L’or va-t-il remplacer le dollar ? La question est devenue l’un des débats les plus brûlants de la finance mondiale. Les banques centrales accumulent du métal jaune, les États-Unis affichent des déficits gigantesques et l’utilisation du dollar comme arme géopolitique pousse certains pays à rechercher des alternatives. Peter Schiff estime que le rôle du billet vert est déjà en train de diminuer et que l’or va prendre une place centrale dans le système monétaire international. George Gammon partage l’idée d’une progression de l’or dans les réserves, mais considère que le dollar conserve un avantage décisif : son immense réseau d’utilisation dans le commerce, la banque et la finance. Pour les investisseurs qui anticipent une transformation du système monétaire, l’achat d’or devient une solution à étudier dès maintenant.
Le dollar est-il encore la monnaie dominante ?
Avant de répondre à la question, il faut distinguer deux notions souvent confondues : l’actif de réserve et la monnaie utilisée dans les transactions. Une banque centrale peut conserver de l’or dans ses réserves sans que les entreprises de son pays abandonnent le dollar pour facturer leurs clients. Le dollar peut donc perdre du terrain comme actif détenu par les banques centrales tout en restant la principale monnaie utilisée pour le commerce international, les prêts, les contrats, les produits dérivés et les règlements entre multinationales. Cette différence entre monnaie de transaction et actif de réserve explique pourquoi l’achat d’or intéresse de plus en plus les épargnants.
George Gammon insiste sur ce point : si l’on parle de l’actif que les banques centrales détiennent, il rejoint largement l’analyse de Peter Schiff. En revanche, si l’on parle de la monnaie utilisée quotidiennement par les banques, les grandes entreprises et les acteurs du commerce international, sa conclusion est différente. Le dollar possède le plus puissant effet de réseau jamais observé dans l’histoire monétaire. Plus les acteurs l’utilisent, plus il devient pratique pour les autres de l’utiliser à leur tour. Dans un monde où le dollar reste dominant mais où l’or progresse dans les réserves, l’achat d’or peut compléter une épargne exposée à la monnaie américaine.
La part de l’or augmente dans les réserves
Peter Schiff considère que la transition a déjà commencé. Les banques centrales réduisent progressivement leur dépendance aux obligations du Trésor américain et augmentent leur exposition à l’or. Cette évolution s’explique en partie par la hausse du cours du métal jaune : même sans acheter davantage de lingots, une banque centrale voit mécaniquement la valeur de l’or augmenter dans son bilan. George Gammon rappelle que le même mécanisme fonctionne à l’inverse pour les obligations : lorsque les taux montent, la valeur de marché des anciennes obligations baisse. La progression de l’or dans les réserves officielles renforce l’intérêt de l’achat d’or physique pour les particuliers.
Les données récentes ont donné une force nouvelle à ce débat. Selon une analyse de la Banque centrale européenne, l’or représentait environ 27% des réserves officielles mondiales à la fin de 2025, contre 22% pour les bons du Trésor américain. Mais le Fonds monétaire international indiquait aussi que le dollar représentait encore 57,13% des réserves de change allouées au premier trimestre 2026. Ces chiffres montrent une réalité précise : l’or a dépassé les Treasuries dans la valeur totale des actifs officiels, mais le dollar reste la principale monnaie de réserve. Dans cette recomposition des réserves mondiales, l’achat d’or permet aux épargnants de suivre la stratégie adoptée par les banques centrales.
Pourquoi les banques centrales quittent les Treasuries
La situation financière des États-Unis pousse les banques centrales à réduire leur exposition aux bons du Trésor. Les États-Unis accumulent des déficits annuels de plusieurs milliers de milliards de dollars et ne montrent aucun signe de retour rapide à l’équilibre. Peter Schiff estime que la trajectoire budgétaire américaine rend la détention de dette publique de plus en plus risquée. Les investisseurs peuvent subir une perte par l’inflation, une baisse de la valeur réelle des remboursements ou une restructuration de la dette. Face à la dégradation des finances américaines, l’achat d’or permet de détenir un actif qui n’est pas une créance sur le Trésor américain.
