Ce week-end, les grandes villes chinoises ont connu une véritable ruée vers l’or. À Xi’an, ancienne capitale millénaire, comme dans les principaux centres urbains du pays, les boutiques d’or et de bijoux ont été prises d’assaut par des acheteurs cherchant à profiter de la baisse récente des cours. Le marché de Shuibei, à Shenzhen, cœur historique du commerce de l’or et de la bijouterie en Chine, a été décrit comme bondé, au point que certains rayons auraient été vidés et que les bracelets auraient dû être réapprovisionnés plusieurs fois dans la journée.
Cette scène rappelle brutalement ce qui s’était produit après le 12 avril 2013, lorsque l’or avait subi une forte correction. À l’époque, les acheteuses chinoises — les célèbres « Dama » — étaient entrées massivement sur le marché : selon le témoignage repris par l’auteur, environ 1 100 tonnes d’or auraient été importées en un mois et le prix COMEX aurait progressé d’environ 300 dollars. L’or était alors descendu jusqu’à environ 1 100 dollars l’once ; en comparaison avec un cours récent évoqué autour de 3 800 dollars, cela représente une progression d’environ 2 700 dollars.
Pour ceux qui cherchent aujourd’hui une exposition directe au métal physique, les pièces d’or restent l’un des formats les plus accessibles et les plus liquides. Les pièces d’investissement reconnues, comme le Napoléon, la Maple Leaf, la Britannia ou le Krugerrand, permettent d’entrer progressivement sur le marché tout en conservant une revente facilitée grâce à leur reconnaissance internationale. Acheter des pièces d’or peut ainsi constituer une réponse concrète à ceux qui veulent détenir un actif tangible plutôt qu’une simple ligne sur un relevé bancaire.
Une baisse du prix déclenche une avalanche d’achats
Le mécanisme est simple, mais sa puissance est souvent sous-estimée : lorsque le prix de l’or recule, une partie des ménages chinois ne voit pas un signal de faiblesse, mais une occasion d’achat. Les reportages relayés cette semaine évoquent une base-or passée sous 860 yuans le gramme, soit plus de 400 yuans en dessous du sommet annuel, tandis que les acheteurs considéraient les niveaux situés dans les 800 yuans comme un point d’entrée.
À Shenzhen, le quartier de Shuibei aurait vu son affluence exploser après la chute des cours. Des photos diffusées sur les réseaux sociaux chinois montraient des allées si encombrées que les visiteurs pouvaient à peine avancer, tandis que des lingotins de 5 grammes, 10 grammes et 200 grammes auraient été épuisés. Les bracelets simples partaient le plus vite, et les commerçants auraient dû réapprovisionner les étals jusqu’à trois fois par jour.
This weekend, major cities in CN experienced a wave of gold rush. A similar scene also occurred over a month after April 12, 2013. With the support of Chinese Dama, 1100 tons of gold were imported in a month, and the COMEX gold price rose by about $300. https://t.co/oo5jvPyeq5
— Bai, Xiaojun (@oriental_ghost) November 1, 2026
Cette dynamique n’est pas uniquement une affaire de bijoux ou de cadeaux de mariage. Elle traduit une préférence profonde pour l’or physique dans un contexte où l’immobilier chinois reste fragile et où les placements financiers rassurent moins qu’auparavant. Les ménages cherchent un refuge concret, stockable, transmissible et indépendant de la promesse d’une institution. Pour un épargnant qui souhaite suivre cette logique, les lingots offrent une exposition plus directe au métal, avec une prime généralement plus faible sur les grands formats. Acheter des lingots d’or permet précisément d’acquérir de l’or pur à 999,9 ‰, dans des formats allant du gramme au kilogramme.
Le souvenir de 2013 hante le marché
Le parallèle avec 2013 n’est pas anodin. Après la violente baisse du 12 avril 2013, les acheteurs particuliers chinois avaient massivement acheté l’or pendant sa chute. L’auteur rappelle que, selon son récit, 1 100 tonnes auraient été importées en un mois grâce à cette vague d’achats, tandis que le prix COMEX remontait d’environ 300 dollars.
L’enseignement est double. D’abord, la demande physique asiatique peut devenir un moteur de prix lorsque les cours reculent fortement. Ensuite, la psychologie de marché peut basculer très vite : une correction perçue comme une catastrophe par certains investisseurs devient, pour d’autres, le signal qu’il faut acheter. Cette divergence entre vendeurs paniqués et acheteurs convaincus est précisément ce qui crée les mouvements les plus violents sur l’or.
Pour ceux qui préfèrent un format historique, liquide et facilement divisible, le Napoléon de 20 francs reste une référence. La pièce 20 Francs Napoléon III Tête Nue illustre cette catégorie d’or d’investissement ancien, recherchée à la fois pour sa valeur en métal et pour son intérêt patrimonial.
La demande chinoise contredit la baisse des cours
Les données récentes confirment que la demande chinoise ne suit pas mécaniquement la baisse du prix. Selon Bloomberg, le contrat Au99.99 de la Shanghai Gold Exchange a échangé 43 millions de lots lors d’une semaine récente, soit environ 430 tonnes, son niveau le plus élevé depuis avril. Ce volume correspond toutefois à un volume de transactions, et non à un achat net des ménages, ce qui impose de rester précis sur son interprétation.
