Et si la prochaine crise financière était infiniment plus grave que celle de 2008 ? Et si l’effondrement ne venait pas du marché immobilier, mais directement de la dette des États, des marchés obligataires et du système bancaire international ? C’est précisément le scénario défendu par Michael Oliver, fondateur de Momentum Structural Analysis, qui lance un avertissement particulièrement spectaculaire : l’argent pourrait atteindre 500 dollars, voire 1 000 dollars l’once, tandis que l’or pourrait s’envoler vers 8 500, 10 000 ou même 20 000 dollars. Derrière ces projections vertigineuses se trouve une conviction centrale : le système financier mondial serait arrivé à un point de rupture, et les métaux précieux pourraient devenir les principaux bénéficiaires d’une fuite massive des capitaux. Dans cette perspective, l’achat de pièces d’argent physique constitue l’une des pistes permettant de s’exposer directement à ce métal monétaire.
L’analyse de Michael Oliver repose sur une lecture globale des marchés, dans laquelle les tensions politiques, l’endettement public, les fragilités bancaires et la dépréciation monétaire ne constituent pas des phénomènes isolés. Selon lui, ces événements sont les différentes manifestations d’un même problème : des décennies de création monétaire et d’accumulation de dettes auraient progressivement fragilisé les fondations du système économique. L’analyste considère que les banques centrales ne disposent plus de la liberté d’action qu’elles prétendent avoir, puisqu’elles doivent simultanément combattre l’inflation, préserver la stabilité financière et permettre aux États de continuer à financer leurs dépenses. Dans ce contexte, les pièces d’argent d’investissement attirent l’attention des investisseurs qui souhaitent détenir un actif physique en dehors des marchés financiers traditionnels.
Cette vision prend une dimension particulière à la lumière de l’évolution de la dette américaine. Les paiements nets d’intérêts du gouvernement fédéral ont atteint environ 1 050 milliards de dollars au cours de l’exercice budgétaire 2026, selon les données disponibles. Cette charge financière considérable illustre le poids croissant du financement de la dette dans les finances publiques américaines. Pour Michael Oliver, le problème dépasse largement la question des taux directeurs de la Réserve fédérale : il concerne la capacité des gouvernements à maintenir leur fonctionnement sans recourir toujours davantage à l’endettement et à la création monétaire. Dans un tel environnement, les lingots d’argent physique représentent une exposition directe à un actif tangible dont la valeur ne dépend pas de la solvabilité d’un émetteur financier.
L’avertissement de Michael Oliver ne concerne donc pas uniquement une éventuelle correction des marchés actions. Il évoque une crise beaucoup plus profonde, susceptible de toucher simultanément les obligations souveraines, les grandes banques, les marchés du crédit et les monnaies. Son raisonnement est simple : lorsque les investisseurs commencent à douter de plusieurs grandes catégories d’actifs en même temps, ils cherchent nécessairement d’autres supports pour préserver leur capital. Historiquement, l’or et l’argent ont occupé une place particulière dans ces périodes de défiance monétaire. C’est pourquoi les pièces d’argent physiques destinées à l’investissement pourraient susciter un intérêt accru si cette réallocation des capitaux venait à s’accélérer.
Le point le plus inquiétant de son intervention concerne le marché obligataire américain. Contrairement aux crises précédentes, Michael Oliver estime que les obligations d’État pourraient ne plus jouer leur rôle traditionnel de valeur refuge. Si les rendements à long terme continuent de progresser sous l’effet des inquiétudes liées à la dette, les investisseurs pourraient remettre en question la solidité de cet actif pourtant considéré comme l’un des piliers du système financier international. Une telle évolution bouleverserait les stratégies d’allocation patrimoniale et remettrait en cause le modèle classique associant actions et obligations. Dans cette hypothèse, les pièces Maple Leaf en argent d’une once constituent un exemple concret de support physique permettant de détenir directement du métal précieux.
