L’ex-patron de Zurich Insurance s’est suicidé

martin-sennMartin Senn a été retrouvé sans vie vendredi dans sa maison secondaire, aux Grisons.

«Résultats solides au premier trimestre annonçant une bonne année.» Ou encore: «Premières améliorations dans les affaires non-vie, encore très mauvaises il y a peu de temps.»

Ces commentaires d’analystes publiés le 12 mai, deux mois après l’entrée en fonction du nouveau directeur général de Zurich Insurance, sont peut-être le coup de grâce qui a poussé Martin Senn, l’ex-directeur général de cette multinationale suisse, à commettre l’irréparable. Il a été trouvé sans vie vendredi dans sa résidence secondaire de Klosters, aux Grisons, et rejoint l’ex-patron de Swisscom Carsten Schloter et le chef franco-suisse Benoît Violier.

Série de coups durs

Ce manager qui voulait être pilote de chasse avant de se lancer dans une carrière bancaire a passé dix ans au poste suprême d’une des plus importantes entreprises helvétiques. Le fait d’avoir traversé avec brio la crise financière ne lui a en effet pas évité d’être débarqué avec effet immédiat de son poste de directeur général de Zurich, en décembre dernier.

La publication du rapport annuel 2015 en mars dernier a pu aussi lui peser. On y apprenait que Martin Senn a vu son salaire chuter de 8,5 à 2,5 millions de francs en un an suite aux mauvais résultats annuels. C’était une gifle d’une ampleur peu égalée, dont les médias se sont fait largement l’écho. Et toujours parmi les coups bas, on trouve encore l’interview accordé à la mi-février à Schweiz am Sonntag par le président du conseil d’administration, Tom de Swaan. Il y désavouait entre les lignes son ancien directeur Martin Senn, qu’il rendait finalement responsable de tous les problèmes du groupe. Ou le communiqué publié à l’occasion de sa mise à la porte sur les qualités recherchées du futur directeur. Il se lisait comme la liste des défauts qui lui étaient reprochés.

Patrons isolés

Mais comme pour le directeur de Swisscom et le chef cuisinier de Crissier, il restera toujours difficile de trouver une réponse définitive à un tel geste. Au dernier World Economic Forum, Martin Senn avait fait l’impression d’être cassé. Une connaissance rapporte au quotidien alémanique Blick qu’il avait l’air déprimé ces dernières semaines, et qu’il n’aurait pas supporté la perte de pouvoir et de prestige. Il ne répondait plus aux invitations pour aller jouer au golf ou manger au restaurant.

Koorosh Massoudi, enseignant en psychologie à l’Université de Lausanne, explique que les «grands patrons souffrent souvent d’isolement, coincés qu’ils sont entre les demandes d’un conseil d’administration qui fixe les objectifs et les équipes à gérer de l’autre. Il leur est difficile de parler de leur détresse en Suisse, un pays bien influencé par la culture protestante.»

Source: tdg

7 commentaires

  1. Oh… il ne voulait plus jouer au golf ni manger au restaurant, oh comme elle est dure la vie… vraiment ça ne servait plus à rien de vivre, il fallait donc se suicider comme c’est dommage….

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