GRAND DÉCLASSEMENT : les classes moyennes françaises sont en train de décrocher complètement, et les chiffres sont implacables

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Le déclassement économique des Français n’est plus une simple impression. Il s’impose désormais dans les statistiques, dans les habitudes de consommation et jusque dans les foyers qui pensaient encore être à l’abri. Faire ses courses en plusieurs fois, renoncer à certains soins, réduire le chauffage, repousser une réparation automobile ou attendre la prochaine paie pour retrouver un peu d’oxygène financier : ces comportements traduisent une transformation profonde de la société française. Dans sa chronique diffusée sur Radio Courtoisie, dans l’émission Ligne Droite, Xavier Van Lierde décrypte ce qu’il appelle le « Grand Déclassement ». Son constat est frontal : une partie croissante de la population perd progressivement les moyens de maintenir son niveau de vie, tandis que les classes moyennes découvrent à leur tour une insécurité économique qu’elles pensaient réservée aux catégories les plus fragiles. Pour ceux qui cherchent également à réfléchir à la préservation de leur épargne dans un environnement économique incertain, il est possible de découvrir les possibilités d’investissement dans les pièces d’or de 20 francs Napoléon.

Ce phénomène prend une dimension particulière parce qu’il contredit un discours institutionnel longtemps opposé aux témoignages des ménages. Pendant plusieurs années, les Français qui déclaraient perdre du pouvoir d’achat se sont entendu expliquer que leur perception ne correspondait pas nécessairement à la réalité statistique. Xavier Van Lierde rappelle notamment les déclarations de Jean-Luc Tavernier, alors directeur général de l’INSEE, qui estimait fin 2024 que les Français n’avaient pas globalement perdu de pouvoir d’achat, même si tous n’en avaient pas pleinement conscience. Mais les évolutions économiques suivantes ont rendu le débat beaucoup plus difficile à écarter. Les chiffres publiés par l’INSEE confirment désormais un recul du pouvoir d’achat par unité de consommation en 2025, puis une nouvelle contraction au deuxième trimestre 2026. Le décalage entre les indicateurs moyens et les difficultés concrètes des ménages constitue précisément l’un des points centraux de cette chronique. La question n’est donc plus seulement de savoir si les Français ressentent un appauvrissement, mais de comprendre pourquoi leur situation financière devient plus fragile. Dans ce contexte, l’achat de pièces d’or Napoléon de 20 francs peut également être envisagé dans une réflexion patrimoniale de long terme, distincte des dépenses courantes.

Le pouvoir d’achat s’effondre : les statistiques confirment le décrochage des ménages

Le premier élément du diagnostic repose sur une réalité économique essentielle : le pouvoir d’achat ne dépend pas simplement du montant inscrit sur une fiche de paie, mais de la quantité de biens et de services qu’un revenu permet effectivement d’acquérir. Lorsqu’un salaire progresse moins rapidement que les dépenses indispensables, le niveau de vie recule, même si le revenu nominal augmente. C’est précisément le mécanisme que Xavier Van Lierde met en avant lorsqu’il évoque le décrochage des rémunérations face à l’inflation accumulée depuis 2019. Dans sa chronique, il avance une augmentation des prix supérieure à 21 %, contre une progression des salaires de l’ordre de 18 % sur la période considérée. Cette comparaison illustre son argument central : une progression nominale des rémunérations ne suffit pas à préserver le niveau de vie lorsque les prix augmentent davantage. Les ménages doivent alors absorber l’écart en réduisant leurs dépenses, en puisant dans leur épargne ou en renonçant à certains achats. La situation devient particulièrement préoccupante lorsque cette réduction concerne non plus les loisirs ou les dépenses secondaires, mais l’alimentation, la santé, le logement et les déplacements professionnels. Pour les épargnants qui souhaitent examiner différentes solutions de diversification patrimoniale, les pièces d’or physiques de 20 francs Napoléon constituent une possibilité à étudier en tenant compte de leur prix, de leur liquidité et des risques liés à l’investissement dans l’or.

