Martin Armstrong : La correction de l’or touche à sa fin

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La correction de l’or touche-t-elle à sa fin ? Pour Martin Armstrong, le marché entre dans une phase décisive. Le métal précieux évolue encore au-dessus du seuil symbolique de 4 000 dollars l’once, mais une clôture hebdomadaire sous ce niveau pourrait provoquer une nouvelle vague de baisse vers 3 500 à 3 700 dollars. À l’inverse, une remontée des tensions géopolitiques et l’aggravation de la crise de la dette souveraine pourraient rapidement relancer la demande d’or.

Cette analyse intervient alors que le cours de l’or se situe autour de 4 100 dollars l’once après une forte correction depuis son sommet annuel. Le 7 octobre 2026, le métal précieux cotait environ 4 109 dollars, tandis que le marché surveillait toujours la zone des 4 000 dollars comme support majeur. Le message de Martin Armstrong est donc simple : le prix reste vulnérable à court terme, mais le temps disponible pour une correction profonde se réduit rapidement.

La France devient un avertissement pour les marchés

Selon Martin Armstrong, les marchés obligataires fournissent aujourd’hui le signal le plus important. Contrairement aux déclarations politiques, les obligations ne cherchent pas à rassurer les investisseurs. Elles reflètent directement la confiance accordée aux finances publiques. Or, la France est devenue un point de tension majeur en Europe, avec une dette publique élevée, un déficit persistant et une instabilité politique croissante.

Le rendement de l’obligation française à dix ans s’est rapproché de 5%, un niveau inédit depuis plusieurs années. L’écart avec l’obligation allemande a également atteint environ 152 points de base, un niveau rappelant les heures les plus tendues de la crise de la dette dans la zone euro. La dette publique française s’élevait à près de 3 600 milliards d’euros au deuxième trimestre 2026, soit environ 119% du produit intérieur brut, tandis que le déficit était attendu autour de 5,4% du PIB.

Pour Armstrong, cette situation ne constitue pas un simple épisode politique français. Elle révèle le problème plus profond d’un système dans lequel les gouvernements empruntent chaque année pour refinancer leurs dettes précédentes. Tant que les investisseurs achètent les nouvelles obligations, le mécanisme continue de fonctionner. Mais lorsque la demande disparaît, les taux montent brutalement et la crise devient immédiate.

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La crise de la dette souveraine est déjà là

Martin Armstrong affirme que la crise de la dette souveraine a commencé. Son raisonnement repose sur un constat : les États contractent de nouveaux emprunts sans réellement réduire leur endettement. Ils utilisent les nouvelles émissions obligataires pour rembourser les anciennes échéances, tout en ajoutant de nouvelles dépenses à leurs budgets.

Cette dynamique devient dangereuse lorsque les prêteurs commencent à exiger des rendements plus élevés. Le gouvernement doit alors consacrer une part croissante de ses recettes au paiement des intérêts. La dette augmente plus vite, les charges financières progressent et la confiance se dégrade davantage. Le système entre dans une spirale où chaque nouvelle émission devient plus coûteuse que la précédente.

Le problème ne concerne pas uniquement la France. L’Italie, la Belgique et la Grèce voient également leurs écarts de rendement s’élargir par rapport à l’Allemagne. Aux États-Unis, les rendements obligataires à long terme se situent eux aussi à des niveaux élevés, ce qui montre que les investisseurs internationaux réévaluent le risque associé aux dettes publiques.

Pour Armstrong, les capitaux commencent à se détourner du secteur public pour se diriger vers le secteur privé. Cette évolution marque un changement important. Lors de certaines crises historiques, les investisseurs se réfugiaient dans les obligations publiques. Aujourd’hui, ils peuvent considérer les gouvernements comme la principale source de risque.

