Le marché de l’or vient peut-être de franchir une étape décisive. Après plusieurs mois de consolidation, le métal jaune a brusquement repris de la hauteur, entraînant dans son sillage l’argent, le platine et les valeurs minières. Pour Marc Faber, éditeur de la lettre financière Gloom, Boom & Doom Report, cette configuration technique constitue désormais un signal d’achat particulièrement puissant sur les métaux précieux. L’analyste reste toutefois prudent : une cassure haussière ne garantit pas immédiatement l’établissement d’un nouveau record, mais elle indique que la tendance baissière de court terme pourrait avoir été rompue. Dans ce contexte, les investisseurs qui souhaitent renforcer progressivement leur exposition peuvent consulter une offre d’achat d’or et d’argent physiques, en gardant à l’esprit qu’aucun placement ne doit être effectué sans réflexion sur son horizon et son niveau de risque.
Un signal technique après plusieurs mois d’attente
Le raisonnement de Marc Faber repose d’abord sur l’analyse graphique. Selon lui, l’or, l’argent et le platine ont traversé une longue période de construction de base, matérialisée par une phase de consolidation et une figure en forme de triangle. Ce type de configuration traduit généralement une période d’hésitation entre les acheteurs et les vendeurs : les premiers accumulent progressivement leurs positions, tandis que les seconds perdent peu à peu leur capacité à imposer de nouveaux points bas. La sortie par le haut de cette zone constitue donc un élément important, car elle suggère que la pression vendeuse diminue. Pour un épargnant qui ne souhaite pas dépendre exclusivement des fluctuations quotidiennes, l’achat d’or physique comme réserve de valeur peut représenter une démarche complémentaire, distincte d’une opération spéculative à court terme.
La hausse observée le 5 août 2026 a donné davantage de poids à cette lecture. Plusieurs sources de marché ont fait état d’une progression très marquée de l’or, avec un cours de clôture proche de 4 278 dollars l’once selon certaines données, tandis que l’argent avançait également de manière importante. [9] D’autres relevés publiés le même jour affichaient des niveaux différents selon l’heure, le marché de référence et le type de cotation utilisé. Cette dispersion rappelle une règle essentielle : il faut toujours préciser s’il s’agit du cours au comptant, d’un contrat à terme, d’une cotation intrajournalière ou d’un prix de clôture. Dans tous les cas, cette accélération a ravivé l’intérêt pour l’achat d’or d’investissement, alors que les investisseurs cherchent à se protéger contre les mouvements brusques des marchés financiers.
Le rôle des rachats de positions vendeuses
Marc Faber évoque également le rôle des investisseurs qui avaient parié sur une baisse des métaux précieux. Lorsque le cours dépasse une résistance importante, ces opérateurs peuvent être contraints de racheter leurs positions afin de limiter leurs pertes. Ces rachats alimentent alors mécaniquement la hausse et peuvent provoquer un mouvement rapide, parfois disproportionné par rapport aux nouvelles économiques du moment. Ce phénomène est connu sous le nom de couverture des positions vendeuses. Il peut soutenir la progression de l’or pendant plusieurs séances, mais il ne suffit pas à lui seul à confirmer une tendance durable. C’est pourquoi l’acquisition d’or physique sans effet de levier répond à une logique différente : elle vise davantage la conservation d’un actif tangible que la recherche d’un gain immédiat.
La question centrale est donc de savoir si le mouvement actuel correspond à un véritable changement de tendance ou simplement à un rebond technique particulièrement puissant. Pour y répondre, les opérateurs surveilleront la capacité de l’or à rester au-dessus des niveaux récemment reconquis, mais aussi l’évolution du dollar, des rendements obligataires réels et des anticipations de politique monétaire. Certaines analyses techniques identifiaient déjà des seuils de résistance autour de 4 250 dollars, avec des objectifs supérieurs en cas de maintien au-dessus de cette zone. [13] À l’inverse, un retour rapide sous les niveaux de rupture affaiblirait le scénario haussier. Cette incertitude justifie une approche graduelle de l’achat d’or et de pièces en or, plutôt qu’une décision prise sous l’effet de l’émotion.
