Or : derrière la volatilité, les signes d’une profonde reconfiguration du marché mondial… Avec Andrew Maguire !

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Le marché de l’or pourrait se trouver à un tournant historique. Derrière les corrections brutales, les variations des rendements obligataires et les mouvements parfois spectaculaires des contrats à terme, une transformation plus profonde serait en train de se dessiner : celle d’un système monétaire dans lequel les banques centrales, les investisseurs institutionnels et les grandes puissances accordent une place croissante à l’or physique. C’est la thèse défendue par Andrew Maguire dans son émission Live from the Vault. Selon cet analyste du marché des métaux précieux, la volatilité récente ne remet pas nécessairement en cause la tendance de fond. Elle pourrait au contraire masquer une recomposition des positions financières et une compétition grandissante pour l’accès au métal réellement disponible.

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La question centrale est celle de la différence entre l’or négocié sur les marchés financiers et l’or physique détenu pour le long terme. Sur les marchés à terme, les opérateurs peuvent prendre des positions importantes sans acheter immédiatement les lingots correspondants. Ces instruments apportent de la liquidité et facilitent la couverture des risques, mais ils peuvent aussi amplifier les mouvements de prix lorsque de nombreux investisseurs adoptent simultanément la même stratégie. Andrew Maguire estime que cette mécanique aurait récemment accentué les pressions vendeuses, alors que des acheteurs physiques continuaient, selon son analyse, de profiter des replis. La distinction est déterminante : une baisse provoquée par des ventes financières ne signifie pas automatiquement que la demande de métal physique s’effondre.

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Cette divergence prend une importance particulière dans un contexte marqué par l’endettement souverain, les incertitudes monétaires et les interrogations sur la capacité des États à refinancer leur dette à des conditions soutenables. L’or ne verse aucun intérêt, contrairement à une obligation du Trésor américain. Pourtant, il ne représente pas non plus une créance sur un État ou une entreprise lorsqu’il est détenu directement. Pour les banques centrales et certains investisseurs, cette caractéristique en fait un actif de diversification face aux risques financiers et monétaires. Le raisonnement d’Andrew Maguire repose sur cette opposition : si les investisseurs accordent davantage d’importance au risque associé aux dettes souveraines et à la dépréciation potentielle des monnaies, l’or peut conserver son attrait même lorsque les rendements obligataires demeurent élevés.

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Les dernières données disponibles renforcent l’intérêt de cette question sans démontrer pour autant qu’une envolée des cours soit inévitable. Le World Gold Council indiquait, dans son bilan publié le 30 juillet 2026, que les achats nets des banques centrales avaient atteint 289 tonnes au deuxième trimestre, soit cinq fois l’estimation révisée du premier trimestre, établie à 57 tonnes. Sur l’ensemble du premier semestre, les achats nets atteignaient 345 tonnes. Ces chiffres témoignent d’un retour marqué des achats officiels au deuxième trimestre, même si le total semestriel restait inférieur à celui de plusieurs périodes récentes. La demande institutionnelle constitue donc un élément concret à surveiller, mais elle ne permet pas, à elle seule, de prévoir le prochain mouvement du prix de l’or.

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L’argent présente une configuration différente, car il cumule une fonction de métal précieux et un rôle de matière première industrielle. Selon les prévisions publiées par le Silver Institute le 10 février 2026, le marché mondial devait enregistrer une sixième année consécutive de déficit, avec un manque estimé à 67 millions d’onces pour l’année. L’institut anticipait également une progression de 20 % de l’investissement physique, à 227 millions d’onces. Ces estimations soutiennent l’hypothèse d’un marché structurellement tendu, mais elles ne signifient pas que les stocks seront épuisés ni que le cours progressera sans interruption. La demande industrielle, les substitutions technologiques, le recyclage et les réactions des consommateurs aux prix élevés peuvent modifier l’équilibre du marché.

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Le véritable enjeu consiste ainsi à déterminer si les marchés financiers sous-estiment durablement la demande physique. Andrew Maguire considère que les corrections des contrats à terme peuvent créer des écarts entre le prix affiché sur les écrans et les conditions observées dans les circuits d’approvisionnement du métal. Il estime également que les acheteurs asiatiques, les institutions et les banques centrales pourraient absorber une partie des ventes déclenchées par les investisseurs spéculatifs. Cette lecture est cohérente avec l’idée générale selon laquelle les marchés financiers et les marchés physiques ne réagissent pas toujours aux mêmes horizons de temps. En revanche, les accusations de ventes coordonnées destinées à plafonner les cours, ainsi que les interprétations de certaines transactions comme des interventions officielles, doivent être distinguées des données publiquement vérifiables.

