« La Fed devra imprimer » : un ancien insider appelle à réévaluer l’or tandis que la dette américaine plonge le système vers la crise

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Un ancien cadre de la Federal Reserve Bank de New York, Christopher Whalen, lance un avertissement d’une gravité exceptionnelle : les États-Unis ne pourront pas traverser la prochaine phase de ralentissement économique sans que la Fed ne relance massivement la création monétaire. Selon lui, la Réserve fédérale devra « imprimer », c’est-à-dire racheter à nouveau des titres du Trésor américain, comme elle l’a fait pendant la pandémie et dans sa foulée. Dans ce contexte de déficit public hors de contrôle, de taux longs persistants et de méfiance croissante envers les monnaies fiduciaires, il appelle le Trésor américain à réévaluer officiellement ses réserves d’or et à remettre la monnaie métallique au centre du système. Pour les épargnants, le message est brutal : l’or n’est plus un simple actif de diversification, mais une assurance contre une dérive monétaire déjà engagée.

Le chiffre qui alimente cette inquiétude est désormais officiel. Le déficit budgétaire fédéral américain a atteint 1 992 milliards de dollars pour l’exercice 2026, clos le 30 septembre, soit une hausse de 12 % par rapport aux 1 775 milliards de dollars de 2025. Les recettes fédérales se sont élevées à 5 403 milliards de dollars, tandis que les dépenses ont atteint 7 396 milliards de dollars, creusant un écart que Washington ne parvient plus à maîtriser. Ce déficit, le plus important depuis cinq ans, s’explique notamment par des remboursements liés aux droits de douane et par des charges d’intérêt record sur une dette publique supérieure à 40 000 milliards de dollars. Face à cette spirale, l’or physique redevient un refuge concret pour ceux qui refusent de laisser la totalité de leur pouvoir d’achat entre les mains d’un système endetté.

Christopher Whalen, qui a travaillé au sein de la Federal Reserve Bank de New York et possède plus de quatre décennies d’expérience dans l’analyse des bilans bancaires, estime que le problème central n’est pas conjoncturel : il est fiscal, monétaire et structurel. Il considère que ni l’administration américaine ni la Fed n’assument honnêtement l’ampleur de la situation. Selon lui, lorsque l’économie ralentira, la banque centrale n’aura d’autre choix que de relancer le quantitative easing, car une simple baisse des taux directeurs ne suffira probablement pas à faire redescendre les rendements longs. Cette analyse rejoint une observation déjà visible sur les marchés : après une première baisse agressive de 50 points de base avant l’élection de 2024, le rendement de l’obligation américaine à 10 ans, situé alors autour de 3,6 %, n’est jamais revenu durablement sous ce niveau. Dans un tel environnement, les lingots d’or permettent de détenir une réserve tangible, hors du circuit de la dette souveraine et des promesses bancaires.

La proposition de Whalen est encore plus radicale que son diagnostic. Il demande que le Trésor américain sollicite le Congrès afin de réévaluer ses stocks d’or, aujourd’hui comptabilisés à 42,22 dollars l’once. Les États-Unis détiennent environ 261 millions d’onces d’or, évaluées officiellement à environ 11 milliards de dollars, alors que leur valeur de marché dépasse désormais 1 000 milliards de dollars. L’écart est stupéfiant : le métal serait ainsi valorisé, sur le plan comptable, à une fraction infime de sa valeur réelle. Whalen souhaite également que le Trésor frappe à nouveau des pièces d’or, vendues au poids, sans dénomination faciale arbitraire, et publie chaque jour les prix auxquels il est prêt à acheter et vendre l’or. Cette remise à plat du rôle de l’or dans la monnaie conforte l’idée que les pièces d’or historiques comme le 20 francs Napoléon retrouvent une pertinence considérable comme instrument d’épargne.

