L’or à 25 000 dollars l’once : pourquoi une nouvelle chute pourrait précéder l’explosion des cours, selon Leigh Goehring

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L’or pourrait-il encore subir une correction dévastatrice avant de connaître l’une des plus grandes envolées de son histoire ? C’est précisément l’avertissement lancé par Leigh Goehring, investisseur reconnu sur les marchés des matières premières, qui estime que le métal jaune n’a probablement pas terminé sa phase de repli. Alors que les investisseurs restent focalisés sur les tensions géopolitiques, l’endettement colossal des États et les inquiétudes monétaires, un indicateur historique particulièrement inquiétant vient d’envoyer un signal de vente. Selon Goehring, une nouvelle baisse de 45 % du cours de l’or reste envisageable, tandis que l’argent pourrait connaître une correction encore plus brutale. Pourtant, sa conviction de long terme demeure intacte : le monde se dirige vers un changement de régime monétaire susceptible de propulser l’once d’or jusqu’à 25 000 dollars. Une perspective vertigineuse qui pourrait transformer radicalement la manière dont les investisseurs envisagent la protection de leur patrimoine. Dans ce contexte, la détention d’or physique mérite une attention particulière, notamment à travers l’achat de pièces d’or d’investissement pour se constituer une réserve de métal précieux.

Pour comprendre cet avertissement, il faut revenir sur une observation que Leigh Goehring suit depuis plusieurs décennies. Selon lui, les grands marchés haussiers de l’or sont régulièrement interrompus par des phases correctives particulièrement violentes, qui peuvent durer plusieurs années et provoquer des pertes considérables pour les investisseurs les moins préparés. Le marché actuel ne ferait pas exception. Après avoir connu une progression spectaculaire et atteint des sommets historiques, l’or serait désormais entré dans une phase de correction dont l’ampleur pourrait encore surprendre. Goehring ne considère pourtant pas cette faiblesse comme la fin du marché haussier. Il estime au contraire qu’une dernière grande jambe de hausse reste devant nous, mais que les investisseurs devront d’abord traverser une période particulièrement éprouvante. Pour ceux qui souhaitent profiter d’une éventuelle faiblesse des cours afin de renforcer progressivement leur exposition au métal jaune, les pièces Napoléon de 20 francs constituent une possibilité concrète d’investissement dans l’or physique.

Le véritable signal d’alerte identifié par Goehring concerne l’argent métal. L’investisseur parle du « Silver Sell Signal », un phénomène historique qui, selon ses recherches, a précédé plusieurs corrections majeures du marché de l’or depuis 1971. Son observation est relativement simple : au début des grands marchés haussiers de l’or, l’argent a généralement tendance à accuser un retard important. Puis, après plusieurs années de sous-performance, le métal gris finit par déclencher un mouvement de rattrapage extrêmement puissant. Cette accélération peut devenir tellement spectaculaire que l’argent dépasse temporairement les performances de l’or et attire une vague d’enthousiasme spéculatif. C’est précisément à ce moment-là que Goehring considère qu’un signal de vente apparaît. Lorsque l’argent rattrape brutalement son retard et dépasse les attentes des investisseurs, le marché peut avoir atteint un stade de surchauffe annonçant une correction majeure. Dans cette perspective, l’acquisition de pièces d’or physiques permet de privilégier la détention directe du métal plutôt qu’une simple exposition financière à son cours.