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Pourquoi décembre et 2027 inquiètent Armstrong

Martin Armstrong surveille particulièrement la période qui s’ouvre à partir de décembre. Ses modèles indiqueraient une montée des tensions économiques, politiques et géopolitiques à l’approche de 2027. Dans cette perspective, la baisse récente de l’or ne serait pas le début d’un marché baissier durable, mais une phase temporaire provoquée par la diminution momentanée du risque perçu.

Le fonctionnement du marché de l’or est souvent lié à la perception du risque. Lorsqu’un conflit ou une crise apparaît soudainement, les investisseurs achètent rapidement du métal précieux. Lorsque la menace semble s’éloigner, ils réduisent leurs positions et l’or recule. Mais une baisse initiale de la tension ne signifie pas nécessairement que le problème est réglé.

Armstrong estime au contraire que les tensions pourraient repartir à la hausse. Les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient, les difficultés budgétaires des gouvernements et l’instabilité politique pourraient renforcer la demande de valeurs refuges. Selon lui, le marché de l’or pourrait alors reprendre sa progression avec une grande rapidité.

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Le seuil des 4 000 dollars sera déterminant

Le niveau de 4 000 dollars constitue la principale ligne de défense du marché. Tant que l’or reste au-dessus de ce seuil en clôture hebdomadaire, la correction peut rester contenue. En revanche, une clôture nette sous 4 000 dollars ouvrirait la voie à une baisse vers la zone de 3 500 à 3 700 dollars, selon l’analyse de Martin Armstrong. Cette zone correspondrait à un support inférieur susceptible d’attirer de nouveaux acheteurs.

Armstrong considère toutefois que le prix ne constitue pas le seul élément important. Le facteur décisif est le temps. Le marché ne peut pas rester indéfiniment dans une phase de correction alors que les risques géopolitiques et budgétaires continuent de s’accumuler. Si une nouvelle crise survient avant que l’or ait prolongé sa baisse, le mouvement pourrait rapidement s’inverser.

Les données de marché confirment que la zone des 4 000 dollars est surveillée de près. Plusieurs analyses récentes identifient cette région comme un support majeur, tandis qu’une rupture pourrait entraîner une accélération vers 3 600 à 3 750 dollars. Le rapport de Heraeus signalait également que la pression exercée par les rendements obligataires américains, le dollar et les prix élevés du pétrole restait forte, tout en considérant 4 000 dollars comme le prochain niveau technique important.

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Les taux élevés ne condamnent pas l’or

La hausse des taux d’intérêt est souvent présentée comme un facteur négatif pour l’or. Lorsque les rendements obligataires augmentent, les placements rémunérés deviennent plus attractifs et le coût d’opportunité de la détention d’un métal qui ne verse aucun intérêt progresse. Martin Armstrong conteste cependant l’idée d’une relation automatique entre taux et cours de l’or.

Selon lui, l’essentiel n’est pas le niveau des taux, mais la confiance des investisseurs dans l’avenir. Si les marchés pensent qu’une entreprise ou qu’un actif va fortement progresser, ils peuvent accepter d’emprunter à un taux élevé. À l’inverse, des taux faibles ne suffisent pas à stimuler l’investissement lorsque les perspectives économiques sont mauvaises.

Cette logique s’applique également à l’or. Des taux élevés peuvent accompagner une forte hausse du métal précieux lorsqu’ils résultent d’une inflation importante, d’une perte de confiance dans la monnaie ou d’une crise budgétaire. Dans une situation d’hyperinflation, les taux peuvent atteindre des niveaux extrêmes alors que l’or progresse lui aussi fortement.

Les rendements élevés des obligations américaines ne suffisent donc pas à éliminer le risque haussier sur l’or. Ils peuvent provoquer une correction temporaire, mais ils ne règlent ni le problème de la dette, ni celui de l’instabilité géopolitique, ni celui de la perte de confiance envers les institutions publiques.

