Or à 137 000 $ l’once : l’option nucléaire pour effacer la dette américaine ?… Par Mario Innecco

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Or à 137 000 dollars : le scénario qui fait trembler le système monétaire

La dette américaine n’est plus une abstraction comptable réservée aux économistes : elle est devenue une chaîne financière qui pèse sur chaque contribuable, chaque épargnant et chaque génération à venir. Au 5 octobre 2026, la dette fédérale brute atteignait 40,25 trillions de dollars, dont 32,43 trillions détenus par le public, tandis que près de 8 trillions correspondaient à des créances intra-gouvernementales. Face à cette montée vertigineuse, une hypothèse radicale revient avec force : et si Washington réévaluait officiellement ses réserves d’or pour créer un windfall colossal et rembourser une partie de la dette ? Pour ceux qui veulent se protéger dès maintenant contre cette dévaluation monétaire, l’acquisition d’or physique reste l’un des réflexes les plus directs, notamment avec une pièce de 20 francs Napoléon Tête nue, accessible et historiquement reconnue.

Le calcul avancé par Mario Inneco est simple, brutal et volontairement alarmant. Si l’on retient environ 261,5 millions d’onces d’or détenues par le Trésor américain et une dette détenue par le public proche de 36 trillions de dollars, il faudrait porter l’once d’or à environ 137 667,30 dollars pour que la valeur théorique de ce stock couvre intégralement cette dette. Ce chiffre n’est pas une prévision officielle, ni une décision annoncée par le gouvernement américain : c’est une projection mathématique destinée à montrer l’ampleur du déséquilibre entre un actif monétaire historique et une dette publique devenue gigantesque. Mais précisément parce qu’il est choc, ce scénario explique pourquoi l’or fascine autant les investisseurs inquiets, qui cherchent souvent à diversifier avec des pièces d’or plutôt qu’à laisser leur épargne exposée au seul pouvoir d’achat du dollar.

La réalité actuelle est encore plus troublante que le scénario théorique. Le Trésor américain continue de comptabiliser son or à 42,22 dollars l’once, un prix hérité d’une époque révolue, alors même que le marché valorise le métal à un niveau infiniment supérieur. Avec environ 261,5 millions d’onces, cette comptabilité officielle ne représente qu’environ 11 milliards de dollars, alors qu’une valorisation proche de 4 000 dollars l’once porterait déjà ces mêmes réserves au-delà du trillion de dollars. Autrement dit, l’État américain détient physiquement un actif majeur, mais le reconnaît comptablement à une fraction infime de sa valeur potentielle. C’est ce décalage qui alimente les spéculations sur une réévaluation, et c’est aussi ce qui pousse de nombreux épargnants à considérer les lingots d’or comme une assurance contre une recomposition brutale du système monétaire.

Le contexte budgétaire rend ce débat encore plus explosif. En 2026, le déficit fédéral américain a atteint près de 2 trillions de dollars, tandis que la dette détenue par le public avoisine 100% du PIB. Les intérêts de la dette ont dépassé 1 000 milliards de dollars sur l’exercice 2026, soit environ 3 milliards de dollars par jour, et constituent désormais une charge supérieure au budget de la défense. Chaque point de taux supplémentaire alourdit mécaniquement le coût du refinancement, alors qu’une part considérable de la dette arrive à échéance dans les douze mois. Dans ce climat, l’or n’est plus seulement un placement : il devient, pour beaucoup, un refuge contre une spirale de dette, d’impôts et de dépréciation monétaire. C’est pourquoi la demande pour les pièces d’or ne cesse de progresser auprès des particuliers qui refusent de subir passivement cette érosion.

Mario Inneco rappelle également un précédent historique frappant : la dernière fois que les États-Unis ont totalement remboursé leur dette nationale remonte à janvier 1835, sous la présidence d’Andrew Jackson. Le 1er janvier 1835, le Trésor enregistrait encore 33 733 dollars de dette en circulation, et le 8 janvier, Jackson célébrait le remboursement final. Selon lui, cette prouesse reposait sur trois leviers : la maîtrise des dépenses fédérales, les recettes tirées de la vente des terres publiques et les droits de douane, à une époque où il n’existait pas d’impôt fédéral sur le revenu. Jackson s’opposait aussi frontalement à la Second Bank of the United States, qu’il percevait comme une institution financière exerçant une influence excessive sur le pouvoir politique. Pour Mario Inneco, cette histoire démontre qu’un État peut réduire drastiquement sa dette lorsqu’il accepte de limiter ses dépenses et de restreindre le pouvoir des banques centrales. Cette leçon historique nourrit aujourd’hui l’appétit pour l’or physique, y compris sous une forme fractionnée comme les Napoléon or.

