlin, cette différence révèle un déséquilibre budgétaire beaucoup plus profond que ne le laisse penser le seul pourcentage du PIB. Dans un environnement de dette élevée, les pièces d’or peuvent servir de support à une diversification à long terme, mais elles ne remplacent ni une épargne de précaution ni une analyse complète du patrimoine.

Pourquoi les économies sont-elles si difficiles à réaliser ?

La réduction des dépenses publiques se heurte à des résistances politiques et sociales. Les postes concernés touchent directement les fonctionnaires, les retraités, les collectivités territoriales, les bénéficiaires de prestations sociales, les opérateurs publics et les secteurs subventionnés. Chaque économie peut être défendue comme une menace pour un service, un territoire ou une catégorie de population. Le gouvernement doit donc arbitrer entre la nécessité de réduire le déficit et le risque de provoquer une opposition immédiate.

Philippe Herlin estime que des économies significatives nécessiteraient de revoir le nombre de fonctionnaires, les dépenses des collectivités locales, les agences de l’État et certains dispositifs sociaux. Il cite notamment les opérateurs publics dont le coût total est difficile à mesurer précisément et dont les missions se recoupent parfois avec celles d’autres administrations. Selon lui, les réformes ponctuelles ne suffiraient pas : il faudrait une restructuration beaucoup plus large du périmètre de l’État. Cette analyse relève d’un choix politique et idéologique qui est contesté par d’autres économistes, lesquels soulignent que les dépenses publiques financent également des services collectifs et des investissements de long terme. Dans un climat de défiance, la détention d’or physique est parfois utilisée comme une diversification patrimoniale en dehors des dépenses et des décisions budgétaires de l’État, mais elle comporte elle aussi des risques et des coûts.

Hausser les impôts ne suffira pas

L’autre réponse traditionnelle au déficit consiste à augmenter les impôts. Philippe Herlin considère que cette solution a déjà atteint ses limites en France. Il rappelle que la baisse du déficit entre 2024 et 2025 aurait été principalement obtenue grâce à des hausses de prélèvements, selon l’analyse qu’il attribue à la Cour des comptes. Il estime qu’une nouvelle hausse fiscale pourrait réduire la consommation, freiner l’investissement, accélérer les délocalisations et fragiliser les entreprises encore capables de créer de l’activité.

La courbe de Laffer est utilisée dans l’entretien pour expliquer qu’au-delà d’un certain niveau, une hausse des taux d’imposition peut produire moins de recettes qu’espéré. Une entreprise peut réduire son activité, déplacer sa production, modifier ses investissements ou cesser d’opérer. Un propriétaire peut vendre un bien, un investisseur peut choisir un autre pays et un entrepreneur peut renoncer à un projet. L’exemple de la fiscalité sur les yachts est présenté comme une illustration de ce mécanisme : lorsque les propriétaires quittent le territoire, l’État perd non seulement une partie de l’impôt attendu, mais aussi l’activité des entreprises chargées de l’entretien et des services associés. Dans ce cadre, certains épargnants choisissent l’or comme actif tangible à conserver sur le long terme, notamment lorsqu’ils craignent une fiscalité plus lourde sur les revenus et le capital, sans que cette décision dispense de respecter les règles fiscales applicables.

La dette détenue par la Banque de France peut-elle être annulée ?

Jean-Luc Mélenchon a proposé d’annuler une partie de la dette publique détenue par la Banque de France. L’argument repose sur une réalité comptable : la Banque de France appartient à l’État français et détient une partie des titres publics acquis dans le cadre des programmes de politique monétaire de la Banque centrale européenne. Une annulation de ces titres réduirait mécaniquement la dette brute détenue par le secteur public consolidé.

Philippe Herlin reconnaît qu’une telle opération pourrait être envisagée d’un point de vue purement comptable, mais il en rejette fortement les conséquences économiques et politiques. Selon lui, le principal risque serait de détruire la confiance des investisseurs. Si l’État annulait une première partie de sa dette, les marchés pourraient craindre que cette opération soit répétée. L’annulation pourrait alors être interprétée comme la première étape d’un financement monétaire permanent des déficits. Le débat porte donc moins sur une écriture comptable que sur la crédibilité future de la politique budgétaire. Dans un scénario de perte de confiance envers la monnaie ou la dette publique, l’or est souvent considéré comme un actif de diversification, même si son cours peut fortement varier.

Le risque d’une création monétaire sans limite

L’analyse de Philippe Herlin repose ensuite sur la relation entre la quantité de monnaie et la quantité de biens et services disponibles. Si la création monétaire augmente beaucoup plus vite que la production, la monnaie peut perdre de sa valeur et les prix peuvent progresser. Dans les cas extrêmes, cette dynamique peut conduire à une hyperinflation. L’économiste cite le Venezuela et le Zimbabwe comme exemples de pays ayant connu une perte majeure de pouvoir d’achat et une désorganisation de l’économie.