Le diesel devient un risque énergétique majeur

Martin Armstrong attire également l’attention sur les produits raffinés, en particulier le diesel. Le problème ne concerne pas seulement le prix du pétrole brut. Une raffinerie ne peut pas produire simultanément des quantités maximales d’essence, de diesel et de carburant aviation. Elle doit adapter ses installations à la demande et aux contraintes techniques du moment.

Les attaques visant les infrastructures de raffinage peuvent donc provoquer des pénuries de carburants raffinés, même lorsque le marché du pétrole brut reste relativement approvisionné. Une baisse de la capacité de raffinage entraîne une hausse des prix du diesel, du transport et de nombreuses marchandises. Cette situation peut alimenter l’inflation et renforcer les tensions sociales.

Le Canada illustre également les difficultés logistiques du marché énergétique. Une partie du pétrole produit en Alberta ne peut pas être facilement acheminée vers les raffineries de l’est du pays, tandis que ces dernières utilisent des qualités de brut différentes. L’existence de ressources ne garantit donc pas un approvisionnement immédiat et bon marché.

Pour les investisseurs, la hausse du diesel représente un signal important. Elle peut peser sur les coûts de production, les transports, l’agriculture et les chaînes d’approvisionnement. Elle peut aussi renforcer l’intérêt pour l’or si les marchés anticipent une nouvelle période d’inflation et de tensions géopolitiques.

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Or ou argent : deux profils différents

Martin Armstrong distingue clairement l’or et l’argent. L’or représente davantage un actif monétaire et une réserve de valeur. Il attire les capitaux lorsque les investisseurs cherchent la stabilité, la protection contre les crises et la préservation du patrimoine.

L’argent possède un potentiel de hausse plus important, mais il est beaucoup plus volatil. Il dépend à la fois de la demande d’investissement et de la demande industrielle. Ses variations peuvent donc être beaucoup plus brutales que celles de l’or. Une progression rapide peut être suivie d’une chute tout aussi spectaculaire.

Pour Armstrong, l’argent peut offrir une opportunité supérieure en termes de pourcentage, mais l’or reste préférable pour les investisseurs qui recherchent la stabilité. Le choix dépend donc du profil de risque et de l’objectif poursuivi. L’or est davantage associé à la protection du capital, tandis que l’argent offre une exposition plus spéculative et plus instable.

Après avoir dépassé 100 dollars plus tôt dans l’année, l’argent évoluait autour de 61 dollars au moment de l’entretien retranscrit. Cette correction montre la violence des mouvements possibles sur ce marché. Elle rappelle également que la hausse d’un métal précieux ne se déroule jamais en ligne droite.

La correction de l’or touche peut-être à sa fin

Le message central de Martin Armstrong est sans ambiguïté : l’or peut encore baisser, mais la fenêtre de correction se referme. Une clôture hebdomadaire sous 4 000 dollars pourrait envoyer le métal vers 3 500 à 3 700 dollars. Si ce seuil tient, la baisse actuelle pourrait au contraire laisser place à un nouveau mouvement haussier.

La dette souveraine, les tensions sur les marchés obligataires, les conflits internationaux, les risques énergétiques et la perte de confiance dans les gouvernements forment un environnement particulièrement favorable à l’or sur le moyen terme. La baisse actuelle ne supprime pas ces risques. Elle offre seulement un répit au marché avant une possible nouvelle accélération.

Le seuil de 4 000 dollars est donc le niveau à surveiller. Tant qu’il tient, la correction reste maîtrisée. S’il cède en clôture hebdomadaire, la zone des 3 500 à 3 700 dollars devient possible. Mais si les tensions géopolitiques réapparaissent brutalement, l’or pourrait repartir avant même d’avoir atteint ces objectifs.

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Les niveaux de prix et les scénarios présentés correspondent aux propos attribués à Martin Armstrong et aux données de marché disponibles au 8 octobre 2026. Ils ne constituent pas une garantie de performance ni un conseil financier personnalisé.

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