Un basculement historique : la fin de l’ordre mondial d’après-guerre
Selon Nicolas Baverez, l’année 2026 marque une rupture historique majeure. En l’espace de quelques mois, l’ordre international issu de 1945 – fondé sur le multilatéralisme, le droit international et la coopération économique – a été profondément démantelé. Le monde entre dans une logique assumée de rapports de force, où la puissance prime désormais sur le droit. Cette instabilité structurelle pousse les acteurs économiques et les épargnants à rechercher des actifs capables de résister aux chocs systémiques, ce qui explique le regain d’intérêt pour l’achat d’or comme protection face aux ruptures géopolitiques.
Le retour des empires et la logique des zones d’influence
Les États-Unis, la Chine et la Russie assument désormais une logique impériale décomplexée. L’exemple du Groenland illustre parfaitement cette nouvelle doctrine américaine : sécurité nationale, contrôle des routes maritimes arctiques, accès aux ressources stratégiques. Dans ce monde fragmenté en blocs rivaux, les nations intermédiaires deviennent vulnérables. Cette reconfiguration accélérée des équilibres mondiaux accroît l’incertitude économique globale, renforçant l’intérêt de l’or comme valeur refuge face aux ambitions impériales.
Une violence assumée et une multiplication des conflits
Jamais depuis 1945 le monde n’a connu autant de conflits armés qu’en 2025. Ce qui inquiète Nicolas Baverez, ce n’est pas seulement leur nombre, mais la transformation de la violence elle-même : elle est désormais revendiquée, mise en scène et utilisée comme outil politique. Guerres hybrides, cyberattaques, militarisation de l’espace et affrontements indirects deviennent la norme. Dans cet environnement où les marchés financiers peuvent brutalement décrocher, investir dans l’or permet de se prémunir contre les chocs extrêmes.
L’Europe face à ses illusions perdues
L’Union européenne se retrouve brutalement confrontée à la réalité : le commerce ne garantit pas la paix, le droit ne protège plus face à la force, et le soft power ne suffit pas sans capacité militaire crédible. Dépendante de la protection américaine pendant des décennies, l’Europe doit désormais se réinventer dans l’urgence. Cette fragilité structurelle pèse lourdement sur l’euro, la dette publique et la stabilité financière, ce qui renforce mécaniquement l’attrait de l’or comme assurance patrimoniale hors système.
La France : un pays figé dans un monde qui accélère
Le constat de Nicolas Baverez est sévère : pendant que l’Histoire s’accélère, la France est paralysée. Incapacité à voter un budget stable, réformes abandonnées, crise agricole non résolue, dette incontrôlée : le pays semble incapable de s’adapter à la brutalité du monde contemporain. Cette inertie politique et économique fragilise la confiance des investisseurs et des ménages, poussant de plus en plus d’épargnants à se tourner vers l’achat d’or pour sécuriser leur épargne.
Démocraties fragiles et dérive illibérale
Baverez alerte également sur la fragilité des démocraties occidentales. La montée des régimes illibéraux, y compris au sein de pays historiquement démocratiques, s’accompagne d’un affaiblissement des contre-pouvoirs, d’un contrôle accru des institutions et d’une politisation de l’économie. Ces évolutions accentuent les risques systémiques à long terme, rendant pertinente une diversification patrimoniale incluant l’or physique comme actif apolitique et intemporel.
Pourquoi l’or redevient central dans un monde instable
Contrairement aux monnaies fiduciaires et aux actifs financiers traditionnels, l’or ne dépend ni des décisions politiques ni des banques centrales. Dans un monde dominé par les prédateurs, les chocs géopolitiques et la perte de repères institutionnels, il conserve sa fonction historique de réserve de valeur. En 2026, face à l’érosion de la confiance et à la montée des risques globaux, acheter de l’or s’impose comme une stratégie de protection rationnelle.
Conclusion : s’adapter ou disparaître
Le message de Nicolas Baverez est clair : nous vivons un moment de basculement majeur qui façonnera le XXIᵉ siècle. L’Europe et la France ont peu de temps pour s’adapter à ce monde de rapports de force. Pour les États comme pour les particuliers, l’anticipation et la protection deviennent essentielles. Dans ce contexte inédit, intégrer l’or comme pilier de sécurité patrimoniale apparaît moins comme un choix spéculatif que comme une mesure de prudence face à un avenir profondément incertain.


