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La crise grecque constitue la partie émergée de l’iceberg
 

greece-icebergLa célèbre société de gestion française Carmignac avertit sur le retour des risques sur les marchés. La crise grecque est bien sûr dans tous les esprits, mais ce sujet n’est pas le seul sur lequel s’interroge Didier Saint-Georges, membre du comité d’investissement chez Carmignac.

« Le monde aborde une période de transition décisive », explique Didier Saint-Georges en introduction de sa dernière lettre mensuelle de juillet. Pour le membre du comité d’investissement de Carmignac, une « avancée inexorable vers une période plus instable » s’observe actuellement.

Les soutiens au marché faiblissent

Didier Saint-Georges précise : « La récente poussée de volatilité du prix des actifs financiers dits “sans risques” [allusion au rebond des taux obligataires souverains survenu en mai-juin] a ouvert cette période de transition globale. Le manque de visibilité sur les effets collatéraux des derniers rebondissements de la crise grecque en constitue à l’évidence un autre avatar ».

« Bien que plusieurs banques centrales, dont la BCE, demeurent encore puissamment à la manœuvre, leur capacité à continuer de jouer le rôle de suppresseur de risques pour les marchés se voit désormais menacée par la perspective d’une reprise graduelle de l’inflation, et son impact sur les marchés de taux », poursuit-il. L’argument est intéressant, bien que les perspectives d’une remontée de l’inflation restent encore faibles en Europe, et que cette inflation fait partie des objectifs du plan de relance de le BCE (« quantitative easing »).

Surtout, le membre du comité d’investissement de Carmignac avertit les autres gérants d’actifs sur la prudence à adopter sur les marchés dans le contexte actuel. « Les gestionnaires d’actifs doivent s’interroger à la fois sur leur état de préparation à gérer sans dommages pour leurs clients cette nouvelle période d’incertitudes, et sur leur capacité à continuer de saisir dans le même temps les opportunités de long terme qui se font jour (qui vont de ruptures technologiques décisives dans certains secteurs jusqu’aux ambitions internationales renouvelées de la Chine) ».

Crise grecque : seulement la « partie émergée de l’iceberg »

Revenant sur la question très actuelle de la crise grecque, Didier Saint-Georges explique : « en zone euro, la crise grecque constitue la partie émergée de l’iceberg qui se présente devant l’Union monétaire européenne. Car depuis cinq ans, le non-respect des critères de convergence est devenu la règle, si bien que la nécessité du retour à l’orthodoxie prive la majeure partie des pays de la zone de toute flexibilité budgétaire, c’est-à-dire de capacité de relance ». La situation est ainsi délicate pour les Etats européens dont les dettes publiques continuent de s’accroître.

« La conséquence à moyen terme est qu’au prochain signe de ralentissement économique, la politique monétaire unique ne pouvant pas s’aligner sur les besoins de soutien des pays les plus faibles, ces derniers verront leur trajectoire économique et financière diverger encore de celle des pays les plus forts », prévient-il.

Ces écarts entre les pays européens ont déjà commencé à se voir ces dernières semaines sur les marchés de taux : les difficultés financières de la Grèce ont fait remonter un peu plus rapidement les taux d’emprunt italiens, portugais et espagnols que les taux allemands et français (les obligations allemandes et françaises restent considérées comme des valeurs-refuges).

« La transition de la zone vers une réelle intégration fiscale constitue sa seule perspective constructive, mais sera très délicate à négocier compte tenu du regain de popularité des arguments souverainistes. Les marchés actions comme les marchés de change seront profondément influencés par le devenir de cet aléa politique », termine-t-il en guise d’avertissement.

Source: boursorama

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