Enfin, Michael Oliver considère que l’argent pourrait connaître une progression encore plus spectaculaire que celle de l’or. Il ne s’agit pas simplement, dans son raisonnement, de profiter d’une hausse générale des métaux précieux. Il s’agit de voir l’argent retrouver une place monétaire qu’il aurait perdue depuis plusieurs décennies, alors même que son rapport de valeur avec l’or reste historiquement faible selon les comparaisons qu’il présente. Son objectif de 500 dollars, puis son évocation d’un possible mouvement vers 1 000 dollars l’once, reposent sur cette hypothèse de rattrapage et sur une rupture des équilibres financiers existants. Pour les investisseurs qui souhaitent étudier cette possibilité, les différentes solutions d’achat d’argent physique permettent d’accéder directement au marché du métal.
Une crise financière qui pourrait dépasser largement celle de 2008
Pour comprendre la portée de l’avertissement de Michael Oliver, il faut revenir sur sa comparaison entre les grandes crises financières des dernières décennies. L’analyste distingue trois épisodes majeurs : l’effondrement des valeurs technologiques au début des années 2000, la crise immobilière et bancaire de 2008-2009, et le scénario qu’il anticipe aujourd’hui. Selon lui, ces précédents ne sont pas directement comparables, car la prochaine crise pourrait trouver son origine dans une accumulation beaucoup plus vaste de dettes publiques et privées.
En 2000, l’éclatement de la bulle Internet avait provoqué une chute considérable du Nasdaq, dont la baisse avait atteint environ 82 % entre son sommet et son point bas. En 2008, la crise des crédits immobiliers américains avait contaminé le système bancaire international, provoquant une récession majeure et une chute brutale des marchés actions. Michael Oliver estime cependant que ces deux épisodes avaient des causes relativement identifiables : une valorisation excessive des entreprises technologiques dans le premier cas, puis une crise du crédit immobilier dans le second.
Le scénario qu’il décrit aujourd’hui serait fondamentalement différent. La dette des gouvernements, l’endettement privé, la dépendance des marchés à la liquidité et la fragilité des institutions financières formeraient un ensemble de risques interdépendants. Autrement dit, il ne s’agirait plus simplement de corriger une bulle sectorielle ou de résoudre une crise bancaire ponctuelle, mais de faire face à un problème structurel touchant directement le financement de l’économie mondiale.
L’élément central de son raisonnement est la difficulté croissante des États à financer leurs engagements. Lorsque les taux d’intérêt augmentent, le coût de refinancement de la dette progresse. Les gouvernements doivent alors consacrer une part plus importante de leurs recettes au paiement des intérêts, ce qui réduit leurs marges de manœuvre budgétaires. Dans le même temps, les entreprises et les ménages fortement endettés subissent eux aussi les conséquences d’un financement plus coûteux. Cette accumulation de contraintes peut fragiliser les établissements bancaires, qui sont directement exposés aux emprunteurs et aux marchés obligataires.
Pour Oliver, le risque est celui d’un enchaînement de réactions : tensions sur les obligations, détérioration de la confiance, fragilisation des banques, intervention des autorités monétaires, puis nouvelles mesures de soutien financier. C’est précisément cette mécanique qu’il juge particulièrement dangereuse.
Pourquoi les banques centrales pourraient être contraintes de relancer la création monétaire
L’un des aspects les plus importants de l’intervention concerne le rôle des banques centrales. Michael Oliver considère qu’elles sont enfermées dans une contradiction majeure. Elles doivent théoriquement lutter contre l’inflation en maintenant des conditions monétaires suffisamment restrictives, mais elles doivent également empêcher une crise de financement de se transformer en effondrement économique.
Lorsque les taux directeurs augmentent, le coût du crédit progresse. Cette politique peut contribuer à ralentir la demande et à contenir les pressions inflationnistes. Toutefois, elle exerce également une pression sur les emprunteurs, les entreprises, les États et les établissements financiers. Si les tensions deviennent trop importantes, les banques centrales peuvent être poussées à modifier leur politique.