La menace ne réside pas uniquement dans un défaut officiel. Peter Schiff évoque plusieurs formes possibles de défaut déguisé : allongement des maturités, modification des taux d’intérêt, remboursement inférieur à la valeur faciale ou création d’une quantité massive de monnaie afin de réduire la valeur réelle de la dette. Dans chacun de ces scénarios, les détenteurs étrangers de dollars ou d’obligations américaines subiraient une perte de pouvoir d’achat. Lorsque l’inflation peut réduire la valeur réelle des obligations, l’achat d’or est recherché comme une réserve de valeur indépendante des promesses d’un État.
La dette américaine n’est plus seulement un sujet économique. Elle est devenue un risque politique. Les États-Unis ont démontré qu’ils pouvaient utiliser leur système financier pour sanctionner des pays, bloquer des actifs ou empêcher certaines transactions. Pour Peter Schiff, détenir des obligations américaines signifie donc accepter de dépendre des décisions du gouvernement des États-Unis. Une banque centrale étrangère peut se retrouver sanctionnée, privée d’accès à ses réserves ou soumise aux choix politiques de Washington. Dans un contexte de sanctions et de gel des avoirs, l’achat d’or physique conservé hors du système bancaire apporte une forme de protection patrimoniale.
L’or échappe aux sanctions
Pour Peter Schiff, l’or offre une protection que les obligations américaines ne peuvent pas offrir. Si un pays détient ses lingots sur son propre territoire, les États-Unis ne peuvent pas les saisir simplement en décidant de bloquer un compte ou une transaction. Il faudrait une intervention physique sur place. Cette différence rend l’or particulièrement attractif pour les banques centrales qui veulent réduire leur vulnérabilité face aux sanctions économiques. Pour les épargnants qui cherchent un actif tangible échappant aux risques de gel bancaire, l’achat d’or constitue une piste privilégiée.
Les achats d’or des banques centrales ne relèvent donc pas uniquement d’une recherche de rendement. Ils répondent aussi à une volonté de souveraineté financière. Un lingot conservé dans un coffre national ne dépend pas directement d’un intermédiaire étranger, d’une banque correspondante ou d’un système de paiement contrôlé par une puissance extérieure. Pour Peter Schiff, les banques centrales qui accumulent déjà de l’or vont poursuivre leurs achats, tandis que celles qui sont restées à l’écart finiront par rejoindre le mouvement. À l’image des États qui renforcent leurs réserves physiques, l’achat d’or permet aux particuliers de diversifier leur patrimoine hors des actifs dépendants d’un pays étranger.
Le dollar conserve un effet de réseau immense
George Gammon ne conteste pas la progression de l’or dans les réserves, mais il refuse d’annoncer la disparition prochaine du dollar. Pour lui, la monnaie américaine demeure au centre des transactions internationales. Les multinationales l’utilisent pour facturer leurs clients, les banques l’emploient dans les opérations de financement et les marchés dérivés reposent massivement sur le billet vert. Environ 90% des transactions de change comporteraient un dollar sur l’un des deux côtés, ce qui montre la profondeur de son réseau. Même si le dollar reste indispensable aux échanges, l’achat d’or permet de protéger une partie de son épargne contre sa perte de pouvoir d’achat.
Une monnaie internationale ne repose pas uniquement sur sa valeur intrinsèque. Elle repose aussi sur sa liquidité, ses marchés financiers, ses instruments de couverture et la facilité avec laquelle les entreprises peuvent l’utiliser. Les multinationales ont besoin d’un marché obligataire profond, de contrats à terme, de swaps de change et de mécanismes de règlement rapides. George Gammon estime que l’or ne possède pas encore cette infrastructure à la même échelle que le dollar. Dans un système où le dollar domine les transactions mais où l’or protège la valeur, l’achat d’or constitue une diversification complémentaire.