Ce signal historique n’est pas une simple théorie. Leigh Goehring identifie plusieurs épisodes particulièrement révélateurs depuis la fin du système de Bretton Woods et la libéralisation du marché de l’or. Le premier apparaît à la fin de 1973 et au début de 1974, lorsque l’argent commence à connaître une envolée spectaculaire après avoir longtemps sous-performé le métal jaune. Le retournement qui suit provoque une chute proche de 50 % pour l’or et l’argent au cours des deux années et demie suivantes. Les actions des sociétés aurifères subissent une correction encore plus brutale, proche de 70 %. Pourtant, cette purge ne met pas fin au marché haussier. Elle précède au contraire une nouvelle envolée historique : entre 1976 et 1980, l’or passe d’environ 100 dollars à près de 850 dollars l’once. Le deuxième épisode intervient en 1979-1980, lorsque les frères Hunt tentent de prendre le contrôle du marché de l’argent. Après avoir atteint des niveaux extrêmes, le métal s’effondre et entraîne l’or dans une correction d’environ 60 % en deux ans. Cette fois, le mouvement marque le début d’un marché baissier qui durera près de vingt ans. Pour les investisseurs qui souhaitent détenir directement du métal précieux, les pièces de 20 francs Napoléon représentent une référence historique du marché français de l’or d’investissement.

Le troisième signal majeur apparaît en 2010-2011. Après plusieurs années de retard, l’argent déclenche une nouvelle envolée spéculative, tandis que l’or atteint environ 1 900 dollars l’once. Le retournement qui suit est particulièrement violent : le métal jaune recule d’environ 45 % sur les quatre années suivantes, l’argent perd près de 70 % et les actions des sociétés aurifères chutent d’environ 80 %. Le quatrième épisode intervient à l’été 2020. Une nouvelle fois, l’argent connaît un puissant mouvement de rattrapage après avoir longtemps sous-performé. Le retournement provoque une baisse d’environ 30 % pour l’or, 40 % pour l’argent et près de 50 % pour les actions aurifères. Pour Goehring, ces précédents historiques constituent un avertissement majeur : l’explosion de l’argent peut annoncer une phase de correction sur l’ensemble du secteur des métaux précieux. Dans un environnement aussi incertain, les différentes catégories de pièces d’or disponibles à l’achat permettent d’étudier les possibilités de constitution d’une épargne physique.

Le signal de vente sur l’argent est déclenché : l’or pourrait encore perdre 45 %

Selon les observations présentées par Leigh Goehring, un nouvel épisode de ce phénomène s’est manifesté à la fin de l’année 2025 et au début de 2026. Après avoir longtemps sous-performé l’or, l’argent a finalement déclenché une phase de rattrapage extrêmement puissante. L’investisseur considère que cette accélération a reproduit les caractéristiques des précédents sommets spéculatifs observés depuis 1971. Il estime que le signal de vente était devenu suffisamment évident à la fin du mois de janvier 2026 pour justifier une réduction importante de l’exposition aux métaux précieux. Dans les chiffres avancés au cours de son entretien, l’or avait alors subi un recul d’environ 25 %, l’argent une baisse proche de 50 % et les actions aurifères une correction d’environ 30 %. Ces mouvements correspondent, selon lui, à la matérialisation du signal historique qu’il surveillait depuis plusieurs mois.

Mais le plus inquiétant reste la possibilité que cette correction ne soit pas terminée. Goehring estime qu’une nouvelle baisse de 45 % du cours de l’or demeure parfaitement envisageable, en prenant comme référence les corrections observées après les signaux de 1974 et de 2011. Il considère également que la période de faiblesse pourrait durer encore dix-huit à vingt-quatre mois. Un scénario qui ferait peser une pression considérable sur les investisseurs ayant acheté au plus haut, notamment ceux qui ont confondu une tendance haussière de long terme avec une progression continue des cours. Cette perspective implique également une période potentiellement très difficile pour les sociétés minières aurifères, dont les actions peuvent amplifier les mouvements du métal sous-jacent. L’idée centrale de Goehring est simple : un marché haussier de long terme peut parfaitement coexister avec une correction particulièrement violente à court et moyen terme.