C’est précisément ce que Michael Oliver anticipe. Selon lui, une détérioration suffisamment importante du système bancaire et obligataire pourrait contraindre la Réserve fédérale américaine à abandonner une politique monétaire restrictive pour adopter une orientation beaucoup plus accommodante.
Il insiste particulièrement sur la différence entre les taux courts et les taux longs. La Réserve fédérale exerce une influence directe sur les taux directeurs à court terme, mais les rendements des obligations américaines à dix ou trente ans dépendent également des anticipations d’inflation, de la confiance des investisseurs, de l’offre de dette et de la demande internationale pour les titres du Trésor.
Dans son analyse, les marchés obligataires pourraient donc devenir le véritable point de rupture. Une banque centrale peut réduire ses taux directeurs sans parvenir à faire baisser durablement les rendements à long terme si les investisseurs exigent une rémunération supérieure pour détenir de la dette publique.
Michael Oliver estime que cette situation pourrait provoquer un changement brutal de politique monétaire. Si les autorités choisissent de soutenir les marchés et de protéger le financement des gouvernements, elles risquent de renforcer les mécanismes de création monétaire qu’elles cherchent précisément à maîtriser.
Pour l’analyste, cette fuite en avant constituerait un puissant moteur pour l’or et l’argent. La hausse de ces métaux ne serait alors pas simplement la conséquence d’une augmentation de leur demande : elle refléterait également la perte de pouvoir d’achat des monnaies dans lesquelles ils sont exprimés.
Les grandes banques américaines : un signal d’alerte que les investisseurs ne devraient pas ignorer
Michael Oliver accorde une attention particulière à l’évolution des actions bancaires américaines. Il estime que les mouvements observés sur les grandes banques pourraient annoncer une dégradation plus importante de la situation financière.
Dans l’entretien, l’intervieweur évoque notamment les baisses enregistrées par Bank of America et Goldman Sachs en octobre, ainsi que le recul de l’indice KBW des banques américaines par rapport à son sommet du mois d’août. Il souligne également que plusieurs grands établissements ont publié des résultats trimestriels en progression sur un an.
La réponse de Michael Oliver est révélatrice de sa méthode d’analyse. Il explique ne pas se limiter à l’observation des graphiques de prix ou des résultats comptables. Son approche repose principalement sur l’étude du momentum, c’est-à-dire la dynamique de fond des marchés et la capacité d’une tendance à se maintenir.
Selon lui, plusieurs grandes banques auraient cassé des structures de momentum de long terme, notamment sur les horizons trimestriels et annuels. Cette rupture serait beaucoup plus importante qu’une simple baisse ponctuelle des cours. Elle indiquerait, selon sa méthodologie, que la tendance haussière de plusieurs années pourrait être arrivée à son terme.
Il considère que les difficultés pourraient s’aggraver sur plusieurs années. Dans cette perspective, les banques ne seraient pas nécessairement à l’origine de la crise, mais pourraient en devenir l’un des principaux points de transmission, en raison de leur exposition au crédit et aux marchés de la dette.
Cette distinction est importante : une baisse du cours de Bourse ne démontre pas, à elle seule, qu’une banque est insolvable ou que son bilan se détériore. Michael Oliver présente ici une interprétation technique des marchés, et non la preuve comptable d’une crise bancaire déjà constituée.
Pourquoi une baisse des taux de la Fed pourrait annoncer le début d’une crise
L’un des passages les plus intéressants de l’entretien concerne le calendrier d’intervention de la Réserve fédérale. Alors que les marchés peuvent interpréter une baisse des taux comme une bonne nouvelle, Michael Oliver considère qu’elle peut parfois constituer un avertissement beaucoup plus sérieux.
Il rappelle notamment les événements de 2007. À cette époque, la Réserve fédérale avait commencé à réduire ses taux alors que les difficultés du marché immobilier américain prenaient de l’ampleur. Malgré les déclarations rassurantes des responsables monétaires, les premières baisses de taux avaient précédé le sommet des marchés actions d’octobre 2007 et l’aggravation de la crise financière.
