Le paysage financier mondial est en train de changer, mais pas nécessairement de la manière spectaculaire annoncée par certains commentateurs. Il existe pourtant un signal particulièrement intéressant : la Banque populaire de Chine a désigné Deutsche Bank comme première banque européenne autorisée à exercer une fonction de compensation du renminbi, ou RMB, en Europe. Cette décision crée un pont supplémentaire entre les systèmes financiers chinois et européen et s’inscrit dans une stratégie beaucoup plus vaste d’internationalisation de la monnaie chinoise. Dans le même temps, les marchés obligataires américains sont confrontés à des rendements élevés, à une dette publique considérable et à des besoins de financement qui alimentent les interrogations sur la capacité de Washington à maintenir durablement une trajectoire budgétaire aussi expansive. Pour les investisseurs qui cherchent à comprendre les conséquences potentielles de cette recomposition monétaire, l’or physique apparaît comme l’un des actifs traditionnellement utilisés pour diversifier une exposition aux monnaies et aux risques financiers. Le sujet n’est donc pas de savoir si le dollar va disparaître demain, mais de déterminer si le monde commence progressivement à construire des alternatives crédibles à sa domination.
Deutsche Bank devient un nouveau pont entre l’Europe et le yuan
L’annonce concernant Deutsche Bank mérite une attention particulière parce qu’elle touche à ce que l’on pourrait appeler la plomberie du système financier international. Pékin a officiellement désigné la banque allemande comme banque de compensation du renminbi en Europe, faisant d’elle la première banque non chinoise du continent à obtenir cette fonction. Concrètement, cette infrastructure facilite les opérations transfrontalières libellées en RMB et peut réduire certains intermédiaires nécessaires lorsque des entreprises européennes commercent directement avec la Chine. Il ne s’agit donc pas simplement d’un symbole diplomatique : une banque de compensation joue un rôle opérationnel dans le traitement, la compensation et le règlement des transactions dans la monnaie concernée. Deutsche Bank possède par ailleurs une longue expérience du marché chinois et participe depuis plusieurs années à l’écosystème du RMB, notamment à travers CIPS, le système chinois de paiements interbancaires transfrontaliers. Dans un environnement où les entreprises et les investisseurs cherchent à diversifier leurs risques de change, l’or et l’argent peuvent également constituer une composante à considérer dans une stratégie patrimoniale diversifiée.
Ce que cette décision change réellement pour le commerce européen
Pour une entreprise européenne travaillant régulièrement avec des partenaires chinois, la possibilité de régler plus directement des opérations en renminbi peut présenter plusieurs avantages. Une transaction internationale peut impliquer plusieurs conversions monétaires, chacune pouvant générer des frais, des délais et un risque de change supplémentaire. Développer des infrastructures permettant de facturer et de régler davantage d’opérations directement en RMB réduit potentiellement cette friction. Cela ne signifie évidemment pas que les entreprises européennes vont soudainement abandonner l’euro ou le dollar : les monnaies utilisées dans le commerce international répondent à des besoins très différents et dépendent de la profondeur des marchés financiers, de la liquidité, de la confiance et de la réglementation. Mais chaque nouveau corridor commercial fonctionnant efficacement en RMB réduit mécaniquement la nécessité de passer systématiquement par le dollar. C’est précisément cette évolution graduelle qui rend la question de la diversification patrimoniale avec des actifs tangibles comme l’or physique particulièrement pertinente lorsque le système monétaire international connaît une période de transformation.
La Chine ne cherche pas nécessairement à remplacer le dollar du jour au lendemain
Il faut ici se méfier d’une lecture trop simpliste. La dédollarisation ne signifie pas que Pékin aurait décidé de supprimer le dollar du commerce mondial ou que le renminbi serait sur le point de devenir la première monnaie internationale. La réalité est beaucoup plus progressive. La Chine cherche surtout à réduire sa dépendance à un système dans lequel une part importante de ses échanges, de ses réserves et de ses financements internationaux demeure exposée au dollar. Le document préparatoire du 15e plan quinquennal chinois pour la période 2026-2030 affiche d’ailleurs explicitement l’objectif de poursuivre l’internationalisation du RMB, d’accroître l’ouverture du compte de capital et de développer un système de paiements transfrontaliers en RMB contrôlable et résilient. Cette orientation n’est donc pas une simple spéculation de marché : elle fait désormais partie des priorités stratégiques affichées par Pékin. Dans ce contexte, détenir une part d’épargne sous forme d’or physique peut être envisagé comme une diversification face aux incertitudes liées aux devises et aux politiques monétaires.