Une politique monétaire qui nourrit les inquiétudes
Au-delà des graphiques, Marc Faber développe une thèse macroéconomique beaucoup plus large. Il estime que l’endettement public américain limite fortement la capacité des autorités à maintenir durablement une politique monétaire restrictive. Lorsque la dette atteint un niveau élevé, une hausse importante des taux augmente mécaniquement la charge d’intérêts supportée par le gouvernement. Les responsables politiques peuvent alors être tentés de privilégier des taux plus faibles, une liquidité abondante et des mesures destinées à soutenir les prix des actifs. Cette politique peut contribuer à préserver la stabilité du système à court terme, mais elle risque aussi d’alimenter l’inflation et de réduire progressivement le pouvoir d’achat des monnaies. Dans cette perspective, l’achat d’or physique pour diversifier un patrimoine s’inscrit dans une stratégie de protection contre les risques monétaires, et non dans une promesse de rendement garanti.
L’analyste insiste sur la différence entre le niveau nominal des taux d’intérêt et leur niveau réel. Un taux directeur ou obligataire peut sembler élevé en apparence, tout en demeurant insuffisant si l’inflation progresse plus rapidement. Par exemple, un placement rémunéré à 5 % ne préserve pas nécessairement le capital si le coût de la vie augmente de 7 % sur la même période. Le rendement réel est alors négatif, puisque le pouvoir d’achat du capital diminue malgré la perception d’intérêts. C’est précisément ce décalage entre rendement nominal et inflation qui explique l’attrait récurrent de l’or comme protection contre l’érosion monétaire.
La masse monétaire reste un indicateur à surveiller
La masse monétaire américaine M2 constitue un autre élément important du raisonnement présenté dans l’entretien. Cet agrégat comprend notamment les dépôts bancaires et plusieurs formes d’épargne relativement liquides. Les données de la Réserve fédérale de Saint-Louis montrent que M2 demeure suivie comme un indicateur essentiel de la quantité de monnaie disponible dans l’économie. [2] Les tableaux publiés par la même institution faisaient apparaître une masse M2 supérieure à 22 000 milliards de dollars au début de 2026. [3] Une progression de la liquidité ne provoque pas automatiquement une hausse immédiate de tous les actifs, mais elle peut soutenir les prix nominaux sur une période prolongée. Dans ce contexte, l’achat d’or contre la création monétaire excessive est souvent présenté comme un moyen de détenir un actif qui ne dépend pas directement de la solvabilité d’un État ou d’une banque.
Marc Faber considère par ailleurs que l’or peut parfois agir comme un indicateur précoce des tensions monétaires. Avant même que l’expansion de la liquidité ne se reflète pleinement dans les statistiques, les investisseurs peuvent acheter des métaux précieux en anticipant une politique plus accommodante, une baisse des taux réels ou une dépréciation future de la monnaie. Cette relation n’est toutefois ni mécanique ni linéaire : l’or peut reculer malgré une masse monétaire élevée si le dollar se renforce fortement ou si les rendements réels deviennent temporairement plus attractifs. Il reste donc préférable d’associer l’achat d’or à une analyse globale des marchés, plutôt que de fonder toute décision sur un seul indicateur.
Une illusion de richesse de plus en plus visible
L’un des passages les plus marquants de l’entretien concerne la notion d’illusion de richesse. La valeur nominale des actions, des logements et des patrimoines peut atteindre des records sans que les ménages disposent pour autant d’un pouvoir d’achat équivalent. Si les salaires progressent moins vite que les loyers, les assurances, l’alimentation, l’énergie et les remboursements de crédit, la richesse affichée sur le papier ne traduit pas nécessairement une amélioration du niveau de vie. Pour mesurer correctement son patrimoine, il est donc utile de comparer sa valeur à plusieurs repères : l’inflation, le coût du logement, les revenus disponibles et, pour certains investisseurs, le pouvoir d’achat de l’or. Cette réflexion explique pourquoi l’achat d’or comme épargne de long terme conserve une place dans certaines stratégies patrimoniales.