Son raisonnement repose sur une idée : lorsque les banques centrales commencent à réduire leurs taux dans un contexte de fragilité économique, cette décision peut révéler qu’elles ont identifié des risques suffisamment importants pour modifier leur stratégie.
Il ne faut donc pas nécessairement interpréter une baisse des taux comme une confirmation de la bonne santé de l’économie. Elle peut également signaler que les autorités cherchent à limiter les dégâts d’une situation qui se détériore.
Pour Michael Oliver, le consensus des investisseurs pourrait ainsi être pris à contre-pied. Une partie du marché anticiperait une politique monétaire restrictive, alors que les difficultés du système financier pourraient finalement contraindre la Fed à changer de direction.
Cette perspective renforce son scénario haussier sur les métaux précieux. Une politique monétaire plus accommodante, associée à une perte de confiance dans les obligations souveraines, pourrait modifier profondément les arbitrages des grands investisseurs.
L’or pourrait atteindre 8 500, 10 000, voire 20 000 dollars l’once
Sur le marché de l’or, Michael Oliver affiche des objectifs particulièrement ambitieux. Il évoque la possibilité de voir le métal jaune atteindre 8 500 dollars l’once, sans exclure des niveaux de 10 000 ou même 20 000 dollars dans un scénario extrême.
Ces projections ne reposent pas uniquement sur une extrapolation de la hausse récente du métal précieux. L’analyste s’appuie également sur les précédents grands marchés haussiers de l’or.
Il rappelle notamment le mouvement observé entre le point bas de 1976 et le sommet de 1980. Durant cette période, l’or avait progressé d’environ 100 dollars à 850 dollars l’once, soit une multiplication proche de huit.
Un mouvement comparable s’était ensuite produit entre le début des années 2000 et le sommet de 2011. L’or était passé d’environ 250 dollars à près de 1 920 dollars l’once.
Michael Oliver estime que ces deux précédents illustrent la capacité du métal jaune à enregistrer des progressions considérables au cours des grandes phases de réévaluation monétaire.
En reprenant cette logique de multiplication, il considère qu’un nouveau mouvement comparable pourrait conduire l’or vers 8 500 dollars l’once à partir de la zone de référence qu’il utilise.
Mais son raisonnement va plus loin. Selon lui, la prochaine phase haussière pourrait être encore plus puissante si les investisseurs perdaient simultanément confiance dans les actions et les obligations.
Le facteur déterminant ne serait alors plus seulement la demande traditionnelle pour l’or. Ce serait la nécessité de trouver une alternative aux actifs financiers dont la valorisation et la sécurité seraient remises en question.
Dans ce scénario, l’or pourrait devenir le principal bénéficiaire d’une réallocation massive des capitaux internationaux.
Argent à 500 dollars : pourquoi Michael Oliver considère que ce scénario est crédible
C’est toutefois sur l’argent que Michael Oliver formule ses prévisions les plus spectaculaires.
L’analyste considère que le métal blanc se trouve dans une situation de sous-évaluation historique par rapport à l’or. Selon lui, cette anomalie pourrait finir par disparaître au cours d’un mouvement haussier particulièrement violent.
Pour comprendre son raisonnement, il faut observer le rapport entre le prix de l’or et celui de l’argent. Ce ratio, appelé ratio or/argent, indique combien d’onces d’argent sont nécessaires pour acheter une once d’or.
Michael Oliver rappelle qu’en 1980, l’argent représentait environ 6,5 % de la valeur d’une once d’or. En 2011, cette proportion avait atteint environ 3,1 %. Dans son analyse de marché, il estime que l’argent ne représente plus qu’environ 1,5 % de la valeur de l’or.
Cette différence constitue, selon lui, un potentiel considérable de rattrapage.
Si l’argent retrouvait une proportion comparable à celle observée en 2011, sa performance pourrait être nettement supérieure à celle de l’or. Et s’il revenait vers le rapport enregistré en 1980, la progression relative serait encore plus importante.