Le dollar peut donc perdre de la valeur sans perdre immédiatement son statut de principale monnaie de réserve. Une monnaie peut être mauvaise comme réserve de valeur à long terme et rester très pratique comme moyen de paiement à court terme. Les entreprises peuvent continuer à facturer en dollars parce que leurs clients et leurs fournisseurs utilisent déjà cette monnaie, même si elles investissent ensuite leurs bénéfices dans des actifs réels, de l’or, des matières premières ou des actions. Pour distinguer l’usage quotidien du dollar de la protection du patrimoine, l’achat d’or offre une solution de diversification à long terme.
La dette américaine finira-t-elle par faire chuter le dollar ?
Peter Schiff estime que la courbe de dépréciation du dollar va accélérer lorsque la dette américaine deviendra trop lourde. Les déficits pourraient passer de trois à quatre, puis cinq mille milliards de dollars par an. Les intérêts de la dette représenteraient une part croissante des recettes fiscales, jusqu’à atteindre un jour 50%, puis 100%. À partir de ce moment, l’État ne financerait plus ses services avec ses impôts : il consacrerait ses recettes au paiement des intérêts et emprunterait encore davantage pour fonctionner. Face au risque d’une dépréciation accélérée du dollar, l’achat d’or peut permettre de préserver une partie du patrimoine dans un actif réel.
Selon Peter Schiff, un point de rupture finira par être atteint. Le dollar perdra alors sa valeur si rapidement que les entreprises ne voudront plus établir leurs contrats dans cette monnaie. Les factures, les salaires et les crédits deviendront difficiles à gérer si la monnaie perd plusieurs pourcents en quelques semaines ou quelques mois. Le dollar ne serait plus suffisamment stable pour servir d’unité de compte. Si la confiance dans le dollar se dégrade brutalement, l’achat d’or apparaît comme une réserve de valeur capable de traverser la crise monétaire.
George Gammon répond que les éléments décrits par Peter Schiff se sont déjà produits en partie, sans provoquer l’effondrement annoncé du dollar. La dette américaine a explosé, les déficits sont devenus gigantesques et les paiements d’intérêts dépassent désormais certaines dépenses publiques majeures. Pourtant, le dollar continue d’être utilisé dans le monde entier. Pour George Gammon, cette résistance oblige à étudier le fonctionnement concret du système monétaire mondial plutôt qu’à se baser uniquement sur le niveau de la dette. Même lorsque le dollar conserve son réseau mondial, l’achat d’or peut protéger contre la baisse de sa valeur face aux biens et services.
La croissance et l’inflation déterminent les taux
George Gammon soutient que les déficits et la dette ne déterminent pas automatiquement les taux d’intérêt. Les taux dépendent surtout des anticipations de croissance et d’inflation. Si le produit intérieur brut nominal progresse de 4 ou 5%, un taux obligataire très supérieur attirerait les banques, les fonds de pension et les hedge funds. Ces acteurs achèteraient les obligations, ce qui ferait redescendre le rendement vers un niveau plus proche de la croissance nominale. Dans un environnement où les taux et l’inflation évoluent rapidement, l’achat d’or peut diversifier une épargne trop dépendante des obligations.
George Gammon cite la corrélation historique entre le PIB nominal américain et le rendement du Treasury à dix ans. Selon lui, les investisseurs doivent observer la croissance nominale et l’inflation plutôt que conclure automatiquement que des déficits élevés provoqueront une explosion immédiate des taux. Une mauvaise statistique de l’emploi peut, par exemple, faire chuter les rendements si elle entraîne des anticipations de ralentissement et de baisse des taux directeurs. Lorsque les anticipations économiques changent brutalement, l’achat d’or permet de conserver une exposition à un actif qui ne dépend pas directement du niveau des taux.