Les publications les plus récentes de l’INSEE donnent une mesure concrète de cette évolution. En 2025, le pouvoir d’achat du revenu disponible brut des ménages a diminué de 0,4 %. Lorsque ce revenu est rapporté au nombre d’unités de consommation, afin de tenir compte de la composition et de la taille des ménages, le recul atteint 0,7 %. Cette distinction est fondamentale : elle permet de mieux appréhender les ressources réellement disponibles à l’échelle des individus. Au deuxième trimestre 2026, le pouvoir d’achat par unité de consommation a encore diminué de 0,6 % par rapport au trimestre précédent. Ces chiffres ne signifient pas que chaque ménage connaît exactement la même évolution, mais ils établissent une dégradation mesurable de l’indicateur moyen. L’Observatoire français des conjonctures économiques prévoit par ailleurs une nouvelle diminution de 0,8 % sur l’ensemble de 2026 dans ses projections de septembre. La succession de ces évolutions donne une consistance statistique au débat sur le déclassement. Il ne s’agit plus uniquement de comparer les souvenirs d’un ancien niveau de vie avec les dépenses actuelles : il faut regarder les revenus disponibles, les prix, les dépenses contraintes et les ressources effectivement accessibles aux ménages.

Derrière ces pourcentages se trouve une réalité quotidienne beaucoup plus brutale. Une famille qui doit faire face à une facture imprévue ne dispose pas nécessairement de la marge financière nécessaire pour l’absorber. Une panne automobile peut compromettre les déplacements professionnels, une dépense médicale peut être repoussée, une facture énergétique peut imposer de réduire le chauffage et les courses alimentaires deviennent un exercice permanent d’arbitrage. Le problème ne concerne donc pas uniquement les personnes déjà installées dans la pauvreté. Il touche également celles qui disposent d’un emploi, d’un logement et de revenus réguliers, mais dont le budget ne permet plus d’absorber les imprévus. C’est cette fragilité que Xavier Van Lierde décrit comme une situation dans laquelle certains ménages ne tiennent plus qu’à un fil. Le déclassement commence précisément lorsque le travail et les revenus ne garantissent plus la sécurité matérielle attendue. Le ménage ne construit plus son avenir : il cherche avant tout à éviter une dégradation supplémentaire de sa situation.

Faire ses courses à crédit : quand l’alimentation devient un problème de trésorerie

L’un des passages les plus révélateurs de la chronique concerne l’adaptation de la grande distribution aux difficultés financières des consommateurs. La progression des magasins à bas prix, le développement des marques de distributeurs et la recherche systématique des promotions témoignent d’une modification profonde des comportements d’achat. Les consommateurs ne choisissent plus toujours un produit en fonction de leurs préférences, de sa qualité ou de leur fidélité à une enseigne. Ils arbitrent d’abord en fonction du prix. Le développement des enseignes de hard discount et des magasins proposant des produits à prix réduits traduit cette recherche de solutions immédiatement accessibles. Xavier Van Lierde cite notamment Action, devenue une enseigne particulièrement populaire auprès des consommateurs français. Ce changement ne constitue pas seulement une évolution commerciale : il révèle la manière dont les ménages réorganisent leurs dépenses pour préserver leur budget. La consommation devient une opération de calcul permanent, dans laquelle chaque euro économisé permet de financer une autre dépense devenue indispensable.

Plus inquiétant encore, la chronique souligne le retour des opérations de paiement différé dans les grandes surfaces. Le principe est simple : le consommateur effectue ses achats immédiatement, mais le règlement intervient plusieurs semaines plus tard, parfois à une échéance particulièrement éloignée. Carrefour, Super U et E.Leclerc ont notamment été cités dans ce type d’opérations commerciales. Cette pratique répond à un problème de trésorerie immédiate : le ménage dispose d’un besoin alimentaire aujourd’hui, mais ne possède pas nécessairement les liquidités suffisantes pour régler immédiatement ses courses. Le paiement différé lui permet alors de reporter la sortie d’argent. Toutefois, ce mécanisme ne supprime pas la dépense. Il la déplace dans le temps et peut concentrer plusieurs obligations financières sur une même échéance. C’est là que se trouve le problème fondamental : lorsque l’achat de produits alimentaires nécessite de repousser son règlement, le budget des ménages révèle une tension qui dépasse largement la simple recherche de bonnes affaires. Le paiement différé devient alors le symptôme d’une trésorerie domestique fragilisée.

