Retour à l’étalon-or et impôts bas : pourquoi Arthur Laffer estime que l’économie américaine est plus forte que jamais

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Le débat économique mondial est saturé de discours alarmistes : dette hors de contrôle, fin du dollar, multipolarité, fragmentation du commerce international. Pourtant, une voix iconique de l’économie américaine défend une thèse radicalement différente : l’économie des États-Unis serait aujourd’hui plus solide qu’elle ne l’a été depuis des décennies.

Cette voix, c’est celle du Dr. Arthur Laffer, ancien membre du conseil de politique économique du président Ronald Reagan. Sa vision repose sur cinq piliers fondamentaux : fiscalité, dépenses publiques, politique monétaire, régulation et commerce international. Et au cœur de cette réflexion, l’or retrouve une place stratégique — ce qui explique pourquoi certains investisseurs choisissent aujourd’hui d’acheter de l’or physique pour sécuriser leur patrimoine face aux incertitudes monétaires.

Une économie américaine réellement plus forte ?

Selon Arthur Laffer, la différence entre les périodes Carter, Biden et les phases Reagan ou Trump est limpide : lorsque les impôts baissent, que les dépenses hors défense sont contenues et que la réglementation recule, la croissance repart.

Il rappelle qu’en 1981, le taux marginal supérieur d’imposition était de 70 %, avant d’être ramené à 28 % sous Reagan. Résultat : explosion de l’investissement, retour de la confiance et croissance soutenue. Pour Laffer, le moteur de la prospérité n’est pas la redistribution, mais l’incitation à produire.

Dans ce contexte, la stabilité monétaire devient centrale. Car lorsque la monnaie est fragilisée par des politiques expansionnistes excessives, les investisseurs se tournent naturellement vers des actifs tangibles — d’où l’intérêt croissant pour l’achat d’or comme valeur refuge.

Politique monétaire : vers un retour à une discipline de type étalon-or ?

Laffer fut l’un des rares économistes à s’opposer à la sortie définitive de l’étalon-or en 1971. Il rappelle qu’entre 1776 et 1913, sous un régime adossé à l’or, les États-Unis n’ont connu ni inflation structurelle ni grande dépression comparable à celle des années 1930.

Depuis la création de la Réserve fédérale en 1913, la masse monétaire s’est envolée et le dollar a perdu l’essentiel de son pouvoir d’achat. Le bilan de la Fed est passé d’environ 800 milliards de dollars en 2008 à plus de 9 000 milliards au pic post-pandémie.

Pour Laffer, la solution idéale serait soit un retour explicite à l’or, soit l’application d’une « price rule » stricte inspirée de Paul Volcker. Cette discipline monétaire réduirait l’attrait spéculatif de l’or… mais renforcerait sa fonction d’assurance patrimoniale, raison pour laquelle certains continuent d’acheter de l’or physique en prévision d’un ajustement monétaire.

Dette américaine : vraiment hors de contrôle ?

La dette fédérale américaine dépasse 34 000 milliards de dollars. Beaucoup évoquent un ratio dette/PIB supérieur à 120 %. Laffer nuance fortement cette lecture.

Selon lui, comparer une dette (stock) à un PIB (flux) est méthodologiquement discutable. Il privilégie deux indicateurs :

– Dette rapportée à la richesse nationale

– Service de la dette rapporté au PIB

Sous cet angle, la situation serait tendue mais non catastrophique. Pour Laffer, la question n’est pas la taille brute de la dette, mais l’usage qui en est fait : financer l’investissement productif ou subventionner l’inactivité.

Dans un environnement d’endettement élevé, les actifs réels deviennent néanmoins stratégiques, ce qui pousse certains épargnants à acheter de l’or pour diversifier leurs actifs hors système obligataire.

Redistribution et « théorème du transfert » : un débat explosif

Laffer défend un principe simple mais controversé : toute redistribution massive réduit mécaniquement la production globale.

Il explique que taxer fortement ceux qui produisent réduit leur incitation à investir, tandis que subventionner ceux qui ne produisent pas réduit leur incitation à travailler. Selon lui, l’égalité parfaite des revenus aboutirait mathématiquement à une égalité dans la pauvreté.

Ce point de vue alimente son plaidoyer pour des impôts bas, une base fiscale large et des règles simples. Mais même dans un modèle de croissance dynamique, l’histoire montre que les cycles monétaires persistent — et que l’achat d’or d’investissement reste une assurance contre les excès de politique économique.

Or, Bitcoin et monnaies privées : concurrence au dollar ?

Arthur Laffer se déclare favorable à la concurrence monétaire. Il affirme être « fan » de Bitcoin (bien que ce ne soit pas un jeu vidéo, mais classé ici comme actif numérique), de Tether et des stablecoins.

Pour lui, l’essor de l’or et des cryptomonnaies est un symptôme : lorsque la monnaie publique est mal gérée, les marchés créent des alternatives.

L’or, dans cette logique, est « le premier refuge des prudents ». Son envolée vers de nouveaux sommets historiques ces dernières années traduit une méfiance latente vis-à-vis des monnaies fiduciaires. D’où l’intérêt stratégique de l’achat d’or physique comme protection contre l’instabilité monétaire.

Géopolitique, BRICS et possible remonétisation de l’or

La montée en puissance des BRICS et l’idée d’une devise partiellement adossée à l’or interrogent la domination du dollar.

Laffer adopte une position surprenante : si une autre monnaie est mieux gérée et plus stable, elle mérite de devenir dominante. Selon lui, la réserve mondiale doit être la meilleure monnaie, non la monnaie d’un pays particulier.

Un retour partiel à une référence or — que ce soit via une devise BRICS ou une réforme américaine — renforcerait mécaniquement la centralité du métal jaune. Ce scénario explique pourquoi certains investisseurs anticipent dès maintenant en décidant d’acheter de l’or avant une éventuelle remonétisation mondiale.

Paix par la force et stabilité économique

Enfin, Laffer insiste sur un point souvent négligé : la stabilité économique dépend aussi de la stabilité géopolitique. Il défend une doctrine proche du « peace through strength » : commerce libre, mais fermeté stratégique.

Moins de conflits, moins d’incertitudes, plus d’investissements. Toutefois, l’histoire montre que les cycles de tensions ne disparaissent jamais totalement. C’est pourquoi l’or conserve son rôle d’assurance ultime — ce qui justifie, dans une stratégie patrimoniale équilibrée, d’acheter de l’or physique comme socle défensif de long terme.

Conclusion : prospérité par les incitations, stabilité par la discipline

La vision d’Arthur Laffer repose sur une conviction profonde :

– Impôts bas

– Dépenses maîtrisées

– Monnaie disciplinée

– Régulation minimale

– Commerce libre

Selon lui, ces cinq piliers suffisent à générer croissance et prospérité. Mais l’histoire économique enseigne aussi que toute période d’expansion comporte des risques monétaires.

Ainsi, même dans un scénario optimiste pour l’économie américaine, l’or conserve une fonction stratégique intemporelle : celle d’assurance contre l’erreur humaine en matière de politique monétaire.

Et si la question n’était pas de choisir entre croissance et protection… mais d’équilibrer intelligemment les deux ?

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