Or : pourquoi la demande des banques centrales change la lecture du marché

Pendant longtemps, l’analyse du prix de l’or s’est largement appuyée sur trois variables : le dollar américain, les rendements obligataires réels et les anticipations concernant la politique monétaire de la Réserve fédérale. Lorsque les taux réels augmentent, la détention d’or peut devenir relativement moins attractive, puisque le métal ne génère aucun revenu périodique. Lorsque le dollar se renforce, l’or peut également devenir plus coûteux pour les acheteurs utilisant d’autres monnaies. Ces relations restent importantes, mais elles ne fonctionnent pas comme des lois mécaniques. La demande des banques centrales, les risques géopolitiques, les achats d’investissement et les tensions sur la dette peuvent compenser, à certaines périodes, les effets traditionnellement défavorables d’un dollar fort ou de rendements élevés.

Dans son analyse, Andrew Maguire affirme précisément que l’or s’émancipe progressivement de sa relation historiquement négative avec les rendements réels. Selon lui, les investisseurs à long terme ne regardent plus uniquement le rendement immédiat des obligations : ils évaluent aussi le risque de crédit souverain, les besoins futurs de refinancement et la capacité des gouvernements à préserver le pouvoir d’achat des monnaies. Cette interprétation permet de comprendre pourquoi l’or peut rester recherché dans un environnement où les taux ne baissent pas rapidement. Elle ne signifie cependant pas que la corrélation avec les taux a disparu définitivement. Les marchés peuvent revenir à une sensibilité plus classique lorsque les anticipations d’inflation, les taux réels ou le dollar changent.

Le World Gold Council estime que l’investissement devrait rester un moteur important de la demande d’or durant le reste de 2026, avec une contribution accrue des transactions de gré à gré et des achats asiatiques. L’organisme prévoit également que les banques centrales resteront des acheteurs significatifs. Cette perspective fournit un cadre plus solide que la seule lecture des graphiques à court terme : elle invite à observer simultanément les flux d’investissement, les achats officiels, les stocks disponibles et les conditions monétaires. Pour autant, même une demande structurellement favorable ne supprime ni les corrections ni le risque de valorisation excessive.

Marchés à terme : comment les ventes spéculatives peuvent amplifier une correction

Les contrats à terme sur l’or et l’argent permettent aux opérateurs de prendre une exposition financière avec une garantie initiale, appelée marge, sans payer immédiatement la totalité de la valeur notionnelle de leur position. Cet effet de levier augmente la capacité d’intervention des investisseurs, mais il amplifie également leurs risques. Si le marché évolue contre une position, l’opérateur peut devoir apporter des fonds supplémentaires ou réduire son exposition. Lorsque de nombreux acteurs sont positionnés dans le même sens, les liquidations peuvent alors accélérer les mouvements de prix et provoquer des fluctuations nettement supérieures à celles que laisserait prévoir la seule évolution de l’offre et de la demande physiques.

Andrew Maguire interprète les ventes récentes sur les marchés à terme comme une concentration excessive de positions spéculatives vendeuses. Il soutient que certains opérateurs auraient vendu des contrats sans que ces transactions correspondent à une mise en vente équivalente de métal physique. Dans ce scénario, une reprise des achats physiques pourrait obliger les vendeurs à racheter leurs positions, ce qui ajouterait une demande financière à la demande existante. Ce mécanisme est connu sous le nom de short squeeze, ou compression des positions vendeuses. Il peut produire une accélération rapide des cours, mais il n’est ni automatique ni garanti : il dépend notamment du positionnement réel des acteurs, de la liquidité, des marges et de la disponibilité du métal livrable.

Il est également essentiel de ne pas confondre volume notionnel et quantité de métal effectivement transférée. Un contrat à terme représente une exposition contractuelle ; le nombre de contrats échangés ne prouve pas que le volume équivalent de lingots ou de pièces a été vendu, acheté ou livré. Les affirmations de manipulation, de dépassement de limites de position ou d’intervention d’acteurs officiels nécessitent donc des éléments de preuve indépendants, notamment les données de marché pertinentes, les documents réglementaires et les informations relatives aux livraisons. La volatilité peut révéler une fragilité de marché sans suffire à démontrer l’existence d’une coordination illicite.