Cette évolution pose une question essentielle : comment un pays développé peut-il voir une partie de ses consommateurs dépendre de mécanismes de report de paiement pour gérer des achats aussi élémentaires que l’alimentation ? La question est d’autant plus importante que ces dispositifs peuvent donner l’impression d’améliorer temporairement la situation financière du foyer, alors qu’ils ne modifient pas ses ressources. Un ménage qui reporte aujourd’hui le paiement de ses courses devra toujours honorer cette dépense demain. Si ses revenus n’augmentent pas et si ses autres factures continuent de progresser, le décalage peut devenir une source supplémentaire de tension budgétaire. Dans son analyse, Xavier Van Lierde voit dans ces opérations commerciales un révélateur particulièrement parlant de l’état économique du pays. Ce n’est pas simplement le prix des produits qui est en cause, mais la capacité des ménages à financer leurs besoins essentiels sans recourir à des solutions de paiement différé.

La classe moyenne rattrapée par la pauvreté : la fin du sentiment de protection

Le véritable tournant du Grand Déclassement réside dans l’élargissement des catégories sociales concernées. Pendant longtemps, les difficultés économiques ont été associées prioritairement aux ménages les plus modestes, aux personnes éloignées de l’emploi et aux catégories déjà exposées à la précarité. Mais la situation décrite par Xavier Van Lierde dépasse désormais ce cadre. La petite classe moyenne, composée de salariés, de travailleurs qualifiés, de familles et de personnes disposant de revenus réguliers, découvre qu’elle n’est plus systématiquement protégée contre les difficultés financières. Les ménages qui pouvaient autrefois compter sur leur travail pour maintenir un niveau de vie relativement stable doivent désormais multiplier les arbitrages. Les dépenses considérées comme normales deviennent progressivement difficiles à financer. Les vacances sont réduites, les achats importants sont repoussés, les loisirs sont sacrifiés et les projets immobiliers ou familiaux sont remis à plus tard. Le sentiment de déclassement apparaît lorsque l’individu constate que les efforts consentis ne produisent plus les résultats auxquels il pouvait légitimement s’attendre.

Les données de l’INSEE sur les rémunérations professionnelles permettent d’approfondir ce constat. Entre 2019 et 2024, sur 343 professions et catégories socioprofessionnelles étudiées dans le secteur privé, seules 121 ont enregistré une progression du pouvoir d’achat des salaires. Autrement dit, 222 professions ont connu une évolution défavorable de cet indicateur. Cette donnée est particulièrement importante parce qu’elle montre que la dégradation ne se limite pas à une catégorie professionnelle isolée. Elle concerne une grande diversité de métiers et de situations salariales. Le diplôme, l’ancienneté ou la qualification ne constituent donc pas automatiquement une garantie contre la perte de pouvoir d’achat. Cette réalité bouleverse la représentation traditionnelle de la réussite sociale : travailler, acquérir des compétences et progresser professionnellement ne suffisent plus toujours à préserver le niveau de vie attendu.

Xavier Van Lierde rapproche cette transformation de la notion de « démoyennisation » développée par le politologue Jérôme Fourquet. Pendant plusieurs décennies, une partie importante des catégories populaires avait progressivement accédé aux standards matériels associés aux classes moyennes. L’amélioration des conditions de logement, l’accès à l’automobile, les vacances, l’équipement domestique et la possibilité de devenir propriétaire constituaient autant de signes d’une progression sociale. Cette dynamique entretenait une conviction profonde : la situation économique pouvait être difficile à court terme, mais le travail et la croissance permettraient d’améliorer progressivement les conditions d’existence. Le phénomène actuel inverse cette trajectoire. Certaines familles ne cherchent plus à améliorer leur situation, mais à empêcher qu’elle se détériore. Elles revendent des biens, privilégient systématiquement l’occasion, sollicitent leurs proches et réduisent leurs dépenses pour préserver leur équilibre financier. L’énergie autrefois consacrée à progresser sert désormais à éviter de reculer.