Les taux d’intérêt réels : le véritable danger pour le cours de l’or

Pour comprendre les raisons qui pourraient provoquer une nouvelle chute du métal jaune, Leigh Goehring identifie un facteur déterminant : la remontée des taux d’intérêt réels. Il observe que les précédents épisodes de déclenchement du signal de vente sur l’argent ont été suivis d’une hausse des taux réels. Cette variable est particulièrement importante pour le marché de l’or, car le métal précieux ne génère aucun rendement financier. Lorsqu’un investisseur peut obtenir une rémunération réelle attractive en détenant des obligations ou des placements monétaires, le coût d’opportunité de la détention d’or augmente. À l’inverse, lorsque l’inflation progresse plus rapidement que les taux nominaux, les rendements réels deviennent négatifs et la détention d’or peut retrouver un attrait considérable. C’est cette relation que Goehring considère comme l’un des principaux mécanismes expliquant les corrections historiques du métal jaune.

Son inquiétude repose sur la possibilité d’un retour de pressions inflationnistes importantes. Il estime notamment que les prix de l’énergie pourraient connaître une nouvelle envolée, alimentant une hausse généralisée des prix à la consommation. Dans un tel environnement, la Réserve fédérale américaine pourrait être contrainte de relever ses taux directeurs de manière beaucoup plus agressive que prévu. Une remontée des taux réels pourrait alors provoquer de nouvelles liquidations d’or par les investisseurs occidentaux, notamment ceux qui détiennent leurs positions à travers des fonds cotés et des produits financiers. Le contexte monétaire observé fin octobre 2026 mérite ici une attention particulière : la Réserve fédérale a maintenu sa fourchette de taux directeurs entre 3,75 % et 4 % le 28 octobre, tout en indiquant que l’inflation demeurait élevée.

Il faut également prendre en compte l’ampleur de la dette fédérale américaine. Selon les données publiées par la Commission économique mixte du Sénat américain, la dette publique brute atteignait environ 40 250 milliards de dollars au 5 octobre 2026. Cette accumulation de dette constitue un élément central de la thèse de Goehring : plus les engagements financiers des États augmentent, plus la confiance dans leur capacité à préserver la valeur de leur monnaie et à honorer leurs obligations peut devenir un sujet majeur pour les investisseurs.

Pourquoi Leigh Goehring reste convaincu que l’or va repartir à la hausse

Malgré son avertissement sur une nouvelle baisse possible, Leigh Goehring maintient une conviction particulièrement forte : le marché haussier de l’or n’est pas terminé. Selon lui, une dernière grande phase d’appréciation reste à venir et pourrait être beaucoup plus importante que les précédentes. La raison fondamentale est ce qu’il appelle un changement de régime monétaire mondial. Historiquement, les grandes envolées du métal jaune ont souvent accompagné des transformations profondes du système monétaire. Il cite notamment les années 1930, lorsque Franklin Roosevelt a fait passer le prix officiel de l’or de 20,67 à 35 dollars l’once, les années 1970, marquées par la fin de la convertibilité du dollar en or, ainsi que les années 2000, lorsque les inquiétudes relatives à la politique monétaire et à la solidité du système financier ont alimenté un nouveau cycle haussier.

Pour Goehring, le prochain mouvement ne sera pas simplement alimenté par la dépréciation monétaire. Il sera principalement porté par une inquiétude beaucoup plus profonde : le risque de défaut. Cette distinction est essentielle dans son raisonnement. Jusqu’à présent, une grande partie de la hausse de l’or a été associée à la crainte que les États ne diluent progressivement la valeur de leurs monnaies en augmentant la quantité de monnaie en circulation et en accumulant les déficits. Mais l’étape suivante pourrait être différente. Les investisseurs pourraient commencer à remettre en question la capacité de leurs contreparties financières à honorer leurs engagements. Les obligations, les créances bancaires et de nombreux autres actifs financiers reposent sur la capacité d’un émetteur à respecter ses obligations. L’or, lui, ne représente pas une dette envers un tiers. Il ne dépend pas de la promesse de remboursement d’un gouvernement, d’une banque ou d’une entreprise. C’est précisément cette caractéristique qui pourrait devenir déterminante en cas de crise de confiance généralisée.

