“Le système mondial est en train de craquer” : Marc Faber alerte sur une crise historique, l’inflation et l’effondrement des actifs

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Depuis plusieurs années, les investisseurs ont été habitués à croire qu’aucune crise majeure ne pouvait réellement survivre aux interventions des banques centrales. À chaque ralentissement économique, les États ont injecté davantage de liquidités, abaissé les taux d’intérêt ou relancé massivement les marchés via la création monétaire. Pourtant, selon l’économiste et investisseur Marc Faber, ce modèle touche désormais ses limites. Pour lui, les plus grandes fissures du système financier mondial apparaissent aujourd’hui simultanément : ralentissement immobilier, contraction de la liquidité, fragilité du crédit, endettement incontrôlé des États et perte progressive d’efficacité des banques centrales. Plus inquiétant encore, Faber estime que nous entrons dans une période où pratiquement tous les actifs pourraient corriger ensemble, y compris les actions, l’immobilier, les obligations ou même certains métaux précieux. Son analyse ne repose pas uniquement sur les marchés financiers, mais sur une transformation profonde du système économique mondial lui-même. Dans un environnement où la confiance envers les monnaies et les institutions financières s’érode progressivement, de nombreux investisseurs renforcent leur exposition à l’or physique afin de sécuriser une partie tangible de leur patrimoine.

La liquidité mondiale commence à disparaître

Pour Marc Faber, l’un des signaux les plus préoccupants réside dans le resserrement progressif de la liquidité mondiale. Depuis la pandémie, les banques centrales ont massivement augmenté les taux d’intérêt afin de combattre l’inflation. Ce changement brutal a commencé à produire des effets visibles sur l’ensemble des marchés. Les prix de l’immobilier ralentissent ou baissent dans de nombreux pays développés, les actifs spéculatifs comme les cryptomonnaies ont fortement corrigé, et de plus en plus de ménages se retrouvent sous pression financière à cause des crédits à taux variables. Faber souligne notamment que toute une génération de jeunes investisseurs, très exposée aux actifs spéculatifs et aux marchés numériques, voit aujourd’hui son patrimoine fondre rapidement. Cette contraction de richesse réduit naturellement la consommation, la prise de risque et la capacité d’investissement globale. Historiquement, lorsque la liquidité disparaît progressivement du système, les tensions économiques finissent toujours par apparaître sur les marchés financiers puis dans l’économie réelle. Dans ce contexte de contraction monétaire et d’incertitude croissante, l’or physique est souvent recherché comme réserve de valeur indépendante des systèmes bancaires traditionnels.

Une illusion de prospérité masquant l’appauvrissement des ménages

Marc Faber remet également en cause la lecture officielle des indicateurs économiques modernes. Selon lui, la croissance du PIB ne reflète plus la réalité du niveau de vie des populations occidentales. Les gouvernements continuent d’afficher des statistiques de croissance positives, mais dans la pratique, une immense partie des ménages vit désormais d’un salaire à l’autre sans réelle capacité d’épargne. Faber rappelle qu’aux États-Unis, près de 70 % des foyers fonctionnent “paycheck to paycheck”, c’est-à-dire sans réserve financière significative. Pendant que les détenteurs d’actifs financiers se sont enrichis grâce à l’explosion des marchés depuis 2009, les classes moyennes et populaires ont vu leur pouvoir d’achat s’éroder sous l’effet de l’inflation, de la hausse des loyers, du coût du crédit et des dépenses contraintes. Cette fracture patrimoniale constitue selon lui l’une des faiblesses structurelles les plus dangereuses du système actuel. Face à l’érosion du pouvoir d’achat et à l’instabilité monétaire, de nombreux épargnants considèrent l’or physique comme une protection historique contre la perte de valeur des devises.

Pourquoi la dette américaine devient incontrôlable

L’un des thèmes centraux de l’analyse de Marc Faber concerne l’explosion de la dette publique américaine. Selon lui, les États-Unis se trouvent désormais dans une situation quasiment impossible à stabiliser durablement. Les déficits budgétaires explosent, les dépenses sociales augmentent avec le vieillissement démographique, les coûts militaires restent colossaux et, surtout, le paiement des intérêts de la dette devient lui-même un problème majeur. Plus les taux montent, plus le gouvernement doit emprunter simplement pour rembourser les intérêts de ses anciens emprunts. Faber estime que cette spirale pousse inévitablement les autorités vers davantage de monétisation de dette, autrement dit vers la création monétaire massive afin de maintenir le système sous perfusion. Le problème est qu’à long terme, cette stratégie finit généralement par dégrader la confiance envers la monnaie elle-même. Plusieurs économistes considèrent d’ailleurs que le système financier mondial repose désormais sur une dépendance permanente à la dette et aux injections monétaires. Dans un environnement où les États impriment toujours plus de monnaie pour financer leurs déficits, l’or physique demeure l’un des rares actifs ne dépendant d’aucune promesse gouvernementale.

La Fed perd-elle progressivement le contrôle des marchés ?

Marc Faber soulève un point particulièrement inquiétant : la Réserve fédérale américaine semble perdre progressivement son influence sur les marchés obligataires. Historiquement, lorsque la Fed baissait ses taux, les obligations montaient mécaniquement. Mais depuis plusieurs mois, le comportement du marché devient beaucoup plus instable. Malgré certaines baisses de taux directeurs, les rendements longs restent élevés, signe que les investisseurs commencent à exiger davantage de rémunération face au risque inflationniste et à l’explosion de la dette publique. Pour Faber, cela signifie que les marchés commencent à douter de la capacité des banques centrales à contrôler durablement le système financier. Cette perte de crédibilité pourrait devenir extrêmement dangereuse si les investisseurs étrangers — notamment chinois, japonais ou du Moyen-Orient — réduisent leurs achats de dette américaine. Une baisse de la demande étrangère pour les obligations américaines pourrait fragiliser fortement le dollar à moyen terme. Dans les périodes où la confiance envers les banques centrales s’affaiblit, l’or physique retrouve historiquement son rôle de valeur refuge monétaire internationale.

