Le message est clair : ils préféreront le débasement du dollar plutôt que de laisser le marché obligataire US s’effondrer

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Pour rappel, le cadre était le suivant :

    1. Le principal enjeu pour les décideurs politiques est le maintien de la bulle spéculative sur la dette souveraine. En effet, ces obligations constituent le fondement du système financier actuel basé sur la dette, et leurs rendements représentent le taux de rendement « sans risque » par rapport auquel tous les actifs risqués (actions, immobilier, etc.) sont évalués.
    2. Parce que le krach déclenché par les fermetures économiques de 2020 a été à la fois extrêmement rapide (quelques jours) et violent (une chute de 20 % en moins de 20 séances de bourse), il a contraint les décideurs politiques à dévoiler l’ensemble de leur stratégie de gestion de crise. Cette stratégie repose sur trois piliers :
  • Baisser drastiquement les taux d’intérêt pour contrôler les obligations à court terme.
  • Imprimer de l’argent et l’utiliser pour acheter des obligations à long terme.
  • Imprimer de l’argent et l’utiliser pour acheter des titres de créance subordonnés (titres adossés à des créances hypothécaires, prêts étudiants, papier commercial).

Dans ce contexte, la récente décision du secrétaire au Trésor, Scott Bessent, est parfaitement logique . Les rendements à long terme de la courbe des taux du Trésor risquaient de s’envoler, menaçant ainsi la bulle spéculative généralisée, y compris celle des actions.

C’était un enjeu crucial. Rappelons que près de 45 % du patrimoine des ménages est investi en actions. Et un krach boursier, déclenché par une flambée des rendements des bons du Trésor, est la dernière chose dont l’administration Trump a besoin à l’approche des élections de mi-mandat.

Pour remédier à cette situation, le Trésor a annoncé, en dehors de son calendrier trimestriel habituel, qu’il allait au moins doubler le montant de ses opérations de rachat de titres de dette publique à long terme, passant de 2 milliards de dollars à un minimum de 4 milliards de dollars par opération, à compter du 9 septembre. Cette mesure concerne les titres du Trésor à 10 ans jusqu’à 30 ans et s’étend sur l’ensemble du trimestre de refinancement en cours, qui se termine le 4 novembre.

Comme je l’ai expliqué, ce cadre d’analyse privilégie les actifs tangibles. Les marchés l’ont confirmé en début de semaine.

Le jour de l’annonce du Trésor, l’or a bondi de 4,3 % pour dépasser les 4 520 dollars l’once. L’argent a fait encore mieux, grimpant de 5,3 % et franchissant la barre des 66 dollars. Quant au S&P 500, il a clôturé en forte hausse de 0,16 %.

Réfléchissez-y. La soi-disant classe d’actifs « sans risque » (les bons du Trésor) a bénéficié d’un soutien direct en liquidités du gouvernement américain, tandis que les actions ont à peine enregistré une hausse. L’or et l’argent ont fluctué 25 à 30 fois plus que l’indice censé profiter de toutes ces interventions.

C’est précisément ce que prédit ce modèle. Lorsque les décideurs politiques sont contraints de choisir entre défendre le prix des obligations et défendre le dollar, ils privilégient systématiquement les obligations, car une fluctuation désordonnée des rendements des bons du Trésor menace l’ensemble du système financier, tandis qu’un dollar plus faible n’est qu’un désagrément mineur. Mais les actifs tangibles ne sont pas sensibles à cette distinction. L’or et l’argent réagissent directement à la dépréciation monétaire. Les actions, quant à elles, doivent d’abord passer par les taux d’actualisation, les multiples de bénéfices et la psychologie des investisseurs, autant d’éléments qui prennent du temps et dont l’évolution à court terme peut être incertaine.

En d’autres termes : le Trésor américain vient d’annoncer au marché qu’il utilisera son bilan pour plafonner les rendements à long terme dès qu’ils deviendront problématiques. Il s’agit d’une subvention permanente pour tous les actifs qui profitent d’un coût du capital plus faible et d’un dollar plus faible. L’or et l’argent en bénéficient immédiatement et directement. Les actions, quant à elles, en bénéficient plus tard, et seulement si leurs bénéfices sont favorables.

C’est pourquoi je conseille à mes lecteurs d’investir dans des actifs tangibles et dans les entreprises qui les produisent, non seulement pour se protéger de l’inflation, mais aussi comme moyen direct et efficace d’anticiper les décisions politiques. La Réserve fédérale et le Trésor ont dévoilé leurs intentions : ils dévalueront la monnaie avant de provoquer un effondrement du marché obligataire. L’or et l’argent intègrent déjà cette anticipation plus rapidement que tout autre actif du marché.

Source: gainspainscapital.com

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