Pour Whalen, l’or est avant tout une mesure de l’inflation. Il rappelle qu’Andrew Jackson figure sur le billet de 20 dollars, puis invite chacun à se demander ce que 20 dollars permettent réellement d’acheter aujourd’hui. Son raisonnement est simple : lorsque les États et les banques centrales créent de la monnaie pour financer des déficits, sauver des banques ou soutenir l’économie, la quantité de monnaie augmente plus vite que la richesse réelle produite. Les dépôts grossissent, les actifs financiers gonflent, mais le pouvoir d’achat s’érode. Il estime que la Fed a déjà racheté environ 10 000 milliards de dollars de titres entre 2008 et la fin de la période pandémique, un processus qu’il décrit comme une forme de monétisation de la dette. Face à cette mécanique, l’achat de pièces d’or constitue une réponse directe à la perte silencieuse de valeur des monnaies fiduciaires.

Le contexte international renforce encore cette lecture. Les banques centrales continuent d’acheter de l’or à un rythme élevé, précisément parce qu’elles cherchent une réserve indépendante, non contrôlée par un autre État. Selon les données provisoires du World Gold Council, elles ont acquis environ 63 tonnes d’or en septembre, leur plus fort total mensuel depuis novembre 2024. Goldman Sachs, qui suit également ces flux, évalue ce même mois à 89 tonnes et considère que la demande des banques centrales reste un soutien structurel durable pour le métal jaune. Ce mouvement traduit une volonté croissante de s’éloigner du dollar et de détenir un actif qui ne dépend ni d’une décision politique, ni d’un gel de réserves, ni d’une politique monétaire étrangère. Pour un particulier, détenir de l’or sous forme de lingots revient à reproduire, à son échelle, la logique de protection adoptée par les institutions monétaires.

Un déficit américain de près de 2 000 milliards de dollars

Le déficit américain de 1 992 milliards de dollars pour l’exercice 2026 n’est pas une statistique abstraite : il mesure l’écart entre ce que l’État fédéral dépense et ce qu’il perçoit réellement. Avec 5 403 milliards de dollars de recettes et 7 396 milliards de dollars de dépenses, les États-Unis ont dépensé près de 2 000 milliards de dollars de plus qu’ils n’ont encaissé en une seule année. Cette différence doit être financée par l’émission de dette, ce qui accroît mécaniquement les intérêts futurs à payer. Plus la dette augmente, plus la charge d’intérêts pèse sur le budget, et plus il devient difficile de réduire le déficit sans coupes budgétaires majeures ou sans recourir à une inflation plus élevée. C’est précisément ce cercle que Christopher Whalen juge insoutenable.

Le déficit a progressé de 217 milliards de dollars en un an, soit une hausse de 12 %, et représente désormais environ 6 % du produit intérieur brut américain. Ce niveau place les finances publiques américaines dans une trajectoire que beaucoup d’analystes jugent difficile à inverser, car toute baisse des dépenses se heurte à des intérêts politiques, sociaux et électoraux puissants. Whalen estime que personne à Washington, y compris à la Fed, ne veut réellement affronter cette réalité. Cette absence de débat franc crée, selon lui, un risque majeur : celui de continuer à financer le système par la création monétaire plutôt que par une discipline budgétaire. L’or devient alors le baromètre de cette défiance, car son prix reflète la perte de confiance dans la capacité des États à préserver la valeur de leur monnaie.

Pourquoi la Fed devrait relancer la planche à billets

La thèse de Christopher Whalen repose sur une contrainte simple : le marché obligataire ne se comporte plus comme le souhaiteraient les autorités monétaires. Une baisse des taux directeurs ne garantit pas une baisse des taux longs, car les investisseurs exigent une prime pour détenir des obligations émises par un État dont le déficit et la dette ne cessent d’augmenter. Si les rendements longs restent élevés, le coût du financement de l’État explose, les crédits immobiliers et professionnels deviennent plus chers, et l’économie ralentit davantage. Dans ce scénario, la Fed serait poussée à intervenir directement sur le marché en rachetant des titres du Trésor, autrement dit à relancer le quantitative easing.