Il faut toutefois distinguer une annulation comptable de dette, une création monétaire directe, une politique d’assouplissement quantitatif et une distribution de liquidités aux ménages. Ces mécanismes ne produisent pas exactement les mêmes effets et dépendent du niveau d’utilisation des capacités de production, de la vitesse de circulation de la monnaie, des anticipations et de la réaction de la banque centrale. Le propos de Philippe Herlin est de mettre en garde contre une banalisation de la « planche à billets » comme solution automatique à l’endettement. Dans une logique de protection patrimoniale, l’or physique est souvent recherché pour sa rareté et son absence de risque de défaut d’un émetteur, mais il reste soumis au risque de prix et ne garantit pas le maintien du pouvoir d’achat.

L’euro protège-t-il encore la France ?

Selon Philippe Herlin, l’euro empêche pour l’instant la France de subir une crise comparable à celle qu’elle aurait probablement connue avec une monnaie nationale. Dans le passé, une perte de confiance pouvait provoquer une dépréciation du franc, une hausse des taux et une pression immédiate sur le gouvernement. L’appartenance à la zone euro permet à la France de bénéficier de la profondeur du marché obligataire européen et de la crédibilité collective de la monnaie commune.

Cette protection a toutefois une contrepartie. La France ne peut pas dévaluer seule sa monnaie pour restaurer rapidement sa compétitivité. Elle ne peut pas non plus demander librement à sa banque centrale nationale de financer directement son déficit. La politique monétaire est conduite par la BCE, dont les décisions doivent tenir compte de l’ensemble de la zone euro. Philippe Herlin estime que l’euro retarde ainsi la sanction des déséquilibres français, mais qu’il ne les supprime pas. Dans un système monétaire partagé, la diversification avec des actifs physiques comme l’or peut être étudiée par les investisseurs qui veulent réduire leur exposition à une seule devise.

Le spread franco-allemand devient le véritable thermomètre

La France ne doit pas seulement surveiller son taux d’emprunt, mais aussi l’écart avec l’Allemagne. Le Bund allemand sert de référence dans la zone euro, car l’Allemagne est considérée comme l’un des emprunteurs les plus solides de la région. Lorsque l’OAT française offre un rendement nettement supérieur au Bund, cela signifie que les investisseurs demandent une prime de risque supplémentaire pour financer la France.

En septembre 2026, cet écart s’est approché de 100 points de base, après avoir atteint environ 94 points de base lors de la séance du 10 septembre. Une progression rapide du spread pourrait signaler une dégradation de la confiance, surtout si elle intervient en même temps qu’une hausse du déficit, une absence de majorité politique et un budget jugé irréaliste. Les marchés ne sanctionnent pas nécessairement une dette élevée en elle-même : ils sanctionnent surtout l’absence de trajectoire crédible permettant de la stabiliser. Dans un contexte de tension sur les obligations françaises, les pièces d’or constituent pour certains ménages une réserve patrimoniale indépendante du spread entre les obligations françaises et allemandes.

Une crise de la dette peut-elle devenir une boule de neige ?

Une crise de la dette ne commence pas nécessairement par un défaut de paiement immédiat. Elle peut se manifester progressivement par une hausse des taux, une dégradation de la notation, un désengagement des investisseurs étrangers et une augmentation de la prime exigée lors des nouvelles émissions. Plus les taux montent, plus le coût des intérêts augmente. Plus les intérêts progressent, plus le déficit s’aggrave. Plus le déficit s’aggrave, plus les investisseurs demandent une rémunération élevée. Cette dynamique peut devenir une boule de neige si la croissance est trop faible pour compenser l’augmentation de la charge financière.

La situation française est compliquée par le poids des investisseurs étrangers dans la détention de la dette. Selon les chiffres cités dans l’entretien, les non-résidents détiendraient plus de la moitié des titres français. Ces investisseurs peuvent réduire leurs achats ou vendre leurs obligations sans dépendre directement des décisions du gouvernement français. L’État doit donc convaincre des acteurs situés hors de son périmètre politique. Pour Philippe Herlin, une absence de réforme dans le budget 2027 pourrait accroître le risque de vente des titres français et provoquer une hausse encore plus rapide des taux. L’achat d’or peut alors être considéré comme une stratégie de diversification face au risque de concentration sur la dette, les banques et la monnaie nationale.

La transition énergétique au cœur de la controverse

Parmi les économies proposées par Philippe Herlin figure une réduction massive des dépenses liées à la transition énergétique. Il estime que le coût total dépasse les seules subventions inscrites au budget. Il ajoute les dépenses indirectes imposées aux propriétaires, les travaux nécessaires pour améliorer la performance énergétique des logements, les dispositifs de bonus-malus automobile et les soutiens accordés à certaines filières de production d’électricité.

Cette position est fortement controversée. Les défenseurs des politiques climatiques considèrent que ces dépenses répondent à un risque environnemental, réduisent la dépendance énergétique et soutiennent l’investissement dans de nouvelles technologies. Philippe Herlin estime au contraire qu’une partie de ces dispositifs renchérit l’électricité, fragilise les ménages et pèse sur la compétitivité des entreprises. Il propose au minimum de suspendre certaines mesures et de réexaminer leur efficacité économique. Le débat ne peut donc pas être réduit à une simple ligne budgétaire : il porte sur la stratégie énergétique, la sécurité d’approvisionnement, la fiscalité et les investissements nécessaires à long terme. Dans ce contexte, l’or peut être étudié comme un actif physique complémentaire par les investisseurs qui cherchent à diversifier leur épargne face aux risques économiques et réglementaires.

