Coût des émeutes en France : 1,5 milliard d’euros directs et une facture pouvant atteindre des dizaines de milliards
Le coût des émeutes en France dépasse très largement les vitrines brisées et les commerces pillés. Selon l’économiste Marc Touati, interrogé par CNews, la facture directe des saccages survenus en octobre est déjà estimée à environ 1,5 milliard d’euros. Mais ce montant n’est que la partie visible du désastre : les pertes d’activité, l’effondrement du tourisme et la défiance des investisseurs pourraient porter le coût total à plusieurs dizaines de milliards d’euros. Dans un pays déjà fragilisé par une dette record, des taux d’intérêt en forte hausse et une économie au ralenti, ces violences frappent la France au moment précis où elle ne peut plus se le permettre. Face à cette instabilité, de nombreux épargnants cherchent déjà à protéger leur capital avec l’achat de pièces d’or comme le 20 francs Napoléon, une valeur refuge historique lorsque la confiance dans les États s’effrite.
Le premier choc est immédiat : les pillages, incendies, dégradations et fermetures forcées de magasins détruisent de la valeur en quelques heures. La Fédération du commerce et de la distribution estime qu’environ 1 500 commerces ont été touchés lors des violences du 17 octobre, avec des dégâts provisoirement évalués à « plusieurs centaines de millions d’euros » par Alexandre Bompard, président de la FCD. Marc Touati va plus loin et estime le coût direct global à environ 1,5 milliard d’euros, un niveau supérieur aux 900 millions d’euros attribués aux gilets jaunes en 2018 et au milliard d’euros engendré par une semaine d’émeutes en 2023. Les assurances indemniseront une partie des sinistres, mais elles ne couvriront pas tout, et les hausses futures de cotisations finiront par être répercutées sur les entreprises, les collectivités et les ménages. Pour ceux qui veulent se prémunir contre l’érosion de leur pouvoir d’achat et l’instabilité économique, acheter des pièces d’or apparaît comme une réponse concrète à une incertitude qui ne cesse de s’aggraver.
Le deuxième coût est encore plus lourd : il s’agit du manque à gagner économique. Les commerces sinistrés peuvent rester fermés pendant des semaines, voire des mois, le temps des expertises, des réparations, du réapprovisionnement et de la reprise de l’activité. Chaque jour de fermeture signifie des ventes perdues, des salaires menacés, des fournisseurs non payés et une baisse de la consommation. Or, la consommation était déjà l’un des points faibles de l’économie française. Les images de pillages et de rues saccagées aggravent mécaniquement cette faiblesse : elles refroidissent les ménages, retardent les investissements et fragilisent les petites entreprises, qui n’ont pas la trésorerie nécessaire pour absorber un choc de cette ampleur. Dans ce climat, l’achat de lingots d’or devient pour beaucoup une façon de sortir une partie de leur épargne d’un système économique perçu comme de plus en plus instable.
Le secteur du tourisme est sans doute l’une des premières victimes économiques de ces violences. La France est le pays le plus visité au monde : elle a accueilli 102 millions de visiteurs en 2025 et dégagé un record de 77,5 milliards d’euros de recettes touristiques internationales, selon le ministère de l’Économie et Atout France. Ce secteur représente donc un pilier majeur de l’économie nationale, avec des emplois, des hôtels, des restaurants, des transports, des commerces et des territoires entiers qui dépendent de la confiance des visiteurs étrangers. Or, les images diffusées dans le monde entier donnent l’image d’une France incapable de garantir la sécurité de ses rues, de ses commerces et de ses sites touristiques.
Marc Touati rappelle qu’après les émeutes de 2023, les professionnels du tourisme avaient déjà constaté une baisse de 25 % des réservations, incluant les vols, les hôtels et les séjours. Dans certaines villes, cette chute avait même atteint 50 %. Il estime que la situation actuelle peut être encore plus grave, car elle survient alors que la défiance envers la France était déjà élevée. Les touristes étrangers, notamment japonais et américains, prennent des assurances avant de venir en France ; si les assureurs refusent de les couvrir ou renchérissent fortement leurs polices, les annulations peuvent se multiplier. L’économiste chiffre le coût direct pour le tourisme à environ 2 milliards d’euros, un montant qui s’ajoute aux pertes subies par le commerce, la consommation et l’ensemble de l’activité économique.