Whalen ne présente pas cette éventualité comme une hypothèse lointaine, mais comme une nécessité probable. Il estime que la Fed ne souhaitera pas relever davantage ses taux et qu’un ralentissement économique pourrait l’obliger à baisser ses taux dès le premier trimestre 2027. Il anticipe ensuite une reprise des achats d’obligations afin de soutenir le marché obligataire et de réduire le coût d’emprunt du gouvernement fédéral. Pour lui, ce mécanisme n’est pas nouveau : il a déjà été utilisé après 2008 puis pendant la pandémie, avec des conséquences inflationnistes durables. La création monétaire ne disparaît pas : elle se transforme en dépôts bancaires, en actifs financiers et, à terme, en hausse généralisée des prix.

L’or comme monnaie, pas comme simple placement

Christopher Whalen ne considère pas l’or comme une spéculation parmi d’autres. Il le décrit comme de la monnaie, un actif neutre et asymétrique capable de protéger le pouvoir d’achat. Son raisonnement s’appuie sur une évidence historique : les monnaies fiduciaires peuvent être créées à volonté, tandis que l’or physique ne peut pas être imprimé. Lorsque la confiance dans la gestion budgétaire et monétaire faiblit, l’or redevient une référence. Ce n’est pas une question de mode, mais de survie patrimoniale face à une monnaie dont l’offre peut être augmentée par décision politique.

Il insiste toutefois sur un point important : l’or ne remplace pas nécessairement tous les actifs productifs. Il évoque également l’intérêt de détenir des revenus, notamment à travers des actions privilégiées ou des actions versant des dividendes. Cette approche combine deux protections : l’or protège le capital contre la dévaluation monétaire, tandis que les revenus permettent de faire face aux besoins courants. Mais son message central demeure clair : chacun devrait devenir, en quelque sorte, sa propre banque centrale en détenant une partie de son patrimoine en or et en argent. La proportion exacte dépend de l’âge, de la situation familiale, des revenus et de la tolérance au risque, mais l’existence même d’une allocation en métaux précieux devient, selon lui, indispensable.

Des banques centrales qui accumulent l’or

Le signal le plus puissant ne vient pas seulement des discours, mais des achats réels effectués par les banques centrales. En septembre, elles ont acquis environ 63 tonnes d’or selon les estimations provisoires du World Gold Council, soit le niveau mensuel le plus élevé depuis novembre 2024. Goldman Sachs avance même un chiffre de 89 tonnes pour le même mois et maintient que cette demande officielle constitue un soutien structurel du marché. Ces institutions ne cherchent pas à réaliser un gain rapide : elles construisent des réserves capables de résister aux crises, aux sanctions et aux tensions géopolitiques.

Cette accumulation officialise une tendance de fond : la diversification loin du dollar et vers des actifs souverains indépendants. Whalen souligne que les banques centrales se tournent vers l’or, et dans une moindre mesure vers l’argent, parce qu’elles veulent une réserve qui ne soit pas contrôlée par un autre pays. Il ne pense pas que le dollar perde immédiatement son statut de monnaie de réserve mondiale, mais il estime que si le monde demande moins de dollars, une partie de ces dollars reviendra aux États-Unis et accentuera la pression inflationniste intérieure. L’or devient alors le réceptacle naturel de cette méfiance systémique.

La France et l’Europe face à la crise des taux

Le problème ne se limite pas aux États-Unis. En France, le rendement de l’OAT à 10 ans a frôlé 5 % début octobre, atteignant 4,9629 %, son plus haut niveau depuis juillet 2002. Le 20 octobre, il restait proche de 4,9 %, après avoir atteint 4,9877 % en séance. Cette envolée traduit l’inquiétude des marchés face à la dette publique française, aux difficultés politiques de consolidation budgétaire et aux tensions sociales. La France prévoit par ailleurs d’émettre un volume record de 340 milliards d’euros d’obligations à moyen et long terme en 2027, contre 310 milliards en 2026, ce qui accroît la pression sur le marché.