Une génération qui ne croit plus à l’ascenseur social

Le déclassement ne se mesure pas uniquement à travers les revenus et les dépenses. Il touche également la manière dont les Français envisagent leur avenir et celui de leurs enfants. Pendant longtemps, la promesse de progrès constituait l’un des fondements de la société française. Les parents acceptaient les difficultés du présent parce qu’ils estimaient que leurs enfants bénéficieraient de meilleures conditions de vie. L’accès à l’éducation, la progression des qualifications, le développement économique et l’amélioration des infrastructures devaient permettre à chaque génération de franchir une nouvelle étape. Cette conviction contribuait à donner un sens aux efforts professionnels et aux sacrifices consentis par les familles. Or, cette perspective semble aujourd’hui profondément fragilisée. Lorsqu’un jeune termine ses études sans parvenir à accéder à un emploi correspondant à ses qualifications, lorsque l’accès au logement devient difficile et lorsque la perspective d’acquérir un patrimoine paraît s’éloigner, l’avenir cesse d’être une promesse. Il devient une source d’inquiétude.

Cette rupture générationnelle est particulièrement importante parce qu’elle remet en cause l’un des ressorts fondamentaux de la cohésion sociale. Une société peut supporter des périodes de difficultés économiques si ses membres continuent de croire que les efforts d’aujourd’hui permettront de construire une situation meilleure demain. Mais lorsque cette conviction disparaît, le rapport au travail, à l’éducation, à l’épargne et même à la vie collective se transforme. Les jeunes peuvent alors considérer que les sacrifices demandés ne leur permettront pas d’accéder aux conditions matérielles dont les générations précédentes ont bénéficié. Cette inquiétude nourrit le sentiment d’injustice et la défiance à l’égard des institutions. Le déclassement devient ainsi un phénomène culturel et politique, et non plus uniquement une question de pouvoir d’achat.

Le stato-consumérisme : un modèle économique qui atteint ses limites

Pour Xavier Van Lierde, le Grand Déclassement trouve également son origine dans un problème structurel : l’organisation économique qu’il désigne sous le terme de « stato-consumérisme ». Cette expression renvoie à un modèle qui privilégie le consommateur, son accès aux marchandises et sa capacité à acheter, tout en accordant une place insuffisante à la production nationale. Dans cette logique, l’objectif prioritaire consiste à proposer des produits au meilleur prix, même lorsque leur fabrication est progressivement transférée vers des pays où les coûts de production sont plus faibles. Le consommateur bénéficie alors de prix immédiatement attractifs, tandis que les conséquences industrielles et sociales sont prises en charge, au moins partiellement, par les mécanismes de redistribution publique. Les pertes d’emplois, la disparition de certaines activités industrielles et l’affaiblissement des savoir-faire sont ainsi compensés par des dispositifs de transferts sociaux. Le système cherche à préserver la consommation même lorsque les capacités productives nationales se fragilisent.

La contradiction apparaît lorsque cette logique devient durable. Les produits importés permettent de maintenir une offre abondante et parfois moins chère, mais leur consommation ne garantit pas le maintien des emplois industriels, des compétences techniques et des revenus qui alimentent l’économie nationale. Les entreprises qui produisent localement doivent supporter leurs coûts, leurs contraintes et leurs charges, tandis que leurs concurrents étrangers peuvent bénéficier de conditions de production différentes. Le consommateur obtient parfois un avantage immédiat, mais le pays peut perdre progressivement les capacités qui lui permettraient de produire, d’innover et de rémunérer durablement ses travailleurs. Dans l’analyse de Xavier Van Lierde, cette contradiction constitue le cœur d’une spirale destructrice : on cherche à maintenir le pouvoir d’achat par une consommation toujours plus accessible, alors que les fondements productifs permettant de financer cette consommation s’affaiblissent.

Le rôle de l’État devient alors central. Lorsque la production et les revenus du travail ne suffisent plus à soutenir le niveau de vie attendu, les transferts publics prennent une place croissante. Les prestations sociales, les aides et les mécanismes de compensation permettent de soutenir les ménages, mais ils reposent eux-mêmes sur des ressources fiscales et des financements publics. Le raisonnement de Xavier Van Lierde est donc celui d’une mécanique circulaire : l’État intervient pour compenser les difficultés économiques, mais le financement de cette intervention pèse également sur les acteurs économiques qui produisent, investissent et emploient. Cette analyse ne signifie pas que les dispositifs de solidarité seraient inutiles ou que toutes les dépenses publiques auraient le même effet. Elle met en évidence la limite d’un modèle dans lequel la redistribution devient progressivement le principal instrument de préservation du niveau de vie, sans résoudre suffisamment les problèmes de production, de compétitivité et de rémunération du travail.