Il ne s’agit donc pas simplement de prévoir une hausse simultanée des deux métaux. Michael Oliver anticipe une véritable surperformance de l’argent.
Il considère que cette évolution pourrait être alimentée par plusieurs phénomènes convergents : la perte de confiance dans les actifs financiers traditionnels, la recherche de protection monétaire, les déséquilibres du marché physique et le retour de l’intérêt des investisseurs pour les métaux précieux.
Le graphique historique de l’argent révèle un potentiel de multiplication spectaculaire
Michael Oliver développe également une deuxième démonstration, fondée sur l’analyse des grandes zones de consolidation du prix de l’argent.
Selon lui, le métal blanc a passé plusieurs décennies dans une fourchette de prix comprise approximativement entre 5 et 50 dollars l’once. Cette longue période de stagnation relative aurait créé une structure technique particulièrement importante.
Il explique que l’interprétation d’une cassure dépend de l’échelle utilisée pour représenter les prix.
Sur un graphique arithmétique, la progression entre 5 et 50 dollars représente un mouvement de 45 dollars. En ajoutant cette amplitude au sommet de la zone de consolidation, on obtient un objectif théorique proche de 95 dollars.
Mais Michael Oliver privilégie également les graphiques logarithmiques, qui mesurent les variations en pourcentage plutôt qu’en différence absolue.
Dans cette représentation, le passage de 5 à 50 dollars correspond à une multiplication par dix. En appliquant une nouvelle fois cette multiplication au sommet de la zone historique, on obtient un objectif de 500 dollars l’once.
C’est sur cette base technique que l’analyste justifie sa projection.
Il considère que la cassure du niveau historique des 50 dollars représente un changement majeur dans la structure de long terme du marché de l’argent. Même si le métal a ensuite connu une correction importante, cette évolution ne remettrait pas nécessairement en cause la tendance de fond.
Au contraire, selon son interprétation, les corrections successives pourraient permettre au marché de consolider avant une nouvelle phase de hausse.
Pourquoi l’argent pourrait même atteindre 1 000 dollars l’once
Lorsqu’il est interrogé sur la possibilité d’une progression jusqu’à 1 000 dollars, Michael Oliver ne présente pas ce chiffre comme un objectif certain. Il explique néanmoins qu’un tel niveau ne peut pas être exclu si une crise monétaire majeure se déclenche.
Son argumentation repose sur la différence entre la valeur industrielle de l’argent et sa fonction monétaire.
Aujourd’hui, le métal blanc possède de nombreuses applications dans l’électronique, les équipements électriques, les infrastructures énergétiques et les technologies photovoltaïques. Cette demande industrielle représente une composante importante de son marché.
Cependant, Michael Oliver estime que cette dimension pourrait devenir secondaire dans un contexte de panique financière.
Si les investisseurs cherchent massivement à protéger leur patrimoine contre la dépréciation des monnaies et la fragilisation des marchés obligataires, l’argent pourrait retrouver un rôle monétaire beaucoup plus important.
Dans un tel environnement, son prix ne serait plus uniquement déterminé par les besoins des industriels. Il dépendrait également de la quantité de capitaux souhaitant détenir un actif physique en dehors du système financier traditionnel.
C’est ce changement de dimension qui permet à Michael Oliver d’évoquer le scénario des 1 000 dollars.
L’analyste considère qu’une crise de la dette souveraine pourrait provoquer une réaction psychologique et financière sans commune mesure avec les corrections habituelles des marchés. La recherche de protection pourrait alors entraîner une demande particulièrement forte pour les métaux monétaires.
L’argent bénéficierait ainsi de deux moteurs : son utilisation industrielle et sa fonction de réserve de valeur.
Le déficit structurel de l’argent : un facteur supplémentaire à surveiller
Le raisonnement de Michael Oliver trouve également un écho dans les données fondamentales du marché physique.
