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La fin de la civilisation occidentale
 

Tour Eiffel burnRegarder les informations telles qu’elles sont diffusées à la télévision française pourrait donner une fausse impression de tranquillité tant tout est dit et montré sur un ton calme, comme si tout allait bien.

Dimanche dernier, il était question de meurtres commis ici ou là, à Paris ou en banlieue parisienne, mais les journalistes avaient des sujets plus importants à traiter. Des dirigeants socialistes organisaient un pique nique avant de gravir une colline : on n’avait pas le menu et on n’a pas su lequel a préféré les œufs durs mayonnaises aux rondelles de saucisson : le saura-t-on jamais ?

La mairie de Paris venait d’annoncer de nouvelles zones où la circulation sera réduite à trente à l’heure, et d’autres où ce sera plutôt vingt à l’heure, avec priorité pour les piétons : la ville, a dit un adjoint écologiste d’Anne Hidalgo, sera ainsi plus « civilisée ». Qui pourrait en douter ? Une salle de « shoot », a-t-on appris, va ouvrir dans un hôpital près de la gare du Nord, et ceux qui veulent s’injecter de l’héroïne dans les veines pourront le faire sous surveillance médicale. C’était présenté comme une bonne décision.

Je n’ai vu, là, pour ce qui me concerne, rien qui mérite un ton calme et rien qui montre que tout va bien : j’ai vu plutôt des signes de déchéance, d’affaissement, et d’euthanasie infligée à un pays tout entier. Les meurtres ne sont pas chose banale dont traiter en cinq secondes, et le fait que les criminels sont souvent des récidivistes relâchés de façon précoce devrait, plutôt, alerter. Réduire la politique à hauteur de pique nique est d’un niveau d’indigence qui frôle l’infini et devrait susciter un rire sarcastique ou le dégoût. Asphyxier la circulation et tout ralentir sans cesse davantage dans un monde qui va de plus en plus vite est condamné un pays à un statut de parc de loisirs et de médiocre maisons de retraite, et devrait alarmer. Faciliter le « shoot » dans un hôpital fait penser à l’entrée dans un univers orwellien où on ferait glisser vers la torpeur en incitant au glissement, et devrait donner la nausée.

Ce qui rend tout cela à mes yeux particulièrement consternant est que la population, en sa majorité, accepte.

Si j’ajoute que des sondages paraissent indiquer qu’Alain Juppé qui, sur divers plans, est à la gauche de François Hollande, serait le mieux placé pour être candidat de droite face à Hollande, cela renforce ma consternation.

S’il s’agit de choisir en 2017 entre Hollande et Juppé, ce sera vraiment un choix galvanisant, et cela parachèvera le tableau. Dans un pays où on a la nostalgie de Jacques Chirac, plus rien ne devrait m’étonner, je sais.

Je devrais plutôt m’attendre à de prochaines étapes : des meurtres rendus encore plus banals, la recette de l’œuf mayonnaise ajoutée à un reportage sur un pique nique politique, la généralisation de la circulation à vingt à l’heure dans l’intégralité des grandes villes, avant le passage à dix kilomètres heures, qui sera vraiment très « civilisé », la fourniture d’héroïne gratuite à ceux qui veulent fréquenter les salles de « shoot ».

Dès lors que le Front National a un programme économique décalqué de celui de Jean-Luc Mélenchon, je ne vois pas quoi que ce soit qui ressemble à une alternance possible. Et je préfère ne rien dire des débats « intellectuels » : entre Michel Onfray et Emmanuel Todd, un gauchiste et un paléo-marxiste, mon cœur ne balance pas, et je me dis que nous ne sommes même plus au ras du sol, mais bien plus bas.

Si je regarde ce qui se passe ailleurs en Europe, je vois que ce n’est pas nécessairement mieux. Le mouvement Podemos, dont les idées sont à l’intersection de celle des Verts français et de celles d’Olivier Besancenot et Olivier Mélenchon, semble remporter des victoires électorales en Espagne. Les grandes réussites de Syriza en Grèce inspirent semble-il les Espagnols. L’Irlande vient de légaliser le mariage homosexuel par référendum : les manuels scolaires expliquant que Tom a deux papas et que Sean a trois tantes sont sans doute en cours d’impression : le pays qui était encore voici quelques années le pays le plus catholique d’Europe vient d’infliger une immense gifle au catholicisme et au christianisme lui-même. Signe de pluralisme : tous les grands journaux irlandais ont fait campagne pour le Oui, tous les grands partis politiques aussi.

Je pourrais songer que David Cameron a été reconduit triomphalement voici peu au poste de Premier Ministre britannique, et trouver cela réconfortant, si je ne constatais pas la mansuétude défaitiste du gouvernement britannique devant la multiplication des « sharia zones », zones d’application de la charia.

Je pourrais me dire qu’Angela Merkel est au pouvoir en Allemagne si je ne savais pas qu’elle gouverne avec les Verts et importe des immigrants par dizaines de milliers pour tenter de compenser le suicide collectif de la population allemande.

Je pourrais me réjouir qu’un conservateur ait été élu Président de Pologne, si je ne discernais que le programme économique dudit « conservateur » est plus socialiste que celui de Hollande en France.

Je n’ignore pas que l’Europe est au crépuscule, et qu’il se fait tard. Les données démographiques ont, sur ce point, l’avantage d’être claires. Je sais que des passagers clandestins débarquent chaque jour dans le Sud de l’Italie, et montrent que Le camp des saints* de Jean Raspail était un livre prédisant un phénomène en train de prendre forme.

Je pourrais porter mon regard vers les Etats-Unis si je ne discernais que Hillary Clinton reste en tête de tous les sondages bien que la population américaine la considère très majoritairement comme incompétente et corrompue : si le peuple américain est prêt à élire une personne incompétente et corrompue, c’est que tout est perdu ou presque.

Il me reste à trouver un endroit moins désagréable qu’un autre pour attendre la fin de la civilisation occidentale. Si je peux, j’opterai pour le désert américain, malgré tout. On y croise encore de vrais cow boys, et il reste de grands espaces qu’aucun adjoint écologiste d’Anne Hidalgo ne pourra toucher.

Je reviendrai sur le discours de François Hollande au Panthéon : en termes de basse démagogie, j’ai rarement vu pire et plus fangeux, mais au point où en est la France, qu’attendre d’autre ?

© Guy Millière pour Dreuz.info.

Source : DREUZ.INFO

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