Dette publique française : l’État ne peut pas compenser indéfiniment l’appauvrissement

La situation des finances publiques renforce cette interrogation. Les derniers chiffres annuels publiés par l’INSEE indiquent qu’en 2025, le déficit public français a représenté 5,1 % du produit intérieur brut et que la dette publique a atteint 115,6 % du PIB à la fin de l’année. Le taux de prélèvements obligatoires s’est établi à 43,6 % du PIB. La situation s’est encore tendue au premier trimestre 2026 : la dette publique a atteint 3 536,1 milliards d’euros, soit 117,5 % du PIB selon l’INSEE. Ces chiffres montrent que la puissance publique doit elle-même composer avec un niveau d’endettement considérable. Le problème dépasse donc la seule capacité de l’État à distribuer des aides supplémentaires. Il concerne la soutenabilité du financement public et la capacité du pays à préserver ses services, ses investissements et ses mécanismes de solidarité dans la durée.

Le mécanisme décrit par Xavier Van Lierde repose sur une contradiction : l’État est appelé à compenser les conséquences d’un modèle économique qui ne garantit plus suffisamment la progression des revenus du travail, mais ses interventions reposent sur des prélèvements et des emprunts qui ne peuvent pas augmenter indéfiniment. Lorsque le déficit persiste, la dette progresse et les marges de manœuvre budgétaires se réduisent. Les dépenses d’intérêts peuvent alors prendre une place croissante dans le budget public, au détriment d’autres priorités. La question devient particulièrement sensible lorsque les ménages attendent davantage de protection tandis que les finances publiques disposent de marges de manœuvre limitées. Le problème n’est donc pas simplement de savoir combien l’État peut distribuer, mais de déterminer comment l’économie peut produire suffisamment de richesses pour financer durablement les services collectifs et garantir des revenus permettant aux ménages de vivre de leur travail.

Cette situation explique pourquoi le débat sur le pouvoir d’achat prend une dimension politique majeure. Les citoyens ne jugent pas uniquement les gouvernements sur les annonces de soutien financier, mais sur leur capacité à améliorer concrètement leurs conditions d’existence. Lorsque les aides ne suffisent plus à compenser les dépenses et que les salaires ne permettent pas de retrouver une marge de sécurité, la confiance dans les mécanismes traditionnels s’érode. La multiplication des dispositifs de compensation ne constitue pas nécessairement une réponse durable si les causes structurelles du déclassement demeurent. Dans cette perspective, le redressement des finances publiques et la reconstruction d’une base productive solide deviennent deux enjeux étroitement liés.

Pourquoi les classes moyennes pourraient bouleverser l’élection présidentielle de 2027

Le pouvoir d’achat constitue désormais un enjeu politique central parce qu’il touche directement aux conditions matérielles de l’existence. Les électeurs peuvent avoir des opinions différentes sur l’immigration, la sécurité, l’Europe ou les institutions, mais les dépenses alimentaires, le logement, l’énergie et les salaires concernent quotidiennement tous les foyers. Xavier Van Lierde souligne que cette préoccupation dépasse désormais les électorats traditionnellement associés aux catégories populaires. Les classes moyennes, qui pouvaient se considérer relativement protégées, découvrent elles aussi les conséquences du recul du pouvoir d’achat. Cette évolution modifie le paysage politique parce qu’elle élargit le nombre de personnes directement concernées par la question économique. La présidentielle de 2027 se prépare ainsi dans un contexte où la capacité des candidats à répondre aux inquiétudes financières des ménages pourrait devenir un critère déterminant.

La perte de confiance ne concerne pas uniquement un camp politique. Elle peut toucher les électeurs qui avaient soutenu différentes majorités, dès lors que leur expérience quotidienne ne correspond plus aux promesses économiques formulées depuis plusieurs années. Dans la chronique, Xavier Van Lierde estime que les alternances politiques ont souvent modifié les équipes dirigeantes sans remettre fondamentalement en cause le fonctionnement du modèle économique. La droite a elle aussi utilisé des mécanismes de compensation qu’elle critiquait parfois chez ses adversaires, tandis que le macronisme a multiplié les dispositifs de soutien tout en promettant une transformation économique. Le résultat, selon son analyse, est une défiance grandissante envers des responsables politiques jugés incapables de garantir durablement le niveau de vie des Français.

