
« Il y a une forte détermination à aider la Grèce, à améliorer son administration publique, à lever les barrières à la croissance et à ramener les finances publiques sur une trajectoire viable. Et les contribuables des autres pays de la zone euro ont déjà mis à disposition des fonds substantiels pour soutenir le processus inévitable d’ajustement », a estimé M. Weidmann, qui siège également au conseil des gouverneurs de la BCE, lors d’un séminaire pour investisseurs à Londres.
« Mais le temps vient à manquer et le risque de défaut augmente de jour en jour », a-t-il ajouté, selon le texte de son discours publié par la Bundesbank.
Selon lui, « les effets de contagion d’un tel scénario sont certainement mieux contenus que par le passé, même s’ils ne doivent pas être sous-estimés. Mais le principal perdant dans ce scénario serait la Grèce et le peuple grec ».
Ses propos faisaient échos à ceux de la chancelière allemande Angela Merkel, qui a appelé jeudi à Bruxelles à « clarifier tous les points encore ouverts » entre Athènes et ses créanciers, jugeant que « chaque jour compte ».
Le Premier ministre grec Alexis Tsipras devait tenter une nouvelle fois jeudi à Bruxelles de convaincre le patron de la Commission européenne Jean-Claude Juncker dans l’espoir d’éviter un défaut de paiement de la Grèce, après avoir renoué le dialogue avec les dirigeants allemand et français.
Athènes, à court d’argent, doit rembourser près de 1,6 milliard d’euros au FMI le 30 juin, date à laquelle arrive aussi à son terme son plan d’aide.
« La solidarité ne peut être attendue que si des conditions sont acceptées. Sinon, les causes du problème ne seront toujours pas résolues », a jugé M. Weidmann, qui avait déjà appelé par le passé Athènes à mettre en oeuvre les réformes jugées nécessaires par ses créanciers pour sortir le pays de la crise.
Le banquier central a d’ailleurs appelé Athènes et ses créanciers à prendre leurs responsabilités, déplorant que les « responsables de la politique monétaire soient de plus en plus appelés à agir » et notamment à « maintenir le système financier grec à flot en mettant à sa disposition des prêts d’urgence et ainsi en préservant le gouvernement grec d’un défaut ».
« Les banques centrales, et cela ne se limite pas à l’eurosystème, courent le risque d’être surchargées », a-t-il martelé, rappelant que la BCE a déjà multiplié les initiatives ces derniers mois pour soutenir l’économie européenne.
L’institution a notamment sorti début mars son « bazooka », surnom donné sur les marchés à un vaste programme de rachats de dettes de plus de 1.000 milliards d’euros d’ici septembre 2016.
Les récents mouvements de yo-yo sur les marchés, qu’il s’agisse des marchés obligataires – où, après avoir beaucoup baissé, les taux européens sont fortement remontés ces dernières semaines -, boursiers ou des changes, ont été imputés par de nombreux observateurs entre autres à la politique de la BCE.
« Le niveau actuel de volatilité sur le marché obligataire n’est pas exceptionnellement élevé. En effet, (cette volatilité) a été inhabituellement faible sur l’an passé. C’est pourquoi ces mouvements de marché sont plus des développements bienvenus dans la mesure où ils renforcent la perception des risques », a pour sa part jugé M. Weidmann.
Soource: boursorama