Le parallèle avec la Banque d’Angleterre est au cœur de la thèse de Mario Inneco. La Banque d’Angleterre a été créée en 1694 et a reçu une charte royale pour devenir la banque du royaume. Avant cette création, explique-t-il, le souverain devait en principe financer ses guerres et ses dépenses sur ses propres ressources, même s’il pouvait recourir à l’impôt. Avec la naissance de la banque centrale, la dette nationale devient un instrument permanent : l’État peut emprunter durablement, et le coût de cet endettement finit par être supporté par les contribuables. Mario Inneco en tire une conclusion sans détour : tant que les banques centrales permettent aux États de s’endetter sans limite réelle, la dette ne sera jamais véritablement remboursée. Il estime que seule une discipline budgétaire stricte, associée à une monnaie fondée sur l’or et l’argent, pourrait empêcher ce mécanisme de se reproduire indéfiniment. Pour se prémunir contre cette logique, beaucoup choisissent de détenir directement du métal précieux, par exemple via des lingots d’or.

Judy Shelton et les obligations adossées à l’or

Le débat a pris une dimension politique concrète avec Judy Shelton, économiste et ancienne candidate au conseil des gouverneurs de la Réserve fédérale, nommée le 9 octobre 2026 conseillère du secrétaire au Trésor Scott Bessent. Shelton défend depuis longtemps l’idée de « Treasury Trust Bonds », des obligations d’État à long terme qui laisseraient à leur détenteur, à l’échéance, le choix entre un remboursement en dollars ou la réception d’une quantité prédéterminée d’or. Elle a notamment évoqué des obligations sur cinquante ans, dont l’échéance pourrait coïncider avec le 300e anniversaire des États-Unis en 2076. Son objectif affiché est de rendre le dollar « aussi bon que l’or », en offrant aux investisseurs une protection contractuelle contre une éventuelle dépréciation de la monnaie.

Pour Mario Inneco, cependant, cette proposition ne va pas assez loin. Il la qualifie de pansement sur une hémorragie budgétaire : une obligation remboursable en or à très long terme ne réduit pas la dette existante, ne contraint pas immédiatement les dépenses publiques et ne supprime pas le pouvoir de création monétaire de la Réserve fédérale. Selon lui, le véritable enjeu n’est pas d’ajouter une option or à un instrument de dette, mais de remettre en question le système lui-même. Il appelle donc à l’abolition de la Réserve fédérale et à un retour à une monnaie librement choisie par le marché, en rappelant que la Constitution américaine mentionne l’or et l’argent comme monnaie, notamment à travers le Coinage Act de 1792. Cette position est radicale, mais elle s’inscrit dans une tradition monétaire qui considère la dette publique comme un instrument de domination financière plutôt que comme un simple outil de gestion économique.

Pourquoi une réévaluation de l’or serait un séisme

Une réévaluation officielle de l’or à 137 000 dollars l’once ne serait pas une opération neutre. Elle reviendrait à reconnaître brutalement que le dollar a perdu une part massive de sa valeur par rapport à l’or, et elle bouleverserait instantanément la valeur relative de toutes les créances libellées en dollars. Les créanciers qui détiennent des obligations du Trésor, des dépôts bancaires, des assurances-vie ou des produits financiers adossés au dollar verraient leur position fragilisée si la monnaie était dévaluée aussi violemment. À l’inverse, ceux qui détiennent déjà de l’or physique verraient la valeur de leur patrimoine exploser en termes nominaux. C’est précisément cette asymétrie qui rend le scénario à la fois séduisant pour les détenteurs de métal jaune et terrifiant pour le système financier.

