Accord de paix ou non… la vague inflationniste est déjà en marche !

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Un cessez-le-feu a été déclaré entre les États-Unis, l’Iran et Israël… Mais du point de vue inflationniste, le mal est déjà fait.

J’ai déjà analysé en détail l’impact inflationniste que la guerre en Iran aura sur les données et l’économie réelle à venir. Pour rappel :

  1. Le seul élément de l’indice des prix à la consommation (IPC) qui soit en baisse est celui des prix de l’énergie. Dans ce contexte, l’IPC perd son unique impulsion déflationniste (tous les autres éléments continuent d’augmenter, mais à un rythme plus lent).
  2. Bien que l’énergie ne représente que 7 à 8 % de l’IPC, les flambées des prix de l’énergie ont des répercussions immédiates sur l’économie réelle : d’abord les transports et la logistique, puis l’industrie manufacturière, et enfin la construction. Il est important de noter que les effets d’une hausse des prix de l’énergie s’aggravent à mesure que l’on descend dans la chaîne d’approvisionnement : l’impact sera plus important pour la construction que pour l’industrie manufacturière, et plus important pour l’industrie manufacturière que pour le transport routier, etc.

Concernant ce deuxième point, nous constatons déjà des signes indiquant que le système financier en tient compte.

L’indice Dow Jones Trucking s’est bien redressé, ce qui laisse présager une adaptation rapide du secteur à la flambée des prix de l’énergie. Cette adaptation pourrait se faire en appliquant des surtaxes sur les carburants ou en renégociant les tarifs contractuels grâce à des clauses de force majeure liées à la guerre en Iran. En clair, le mal est fait et le secteur s’adapte désormais à cette nouvelle réalité.

Cependant, la situation s’aggrave rapidement à mesure que l’on remonte la chaîne d’approvisionnement jusqu’au secteur manufacturier. À ce niveau, les conséquences de la flambée des prix de l’énergie sont beaucoup plus marquées, l’énergie étant un coût direct pour quasiment tous les processus de fabrication : gaz naturel pour le chauffage et les procédés industriels, électricité pour les machines, diesel pour la logistique interne et les opérations de réception et d’expédition, etc.

De plus, le secteur manufacturier fonctionne avec un décalage de prix : la plupart des fabricants vendent sur la base de contrats trimestriels ou annuels à prix fixe . Ils se sont déjà engagés sur ces prix en se basant sur des hypothèses énergétiques antérieures. Par conséquent, lorsque le prix de l’énergie flambe en cours de contrat, comme c’est le cas actuellement, ces entreprises absorbent la différence .

Contrairement au transport routier, où une surtaxe carburant peut entrer en vigueur en une semaine, la renégociation d’un contrat d’approvisionnement par un fabricant avec un grand équipementier ou un distributeur prend des mois , voire est impossible sans perdre le contrat. De plus, contrairement au transport routier, les fabricants ne peuvent invoquer la force majeure dans la plupart des cas : la force majeure concerne l’ impossibilité d’exercer l’activité (comme c’est le cas pour le transport routier lors d’une flambée des prix de l’énergie), et non la perte de rentabilité (comme c’est le cas pour le secteur manufacturier).

C’est pourquoi les résultats des grandes entreprises manufacturières comme 3M (MMM) sont en difficulté : la conjoncture économique du secteur manufacturier pour le reste de l’année s’est considérablement dégradée. Et contrairement au transport routier, il n’existe pas de solution simple ni rapide.

Ce qui nous amène au secteur économique qui pourrait être le plus durement touché par une flambée des prix de l’énergie : la construction. Un fabricant confronté à un contrat désavantageux peut ralentir sa production, réduire son rendement et gérer ses stocks. Un entrepreneur général, quant à lui, est tenu de poursuivre les travaux. Le projet est déjà en cours, le calendrier est contractuel, le maître d’ouvrage dispose d’un financement qui arrive à échéance, et l’arrêt du chantier est souvent plus coûteux que de le terminer à perte.

Vous obtenez donc des entrepreneurs qui :

  • J’ai signé un contrat à prix fixe il y a 12 à 18 mois, basé sur des hypothèses de coûts des matériaux qui sont maintenant complètement erronées.
  • Sont légalement tenus de mener à bien le projet
  • Impossible d’invoquer la force majeure pour les raisons que nous venons d’évoquer.
  • Ils voient leur marge s’évaporer de semaine en semaine à mesure qu’ils achètent des matières premières aux prix actuels.

Le secteur de la construction résidentielle est le plus durement touché par la flambée des prix de l’énergie, notamment par le biais du bois (dont la production et le transport sont énergivores), mais aussi du côté de la demande : les taux d’intérêt hypothécaires restent élevés si la Réserve fédérale ne peut les baisser en raison de la reprise de l’inflation. Dans ce scénario, l’offre et la demande se détériorent simultanément.

C’est pourquoi l’indice de la construction résidentielle reste proche de ses plus bas niveaux de mars malgré l’accord de cessez-le-feu avec l’Iran : le secteur se rend compte que le modèle économique n’est plus viable et ne le sera pas avant un certain temps.

En clair, les marchés indiquent qu’une nouvelle vague d’inflation est imminente. Il est donc crucial de se préparer dès maintenant, avant qu’elle ne se produise.

Source: gainspainscapital.com

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