L’or à 25 000 dollars : le scénario spectaculaire de Leigh Goehring

La prévision de 25 000 dollars l’once constitue l’un des éléments les plus spectaculaires de l’analyse de Leigh Goehring. Pour comprendre d’où vient ce chiffre, il faut s’intéresser à une méthode de valorisation particulière : le rapport entre la valeur de l’or détenu par le Trésor américain et la base monétaire de la Réserve fédérale. Autrement dit, il s’agit de mesurer dans quelle proportion les réserves d’or américaines pourraient théoriquement couvrir la monnaie centrale en circulation. Goehring rappelle qu’à la fin des années 1930, la valeur des réserves d’or américaines représentait environ 1,6 fois la base monétaire. Cette couverture exceptionnellement élevée témoignait du poids considérable de l’or dans le système monétaire de l’époque.

En 1980, un phénomène comparable s’est produit. Après la forte progression du prix de l’or, la valeur des réserves détenues par le Trésor américain avait de nouveau atteint un niveau représentant environ 1,6 à 1,7 fois la base monétaire. Cette situation contrastait radicalement avec celle de 1971, lorsque la couverture était tombée aux alentours de 10 %, après les importantes sorties d’or qui avaient précédé la fin du système de Bretton Woods.

En reprenant ce mécanisme et en l’appliquant à la situation actuelle, Goehring estime qu’un retour à une couverture de la base monétaire américaine par les réserves d’or de l’ordre de 1,7 fois pourrait conduire à un prix proche de 25 000 dollars l’once. Il précise que ce niveau correspond à un scénario de valorisation extrême et non à une prévision certaine à court terme. Il évoque également un scénario moins extrême, dans lequel l’or pourrait atteindre 8 000 à 9 000 dollars l’once dans le contexte d’une crise financière majeure.

Pourquoi l’or pourrait devenir l’actif financier le plus recherché au monde

Le raisonnement de Goehring repose sur une opposition fondamentale entre les actifs financiers traditionnels et l’or physique. Une obligation représente une promesse de remboursement. Une action dépend de la santé financière d’une entreprise. Une part de fonds repose sur la valeur des actifs détenus et sur le fonctionnement des intermédiaires financiers. Tous ces instruments peuvent être affectés par une crise de solvabilité, une restructuration de dette ou une perte de confiance. L’or physique présente une caractéristique différente : il ne constitue la dette de personne. Il existe indépendamment de la capacité d’un émetteur à rembourser une somme d’argent. Cette propriété explique pourquoi le métal précieux conserve une place particulière dans les réserves des banques centrales et dans les stratégies de diversification patrimoniale.

Cette distinction prend une importance particulière dans un environnement marqué par l’endettement massif des grandes économies, les tensions géopolitiques et les incertitudes relatives à la politique monétaire. Si les investisseurs commencent à considérer que les risques de défaut et de dépréciation monétaire deviennent plus importants que les rendements proposés par les actifs financiers traditionnels, la demande d’or pourrait augmenter considérablement. Goehring estime que cette évolution pourrait constituer le moteur du prochain grand marché haussier. L’or ne serait alors plus seulement recherché pour se protéger contre l’inflation, mais également pour réduire la dépendance à l’égard des engagements financiers d’autres acteurs.

Faut-il acheter de l’or pendant la correction actuelle ?

La position de Leigh Goehring comporte une distinction importante entre les investisseurs particuliers et les gestionnaires professionnels. Il explique que son fonds a considérablement réduit son exposition à l’or parce que son objectif consiste à éviter de conserver des positions dans des actifs qui sous-performent pendant une phase de baisse. Cette stratégie répond à des contraintes de performance et de gestion du risque qui ne sont pas nécessairement celles d’un particulier souhaitant conserver du patrimoine sur plusieurs années.

