Marc Touati : « On va malheureusement tous payer… et La facture va être très chère ! »

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La France paie désormais son endettement au prix fort

La hausse des taux d’intérêt en France vient de franchir un seuil que beaucoup pensaient impossible à atteindre aussi vite. Le rendement de l’OAT française à dix ans a dépassé 5% le 21 octobre 2026, pour la première fois depuis juillet 2002, après avoir été autour de 3,2% en février. Pour l’économiste Marc Touati, le message est sans appel : « On va malheureusement tous payer » et « la facture va être très chère ». Cette envolée traduit une défiance croissante des marchés envers la capacité de la France à maîtriser son déficit public, et elle frappe désormais l’État, les entreprises, les ménages et l’emploi.

Face à ce basculement historique, la protection du patrimoine redevient une question centrale. Beaucoup de Français cherchent aujourd’hui à diversifier une partie de leurs économies hors des actifs financiers fragilisés par la remontée des taux, notamment avec l’achat de pièces d’or comme le 20 francs Napoléon tête nue. Ce mouvement ne relève pas d’une mode passagère : lorsque la confiance dans la soutenabilité des finances publiques recule, l’or physique retrouve naturellement sa fonction de valeur refuge.

Un taux à 5%, un choc venu de 2002

Le taux d’emprunt de la France à dix ans mesure le rendement exigé par les investisseurs pour détenir la dette souveraine française sur cette durée. Plus ce taux monte, plus l’État paie cher chaque nouvelle émission d’obligations. Mercredi 21 octobre, l’OAT à dix ans a brièvement dépassé la barre des 5%, atteignant 5,005% en séance, avant de revenir légèrement en dessous de ce seuil. C’est un niveau jamais vu depuis juillet 2002, une époque où l’inflation et la peur des marchés structuraient déjà fortement les décisions économiques.

Marc Touati décrit une trajectoire « vertigineuse » : la France est passée d’environ 3,2% en février à plus de 5% en octobre. Ce n’est donc pas une variation technique réservée aux salles de marché. C’est le prix que la France doit désormais consentir pour emprunter, alors même que sa dette est déjà très élevée et que chaque point de taux supplémentaire alourdit mécaniquement les futures échéances de remboursement.

Dans ce contexte d’incertitude budgétaire et monétaire, l’or attire de nouveau l’attention des épargnants qui veulent éviter de laisser l’intégralité de leur patrimoine exposée aux secousses des taux et à la défiance des marchés. Les investisseurs les plus prudents se tournent notamment vers les pièces d’or investissement, un actif tangible, liquide et reconnu internationalement, qui ne dépend pas de la solvabilité d’un État ou d’une banque.

La France, première du classement que personne ne voulait

Le plus inquiétant n’est pas seulement le niveau absolu du taux français, mais l’écart avec les autres pays européens. Selon les chiffres cités par Marc Touati, l’Italie affiche environ 4,6%, la Belgique 4,5%, la Grèce 3,9% et l’Allemagne 3,4%. La France se retrouve donc en tête de ce classement, avec près de 1,6 point d’écart avec l’Allemagne. Cet écart, appelé spread, est un thermomètre direct de la confiance : plus il se creuse, plus les investisseurs estiment que prêter à la France comporte un risque supérieur à celui de prêter à l’Allemagne.

Les données de marché confirment cette pression. L’écart entre les rendements français et allemands à dix ans s’est creusé jusqu’à environ 159 points de base, son plus haut niveau depuis quinze ans. Autrement dit, les marchés ne se contentent pas de réclamer des taux plus élevés à la France : ils exigent une prime de risque supplémentaire, signe que la question n’est plus seulement celle du coût de l’argent, mais celle de la crédibilité budgétaire du pays.

Cette défiance envers les États et les monnaies paperasse pousse de nombreux épargnants à sécuriser une partie de leur épargne dans un actif qui a traversé les crises, les guerres monétaires et les effondrements de confiance. C’est précisément pourquoi l’achat de lingots d’or revient au cœur des stratégies patrimoniales lorsque la dette publique devient elle-même une source d’inquiétude.

Une charge de dette qui explose

La première victime de cette hausse des taux est l’État lui-même. Marc Touati estime que la charge d’intérêts de la dette publique atteindra déjà environ 80 à 85 milliards d’euros cette année, avant de s’approcher de 100 milliards d’euros. Il rappelle un chiffre particulièrement frappant : l’ensemble des recettes de l’impôt sur le revenu représente environ 95 milliards d’euros. La France pourrait donc bientôt consacrer davantage d’argent au simple paiement des intérêts de sa dette qu’à la totalité de ce que rapporte l’impôt sur le revenu.

Les projections budgétaires confirment cette trajectoire. La charge d’intérêts devrait passer de 79,2 milliards d’euros en 2026 à 91,2 milliards en 2027, puis dépasser 100 milliards d’euros dès 2028, selon Les Échos. Elle atteindrait ensuite 114,8 milliards en 2029 et 125,8 milliards en 2030. Chaque euro consacré au remboursement des intérêts est un euro qui ne peut plus financer l’hôpital, l’école, la sécurité, les retraites ou l’investissement public.