Ces taux élevés ne sont pas un détail technique : ils déterminent le coût des crédits immobiliers, des financements des entreprises et du remboursement de la dette publique. Lorsque les États doivent payer davantage pour emprunter, ils disposent de moins de marges pour financer les services publics, les retraites ou les investissements. Whalen estime que les marchés obligataires ne sont pas sortis d’affaire et que la situation pourrait encore se dégrader. Dans ce contexte européen comme américain, l’or et l’argent fonctionnent comme une réserve de valeur qui ne dépend pas de la solvabilité d’un État ni de la capacité d’une banque centrale à contrôler les taux.

Une crise du coût de la vie qui est aussi une crise monétaire

Les manifestations et les tensions sociales observées en Europe, notamment en France et en Italie, ne doivent pas être réduites à une seule cause. Christopher Whalen y voit un mélange de colères légitimes liées au coût de la vie, à la perte de pouvoir d’achat et à la défiance envers les élites politiques et monétaires. Selon lui, parler de « crise du coût de la vie » ou de « crise d’accessibilité » revient souvent à masquer la réalité sous-jacente : une crise monétaire et inflationniste. Les prix augmentent parce que la monnaie perd de la valeur, parce que le crédit a été abondamment créé et parce que les déficits ont été financés par des mécanismes qui finissent par peser sur l’ensemble de la population.

Il estime que les dirigeants ne sont pas suffisamment honnêtes avec le public sur l’origine du problème. Plutôt que d’admettre que des décennies de déficits, de sauvetages bancaires, de plans de relance et de création monétaire ont fragilisé le système, les responsables préféreraient, selon lui, désigner des causes extérieures : guerres, chocs énergétiques, dirigeants étrangers ou événements exceptionnels. Whalen rappelle que le public avait accepté les sauvetages après 2008, puis les transferts massifs de liquidités en 2020, mais qu’il n’existe pas de repas gratuit. Tôt ou tard, la facture se présente, soit sous forme d’inflation, soit sous forme de baisse du niveau de vie, soit sous forme de tensions sociales.

Le risque d’une période de chaos social et financier

L’avertissement de Whalen est explicitement anxiogène : il anticipe que les deux ou trois prochaines années pourraient être profondément perturbées et chaotiques sur le plan social. Il considère que les protestations légitimes liées au pouvoir d’achat peuvent être récupérées ou exacerbées par des acteurs cherchant à provoquer des violences, afin de justifier ensuite un durcissement du contrôle et d’empêcher les citoyens touchés par l’inflation de s’exprimer. Il met également en garde contre les stratégies de division, religieuses, ethniques ou politiques, qui détourneraient l’attention du problème central : plus de cinquante années de régime monétaire fiduciaire fondé sur la dette.

Cette analyse ne prétend pas prédire une date précise d’effondrement, mais elle décrit une dynamique dangereuse. Les États continuent d’emprunter, les banques centrales finissent par soutenir les marchés obligataires, la monnaie perd progressivement de sa valeur, et la population subit une érosion continue de son pouvoir d’achat. L’analogie de la grenouille dans l’eau qui chauffe illustre cette progression silencieuse : tant que la dégradation est lente, elle semble supportable, jusqu’au moment où elle devient intolérable. L’or physique offre dans ce cadre une fonction précise : il permet de conserver une valeur réelle lorsque les promesses monétaires perdent leur crédibilité.

Ray Dalio et la concentration extrême sur l’or

L’épisode Ray Dalio ajoute une dimension symbolique au débat. Des informations relayées à partir de ses déclarations réglementaires suggèrent que les positions en or physique détenues par sa family office représenteraient 87 % de ses positions divulguées. Ce niveau de concentration est considérable et ne constitue évidemment pas une recommandation universelle : la situation patrimoniale de Ray Dalio, ses horizons d’investissement et sa capacité à absorber la volatilité ne sont pas comparables à ceux d’un épargnant ordinaire. Mais le signal reste fort : l’un des investisseurs les plus suivis au monde accorde à l’or un rôle central dans la préservation de son patrimoine.

La leçon n’est donc pas de copier aveuglément cette allocation, mais de comprendre sa logique. Dalio, comme Whalen, considère que l’environnement de dette élevée, de tensions géopolitiques et de dévaluation monétaire justifie une exposition importante aux actifs réels. Pour un particulier, cela peut se traduire par une allocation progressive, régulière et adaptée à ses moyens, plutôt que par une décision unique et précipitée. L’or n’a pas besoin d’être détenu à 87 % pour jouer son rôle : même une part significative du patrimoine peut changer radicalement la résilience d’un portefeuille face à une crise monétaire.