Le niveau des prix et les chiffres avancés par Andrew Maguire

L’analyse d’Andrew Maguire s’appuie sur plusieurs seuils techniques et scénarios haussiers. Il évoque notamment des niveaux de résistance autour de 4 200 à 4 250 dollars l’once pour l’or, ainsi que des seuils supérieurs qui pourraient, selon lui, déclencher des rachats de positions vendeuses. Pour l’argent, il envisage un mouvement beaucoup plus marqué, pouvant atteindre 140 dollars l’once dans un scénario de réévaluation physique. Ces chiffres doivent être compris pour ce qu’ils sont : des niveaux et des objectifs avancés dans son analyse, et non des prévisions garanties ni des consensus établis.

Le contexte de marché rappelle d’ailleurs que la trajectoire des métaux précieux reste instable. Le 22 octobre 2026, Reuters rapportait que l’or avait reculé de 2,1 %, à environ 4 055,69 dollars l’once, tandis que l’argent perdait 4,6 %, dans un contexte de remontée des craintes inflationnistes liées au pétrole et d’anticipations de taux américains durablement élevés. La veille, l’or avait rebondi avec le repli des rendements obligataires. Ces mouvements illustrent la sensibilité du marché aux nouvelles macroéconomiques : même lorsque les arguments structurels restent présents, les prix peuvent connaître des corrections rapides et importantes.

La bonne question n’est donc pas de savoir si l’or va nécessairement monter en ligne droite, mais si les flux physiques, les achats institutionnels et les risques monétaires suffiront à soutenir sa valorisation malgré les pressions conjoncturelles. Pour répondre, il faut suivre les données plutôt que s’appuyer sur un seuil isolé. Les achats officiels, les flux des fonds cotés, les positions spéculatives, les stocks disponibles et les évolutions des taux réels constituent des indicateurs complémentaires. Aucun ne permet, à lui seul, de déterminer avec certitude le prochain point haut ou le prochain point bas.

Argent : un déficit structurel, mais une demande industrielle sensible aux prix

L’argent occupe une place particulière sur le marché des métaux précieux. Il est utilisé dans plusieurs secteurs industriels, notamment l’électronique, les applications électriques, l’automobile et certaines technologies liées à l’énergie solaire. Cette demande industrielle peut soutenir les prix lorsque l’activité progresse, mais elle rend également le métal sensible aux ralentissements économiques et aux changements technologiques. Contrairement à l’or, dont la demande est fortement influencée par les fonctions monétaires et patrimoniales, l’argent doit composer avec des usages industriels qui peuvent évoluer en fonction des prix, de l’efficacité des procédés et des possibilités de substitution.

Le Silver Institute estime que le déficit mondial devrait se poursuivre en 2026 pour une sixième année consécutive, à hauteur de 67 millions d’onces. Il prévoit néanmoins un recul de 2 % de la demande industrielle de fabrication, autour de 650 millions d’onces, ainsi qu’une augmentation du recyclage. L’investissement physique devrait, à l’inverse, progresser. Cette combinaison dessine un marché complexe : l’offre disponible peut rester tendue tandis que certaines composantes de la demande diminuent en réaction à la hausse des prix. Un déficit annuel signifie que la demande totale dépasse l’offre courante estimée ; il ne signifie pas que le métal manque immédiatement partout, car les stocks existants peuvent contribuer à équilibrer le marché.

Andrew Maguire estime que cette situation pourrait rendre l’argent particulièrement réactif à un retour de la demande physique et à une vague de rachats de positions vendeuses. Son scénario suppose toutefois que les tensions d’approvisionnement persistent et que les achats supplémentaires dépassent les capacités d’ajustement de l’offre, du recyclage et de la demande industrielle. Une envolée vers 140 dollars l’once resterait donc un scénario très ambitieux, exposé à de nombreux risques. Les investisseurs doivent aussi tenir compte de la volatilité historique de l’argent, qui peut enregistrer des variations proportionnellement plus importantes que l’or, à la hausse comme à la baisse.

La Chine et Hong Kong accélèrent la transformation du marché physique de l’or

L’un des développements les plus concrets évoqués dans l’analyse concerne Hong Kong. La région a lancé, le 7 juillet 2026, une phase d’essai de son système central de compensation et de règlement de l’or. Le dispositif doit faciliter le règlement des transactions et les transferts de métal entre participants, tout en s’appuyant sur des infrastructures de conservation adaptées aux lingots répondant aux normes internationales. Les autorités hongkongaises cherchent également à renforcer les capacités de stockage et de raffinage, à développer les connexions avec la Shanghai Gold Exchange et à améliorer l’accès des acteurs internationaux au marché asiatique.