Pour les investisseurs particuliers, son message est différent. Il estime que les périodes de faiblesse pourraient constituer des occasions d’accumuler progressivement de l’or physique, de l’argent physique et des actions de sociétés aurifères. Il ne recommande pas de se précipiter sur le marché après une correction, mais plutôt de profiter de la faiblesse des cours pour renforcer progressivement une exposition à long terme. Cette approche repose sur l’idée que le potentiel de hausse futur pourrait largement compenser les difficultés rencontrées pendant la phase corrective, à condition de disposer d’un horizon d’investissement suffisamment long et de pouvoir supporter les fluctuations du marché.

La détention physique occupe une place particulière dans cette stratégie. Contrairement aux produits financiers indexés sur l’or, les pièces et les lingots permettent de posséder directement le métal. Les pièces historiques d’investissement, notamment les Napoléons de 20 francs, constituent l’une des possibilités offertes aux particuliers qui souhaitent diversifier leur patrimoine avec de l’or physique. Le choix entre pièces et lingots dépend notamment du montant investi, de la prime, de la liquidité recherchée et des conditions de revente.

L’argent pourrait encore souffrir avant de connaître une nouvelle explosion

Concernant l’argent métal, Goehring adopte une position particulièrement intéressante. Il estime que la correction déjà enregistrée ne signifie pas que le métal gris a atteint son point bas. Selon lui, l’argent pourrait encore connaître une période de faiblesse avant de retrouver une dynamique haussière durable. Il rappelle que, lors des précédents grands cycles, le métal avait souvent tendance à sous-performer l’or pendant plusieurs années au début d’une nouvelle phase haussière. Les investisseurs finissaient alors par perdre patience, avant que l’argent ne déclenche une envolée spectaculaire de rattrapage.

Il anticipe ainsi une nouvelle séquence dans laquelle l’or pourrait repartir en premier, tandis que l’argent resterait relativement délaissé pendant une période pouvant atteindre trois ans. Une fois ce retard accumulé, le métal gris pourrait connaître une nouvelle envolée spéculative particulièrement importante. Goehring va même jusqu’à évoquer la possibilité qu’un nouvel acteur tente de reproduire une opération de corner sur le marché de l’argent, à l’image de ce qui s’était produit avec les frères Hunt en 1979-1980.

Il s’intéresse également au ratio or/argent, qui mesure le nombre d’onces d’argent nécessaires pour acheter une once d’or. Historiquement, ce rapport a parfois atteint des niveaux proches de 100, tandis que les épisodes de spéculation extrême sur l’argent ont pu le faire descendre vers 15. Goehring considère qu’un retour vers de tels niveaux pourrait être envisageable lors d’une prochaine phase spéculative.

Le pétrole : une autre opportunité que les investisseurs semblent ignorer

L’entretien de Leigh Goehring ne se limite pas à l’or et à l’argent. L’investisseur développe également une thèse particulièrement haussière sur le pétrole. Selon lui, le marché pétrolier pourrait présenter une opportunité de long terme que les investisseurs sous-estiment largement. Il compare la situation actuelle du pétrole à celle de l’or à la fin des années 1990. À cette époque, le métal jaune était considéré comme un actif dépassé, dont l’utilité monétaire était appelée à disparaître. Cette perception extrêmement négative avait contribué à créer une situation de sous-évaluation historique, avant que l’or ne connaisse une hausse considérable au cours des années suivantes.

Pour le pétrole, Goehring identifie une dynamique comparable. Le discours dominant repose sur l’idée que la demande mondiale va progressivement atteindre son sommet, puis décliner avec la généralisation des véhicules électriques, le développement des nouvelles technologies et la transition énergétique. Il conteste cette vision et estime que les besoins énergétiques mondiaux resteront importants pendant de nombreuses années. Il considère notamment que les véhicules hybrides pourraient occuper une place beaucoup plus importante que prévu dans le parc automobile mondial.