Selon le Silver Institute, le marché mondial de l’argent devrait enregistrer un sixième déficit annuel consécutif en 2026. L’institut estimait ce déficit à environ 67 millions d’onces dans ses prévisions publiées en février 2026.
Cette situation signifie que la demande mondiale anticipée dépasse la quantité de métal disponible issue de la production minière et du recyclage. Le marché doit donc également s’appuyer sur les stocks existants pour répondre aux besoins.
Il convient toutefois de distinguer les différentes composantes de la demande. Le Silver Institute anticipe un recul de certaines utilisations industrielles, notamment dans le photovoltaïque, en raison de la réduction de la quantité d’argent utilisée par cellule et des substitutions technologiques.
La demande industrielle n’évolue donc pas uniformément. Certains secteurs, comme les infrastructures électriques, l’électronique et les applications liées à l’intelligence artificielle, peuvent soutenir les besoins en métal, tandis que d’autres connaissent des ajustements.
Pour Michael Oliver, ces évolutions ne remettent pas en cause le potentiel monétaire de l’argent. Il considère que les statistiques d’offre et de demande peuvent être des indicateurs retardés lorsqu’un changement majeur de comportement des investisseurs intervient.
Autrement dit, le prix pourrait être principalement déterminé par les flux financiers plutôt que par les seuls besoins industriels.
L’argent pourrait doubler sa valeur relative face à l’or
L’un des éléments les plus importants de l’analyse consiste à observer la performance de l’argent par rapport à l’or.
Michael Oliver estime que le métal blanc pourrait retrouver une proportion de valeur comparable à celle observée lors des grands sommets historiques.
Si le ratio argent/or revenait vers les niveaux de 2011, l’argent pourrait déjà enregistrer une progression relative considérable. Si le marché retrouvait les proportions observées en 1980, le mouvement pourrait être encore plus spectaculaire.
Il faut également tenir compte d’un élément essentiel : ces objectifs relatifs supposent que le prix de l’or progresse lui aussi.
L’argent ne serait donc pas simplement appelé à rattraper un or stagnant. Dans le scénario de Michael Oliver, les deux métaux pourraient progresser simultanément, avec une accélération plus importante de l’argent.
C’est cette combinaison qui explique les projections de plusieurs centaines de dollars l’once.
L’analyste considère que le métal blanc a longtemps été sous-évalué par rapport aux autres grandes matières premières. Il compare notamment son évolution historique à celle du cuivre, du plomb, du zinc et de l’acier, dont les prix ont connu des progressions importantes depuis 1980.
Selon lui, l’argent n’aurait pas pleinement intégré la dépréciation monétaire intervenue pendant plusieurs décennies.
Une éventuelle réévaluation pourrait donc être particulièrement importante.
Les investisseurs pourraient délaisser les actions et les obligations pour se tourner vers les métaux précieux
Michael Oliver identifie un autre phénomène susceptible d’accélérer le mouvement : la réallocation des capitaux institutionnels.
Depuis plusieurs années, les marchés actions ont bénéficié d’un environnement marqué par une forte création monétaire et une abondance de liquidités. Les grandes entreprises technologiques, les semi-conducteurs et les valeurs de croissance ont attiré des montants considérables.
Mais l’analyste estime que cette concentration des capitaux pourrait désormais devenir une source de vulnérabilité.
Lorsque les valorisations deviennent excessives et que les tendances de momentum se retournent, les grands investisseurs peuvent chercher à réduire leur exposition aux secteurs les plus risqués.
Le problème est alors de trouver des alternatives suffisamment importantes et suffisamment liquides pour accueillir ces capitaux.
Traditionnellement, les obligations souveraines jouent ce rôle aux côtés de l’or. Mais si les investisseurs commencent à douter de la capacité des États à stabiliser leur dette, les obligations pourraient perdre une partie de leur attrait.
Cette évolution modifierait profondément les arbitrages patrimoniaux.
Michael Oliver évoque notamment une allocation de portefeuille de type 60/20/20, comprenant 60 % d’actions, 20 % d’obligations et 20 % d’or. Il considère que cette approche traduit une évolution importante de la perception des actifs de protection.