La comparaison entre le prix des logements et celui de l’or permet notamment de distinguer la hausse nominale d’une véritable appréciation en termes réels. Un bien immobilier peut coûter davantage en dollars ou en euros tout en représenter une quantité moindre d’or qu’auparavant. Cette approche ne signifie pas que l’immobilier est nécessairement un mauvais placement, car il peut procurer un usage, des loyers ou une protection contre certaines formes d’inflation. Elle rappelle simplement que chaque actif doit être évalué avec une unité de mesure cohérente. L’or physique détenu directement offre justement un repère différent des monnaies fiduciaires et des actifs financiers cotés.
Les sociétés minières amplifient le mouvement
La progression des sociétés minières est également observée avec attention. Lorsque le prix de l’or augmente, les revenus potentiels d’un producteur peuvent progresser plus rapidement que ses coûts, ce qui explique pourquoi les actions minières peuvent parfois surperformer le métal lui-même. Cette sensibilité fonctionne cependant dans les deux directions : une baisse de l’or, une hausse des coûts énergétiques, des problèmes opérationnels, une instabilité politique ou une mauvaise gestion peuvent provoquer une chute beaucoup plus forte des actions minières. Les mines ne constituent donc pas un substitut parfait à la détention d’or physique. Pour les investisseurs qui recherchent une exposition plus directe au métal, l’achat de lingots et de pièces d’or permet de limiter certains risques propres aux entreprises extractives.
Cette différence de comportement est essentielle pour comprendre la structure du marché. Une action minière représente une entreprise avec des salariés, des dettes, des dépenses d’investissement et une dépendance à la fiscalité du pays dans lequel elle opère. Une pièce ou un lingot d’or ne produit aucun bénéfice, mais ne dépend pas non plus d’un conseil d’administration, d’un permis d’exploitation ou d’un bilan comptable. Les deux formes d’exposition peuvent donc répondre à des objectifs différents au sein d’une allocation diversifiée. Dans tous les cas, l’achat d’or et d’argent doit être adapté au profil de chaque investisseur.
Un scénario haussier, mais pas sans risques
Marc Faber estime que l’or, l’argent et le platine pourraient poursuivre leur progression si les investisseurs perdaient davantage confiance dans la discipline budgétaire et monétaire des grandes puissances. Une création monétaire soutenue, un affaiblissement du dollar, des taux réels négatifs ou un regain de tensions géopolitiques constitueraient des facteurs favorables aux métaux précieux. Cependant, l’analyste rappelle lui-même qu’aucun scénario n’est certain et que le signal d’achat pourrait ne durer qu’un temps limité. Une correction brutale reste possible, notamment après une hausse aussi rapide. L’achat d’or progressivement et sans précipitation peut donc être plus cohérent qu’une entrée massive effectuée au sommet d’un mouvement de marché.
La conclusion à retenir est nuancée, mais particulièrement importante : le marché de l’or semble bénéficier d’une combinaison favorable de facteurs techniques et macroéconomiques, sans que cela permette de prédire avec certitude son prochain record. La cassure de la tendance baissière, la couverture des positions vendeuses, les interrogations sur la dette publique et la progression de la liquidité renforcent le scénario d’une poursuite de la hausse. En revanche, les niveaux de prix élevés, la volatilité et les divergences entre les différentes cotations imposent une gestion prudente du risque. Pour celui qui souhaite se positionner sur le long terme, l’achat d’or physique comme composante d’une épargne diversifiée peut constituer une piste à étudier, à condition de ne jamais confondre protection patrimoniale et garantie de performance.
Les informations présentées dans cet article sont fournies à titre éducatif et ne constituent pas un conseil en investissement. Le cours de l’or, de l’argent, du platine et des sociétés minières peut fluctuer fortement. Avant toute opération, chacun doit tenir compte de son horizon de placement, de sa situation financière, des frais, de la fiscalité et de sa tolérance au risque.