Le modèle social français est-il devenu insoutenable ?

Philippe Herlin estime que le modèle social construit après 1945 n’est plus adapté aux réalités démographiques et économiques actuelles. Il met particulièrement en cause le financement des retraites par répartition, le poids du secteur public, le nombre de fonctionnaires et l’accumulation des normes. Selon lui, le vieillissement de la population réduit le nombre d’actifs disponibles pour financer les pensions, tandis que la dépense publique continue d’augmenter.

Il propose de combiner une baisse importante des dépenses, une dose de capitalisation pour les retraites et une simplification réglementaire. Cette vision s’oppose à ceux qui défendent le maintien d’un système principalement fondé sur la solidarité intergénérationnelle et la mutualisation des risques. Le choix entre répartition et capitalisation comporte des conséquences sociales, financières et politiques majeures. Il ne peut pas être réglé par une simple mesure budgétaire. Dans tous les cas, le vieillissement démographique rend la question incontournable, car repousser les décisions ne supprime pas les engagements futurs. Pour les ménages, la diversification d’une épargne retraite avec différents actifs, dont éventuellement l’or, peut être envisagée selon l’horizon, le risque accepté et la situation personnelle.

La France peut-elle éviter la faillite ?

Philippe Herlin juge que la France se dirige vers une dette publique supérieure à 130% du PIB à l’horizon 2030 si aucune inflexion majeure n’est engagée. Il estime que de simples économies ponctuelles ne suffiront pas. Selon lui, il faudrait une rupture budgétaire comparable à une « tronçonneuse », c’est-à-dire une réduction rapide et profonde de nombreuses dépenses publiques, une simplification réglementaire et une réorientation complète de la politique économique.

Le terme est volontairement brutal et polémique. Il résume une stratégie fondée sur des coupes rapides et une réduction du périmètre de l’État. Cette approche pourrait améliorer les comptes si elle était correctement ciblée, mais elle pourrait également provoquer une baisse de la demande, une hausse du chômage et des tensions sociales si elle était appliquée sans transition. La question centrale est donc celle du calendrier : attendre accroît le coût de l’ajustement, mais agir trop brutalement peut aggraver la récession. Dans un tel environnement, les investisseurs qui souhaitent acheter de l’or doivent comparer les primes, les conditions de stockage, la liquidité et la fiscalité avant de prendre une décision.

Une crise française dans un monde déjà endetté

La France n’est pas le seul pays confronté à la hausse des taux et à l’accumulation de dettes. Les États-Unis doivent également refinancer une dette considérable, tandis que le Japon voit ses rendements obligataires progresser après une longue période de taux très faibles. La hausse simultanée des besoins de financement publics et privés augmente la concurrence pour attirer l’épargne mondiale. Les entreprises liées à l’intelligence artificielle, les États-Unis, le Japon et les pays européens sollicitent tous les investisseurs au même moment.

Cette concurrence peut pousser les États les plus fragiles à offrir des taux plus élevés. Le problème devient alors international : les capitaux disponibles ne sont pas illimités et les investisseurs arbitrent entre les rendements, le risque, la liquidité et la stabilité politique. La France doit donc financer sa dette dans un environnement où les créanciers disposent de nombreuses alternatives. Cette situation renforce l’importance de la crédibilité budgétaire. Dans cette configuration mondiale, l’or reste suivi par les investisseurs comme un actif international qui ne dépend pas directement de la solvabilité d’un État particulier, même si son prix réagit lui aussi aux taux, au dollar et aux anticipations de marché.

Conclusion : la tronçonneuse ou la faillite ?

Le diagnostic présenté par Philippe Herlin est sans ambiguïté : la France cumule une croissance faible, des faillites nombreuses, une dette massive, un déficit structurel et une charge d’intérêts en forte progression. Le problème n’est plus uniquement le niveau de dette, mais la capacité du pays à continuer de se financer à un coût acceptable. La remontée de l’OAT française et l’élargissement du spread avec l’Allemagne montrent que les marchés demandent déjà une prime plus importante pour détenir de la dette française.

Selon cette analyse, le gouvernement dispose de deux options. La première consiste à engager rapidement des réformes profondes sur les dépenses publiques, les retraites, les effectifs administratifs, les opérateurs de l’État, la fiscalité et la réglementation. La seconde consiste à repousser les décisions en espérant que la croissance, l’inflation ou l’intervention de la Banque centrale européenne permettront de gagner du temps. Pour Philippe Herlin, cette stratégie ne ferait que déplacer le problème et augmenter le risque d’une crise plus brutale. Dans cette période d’incertitude, découvrir les pièces d’or de 20 francs peut constituer une piste de diversification patrimoniale à comparer avec d’autres placements, sans confondre protection du patrimoine et promesse de rendement.

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