La question politique fondamentale devient alors celle de la capacité à restaurer une véritable sécurité économique. Les électeurs ne demandent pas seulement des mesures ponctuelles pour réduire une facture ou compenser une hausse de prix. Ils attendent de pouvoir travailler, se loger, épargner, élever leurs enfants et préparer leur retraite sans dépendre constamment d’un dispositif exceptionnel. Cette attente dépasse les clivages traditionnels et touche à la conception même de la responsabilité politique. La question centrale de 2027 pourrait donc être moins celle du montant des aides promises que celle de la capacité à reconstruire une économie dans laquelle le travail permet réellement de vivre.

Réindustrialiser, produire et rémunérer le travail : les pistes avancées par Xavier Van Lierde

Face à ce constat, Xavier Van Lierde défend une transformation des priorités économiques. Il estime que la réponse durable au déclassement passe par la réindustrialisation, le développement des entreprises, le soutien aux artisans, aux agriculteurs et aux producteurs, ainsi que par la mise en place de conditions favorables à l’investissement. L’objectif consiste à redonner à la production une place centrale dans l’organisation économique. Une économie capable de produire davantage sur son territoire peut développer des emplois, préserver des compétences, renforcer ses chaînes d’approvisionnement et créer des revenus issus d’une activité productive. Cette orientation suppose également de disposer d’une énergie compétitive, de simplifier les contraintes qui freinent certains investissements et de permettre aux entreprises de se développer. Dans cette perspective, la compétitivité ne constitue pas seulement un objectif comptable : elle représente une condition de la capacité nationale à produire, à employer et à rémunérer.

L’un des points essentiels de cette proposition concerne la rémunération du travail. Xavier Van Lierde insiste sur la nécessité de faire en sorte que les gains de l’activité économique se retrouvent dans les revenus des travailleurs. Le salaire doit permettre de financer les dépenses essentielles, mais également de préparer l’avenir, de constituer une épargne et de transmettre un patrimoine. L’enjeu consiste donc à sortir d’une logique dans laquelle les revenus du travail sont continuellement complétés par des aides destinées à rendre supportables les prélèvements et le coût de la vie. Cette orientation remet la production, la qualification professionnelle et la création de valeur au centre du débat économique. Elle pose également la question de la place respective des entreprises, des salariés et de l’État dans la construction du niveau de vie.

La réindustrialisation ne peut toutefois pas se réduire à une formule politique. Elle suppose des investissements, des infrastructures, des compétences, une formation adaptée et des conditions économiques permettant aux entreprises de rester compétitives. Elle implique également de rétablir un lien plus direct entre les efforts productifs et les revenus qui en résultent. C’est précisément cette relation que Xavier Van Lierde souhaite voir restaurée : travailler doit permettre de vivre dignement, de gagner en indépendance et de construire un avenir. La question du pouvoir d’achat rejoint ainsi celle de la souveraineté économique. Un pays qui dépend excessivement de productions extérieures pour satisfaire ses besoins essentiels peut se retrouver exposé aux décisions, aux coûts et aux tensions qui échappent à son contrôle.

Le retour des métiers manuels : quand le savoir-faire retrouve sa valeur

La chronique aborde également une transformation culturelle importante : la revalorisation des métiers manuels et techniques. Pendant plusieurs décennies, l’accès aux études supérieures a été présenté comme l’une des principales voies de réussite sociale. L’obtention d’un diplôme devait ouvrir les portes de professions qualifiées, garantir une meilleure rémunération et offrir une position reconnue dans la société. Mais la massification de l’enseignement supérieur a également créé un décalage entre les attentes des diplômés et les possibilités réelles du marché du travail. Certains jeunes accumulent les diplômes sans trouver un emploi correspondant à leurs qualifications. D’autres découvrent que le niveau d’études atteint ne garantit ni une rémunération satisfaisante ni une progression professionnelle. Cette situation remet en cause l’idée selon laquelle l’accumulation des titres scolaires suffirait à assurer une ascension sociale.