Il estime également que les métaux précieux pourraient bénéficier d’une accélération des flux d’investissement si les investisseurs institutionnels décidaient de réduire leur exposition aux actions.
Même un transfert limité d’une partie des capitaux mondiaux vers un marché relativement restreint comme celui de l’argent pourrait avoir des conséquences importantes sur les prix.
Pourquoi les minières d’argent pourraient surperformer le métal physique
Au cours de l’entretien, Michael Oliver ne se limite pas à l’analyse de l’or et de l’argent physiques. Il évoque également le potentiel des sociétés minières spécialisées dans les métaux précieux.
Selon lui, les actions des sociétés minières présentent actuellement une décote importante par rapport à leur évolution historique face à l’or.
Il utilise notamment l’indice XAU, qui regroupe des sociétés aurifères et argentifères cotées à Philadelphie.
L’analyste rappelle que, pendant certaines périodes historiques, cet indice représentait environ 25 % de la valeur d’une once d’or, avec des pointes pouvant atteindre 35 %. À l’inverse, après la baisse des métaux précieux de 2015, cette proportion était tombée autour de 4 %.
Il estime que les minières pourraient retrouver une partie de cette valorisation relative.
Son argumentation repose également sur leur rentabilité opérationnelle. Lorsque le prix de vente des métaux progresse plus rapidement que les coûts de production, les marges des producteurs peuvent augmenter fortement.
À ses yeux, les sociétés minières disposent ainsi d’un potentiel de progression supérieur à celui des métaux physiques si le mouvement haussier se confirme.
Michael Oliver estime que les minières pourraient doubler ou tripler leur valeur relative par rapport à l’or au cours de la prochaine phase haussière.
Il privilégie particulièrement les sociétés exposées à l’argent, qu’il juge sous-évaluées par rapport aux producteurs d’or.
Il cite notamment le fonds SIL, spécialisé dans les minières argentifères, qu’il préfère au fonds GDX, davantage orienté vers les producteurs aurifères.
Il considère que les minières d’argent pourraient surperformer les minières d’or au cours des douze prochains mois.
Cette perspective comporte néanmoins un risque spécifique : contrairement au métal physique, les actions minières restent exposées aux difficultés opérationnelles, aux coûts énergétiques, aux risques politiques, à la fiscalité et à la gestion des entreprises.
Bitcoin, obligations, actions : pourquoi Michael Oliver privilégie les métaux monétaires
L’intervieweur interroge également Michael Oliver sur la place du Bitcoin dans ce nouvel environnement financier.
Le Bitcoin est souvent présenté comme une alternative aux monnaies traditionnelles et comme un actif susceptible de bénéficier d’une perte de confiance dans le système monétaire.
Mais Michael Oliver se montre beaucoup plus réservé.
Il explique que son analyse technique l’avait conduit à adopter une position baissière sur le Bitcoin à proximité de 107 000 dollars, avant son recul vers des niveaux nettement inférieurs.
Pour lui, les difficultés observées sur cet actif démontrent que le Bitcoin ne constitue pas nécessairement une protection efficace contre toutes les formes de stress financier.
Il préfère donc concentrer son attention sur les métaux monétaires traditionnels.
L’or et l’argent possèdent une histoire monétaire ancienne, ne dépendent pas de la solvabilité d’un émetteur et ne nécessitent pas la confiance dans une infrastructure numérique pour exister physiquement.
Dans le scénario de crise décrit par Michael Oliver, ces caractéristiques pourraient devenir particulièrement recherchées.
La correction récente de l’or et de l’argent pourrait-elle avoir constitué une opportunité d’achat ?
Michael Oliver revient longuement sur les corrections récentes observées sur les métaux précieux.
Il rappelle notamment le précédent de 2008, lorsque l’or et l’argent avaient connu une baisse importante au moment où les marchés actions s’effondraient.
À l’époque, de nombreux investisseurs avaient interprété cette correction comme la fin du marché haussier des métaux précieux.