Il met surtout en avant l’évolution de l’offre hors OPEP. Pendant plusieurs années, la croissance de la production américaine de pétrole de schiste a constitué un moteur essentiel de l’augmentation de l’offre mondiale. Mais Goehring estime que cette dynamique ralentit fortement. Si la production des pays non membres de l’OPEP ne parvient plus à suivre la croissance de la demande, le cartel pourrait retrouver davantage de parts de marché et de pouvoir de fixation des prix.

Uranium : pourquoi la chute des actions pourrait constituer une opportunité

Le dernier grand thème abordé concerne l’uranium. Goehring considère que les actions des sociétés spécialisées dans l’uranium connaissent une faiblesse qui contraste avec l’amélioration des fondamentaux du secteur. Selon lui, cette divergence s’explique en partie par les stratégies des grands fonds spéculatifs, qui auraient utilisé les actions liées à l’uranium comme positions vendeuses pour compenser leur exposition massive aux valeurs technologiques et à l’intelligence artificielle.

Son raisonnement est le suivant : les investisseurs institutionnels sont fortement exposés aux entreprises technologiques et aux infrastructures liées à l’intelligence artificielle. Ils cherchent donc des actifs susceptibles de servir de couverture à leurs positions acheteuses. Les actions de sociétés d’uranium pourraient avoir été utilisées dans cette logique, provoquant une pression vendeuse qui ne reflète pas nécessairement l’évolution des fondamentaux physiques du marché. Goehring estime que cette situation pourrait préparer un important mouvement de rachat des positions vendeuses, susceptible de provoquer une hausse rapide des actions concernées.

Il souligne notamment la progression du prix contractuel de long terme de l’uranium, qu’il considère comme un indicateur essentiel de la santé du marché. Dans les données évoquées pendant l’entretien, ce prix serait passé d’environ 90 à 96,50 dollars la livre. Pour lui, la poursuite de cette progression, associée à la demande potentielle des futurs réacteurs nucléaires et des infrastructures énergétiques, renforce la perspective d’un redressement du secteur.

Le véritable enjeu : un changement de régime monétaire mondial

Au terme de son analyse, Leigh Goehring revient à sa conviction fondamentale : le prochain grand mouvement de l’or ne sera pas simplement une nouvelle phase spéculative. Il pourrait être la conséquence directe d’une transformation profonde du système monétaire international. L’accumulation des dettes publiques, les tensions géopolitiques, les déséquilibres financiers et les interrogations relatives à la valeur des monnaies pourraient progressivement modifier les préférences des investisseurs. Dans ce contexte, un actif qui ne dépend d’aucun émetteur pourrait retrouver une importance considérable.

Le scénario des 25 000 dollars repose précisément sur cette hypothèse. Si une crise de confiance majeure devait provoquer une revalorisation exceptionnelle des réserves d’or par rapport à la base monétaire américaine, le métal jaune pourrait atteindre des niveaux aujourd’hui considérés comme extrêmement élevés. Mais avant d’en arriver là, Goehring estime que les investisseurs doivent se préparer à traverser une période particulièrement difficile, marquée par une volatilité importante et la possibilité de nouvelles baisses.

Son message final est donc loin d’être un simple appel à acheter de l’or sans réfléchir. Il consiste à distinguer le potentiel de long terme des fluctuations de court terme, à surveiller le comportement de l’argent métal et à comprendre l’importance des taux d’intérêt réels. Pour les investisseurs qui partagent sa vision d’un changement de régime monétaire, les corrections pourraient constituer des occasions d’accumulation progressive.

L’or à 25 000 dollars reste une projection extrême, mais le raisonnement de Leigh Goehring repose sur une question fondamentale : que se passera-t-il si les investisseurs cessent progressivement de faire confiance aux dettes et aux monnaies pour rechercher un actif qui ne constitue la promesse de remboursement de personne ? C’est dans cette éventualité que se trouve, selon lui, le véritable potentiel du prochain grand marché haussier de l’or.

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