Xavier Van Lierde observe que les métiers manuels retrouvent progressivement une attractivité parce qu’ils répondent à des besoins concrets. Les plombiers, les électriciens, les mécaniciens, les artisans et les techniciens exercent des professions indispensables au fonctionnement quotidien de la société. Leur travail produit un résultat visible, identifiable et directement utile. Il permet de répondre à des besoins matériels qui ne peuvent pas être satisfaits par de simples échanges numériques ou par la multiplication des activités administratives. Cette dimension donne aux métiers techniques une valeur particulière dans une économie qui redécouvre l’importance de la production. La qualification professionnelle ne se résume plus à l’obtention d’un diplôme : elle se manifeste également dans la capacité à réparer, fabriquer, installer, construire et résoudre des problèmes réels.

Cette revalorisation touche également à la dignité professionnelle. Xavier Van Lierde évoque l’idée d’une forme d’« aristocratie ouvrière », dans laquelle le savoir-faire et la maîtrise d’un métier confèrent une reconnaissance particulière à celui qui les possède. Cette conception ne repose pas sur un privilège de naissance ou sur un statut hérité, mais sur la compétence, l’expérience et la capacité à accomplir un travail de qualité. Elle renvoie à une tradition dans laquelle la fierté professionnelle constitue une composante essentielle de l’identité individuelle. L’artisan qui maîtrise son métier, le technicien qui sait résoudre une panne ou l’ouvrier qualifié capable de produire une pièce complexe disposent d’une compétence qui ne se réduit pas à leur niveau de rémunération. Leur savoir-faire représente une contribution concrète à la société.

Produire plutôt que consommer : retrouver le sens du travail et de la création

Cette réflexion dépasse le seul domaine professionnel. Xavier Van Lierde explique que la société de consommation a progressivement réduit la place accordée à l’activité créatrice individuelle. Les loisirs sont devenus des produits que l’on achète, les divertissements des services que l’on consomme et les expériences personnelles des marchandises proposées par un marché toujours plus vaste. Pourtant, il existe une différence fondamentale entre acheter un divertissement et apprendre à pratiquer soi-même une activité artistique ou créative. Devenir musicien amateur, apprendre la peinture, pratiquer la sculpture ou participer à un ensemble musical demande du temps, de l’apprentissage et de la persévérance. Cette démarche transforme l’individu en acteur de son propre loisir. Il ne dépend plus exclusivement d’une offre commerciale pour occuper son temps libre : il développe une compétence et devient capable de produire quelque chose par lui-même.

Cette opposition entre consommation passive et création personnelle constitue un prolongement de la critique du stato-consumérisme. Dans les deux cas, la question centrale est celle de la capacité d’action. Un individu qui ne peut exister socialement qu’à travers ce qu’il achète devient dépendant de ses revenus et des possibilités offertes par le marché. À l’inverse, celui qui développe des compétences, apprend un métier ou pratique une activité créative retrouve une forme d’autonomie. Cette autonomie ne signifie pas qu’il faut renoncer à la consommation ou aux services marchands. Elle signifie que la satisfaction individuelle ne peut pas reposer uniquement sur l’acquisition de biens et de prestations. La création, la pratique et la maîtrise d’un savoir-faire permettent de retrouver un rapport plus direct au monde.

C’est également dans cette perspective que la notion de dignité prend toute son importance. Pour Xavier Van Lierde, l’être humain ne souhaite pas simplement recevoir, consommer et être protégé. Il veut pouvoir agir, construire, fabriquer et constater le résultat de ses efforts. La valeur du travail ne se limite donc pas au salaire qu’il procure. Elle repose également sur la reconnaissance sociale, la compétence acquise et la possibilité de contribuer à une réalisation collective. Cette conception redonne une place centrale à la production et à la création dans la définition d’une vie réussie.

Retrouver la souveraineté individuelle et collective : sortir du statut de simple consommateur

La conclusion de Xavier Van Lierde repose sur une idée qui dépasse largement les statistiques du pouvoir d’achat : la nécessité de retrouver la maîtrise de sa propre existence. La crise économique révèle selon lui une crise plus profonde de la conception de la vie en société. Pendant des décennies, le modèle dominant a placé le consommateur au centre des politiques économiques, en considérant que l’accès aux marchandises et le soutien à la consommation constituaient les principaux moyens de garantir le bien-être collectif. Mais cette conception laisse de côté une aspiration essentielle : celle de pouvoir agir sur son environnement, de développer des compétences et de construire quelque chose par son propre travail. Lorsque l’individu devient dépendant des aides, des transferts et des produits disponibles sur le marché, son autonomie peut se trouver réduite. Il conserve une capacité d’achat, mais perd progressivement la maîtrise des conditions qui lui permettent de vivre et de produire.