Pour les épargnants, cette spirale pose une question simple : comment protéger son pouvoir d’achat lorsque l’État doit consacrer une part croissante de ses ressources à financer sa dette ? L’or physique apporte une réponse historique à cette angoisse. Les pièces d’or, en particulier, permettent d’investir par petites unités, de stocker facilement et de revendre progressivement si nécessaire, comme avec les pièces d’or disponibles à l’achat.

Crédit immobilier, consommation et entreprises : la facture se propage

Le drame, selon Marc Touati, est que la hausse des taux souverains ne reste pas enfermée dans les marchés obligataires. Elle se propage à l’ensemble de l’économie. Lorsque l’État emprunte plus cher, les banques, les entreprises et les ménages finissent par payer également plus cher leur financement. Les crédits immobiliers deviennent plus coûteux, la consommation des ménages ralentit, l’investissement des entreprises recule et les projets économiques deviennent plus difficiles à financer.

Cette mécanique est particulièrement brutale pour les ménages endettés et pour les jeunes actifs qui espéraient accéder à la propriété. Un taux immobilier plus élevé réduit mécaniquement la capacité d’emprunt : à mensualité identique, un ménage peut acheter moins de mètres carrés. Pour les entreprises, le crédit plus cher renchérit les investissements, les stocks, les équipements et le besoin en trésorerie. Pour l’économie française, cela signifie moins de croissance, moins d’embauches et davantage de pression sur les salaires réels.

Dans un tel environnement, l’or n’est pas seulement un actif financier : c’est aussi une assurance patrimoniale contre la dégradation du pouvoir d’achat. Les épargnants qui souhaitent se protéger sans immobiliser des sommes trop importantes peuvent commencer par le 20 francs Napoléon tête nue, une pièce d’or historique, accessible et particulièrement recherchée en France.

Carrefour, symbole d’une économie qui vacille

La montée des taux n’est pas une abstraction : elle se lit déjà dans les résultats des entreprises. Carrefour a annoncé une révision à la baisse de ses objectifs annuels, invoquant une situation « sans précédent » en France, une fréquentation en recul dans certains magasins urbains, des horaires d’ouverture réduits et des coûts supplémentaires liés à la sécurité. Le groupe a également réduit ses prévisions d’investissement en France, les faisant passer de 1,7 milliard à 1,6 milliard d’euros.

Le marché a immédiatement sanctionné cette alerte. L’action Carrefour a chuté de 13,8% en séance, accusant la plus forte baisse du CAC 40. Marc Touati souligne que la France représente environ la moitié du chiffre d’affaires du groupe, ce qui rend l’impact particulièrement concret. Ce n’est donc plus une supputation théorique : une grande entreprise française, employeur de milliers de salariés, voit son activité et ses perspectives fragilisées par la dégradation du climat économique et social.

Lorsque les grandes enseignes tremblent, les épargnants comprennent vite que leurs livrets, assurances-vie ou actions peuvent eux aussi subir les conséquences d’une crise prolongée. C’est dans ce climat que l’or physique redevient un réflexe de préservation, notamment à travers l’achat de pièces d’or, qui permet de détenir un actif universel, sans risque de contrepartie bancaire.

Faillites en hausse : l’alerte sociale devient réelle

Marc Touati insiste sur un autre signal alarmant : les faillites d’entreprises continuent d’augmenter. En excluant les microentreprises, c’est-à-dire en se concentrant sur les sociétés qui emploient des salariés, il indique que le nombre de défaillances se situe environ 14% au-dessus du sommet atteint lors de la récession de 2009. Derrière chaque défaillance, il y a des emplois menacés, des salaires suspendus, des fournisseurs impayés et des familles fragilisées.

Les statistiques de la Banque de France montrent l’ampleur du phénomène. À fin août 2026, la France comptait 70 766 défaillances d’entreprises en cumul sur douze mois, un chiffre légèrement supérieur à celui de juillet. Cette pression sur le tissu économique s’ajoute aux difficultés déjà évoquées par Marc Touati, notamment les redressements judiciaires d’enseignes historiques et les milliers de salariés concernés.

Pour un ménage, la menace ne vient donc plus seulement de l’inflation ou des impôts : elle vient aussi de l’emploi. Dans ce contexte, diversifier son épargne vers un actif tangible devient une décision de prudence. L’or, sous forme de pièces ou de lingots, permet de conserver une réserve de valeur qui ne peut pas faire faillite, contrairement à une entreprise, une banque ou un État surendetté.

État, entreprises, ménages : tous paieront la facture

Le diagnostic de Marc Touati est brutal mais cohérent : les grands perdants de cette séquence sont l’État, les entreprises et les ménages. L’État paie davantage ses intérêts, les entreprises subissent un crédit plus cher, une consommation plus faible et une incertitude accrue, tandis que les ménages voient leur pouvoir d’achat, leur accès au crédit et leur sécurité d’emploi se dégrader. La hausse des taux n’est donc pas un sujet réservé aux financiers : c’est un choc économique et social qui touche l’ensemble du pays.

La question qui se pose désormais aux Français n’est pas seulement de savoir quand les taux vont redescendre, mais combien de temps la confiance mettra à revenir. Tant que la défiance persiste, chaque nouvelle émission de dette coûte plus cher, chaque entreprise fragilisée menace un peu plus l’emploi et chaque ménage doit revoir sa stratégie patrimoniale. Dans ce décor, l’or physique s’impose comme un rempart historique contre l’incertitude, la perte de confiance et l’érosion du pouvoir d’achat.

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