L’explosion du « yen carry trade » : C’est l’équivalent financier d’une guerre nucléaire totale, selon Jim Rickards !

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Jim Rickards, auteur de huit ouvrages financiers à succès, met en garde contre une catastrophe financière qui serait déjà en train de se produire et que le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, tenterait de contenir.

Au cœur du problème : le « yen carry trade », une stratégie financière consistant notamment à emprunter en yens à très faible taux d’intérêt pour investir dans des actifs libellés dans d’autres devises. Selon Rickards, le Trésor américain chercherait actuellement à soutenir la valeur du yen.

Le yen carry trade est-il en train de s’arrêter ? Et son dénouement pourrait-il provoquer une véritable explosion des marchés ?

Pour Rickards, la réponse est sans ambiguïté : « Oui, et oui. […] Quelqu’un m’a écrit pour me demander si le yen carry trade était vraiment important. Je lui ai répondu qu’il n’y avait rien de plus important. C’est en réalité le sujet le plus important au monde. »

Un mécanisme qui a alimenté l’économie mondiale pendant des décennies

En termes simples, le problème vient du fait que des investisseurs ont pu, pendant des années, emprunter des yens à des taux proches de zéro pour financer des opérations et des investissements partout dans le monde.

Tout fonctionnait bien… jusqu’à ce que les taux d’intérêt japonais commencent à remonter après plus de deux décennies de politique monétaire extrêmement accommodante.

Jim Rickards explique :

« C’est le moteur de la croissance économique mondiale. Ce mécanisme a alimenté l’économie américaine et l’économie mondiale pendant plus de 30 ans. Qu’est-ce qui pourrait mal tourner ?

La première chose qui pourrait rapidement poser problème, ce serait une hausse des taux d’intérêt japonais. […]

La Banque du Japon affirme qu’elle va continuer à relever ses taux. Elle ne va pas les porter jusqu’à la lune, mais un taux de 3 % au Japon, c’est comme aller sur la lune lorsqu’on a vécu avec des taux proches de 0 % pendant 20 ans.

Le yen carry trade est donc désormais en train de se dénouer. »

Lorsque les investisseurs cherchent à sortir de ce type d’opérations, ils doivent notamment convertir leurs actifs en yens afin de rembourser leurs emprunts. Cela peut les obliger à vendre certains de leurs investissements.

Rickards poursuit :

« L’emprunteur initial emprunte des dollars pour rembourser son prêt en yens, échange les devises et rembourse son emprunt en yens.

Mais que se passe-t-il si vous ne pouvez plus emprunter ? Que se passe-t-il si la banque vous dit : “Désolé, ce n’est plus possible” ?

Que faites-vous alors si vous voulez sortir du yen carry trade ? Vous devez vendre des actifs.

Vous pouvez donc rester en place, gagner beaucoup moins d’argent, voire perdre de l’argent, ou bien vendre massivement des actifs pour obtenir les dollars nécessaires au remboursement de votre emprunt en yens.

Dans les deux cas, c’est mauvais pour les marchés.

Si vous êtes obligé de vendre des actifs, devinez quoi ? Leur prix baisse. Et d’autres investisseurs sont alors à leur tour contraints de vendre leurs actifs.

La situation peut rapidement se transformer en mouvement de panique : tout le monde se précipite vers la sortie.

Il ne s’agit pas de quelques banques d’investissement de Wall Street ou de quelques fonds spéculatifs. Il s’agit potentiellement du monde entier qui cherche à sortir du mécanisme d’endettement et de change à effet de levier qui fait fonctionner l’économie mondiale depuis 30 ans.

C’est l’équivalent financier d’une guerre nucléaire totale. »

Le Japon et les bons du Trésor américain

Rickards explique ensuite que le Japon est, selon lui, le premier détenteur de bons du Trésor américain.

« Ils ont vendu des bons du Trésor américain pour obtenir des dollars, puis acheter des yens afin de soutenir la monnaie japonaise.

Mais que se passe-t-il lorsque vous vendez des bons du Trésor ? Les taux d’intérêt américains montent.

Pensez-vous que l’administration Trump ou le secrétaire au Trésor souhaitent voir les taux d’intérêt américains augmenter ? »

Selon Rickards, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, aurait donc demandé au Japon de conserver ses bons du Trésor américain.

« Bessent a appelé le Japon et lui a dit : “Gardez vos bons du Trésor. Nous vous fournirons tous les dollars dont vous avez besoin grâce à une ligne de swap avec la Réserve fédérale.”

Autrement dit, les États-Unis utilisent des dollars de la Réserve fédérale pour soutenir le yen.

Ainsi, les Japonais n’ont pas besoin de relever davantage leurs taux d’intérêt. Le carry trade ne se dénoue pas. Et les marchés ne s’effondrent pas.

C’est extrêmement dangereux. […]

Vous essayez de défendre un taux de change qui ne peut probablement pas être défendu. Ce n’est qu’une question de temps avant que cela ne casse. »

Jim Rickards voit l’or atteindre 10 000 dollars

En 2016, bien avant que les banques centrales ne se mettent à acheter de l’or à grande échelle, Jim Rickards recommandait déjà d’en acheter dans son livre à succès The New Case for Gold.

À l’époque, l’or valait un peu plus de 1 300 dollars l’once.

Avec un cours désormais situé autour de 4 300 dollars l’once, cette recommandation s’est, rétrospectivement, révélée très profitable.

Mais Rickards estime que la hausse de l’or est loin d’être terminée :

« Nous sommes très loin du sommet pour l’or. Je pense qu’il va aller sur la lune.

Quand je dis “la lune”, je parle de 10 000 dollars l’once.

Nous avons connu notre correction. […] Nous sommes maintenant repartis à la hausse et cela va se produire très rapidement. »

Les élections de mi-mandat américaines : « Les choses vont devenir difficiles »

Interrogé sur les élections de mi-mandat qui auront lieu en novembre et sur la volonté de Donald Trump de lutter contre ce que Rickards présente comme une fraude électorale commise par les démocrates, celui-ci se montre également très alarmiste.

« Les choses vont devenir difficiles. C’est déjà en préparation. Vous pouvez voir ce qui arrive.

Regardez ActBlue. Il s’avère qu’il s’agissait d’une fraude totale. Ils acceptaient de l’argent provenant de l’étranger, ce qui est illégal. Ils récoltaient des milliards de dollars, mais le faisaient entièrement de manière illégale.

Ils font l’objet d’une enquête, et leur conseil d’administration a démissionné et a pris la fuite. […]

Si vous mettez ActBlue et le Southern Poverty Law Center hors ligne — et c’est ce que l’administration Trump a fait — cela représente des milliards de dollars auxquels les démocrates ne peuvent plus accéder. […]

Lors des élections de mi-mandat, les républicains dépenseront 500 millions de dollars et disposeront d’une armée de 500 avocats répartis dans tout le pays.

Ils n’attendront pas la fin de l’élection pour lutter contre la fraude. »

Le vote par correspondance également dans le viseur

Selon Rickards, l’administration Trump cherchera également à mettre fin à ce qu’il présente comme une fraude liée aux bulletins de vote envoyés par correspondance et transitant par le service postal américain.

« Le service postal américain va sauver la situation en assurant le suivi de chaque courrier, y compris de chaque bulletin de vote envoyé par correspondance. »

L’entretien, d’une durée de 65 minutes, aborde également de nombreux autres sujets.

Source: usawatchdog.com

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