Pourquoi Marc Faber pense que l’inflation n’a pas disparu

Contrairement à certains analystes qui anticipent une désinflation durable, Marc Faber reste convaincu que les politiques monétaires actuelles finiront par alimenter une nouvelle vague inflationniste. Selon lui, les États n’auront tout simplement pas d’autre choix que de continuer à créer de la monnaie afin de financer leurs déficits et soutenir l’économie. Même si certains actifs chutent temporairement dans un contexte de ralentissement économique, cette création monétaire massive finirait inévitablement par dégrader davantage le pouvoir d’achat des monnaies fiduciaires. Faber rappelle que l’inflation ne se manifeste pas toujours immédiatement dans les prix à la consommation : elle peut d’abord apparaître dans les actifs financiers, l’immobilier, l’énergie ou les matières premières avant de contaminer progressivement l’économie réelle. Cette vision rejoint les inquiétudes de nombreux investisseurs institutionnels concernant le retour d’une inflation structurelle plus persistante dans les prochaines années. Dans ce contexte inflationniste de long terme, l’or physique continue d’être privilégié par de nombreux investisseurs cherchant à protéger leur patrimoine contre la dévalorisation monétaire.

Les actifs pourraient-ils tous chuter en même temps ?

L’un des aspects les plus marquants du discours de Marc Faber réside dans son pessimisme concernant l’ensemble des classes d’actifs. Selon lui, après quarante ans d’inflation des prix financiers alimentée par les banques centrales, pratiquement tout pourrait désormais corriger : actions, obligations, immobilier, métaux précieux, objets de collection et actifs spéculatifs. Cependant, Faber introduit une nuance importante : dans une crise systémique, la question n’est pas forcément de savoir quel actif va monter, mais lequel va le moins baisser. Il considère par exemple que même si l’or ou l’argent devaient corriger temporairement, leur résistance relative pourrait rester largement supérieure à celle d’actifs extrêmement spéculatifs ou dépendants du crédit facile. Cette approche défensive devient de plus en plus populaire chez certains investisseurs institutionnels confrontés à la fragilité croissante des marchés mondiaux. Dans une logique de préservation patrimoniale face à une possible correction généralisée des marchés, l’or physique reste considéré comme un actif tangible relativement résilient.

L’immobilier commercial traverse déjà une crise silencieuse

Marc Faber insiste également sur les transformations profondes du marché immobilier commercial mondial. Selon lui, certains actifs ont déjà commencé à s’effondrer sans que le grand public en mesure encore pleinement l’ampleur. Dans plusieurs grandes villes internationales, les bureaux et centres commerciaux ont perdu jusqu’à 70 ou 80 % de leur valeur depuis quelques années. Le télétravail, les nouvelles habitudes de consommation et le développement du commerce en ligne bouleversent profondément le modèle économique de l’immobilier commercial traditionnel. De nombreux investisseurs institutionnels se retrouvent aujourd’hui piégés avec des actifs difficilement revendables et fortement endettés. Cette crise silencieuse pourrait devenir un facteur majeur de stress financier pour les banques et les fonds immobiliers dans les années à venir. Alors que certains segments immobiliers montrent des signes de fragilité structurelle, l’or physique apparaît pour beaucoup comme un actif tangible plus indépendant des transformations économiques actuelles.

Énergie, pétrole et tensions géopolitiques : un risque sous-estimé

Marc Faber estime également que les marchés sous-estiment largement les tensions énergétiques et géopolitiques mondiales. Selon lui, malgré le développement des énergies renouvelables, le pétrole et les hydrocarbures resteront indispensables pendant encore plusieurs décennies. La croissance démographique mondiale, l’industrialisation de pays comme l’Inde et les besoins énergétiques liés aux nouvelles technologies continueront d’alimenter une forte demande structurelle. Faber rappelle qu’il est impossible de construire des infrastructures “vertes” sans énergie fossile : production industrielle, transport, acier, béton ou logistique restent massivement dépendants du pétrole et du diesel. À cela s’ajoutent les tensions géopolitiques croissantes au Moyen-Orient, susceptibles de provoquer des chocs énergétiques majeurs. Selon lui, ces conflits pourraient durer beaucoup plus longtemps que ce que les marchés anticipent actuellement. Dans un monde marqué par les tensions géopolitiques et les risques énergétiques, l’or physique demeure historiquement l’un des principaux actifs de protection recherchés par les investisseurs.

Conclusion : “Le système entier commence à se fissurer”

Le message de Marc Faber est clair : le système financier mondial entre dans une période extrêmement instable où les anciens repères économiques pourraient progressivement disparaître. Après des décennies de dette facile, de création monétaire massive et de hausse quasi continue des actifs financiers, les déséquilibres accumulés deviennent de plus en plus difficiles à contenir. Entre la contraction de liquidité, l’endettement public incontrôlé, la fragilité des marchés immobiliers, les tensions géopolitiques et le risque inflationniste, Faber estime que les années à venir pourraient être parmi les plus complexes depuis plusieurs générations. Même si certaines de ses positions restent controversées, son analyse rejoint aujourd’hui les préoccupations croissantes d’une partie des investisseurs internationaux face à la fragilité du système monétaire actuel. Dans ce climat d’incertitude économique mondiale, l’or physique continue d’être perçu comme une réserve de valeur stratégique capable de traverser les grandes crises financières et monétaires.

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