Les plans d’accumulation proposés par les banques chinoises ont également connu une forte progression. Selon les informations rapportées, les achats réalisés via ces produits durant les neuf premiers mois de 2026 auraient déjà dépassé le total de l’année 2025. En 2025, les banques chinoises auraient vendu 2 187 tonnes d’or à des clients particuliers, soit plus du triple du montant de 2024, même si ce chiffre brut ne tient pas compte des reventes ultérieures.
Shenzhen Shuibei #Gold Market on Saturday 10/31
After the gold sell off on Friday
It is packed with shoppers like it is free
Much worse than earlier in the week when I was shopping there (when I considered it was quite packed) https://t.co/D3N97qxncj— David Lee (@DavidLe76335983) October 31, 2026
Dans ce contexte, la pièce d’or apparaît comme un compromis particulièrement pertinent : elle est plus petite qu’un lingot, plus facile à revendre partiellement et adaptée à une constitution progressive d’épargne. Les pièces d’or d’investissement permettent justement d’acheter par petites quantités, du 1/20 d’once à l’once entière, sans immobiliser immédiatement une somme trop importante.
Pourquoi cette ruée peut changer la donne
La ruée observée à Xi’an et à Shenzhen n’est pas un simple fait divers. Elle révèle un décalage entre le marché papier, où les investisseurs peuvent vendre rapidement, et le marché physique, où les ménages veulent réellement détenir du métal. Lorsque les prix baissent, ces acheteurs physiques peuvent absorber une partie de l’offre et limiter la baisse. C’est exactement ce que suggèrent les observations autour de Shuibei : la correction des cours a relancé la demande hors ligne, alors même que les marchés financiers réévaluaient leurs perspectives.
Le World Gold Council note par ailleurs que la demande d’investissement en or a dépassé la consommation de bijoux en Chine en 2025, une première historique. Cette bascule s’est poursuivie en 2026 : les investisseurs chinois auraient acheté 342 tonnes d’or au premier semestre, contre 136 tonnes pour la bijouterie, cette dernière enregistrant son premier semestre le plus faible en tonnage depuis 2006.
Autrement dit, la Chine n’achète plus seulement de l’or pour se parer. Elle achète de l’or pour se protéger, épargner et diversifier. Pour l’investisseur particulier, cela renforce l’intérêt de privilégier des produits physiques certifiés, traçables et reconnus. Les lingots d’or certifiés répondent à cette exigence, avec des raffineurs internationaux, un numéro de série et une pureté de 999,9 ‰.
Le message de l’auteur : le marché pousse la majorité dans la mauvaise direction
L’auteur formule une conclusion sans détour : le marché se trompe souvent et pousse les gens dans la mauvaise direction, si bien que 99% des participants finiraient par perdre de l’argent. Selon lui, la foule achète souvent au mauvais moment, parce qu’elle réagit aux émotions, aux titres de presse et aux mouvements de prix déjà accomplis, plutôt qu’à une logique patrimoniale de long terme.
Cette idée est au cœur de la leçon de 2013. Ceux qui ont vendu pendant la panique ont encaissé la baisse ; ceux qui ont acheté l’or physique pendant la correction ont ensuite vu le cours se redresser fortement. L’auteur ne présente pas cela comme une garantie, mais comme un fait historique destiné à répondre à ceux qui doutent encore de la capacité de l’or à se reprendre après une chute.
La vraie question n’est donc pas seulement de savoir si l’or va monter ou baisser demain. Elle est de savoir si l’on détient un actif capable de traverser les crises, les dévaluations, les tensions géopolitiques et les pertes de confiance dans les systèmes financiers. Pour beaucoup, la réponse passe par l’or physique. Acheter de l’or physique consiste à convertir une partie de son épargne en un bien rare, universellement reconnu et non dépendant de la solvabilité d’un émetteur.
Ce que les investisseurs doivent retenir
La ruée actuelle en Chine combine trois signaux : une baisse des cours, une affluence exceptionnelle dans les boutiques physiques et une mémoire collective encore marquée par 2013. Les acheteurs chinois ne semblent pas fuir l’or ; ils l’achètent davantage lorsque son prix recule. Cette réaction contracyclique peut fournir un soutien au marché, comme l’indiquent les volumes élevés observés sur la Shanghai Gold Exchange.
Pour un investisseur, la prudence consiste à distinguer l’achat d’or physique d’une spéculation à court terme. Les pièces conviennent à ceux qui veulent de la flexibilité et de la divisibilité ; les lingots conviennent à ceux qui privilégient la quantité de métal et une prime plus faible. Dans les deux cas, la qualité, l’authenticité et la traçabilité sont essentielles.
Le phénomène chinois rappelle enfin une vérité simple : lorsque la peur domine les marchés, l’or redevient souvent un refuge. Et lorsque la peur s’accompagne d’une baisse de prix, la demande physique peut se réveiller avec une force difficile à anticiper. C’est exactement le scénario que décrivent les images venues de Xi’an et de Shenzhen.