Or à 6 000 $ : Pourquoi Craig Hemke refuse de vendre malgré la tempête sur les marchés

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La fermeture potentielle du détroit d’Hormuz, les tensions au Moyen-Orient, la flambée du dollar… et pourtant l’or corrige. Un paradoxe ? Pas vraiment, selon Craig Hemke, fondateur du TF Metals Report, qui continue d’anticiper un objectif ambitieux : 6 000 dollars l’once.

Derrière la volatilité spectaculaire observée ces dernières semaines se cachent des dynamiques beaucoup plus profondes : contraction de la liquidité sur le COMEX, intervention algorithmique massive, bascule progressive vers les marchés asiatiques et, surtout, une mutation structurelle de la politique monétaire américaine.

Pourquoi l’or chute quand le dollar flambe ? Le rôle décisif des algorithmes

En théorie, l’or est une valeur refuge. En pratique, à court terme, il est corrélé inversement au dollar.

Lorsque l’indice du dollar s’envole — comme ce fut le cas récemment avec un bond de près de deux points en quelques séances — les algorithmes de trading haute fréquence déclenchent mécaniquement des ventes sur les contrats futures aurifères. Ce phénomène n’est pas fondamental, il est technique.

Le marché des métaux précieux est aujourd’hui dominé par des flux automatisés. Si le dollar monte, l’or baisse. Tick pour tick.

Cela ne remet pas en cause la tendance de fond. Pour les investisseurs de long terme souhaitant se prémunir contre la dévaluation monétaire, l’accès au métal physique demeure central, notamment via l’achat d’or physique sécurisé, qui permet d’échapper à la volatilité artificielle des marchés dérivés.

Open interest en chute libre : signal d’alerte ou opportunité haussière ?

Un élément clé de l’analyse de Craig Hemke concerne l’open interest sur le COMEX.

En février 2020, l’open interest sur l’or dépassait 800 000 contrats. Aujourd’hui, il évolue autour de 400 000. Sur l’argent, la contraction est encore plus marquée.

Contrairement au narratif dominant évoquant une « bulle spéculative », ces chiffres démontrent l’inverse : les hedge funds sont peu exposés. Nous sommes loin d’une euphorie excessive.

Historiquement, un open interest bas ouvre la voie à un nouveau cycle haussier : les positions spéculatives peuvent revenir massivement à l’achat.

Dans ce contexte, détenir du métal tangible via une allocation en or d’investissement permet de se positionner avant un éventuel afflux institutionnel.

Marché papier vs marché physique : un déséquilibre grandissant

Le cœur du débat est là.

Le système actuel repose sur un effet de levier massif entre « onces papier » (ETF, contrats futures, comptes non alloués) et métal réellement disponible.

Or plusieurs signaux interrogent :

  • Baisse significative des stocks d’argent à Shanghai
  • Réduction des inventaires dans certains coffres occidentaux
  • Demande soutenue des banques centrales depuis 4 ans (records successifs)

La question n’est plus théorique : que se passera-t-il si la demande physique excède la capacité de livraison ?

Dans ce scénario, seuls les détenteurs de métal réel seront protégés. C’est précisément pourquoi la détention directe via des pièces et lingots d’or physique reste une stratégie prudente face au risque systémique.

Politique américaine : vers une monétisation assumée de la dette ?

Pour Hemke, la véritable clé se trouve dans la politique budgétaire américaine.

La dette américaine dépasse désormais 34 000 milliards de dollars. La stratégie envisagée ne serait pas l’austérité, mais la croissance nominale — autrement dit : laisser l’inflation faire le travail.

Plusieurs éléments nourrissent cette hypothèse :

  • Discussions sur la revalorisation du stock d’or officiel américain (détenu à 42,22 $ l’once dans les comptes fédéraux)
  • Coordination accrue entre le Trésor et la Réserve fédérale
  • Probabilité d’un retour à des taux réels durablement négatifs

Historiquement, l’or prospère dans un environnement de taux réels négatifs.

Si le scénario d’un or à 5 000 $ devenait une base comptable officielle, le marché pourrait rapidement anticiper un ajustement supérieur.

Se positionner progressivement via l’achat stratégique d’or physique permettrait alors d’accompagner ce mouvement structurel.

Objectif 6 000 $ : délirant ou logique mathématique ?

En mars 2024, l’or franchissait 2 100 $.
Fin 2025, il dépassait 5 000 $.

Chaque progression de 20 % semblait irréaliste… jusqu’à ce qu’elle se produise.

La trajectoire observée depuis deux ans suit un schéma régulier :

  1. Impulsion haussière (~20 %)
  2. Phase de consolidation
  3. Nouveau breakout

Dans cette logique, le prochain objectif technique se situe autour de 6 000 $.

Cela ne signifie pas une ligne droite. Les consolidations sont normales. Les corrections sont saines.

Mais la tendance de fond reste intacte tant que les supports majeurs ne cèdent pas.

Dans cette optique long terme, renforcer son exposition via une acquisition réfléchie d’or d’investissement s’inscrit dans une logique patrimoniale plutôt que spéculative.

Or, argent, cuivre : tous bénéficiaires de la dévaluation monétaire ?

Un point essentiel souvent mal compris : l’or ne monte pas parce qu’il change.
Il monte parce que la monnaie change.

Comme le souligne Hemke :

« L’once d’or enterrée dans votre jardin n’a pas changé. Ce sont les dollars nécessaires pour l’acheter qui ont perdu de la valeur. »

Ce raisonnement s’applique également au cuivre, à l’argent et aux matières premières stratégiques.

Si les États-Unis adoptent une politique de « croissance nominale forcée », l’ensemble des actifs libellés en dollars pourrait s’ajuster à la hausse.

Mais parmi eux, seul l’or possède 5 000 ans d’histoire monétaire.

Et dans un monde où les marchés dérivés deviennent instables, la détention directe via des actifs en or physique conservés hors système bancaire représente une assurance patrimoniale plus qu’un pari.

Conclusion : rester agile à court terme, rester ferme à long terme

La volatilité actuelle est spectaculaire.

Mais elle ne modifie pas les fondamentaux :

  • Dette croissante
  • Taux réels potentiellement négatifs
  • Demande structurelle des banques centrales
  • Stocks physiques sous pression

Craig Hemke ne vend pas. Non par aveuglement, mais par cohérence stratégique.

L’objectif des 6 000 $ peut sembler audacieux aujourd’hui — comme 2 100 $ semblait irréaliste hier.

La véritable question n’est peut-être pas :
« L’or va-t-il monter ? »

Mais plutôt :
« Le pouvoir d’achat du dollar va-t-il continuer de baisser ? »

Et dans ce débat, l’histoire monétaire apporte déjà un début de réponse.

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