CIPS : l’infrastructure qui accompagne l’internationalisation du RMB
Au cœur de cette stratégie se trouve CIPS, pour Cross-Border Interbank Payment System. Ce système permet de traiter des paiements transfrontaliers en renminbi et constitue l’une des briques essentielles de l’internationalisation financière chinoise. Il serait cependant incorrect de présenter CIPS comme un simple équivalent parfaitement interchangeable de SWIFT. Les deux infrastructures n’ont pas exactement la même fonction et les banques peuvent utiliser plusieurs réseaux et systèmes simultanément. La Banque centrale européenne souligne néanmoins la progression de CIPS : le nombre de participants directs est passé à 193 en 2025 contre 168 en 2024, tandis que l’activité du système a fortement progressé en 2026 dans un contexte géopolitique particulièrement tendu. L’enjeu stratégique est donc moins de « tuer SWIFT » que de permettre progressivement aux acteurs économiques de réaliser davantage de transactions internationales sans dépendre exclusivement des infrastructures dominées historiquement par l’écosystème occidental. Dans cette nouvelle architecture financière, l’or conserve justement une caractéristique recherchée par certains investisseurs : il n’est pas une créance émise par une banque ou un État.
Pourquoi cette évolution inquiète-t-elle davantage aujourd’hui ?
Le timing de cette annonce est particulièrement intéressant. Les États-Unis continuent de disposer d’un avantage financier considérable grâce au rôle international du dollar, mais cette position implique également que les marchés surveillent attentivement la trajectoire des déficits, de la dette et des taux d’intérêt américains. En août 2026, le rendement du Treasury américain à dix ans a évolué autour de niveaux proches de 4,7 %, tandis qu’une adjudication de 42 milliards de dollars de titres à dix ans a récemment attiré l’attention en raison d’un rendement monté jusqu’à 4,683 %, niveau inédit depuis la crise financière de 2007 selon les données rapportées par Barron’s. Un rendement élevé n’est pas en soi la preuve d’un effondrement obligataire : il peut aussi refléter une croissance nominale plus forte, des anticipations d’inflation, une prime de terme ou simplement une offre importante de dette. Mais lorsque les investisseurs demandent davantage de rendement pour financer un État très endetté, le coût budgétaire futur augmente. Dans cet environnement, l’or peut retrouver de l’intérêt comme actif de diversification lorsque les investisseurs cherchent à réduire leur dépendance à une seule classe d’actifs ou à une seule monnaie.
Le problème américain est avant tout celui de la dette et du coût du financement
Le véritable sujet n’est donc pas de savoir si « les obligations américaines s’effondrent » au sens absolu, mais de comprendre ce qui se passe lorsque les taux restent élevés alors que le gouvernement doit refinancer une dette considérable. Chaque nouvelle émission doit trouver des acheteurs et ces acheteurs déterminent le rendement qu’ils exigent. Plus le rendement nécessaire est élevé, plus le coût du financement augmente progressivement pour le Trésor américain. Cette mécanique peut devenir particulièrement délicate lorsque les déficits restent importants, car l’État doit alors emprunter davantage au moment même où les investisseurs deviennent plus exigeants. Les données disponibles en 2026 montrent justement que la pression budgétaire américaine reste considérable : le déficit fédéral avait atteint environ 1 800 milliards de dollars au cours des dix premiers mois de l’exercice fiscal 2026 selon les chiffres rapportés récemment. Cela ne constitue pas une preuve d’une crise imminente, mais explique pourquoi le marché obligataire est devenu un indicateur aussi surveillé. Pour les épargnants, l’achat d’or physique peut s’inscrire dans une réflexion plus large sur la protection et la diversification d’un patrimoine face aux risques macroéconomiques.