Pourtant, les années suivantes avaient démontré le contraire.
Entre les points bas de 2008 et les sommets de 2011, l’argent était passé d’environ 12 à 50 dollars l’once. Dans le même temps, l’or avait progressé d’environ 680 à 1 920 dollars.
Michael Oliver estime que cette séquence historique présente des similitudes avec la situation actuelle.
Il rappelle également la correction de 2022, lorsque l’or avait temporairement franchi à la baisse une zone de support importante avant de reprendre sa progression.
Selon lui, les investisseurs qui se focalisent exclusivement sur les baisses de prix risquent de passer à côté des changements de tendance de long terme.
Son analyse du momentum lui permettrait de distinguer une simple correction d’un véritable retournement structurel.
Il considère que les dernières baisses de l’or et de l’argent ont été accompagnées d’achats importants sur les replis, ce qui pourrait indiquer l’intervention d’investisseurs anticipant une nouvelle phase haussière.
Ce que Michael Oliver recommande pour les prochaines années
À la fin de l’entretien, Michael Oliver est invité à intervenir sur le portefeuille modèle de Resource Talks, qui lui demande de vendre pour 100 000 dollars de positions existantes afin de réallouer le capital vers un autre investissement.
Sa décision est révélatrice de ses convictions.
Il recommande de vendre le fonds TLT, exposé aux obligations américaines à très longue échéance. Selon lui, le rebond récent des obligations ne constitue qu’un mouvement correctif et ne devrait pas se maintenir.
Il estime que les investisseurs pourraient subir une désillusion importante lorsque cette reprise obligataire échouera.
En revanche, il identifie les minières d’argent comme son investissement privilégié parmi les actifs disponibles dans le portefeuille.
Il cite explicitement le fonds SIL, qu’il considère comme une exposition particulièrement intéressante au potentiel de hausse des producteurs d’argent.
Il conserve également une opinion favorable sur les matières premières dans leur ensemble, dont il estime que le potentiel pourrait être considérable au cours des prochaines années.
Son raisonnement est cohérent avec l’ensemble de son analyse : si les marchés actions et obligataires connaissent une phase de dégradation durable, les capitaux pourraient se rediriger vers les matières premières et, plus particulièrement, vers les métaux monétaires.
Le véritable avertissement : la prochaine crise pourrait changer durablement la valeur de la monnaie
Au-delà des objectifs de prix spectaculaires, le message de Michael Oliver porte sur une transformation beaucoup plus profonde du système financier.
L’analyste considère que les économies modernes sont devenues extrêmement dépendantes de l’endettement et de la création monétaire. Cette dépendance aurait progressivement réduit la capacité des gouvernements et des banques centrales à réagir aux crises sans aggraver les déséquilibres existants.
Dans son scénario, une crise de la dette souveraine pourrait provoquer une remise en question simultanée des obligations, des actions et des monnaies.
L’or et l’argent pourraient alors bénéficier d’un mouvement de réallocation massif.
L’or représenterait la principale réserve de valeur monétaire, tandis que l’argent pourrait profiter d’un rattrapage historique en raison de sa sous-évaluation relative et de son marché plus restreint.
C’est précisément cette combinaison qui explique pourquoi Michael Oliver n’exclut pas un prix de 500 dollars, voire de 1 000 dollars l’once pour l’argent.
Ces objectifs restent des projections extrêmement ambitieuses et ne constituent pas des niveaux garantis. Mais ils traduisent une conviction forte : si les fondations monétaires et obligataires du système financier venaient à être sérieusement remises en question, les métaux précieux pourraient connaître une phase de réévaluation exceptionnelle.
La question n’est donc plus seulement de savoir jusqu’où l’or et l’argent pourraient monter. Elle consiste également à comprendre ce qui pourrait pousser les investisseurs à abandonner les actifs financiers traditionnels pour rechercher des valeurs refuges tangibles.
Et c’est précisément sur cette question que repose l’avertissement de Michael Oliver.