Le gouvernement de Hong Kong a annoncé que le lancement officiel de son système central de compensation et de règlement de l’or était prévu au premier trimestre 2027. Des contrats à terme sur l’or libellés en renminbis et réglés par livraison physique sont également prévus dans le cadre du développement de cette place financière. L’objectif est de consolider un écosystème réunissant négociation, règlement, conservation et formation des prix. Cette évolution peut améliorer la capacité de la région à attirer les flux physiques et les institutions, sans impliquer pour autant que Londres ou New York vont disparaître du marché mondial. Une redistribution progressive de l’activité entre les places financières est une hypothèse plus prudente qu’un remplacement immédiat des centres historiques.

Pour Andrew Maguire, l’importance stratégique de ce projet dépasse la simple modernisation technique. Il considère que des infrastructures davantage orientées vers la livraison physique pourraient favoriser la formation des prix à partir de l’offre et de la demande effectivement observées, et renforcer le rôle de l’Asie dans les échanges internationaux d’or. Le développement de ces circuits s’inscrit également dans un contexte où plusieurs pays souhaitent diversifier leurs réserves et réduire leur dépendance à certains actifs libellés en dollars. Il faut néanmoins distinguer cette orientation générale des conclusions plus spéculatives concernant le calendrier, l’ampleur et l’impact futur de ces mouvements sur les cours.

Dette américaine, dollar et dédollarisation : pourquoi l’or reste stratégique

La dette publique américaine représente un autre élément important de cette analyse. Lorsque le volume des émissions de dette augmente et que les investisseurs exigent une rémunération plus élevée pour détenir des obligations, les coûts de financement de l’État peuvent progresser. Les besoins de refinancement, les déficits budgétaires et les anticipations d’inflation influencent alors les arbitrages entre obligations, liquidités et actifs réels. L’or bénéficie potentiellement de cette situation lorsqu’il est recherché comme réserve de valeur indépendante de la solvabilité d’un émetteur. Mais les relations restent complexes : des rendements réels plus élevés peuvent aussi rendre l’or moins attractif, et un dollar fort peut peser sur son prix en dollars.

La diversification des réserves des banques centrales constitue un indicateur essentiel de cette évolution. L’or présente l’avantage de ne pas être la dette d’une autre entité et de ne pas dépendre directement de la promesse de remboursement d’un gouvernement. Cette caractéristique peut être appréciée par les institutions qui souhaitent réduire certains risques de contrepartie, diversifier leurs réserves ou conserver un actif tangible dans leur propre juridiction. Elle n’élimine cependant pas les risques de conservation, de transport, de liquidité, de change ou de variation du prix. La détention d’or ne remplace pas automatiquement les obligations souveraines, qui jouent des rôles distincts dans la gestion des réserves et des besoins de liquidité.

Andrew Maguire va plus loin en estimant que les tensions sur les finances publiques américaines et la diversification monétaire pourraient conduire à une revalorisation durable de l’or dans le système financier mondial. Il interprète les achats physiques et les transformations des infrastructures de marché comme les signes d’une réévaluation de l’or en tant qu’actif stratégique. Cette lecture rejoint une tendance documentée de diversification des réserves, mais elle ne suffit pas à démontrer que les États-Unis cherchent officiellement à plafonner le cours de l’or ni qu’une réévaluation monétaire précise est imminente. Pour établir de telles affirmations, il faudrait des preuves publiques directes, au-delà des interprétations de transactions ou des déclarations attribuées à des acteurs de marché.

La distinction essentielle entre or physique, ETF et contrats à terme

L’expression « acheter de l’or » peut désigner des réalités très différentes. Les pièces et lingots détenus directement donnent à leur propriétaire un droit sur un métal identifié par ses caractéristiques physiques, sous réserve des conditions de garde et de propriété. Les fonds cotés adossés à l’or offrent une exposition financière plus simple à négocier, mais leurs modalités de détention, de couverture, de création et de rachat varient selon les produits. Les contrats à terme, quant à eux, permettent de prendre une position sur le prix et peuvent être dénoués financièrement ou donner lieu à une livraison selon les conditions contractuelles. Ces instruments ne présentent donc pas le même profil de risque ni les mêmes contraintes.