Le dollar reste pourtant extrêmement dominant
C’est probablement le point le plus important à retenir pour éviter les conclusions excessives. La montée du RMB ne signifie pas que le dollar américain est devenu marginal. Très loin de là. Les données de la Banque centrale européenne montrent que le dollar reste largement dominant dans les messages de paiement internationaux transmis via Swift, avec une part d’environ 48 % dans les données citées par son rapport sur le rôle international de l’euro, contre environ 23 % pour l’euro et 4 % pour le renminbi. Les chiffres varient selon les méthodologies, les périodes et le type de transaction étudié, mais le constat général demeure : le dollar possède une profondeur financière, une liquidité, un réseau bancaire et un marché obligataire sans équivalent immédiat. La dédollarisation est donc davantage un processus de diversification du système qu’un remplacement brutal d’une monnaie par une autre. C’est précisément pourquoi l’or reste surveillé par les investisseurs qui souhaitent disposer d’un actif international dont la valeur ne dépend pas directement de la domination d’une devise particulière. :contentReference[oaicite:7]{index=7}
Le renminbi progresse, mais il reste encore loin du dollar
La progression chinoise doit également être replacée dans son contexte. Le renminbi bénéficie aujourd’hui d’une infrastructure internationale de plus en plus développée, d’un réseau de banques de compensation, de CIPS et de l’importance commerciale considérable de la Chine. Mais son poids dans les paiements internationaux reste encore relativement faible par rapport au dollar et à l’euro. Les données de Swift pour 2026 montrent justement que la monnaie chinoise demeure minoritaire dans les paiements mondiaux, même si sa tendance de long terme est à la progression. La question fondamentale est donc celle de la confiance : pour qu’une monnaie devienne véritablement une grande monnaie de réserve, il ne suffit pas qu’un pays soit une puissance commerciale. Il faut également des marchés financiers profonds, une liquidité abondante, des mécanismes de conversion efficaces et une confiance suffisante dans la stabilité institutionnelle et la libre circulation des capitaux. La Chine progresse sur plusieurs de ces fronts, mais conserve également des contrôles de capitaux et des spécificités réglementaires qui limitent encore l’attractivité internationale du RMB. Dans ce contexte, l’or physique présente une autre logique : il peut être détenu directement, sans dépendre du fonctionnement d’un marché obligataire ou d’un système de paiement particulier.
La Chine dispose d’un autre avantage : sa puissance commerciale
La stratégie chinoise repose sur une logique particulièrement simple. Lorsqu’un pays est au cœur de nombreuses chaînes commerciales internationales, il dispose d’une occasion naturelle pour encourager ses partenaires à utiliser sa monnaie. Si une entreprise chinoise vend ses produits en Europe, en Afrique, au Moyen-Orient ou en Asie et que la facture est directement libellée en RMB, l’acheteur n’a plus nécessairement besoin d’acquérir des dollars avant de régler son fournisseur. À mesure que ces opérations se multiplient, les partenaires commerciaux accumulent eux-mêmes davantage de RMB et peuvent ensuite chercher à utiliser ces liquidités pour acheter des biens chinois, investir dans des actifs chinois ou régler d’autres opérations commerciales. C’est ce mécanisme de « recyclage » de la monnaie qui constitue l’un des objectifs fondamentaux de l’internationalisation du RMB. Les données chinoises montrent d’ailleurs l’importance croissante des flux transfrontaliers : en juin 2026, les paiements et encaissements transfrontaliers des secteurs non bancaires ont représenté plusieurs milliers de milliards de RMB. Dans une stratégie patrimoniale diversifiée, l’or peut également jouer un rôle de réserve de valeur complémentaire aux liquidités et aux placements financiers.
Et si une partie du commerce Chine-Europe quittait progressivement le dollar ?