Mario Inneco insiste sur un point essentiel : l’économie actuelle fonctionne avec une monnaie adossée à la dette. Les dollars en circulation sont liés à des crédits, des obligations, des engagements bancaires et des titres publics. Effacer la dette par une réévaluation de l’or ne serait donc pas un simple tour de magie comptable : cela reviendrait à détruire une partie de la valeur des créances existantes, sauf pour ceux qui détiennent de l’or. Les marchés des matières premières, des changes, des obligations et des actions seraient exposés à un choc de confiance sans précédent. Une hausse de l’once de 4 000 à plus de 137 000 dollars ne serait pas une correction ordinaire : elle serait une rupture monétaire.

La dette n’est pas près de disparaître

Les chiffres récents donnent raison à ceux qui doutent d’un remboursement volontaire. La dette fédérale brute a franchi 40 trillions de dollars en 2026, tandis que la dette détenue par le public atteignait environ 32,4 trillions. Le déficit de l’exercice 2026 s’établit à près de 2 trillions de dollars, et le Congressional Budget Office projette que la dette détenue par le public atteindra environ 120% du PIB d’ici 2036. Autrement dit, le problème ne se stabilise pas : il s’aggrave. Tant que les déficits persistent, que les taux restent élevés et que les échéances doivent être refinancées, la charge de la dette continue de se transmettre aux contribuables et aux épargnants.

C’est là que réside le paradoxe dénoncé par Mario Inneco. Les autorités savent qu’une réévaluation massive de l’or pourrait théoriquement effacer une part de la dette, mais elles savent aussi qu’elle provoquerait un chaos financier immédiat. Elles savent également qu’une réduction réelle de la dette exigerait une baisse drastique des dépenses publiques, une option politiquement impopulaire. Il reste donc, selon lui, une troisième voie : perpétuer le système en multipliant les solutions intermédiaires, comme des réévaluations limitées, des obligations partiellement adossées à l’or ou des instruments monétaires hybrides. Pour Mario Inneco, ces mesures ne sont pas des solutions, mais des mécanismes destinés à prolonger un modèle fondé sur l’endettement permanent.

L’or comme dernier rempart patrimonial

Si le scénario d’une once à 137 000 dollars reste extrême, la logique qui le sous-tend ne l’est pas : plus la dette explose, plus la confiance dans les monnaies fiduciaires peut s’éroder. L’or ne rapporte pas d’intérêt, ne dépend pas de la promesse d’un État et ne peut pas être créé par décision d’une banque centrale. C’est exactement cette rareté qui explique son rôle historique de réserve de valeur. Dans un monde où les intérêts de la dette américaine dépassent déjà 1 000 milliards de dollars par an, détenir une partie de son patrimoine en métal physique apparaît à beaucoup comme une protection contre l’inconnu monétaire.

Mario Inneco conclut sur une note volontairement dramatique : le système de la dette pourrait continuer plus longtemps que beaucoup ne l’imaginent, mais rien ne garantit qu’il puisse durer indéfiniment. Une perte de confiance, une crise des taux, un refus des créanciers étrangers ou une perte de contrôle des déficits pourraient précipiter une réévaluation de l’or bien au-delà de ce que les marchés anticipent. Dans cette hypothèse, ceux qui détiennent de l’or seraient protégés ; ceux qui n’en détiennent pas découvriraient trop tard que leur épargne était exposée à une monnaie dont la valeur reposait sur une dette sans fin. C’est cette conviction qui explique pourquoi l’or physique, sous forme de pièces ou de lingots, demeure au centre des stratégies de préservation patrimoniale.

Ce qu’il faut retenir

Le chiffre de 137 667,30 dollars l’once n’est pas une annonce officielle, mais une projection destinée à illustrer l’écart entre les réserves d’or américaines et la dette publique. Les États-Unis n’ont pas annoncé de retour à l’étalon-or, pas plus qu’ils n’ont confirmé une réévaluation de leurs réserves. En revanche, la nomination de Judy Shelton auprès du secrétaire au Trésor montre que l’or revient sérieusement dans le débat monétaire américain. Entre une dette brute supérieure à 40 trillions de dollars, des intérêts annuels supérieurs à 1 000 milliards de dollars et des déficits proches de 2 trillions, la question n’est plus seulement de savoir si l’or va monter, mais de savoir combien de temps le système actuel pourra encore éviter une réévaluation forcée.

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