Où en sont l’or et l’argent aujourd’hui ?

Sur le plan technique, le marché de l’or évolue depuis la fin septembre dans une fourchette comprise entre environ 4 100 et 4 200 dollars l’once. Le 20 octobre, l’once évoluait autour de 4 120 dollars, tandis que l’argent se situait près de 57,21 dollars. Tant que l’or ne parvient pas à franchir durablement la zone des 4 200 dollars, la progression reste limitée, mais le support autour de 4 100 dollars demeure surveillé, avec un point bas repéré vers 4 065 dollars. L’argent, après une cassure plus marquée le 13 octobre, évolue récemment dans une fourchette d’environ 56,50 à 58 dollars l’once.

Ces niveaux ne modifient pas, selon Whalen, le fondement du scénario de moyen et long terme. La dette explose, les taux longs restent élevés, les banques centrales achètent de l’or et la pression inflationniste persiste. Une correction de court terme peut toujours survenir, car aucun marché ne monte en ligne droite, mais la tendance structurelle reste orientée vers les actifs réels. Pour les épargnants, la question n’est donc pas seulement de savoir si l’or va progresser la semaine prochaine, mais de savoir si leur patrimoine est protégé contre une dévaluation monétaire qui, elle, progresse déjà.

Ce que signifie la réévaluation de l’or

La réévaluation des réserves d’or américaines serait un événement monétaire majeur. Elle consisterait à reconnaître officiellement que l’or détenu par le Trésor vaut bien davantage que les 42,22 dollars l’once fixés dans la comptabilité officielle. Avec environ 261 millions d’onces, la valeur comptable actuelle avoisine 11 milliards de dollars, alors que la valeur de marché dépasse 1 000 milliards de dollars. Une telle réévaluation renforcerait mécaniquement le bilan de l’État, mais elle enverrait aussi un message politique immense : l’or redeviendrait un pilier explicite du système financier américain.

La proposition de frapper à nouveau des pièces d’or vendues au poids renforce cette logique. Une pièce sans valeur faciale, dont le prix serait fixé chaque jour en fonction du marché, réintroduirait une forme de monnaie marchandise dans un système entièrement dominé par la monnaie fiduciaire. Whalen veut que le Trésor publie quotidiennement ses prix d’achat et de vente de l’or, afin de rendre ce mécanisme transparent. Cette idée remet l’or au cœur du débat public et légitime ce que de nombreux épargnants font déjà depuis longtemps : détenir du métal physique pour se protéger d’un système financier de plus en plus dépendant de la dette.

Pourquoi l’or physique reste l’assurance ultime

L’or physique possède une caractéristique que ni une action, ni une obligation, ni un dépôt bancaire ne peuvent offrir pleinement : il ne repose pas sur la promesse d’un tiers. Un lingot ou une pièce d’or détenue directement ne dépend pas de la solvabilité d’une banque, de la décision d’un gouvernement ou de la continuité d’un système de paiement. C’est cette indépendance qui explique son retour en grâce auprès des banques centrales, des investisseurs institutionnels et des épargnants préoccupés par l’inflation. Lorsque la confiance dans les promesses financières diminue, l’or redevient une référence universelle.

Christopher Whalen résume cette logique en qualifiant l’or de mesure de l’inflation. Il ne s’agit pas de prétendre que l’or protège contre chaque hausse de prix à court terme, mais de reconnaître qu’il protège le pouvoir d’achat sur la durée lorsque la monnaie est dévaluée. Dans un monde où les déficits atteignent des sommets historiques, où les taux longs restent élevés et où les banques centrales accumulent activement le métal jaune, l’or physique redevient un instrument de conservation patrimoniale. La question n’est plus de savoir si le système est parfait, mais de savoir qui sera protégé lorsque ses fragilités deviendront impossibles à ignorer.

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