Le troisième coût est le plus dangereux, car il ne se voit pas immédiatement dans les rues : il s’agit de la défiance des marchés financiers envers la France. Les investisseurs internationaux observent l’incapacité du pays à maintenir la stabilité économique, sociale et sociétale. Cette défiance se traduit par une hausse des taux d’intérêt exigés pour prêter à l’État français. Or, le rendement de l’OAT française à dix ans a récemment frôlé 5 %, son plus haut niveau depuis 2002, tandis que l’écart avec les taux allemands s’est creusé jusqu’à près de 150 points de base. Cette situation signifie concrètement que la France doit payer davantage pour emprunter, ce qui alourdit la charge de la dette, réduit les marges budgétaires et finit par renchérir le crédit pour les entreprises et les ménages.
La dépendance de la France aux investisseurs étrangers rend ce risque particulièrement explosif. Marc Touati rappelle que 57,5 % de la dette française est détenue par des non-résidents. Ce chiffre correspond à la dette négociable de l’État au premier trimestre 2026, selon les données citées par l’Agence France Trésor et relayées par plusieurs médias économiques. La Banque de France indique également que la part des titres de dette à long terme détenus par des non-résidents atteignait 58,4 % au 30 juin 2026. Autrement dit, une part majeure du financement de la France repose sur des créanciers étrangers, qui peuvent réduire leurs achats, exiger des rendements plus élevés ou se détourner des obligations françaises dès que la confiance disparaît.
Cette vulnérabilité transforme chaque image de pillage en signal d’alarme pour les marchés. Une France perçue comme instable devient un pays plus risqué aux yeux des investisseurs. S’ils exigent des taux plus élevés, l’État devra consacrer toujours plus d’argent au remboursement de sa dette, au détriment des dépenses publiques utiles. La charge de la dette pourrait atteindre 77,4 milliards d’euros en 2026, selon une estimation de la Cour des comptes relayée par RMC-BFM, après environ 55 milliards d’euros en 2025. Chaque hausse des taux aggrave donc le déficit, alimente la dette et renforce le cercle vicieux dénoncé par Marc Touati : moins de croissance, plus de chômage, plus de déficit, plus de dette et davantage de défiance.
Le contexte macroéconomique rend ce choc encore plus brutal. Le taux de chômage français atteignait déjà 8,3 % au deuxième trimestre 2026, selon BNP Paribas Economic Research, qui anticipe une poursuite de la dégradation jusqu’à 8,5 % fin 2026, voire 8,7 % au milieu de 2027. Le déficit public devrait rester élevé, autour de 5,4 % du PIB en 2026, tandis que la dette publique pourrait grimper à 119 % du PIB cette année, puis à 121 % en 2027. Dans une économie déjà affaiblie, les émeutes ne sont pas un simple incident de sécurité : elles agissent comme un accélérateur de crise, en détruisant de l’activité, en effrayant les consommateurs et en poussant les investisseurs à exiger une prime de risque plus élevée.
Au total, Marc Touati résume une mécanique économique d’une gravité exceptionnelle. Le coût direct des pillages et des saccages est estimé à environ 1,5 milliard d’euros. Le coût indirect lié à la baisse d’activité, au tourisme et à la consommation peut atteindre environ 5 milliards d’euros à moyen terme. Mais le véritable danger réside dans la défiance durable des investisseurs, français comme étrangers : elle peut engendrer des coûts se chiffrant en dizaines de milliards d’euros. Pour l’économiste, il ne s’agit donc pas seulement de vitrines cassées ou de magasins fermés, mais d’une véritable « horreur économique » capable d’aggraver la récession, le chômage, le déficit et la dette de la France.
Dans un tel environnement, la question de la protection du patrimoine devient centrale. Lorsque les États s’endettent davantage, lorsque les taux montent et que la confiance recule, les actifs réels et les valeurs refuges retrouvent une place dans les stratégies patrimoniales. L’or physique, sous forme de pièces ou de lingots, est historiquement perçu comme un actif tangible, sans risque de contrepartie bancaire, qui peut permettre de diversifier une épargne exposée à l’inflation, à la hausse des taux et à l’instabilité géopolitique. Les investisseurs qui souhaitent sécuriser une partie de leur capital peuvent ainsi s’orienter vers l’achat de pièces d’or, une solution concrète face à une France dont l’image économique et financière se dégrade à une vitesse préoccupante.