Cette aspiration concerne également le fonctionnement des communautés. Xavier Van Lierde rappelle que la vie collective ne peut pas être réduite à une juxtaposition de consommateurs qui attendent chacun de recevoir des biens et des services. Une communauté se construit à travers des actions communes, des réalisations partagées, un héritage culturel et des responsabilités réciproques. Produire, transmettre, apprendre, créer et travailler ensemble permettent de tisser des liens qui ne reposent pas uniquement sur les échanges marchands. Cette conception redonne une dimension concrète à la souveraineté collective : une société doit pouvoir compter sur ses membres, sur leurs compétences et sur leur capacité à participer à une œuvre commune. La restauration du lien social passe alors par la reconnaissance de ceux qui fabriquent, cultivent, réparent, enseignent et produisent.

Le Grand Déclassement prend ainsi une signification beaucoup plus profonde qu’une simple diminution des ressources financières. Il désigne la perte progressive d’une position sociale, d’une sécurité matérielle et d’une confiance dans l’avenir. Les Français veulent pouvoir payer leurs courses, mais ils attendent également que leur travail leur permette de construire une existence indépendante, de devenir propriétaires lorsqu’ils le souhaitent, d’élever leurs enfants et de transmettre quelque chose aux générations suivantes. Ils ne veulent pas seulement être protégés contre les difficultés : ils veulent disposer des moyens de les surmonter. Cette aspiration rejoint les revendications exprimées lors du mouvement des Gilets jaunes, dont Xavier Van Lierde rappelle qu’une partie des participants réclamait davantage de liberté et de capacité d’action, plutôt qu’une simple multiplication des aides financières.

Le Grand Déclassement : une crise économique qui révèle une crise de civilisation

Le diagnostic présenté par Xavier Van Lierde conduit finalement à une interrogation fondamentale sur l’organisation de la société française. Le recul du pouvoir d’achat, la fragilisation des classes moyennes, la perte de confiance dans l’ascenseur social, la difficulté à accéder à la propriété et la remise en cause de la valeur des diplômes ne constituent pas des phénomènes totalement indépendants. Ils peuvent être lus comme les différentes manifestations d’une même transformation : le passage d’une société qui espérait progresser grâce au travail, à la production et à la croissance vers une société dans laquelle une partie croissante de la population cherche avant tout à préserver ce qu’elle possède déjà. Le consommateur a progressivement pris le pas sur le producteur, les mécanismes de compensation ont occupé une place grandissante et la promesse d’une amélioration continue des conditions de vie s’est affaiblie.

La réponse défendue dans cette chronique repose sur une remise en valeur de la production, de l’entreprise, de l’artisanat, de l’agriculture, de l’industrie et des métiers techniques. Elle suppose également de redonner au travail sa fonction première : permettre à chacun de vivre de son activité et de construire son avenir. Cette orientation implique de sortir d’une conception dans laquelle le pouvoir d’achat serait principalement soutenu par des dispositifs de redistribution, pour replacer la création de richesse au cœur du modèle économique. Elle nécessite des choix politiques, économiques et culturels, mais aussi une transformation de la manière dont la société reconnaît les compétences et les contributions de chacun.

Le Grand Déclassement n’est donc pas seulement une affaire de factures trop élevées ou de salaires insuffisants. C’est la remise en cause d’une promesse fondamentale : celle selon laquelle le travail devait permettre de vivre mieux, de progresser et de transmettre un avenir plus favorable à ses enfants. C’est cette promesse que les Français voient aujourd’hui s’éloigner. Et c’est précisément pour cette raison que la question du pouvoir d’achat dépasse désormais le cadre des débats budgétaires. Elle touche à la dignité, à l’indépendance, à la souveraineté et à la place de chacun dans la société. Comme le souligne Xavier Van Lierde, le véritable enjeu consiste à redevenir des citoyens capables d’agir, de produire et de construire ensemble, plutôt que de rester de simples consommateurs dépendants d’un système dont les limites apparaissent désormais au grand jour.

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