Le scénario le plus crédible n’est pas celui d’un basculement soudain de plusieurs centaines de milliards d’euros de transactions vers le RMB. Le changement pourrait plutôt se produire opération par opération, secteur par secteur et corridor commercial par corridor commercial. Une entreprise peut commencer par facturer une partie de ses importations chinoises en RMB, puis une autre entreprise peut faire de même, avant que les banques développent des produits de couverture permettant de gérer plus facilement le risque de change. Une fois cette infrastructure installée, le changement devient beaucoup moins coûteux et beaucoup plus naturel. C’est précisément pourquoi la nomination de Deutsche Bank est intéressante : elle renforce l’infrastructure permettant à des acteurs européens d’utiliser directement le RMB. Il faut néanmoins éviter de confondre diversification des monnaies de facturation et abandon du dollar. Le billet vert restera probablement incontournable pendant longtemps dans de nombreux segments du commerce et de la finance mondiale. Pour les investisseurs qui souhaitent réfléchir au-delà des devises, l’or physique constitue justement une manière de diversifier un patrimoine au-delà des seules monnaies fiduciaires.
Pourquoi l’Europe pourrait avoir intérêt à diversifier ses circuits financiers
Pour l’Europe, la question dépasse largement la relation avec Pékin. Le véritable enjeu est celui de l’autonomie stratégique. L’Union européenne utilise l’euro, deuxième grande monnaie internationale, mais son système financier reste profondément connecté au dollar américain. Cette interdépendance apporte des avantages considérables, notamment en matière de liquidité et d’accès aux marchés, mais elle crée également une forme de dépendance lorsqu’une crise géopolitique transforme les infrastructures financières en instruments de politique étrangère. La guerre en Ukraine et les sanctions contre la Russie ont montré à quel point les actifs, les paiements et les réserves peuvent devenir des instruments géopolitiques. L’Europe cherche donc depuis plusieurs années à renforcer son autonomie financière et stratégique, sans pour autant rompre avec les États-Unis. Dans cette perspective, disposer de davantage de canaux de paiement en euros, en RMB ou dans d’autres monnaies peut être considéré comme une diversification plutôt que comme un choix d’alignement politique avec la Chine. Et pour un investisseur privé, diversifier une partie de son patrimoine avec de l’or physique répond à une logique comparable : réduire la concentration d’un patrimoine sur un seul système financier.
Le véritable risque pour Washington serait une érosion lente de la demande
Le scénario le plus préoccupant pour les États-Unis n’est pas nécessairement une vente massive et simultanée des Treasuries par toutes les banques centrales. Un phénomène beaucoup plus progressif pourrait être économiquement significatif : si une partie croissante du commerce international est réglée dans d’autres monnaies, les acteurs concernés ont moins besoin de conserver des dollars pour leurs transactions courantes. Une partie de l’épargne internationale pourrait alors être réorientée vers d’autres actifs et d’autres marchés. Cela ne signifie pas automatiquement que chaque dollar non utilisé pour une transaction commerciale devient un Treasury vendu, mais, à long terme, la demande structurelle pour les actifs américains peut être affectée par une diversification des réserves et des portefeuilles. C’est pourquoi l’internationalisation du RMB mérite d’être observée sur plusieurs années plutôt que sur plusieurs semaines. La Chine construit progressivement un écosystème composé de banques, de marchés, de systèmes de paiement, de centres offshore et de mécanismes de financement. Dans ce nouvel environnement, l’or demeure un actif particulièrement intéressant à surveiller puisqu’il constitue une réserve de valeur mondiale indépendante de la solvabilité d’un émetteur monétaire.
Le grand paradoxe : la Chine veut internationaliser sa monnaie tout en conservant ses propres contrôles
Il existe cependant une limite fondamentale à la stratégie chinoise. Pékin souhaite que le RMB soit davantage utilisé dans le monde, mais une monnaie internationale véritablement dominante nécessite généralement une grande liberté de circulation des capitaux et des marchés financiers extrêmement ouverts. Or la Chine conserve un contrôle significatif sur les mouvements de capitaux et sur son système financier. Cette contradiction constitue l’un des principaux obstacles à l’émergence rapide du RMB comme véritable concurrent du dollar. La Chine peut donc parfaitement augmenter l’utilisation commerciale de sa monnaie sans parvenir immédiatement à en faire une monnaie de réserve comparable au dollar. C’est une distinction essentielle. L’objectif peut être moins de remplacer le billet vert que de créer un système dans lequel la Chine peut commercer, emprunter, investir et régler ses échanges sans être obligée de passer par le dollar à chaque étape. Pour les investisseurs européens, cette fragmentation croissante du système monétaire renforce l’intérêt d’une réflexion globale sur la diversification, dans laquelle l’or et l’argent physiques peuvent trouver leur place parmi différents actifs de diversification, selon le profil et les objectifs de chacun.