Andrew Maguire insiste sur le rôle de l’or physique dans sa lecture du marché. Selon lui, les acheteurs qui privilégient la détention réelle ne réagissent pas nécessairement aux mêmes signaux que les opérateurs à effet de levier. Ils peuvent chercher à diversifier leurs réserves ou à conserver leur investissement sur une période plus longue, plutôt qu’à profiter d’une variation quotidienne. Cette différence d’horizon peut contribuer à expliquer pourquoi une baisse sur les marchés dérivés ne se traduit pas toujours par une baisse équivalente de la demande physique. Elle ne permet cependant pas d’affirmer que tout ETF est insuffisamment couvert ou que toute position financière finira nécessairement par déclencher une pénurie de métal.

Pour un particulier, le choix entre pièces, lingots et produits financiers dépend notamment de l’objectif patrimonial, de la durée de détention, des frais, de la fiscalité applicable, des conditions de revente et de la capacité à supporter une baisse du prix. Les pièces peuvent présenter des primes variables selon leur disponibilité et leur demande, tandis que les lingots peuvent être soumis à des coûts de stockage et d’assurance. Un produit coté peut être plus facile à négocier, mais il ne procure pas nécessairement la même maîtrise directe du métal. Avant toute décision, il convient de comparer les caractéristiques des produits, leur prix total d’acquisition et les conditions de sortie.

Quels signaux surveiller dans les prochaines semaines ?

Plusieurs indicateurs permettront d’évaluer si la thèse d’une hausse structurelle de l’or et de l’argent se renforce. Le premier est l’évolution des achats nets des banques centrales, à suivre à partir des publications du World Gold Council et des données officielles disponibles. Le deuxième concerne les flux des fonds cotés, qui peuvent signaler un regain ou un ralentissement de l’intérêt des investisseurs. Le troisième porte sur les positions spéculatives des marchés à terme : leur évolution permet de mieux comprendre le niveau d’exposition au levier, sans fournir à elle seule une preuve de manipulation. Enfin, les stocks, les primes sur le métal physique, les délais de livraison et les écarts de prix entre places financières peuvent aider à apprécier les tensions d’approvisionnement.

Le calendrier de Hong Kong mérite également une attention particulière. Le lancement officiel annoncé pour le premier trimestre 2027 pourrait renforcer les infrastructures de règlement et de livraison dans la région, mais son influence sur les prix dépendra du volume réel des transactions, du nombre de participants, de la qualité des connexions avec les autres places et de la capacité à attirer des flux physiques supplémentaires. Il serait prématuré de déduire de ce calendrier un mouvement de prix déterminé. Le développement d’une nouvelle infrastructure peut modifier les circuits de négociation sans provoquer nécessairement une envolée immédiate des cours.

Enfin, les données macroéconomiques américaines resteront déterminantes. Les rendements obligataires, les anticipations d’inflation, les décisions de la Réserve fédérale et les fluctuations du dollar peuvent continuer à déclencher des mouvements rapides. Une hausse des rendements réels ou une appréciation du dollar peut peser sur l’or à court terme, tandis qu’un regain de demande institutionnelle ou des inquiétudes sur la soutenabilité budgétaire peuvent soutenir le métal. Le scénario le plus crédible n’est donc pas celui d’un marché qui ne pourrait plus baisser, mais celui d’un marché où plusieurs forces contradictoires rendent les mouvements potentiellement plus amples et où les données physiques doivent être analysées en parallèle des indicateurs financiers.

Conclusion : une transformation à surveiller, pas une hausse garantie

Le message central d’Andrew Maguire est clair : les variations à court terme pourraient masquer une transformation plus profonde du marché de l’or et de l’argent. Les achats des banques centrales, les préoccupations concernant la dette souveraine, la demande d’investissement et le développement de nouvelles infrastructures physiques constituent des facteurs qui méritent une attention soutenue. Le déficit d’argent anticipé pour 2026 et les projets de Hong Kong apportent des éléments concrets à cette réflexion. En revanche, les accusations de manipulation des cours, l’existence d’interventions coordonnées et les objectifs de prix les plus ambitieux restent des affirmations ou des scénarios qui ne doivent pas être confondus avec des faits établis.

La prochaine étape dépendra de la capacité de la demande physique à rester soutenue face aux variations des taux, du dollar et des anticipations économiques. Si les achats institutionnels se poursuivent et si les contraintes d’approvisionnement se confirment, l’or et l’argent pourraient bénéficier d’un soutien durable. Si les conditions monétaires se durcissent ou si les investisseurs réduisent leur exposition, des corrections importantes restent possibles. L’enjeu pour les observateurs n’est donc pas de céder à la peur de manquer une hausse, mais de comprendre les mécanismes du marché, de vérifier les données et d’évaluer les risques avant toute décision d’investissement.

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