Ce que l’or change dans un monde de monnaies concurrentes
Lorsque deux grandes puissances cherchent à renforcer leurs propres monnaies, l’or retrouve naturellement une dimension stratégique. Contrairement au dollar, à l’euro ou au renminbi, l’or n’est pas la monnaie officielle d’un État contemporain et ne constitue pas la dette d’un gouvernement. C’est précisément cette caractéristique qui explique pourquoi les banques centrales continuent de conserver de l’or dans leurs réserves malgré les transformations du système financier. Il serait néanmoins excessif de présenter le métal jaune comme une solution miracle : son prix peut fortement fluctuer, il ne génère pas de revenu courant comme une obligation ou certains placements productifs et son évolution dépend elle aussi de nombreux facteurs économiques. Mais dans une période où les investisseurs s’interrogent simultanément sur l’inflation, les déficits publics, les taux d’intérêt, les tensions géopolitiques et la diversification des monnaies de réserve, l’achat d’or physique peut constituer une piste de diversification patrimoniale à étudier avec attention, notamment pour ceux qui recherchent un actif tangible.
La dédollarisation est-elle vraiment en train de commencer ?
Oui, si l’on entend par dédollarisation une diversification progressive du système monétaire international. Non, si l’on entend par là un effondrement imminent du dollar. Les deux réalités ne doivent pas être confondues. Le dollar conserve une avance considérable dans les paiements internationaux, les marchés obligataires, le financement mondial et les réserves de change. Mais parallèlement, la Chine développe activement des infrastructures permettant au RMB de jouer un rôle plus important. La nomination de Deutsche Bank comme banque européenne de compensation du RMB constitue un nouveau jalon de cette stratégie. Elle intervient alors que CIPS progresse, que Pékin inscrit explicitement l’internationalisation du RMB dans son 15e plan quinquennal et que les tensions géopolitiques encouragent certains pays à diversifier leurs circuits financiers. La question n’est donc plus de savoir si le monde va abandonner le dollar du jour au lendemain, mais jusqu’où cette diversification peut aller au cours des cinq, dix ou vingt prochaines années. Dans cette réflexion de long terme, l’or physique reste l’un des actifs à considérer lorsqu’on cherche à construire un patrimoine moins dépendant d’une seule monnaie ou d’un seul système financier.
Conclusion : le vrai changement est peut-être déjà en marche
Le fait le plus important n’est finalement pas que le dollar soit sur le point de disparaître, car rien ne permet de soutenir sérieusement une telle affirmation. Le changement le plus crédible est beaucoup plus subtil : le système financier international devient progressivement plus multipolaire. La Chine développe son infrastructure de paiement, cherche à internationaliser le renminbi et tente de créer les conditions permettant à ses partenaires commerciaux de fonctionner davantage dans sa propre monnaie. L’Europe, de son côté, cherche à renforcer son autonomie stratégique tout en restant profondément liée aux États-Unis. Et les marchés américains doivent composer avec une dette élevée, des déficits importants et un coût de financement qui mérite une surveillance accrue. La décision concernant Deutsche Bank illustre parfaitement cette nouvelle réalité : le monde ne quitte pas le système dominé par le dollar en une nuit, mais il construit peu à peu des portes de sortie supplémentaires. Pour l’investisseur, cette évolution invite surtout à ne pas raisonner en termes binaires. Diversifier son patrimoine avec des actifs tangibles comme l’or et l’argent peut faire partie d’une stratégie globale face à un environnement monétaire et géopolitique appelé à rester particulièrement volatil.