Peter Schiff rejette toutefois l’idée selon laquelle la dette et les déficits seraient sans conséquence sur l’inflation. Il rappelle que l’inflation signifie d’abord une expansion de la masse monétaire. Les prix à la consommation peuvent donner l’impression d’une inflation modérée, mais cette impression dépend de la manière dont l’indice est calculé. Selon lui, les prix sont beaucoup plus élevés qu’ils ne l’auraient été sans les politiques monétaires et budgétaires expansionnistes. Dans une économie où la masse monétaire augmente et où les prix progressent, l’achat d’or peut être utilisé pour protéger une partie du pouvoir d’achat.
L’inflation réelle serait plus forte que les statistiques
Peter Schiff affirme que les gains de productivité auraient naturellement dû faire baisser les prix. Une économie plus productive produit davantage de biens avec moins de ressources. Dans un marché libre, cette amélioration aurait dû offrir aux ménages des prix plus faibles. Mais la création monétaire et les dépenses publiques ont absorbé une partie de ces gains. Les consommateurs ont donc payé plus cher des produits qui auraient pu coûter moins cher. Lorsque l’inflation empêche les ménages de profiter des gains de productivité, l’achat d’or peut servir à préserver une partie de la valeur accumulée.
Pour Peter Schiff, l’inflation ne se limite pas à l’évolution officielle de l’indice des prix à la consommation. Il faut comparer les prix actuels avec ceux qui auraient existé sans expansion monétaire. Si les prix augmentent de 4% alors qu’ils auraient dû baisser de 2% grâce à la productivité, l’inflation réelle serait de 6%. Cette approche explique pourquoi de nombreux ménages ont le sentiment que leur coût de la vie progresse davantage que les chiffres officiels. Pour lutter contre l’érosion silencieuse du pouvoir d’achat, l’achat d’or peut être intégré à une stratégie patrimoniale de long terme.
Le crédit bancaire crée de la monnaie
George Gammon conteste la vision traditionnelle selon laquelle les banques prêteraient principalement l’épargne déposée par leurs clients. Dans le système monétaire moderne, une banque peut créer un dépôt lorsqu’elle accorde un crédit. Si elle prête un million de dollars à un entrepreneur, ce million apparaît comme un dépôt sur le compte de l’emprunteur et comme un actif au bilan de la banque. La monnaie vient donc à l’existence au moment où le crédit est créé. Dans un système où le crédit crée une grande partie de la monnaie, l’achat d’or permet de détenir un actif qui n’est pas une dette bancaire.
Lorsque l’emprunteur dépense cet argent, le dépôt est transféré vers une autre banque. Les établissements règlent ensuite leurs positions grâce aux réserves bancaires ou à de nouveaux crédits interbancaires. Pour George Gammon, ce fonctionnement montre que le modèle scolaire du multiplicateur monétaire ne décrit pas correctement le système actuel. Les banques prêtent la monnaie dans l’existence, puis cette monnaie disparaît progressivement lorsque les prêts sont remboursés. Face aux risques liés à la création et à la destruction du crédit, l’achat d’or constitue une réserve physique qui ne disparaît pas avec le remboursement d’un prêt.
Peter Schiff répond que ce système crée une bulle qui finira par éclater. Si les banques accordent des crédits sans épargne réelle correspondante, les prix des actifs montent artificiellement. Lorsque la confiance disparaît, les prêts cessent d’être renouvelés, le crédit se contracte et les actifs financés par la dette s’effondrent. Les banques deviennent alors vulnérables et le gouvernement doit intervenir pour empêcher leur faillite. Dans un système bancaire fragilisé par l’endettement, l’achat d’or peut offrir une protection hors du bilan des banques commerciales.
La monnaie créée par le crédit peut disparaître
George Gammon distingue les dollars créés par le gouvernement des dollars créés par le crédit bancaire. Une grande partie des dollars utilisés à l’extérieur des États-Unis provient du système bancaire international et des prêts libellés en dollars. Lorsque la demande de dollars diminue, les banques accordent moins de prêts et davantage d’emprunts sont remboursés. La quantité de dollars peut alors se contracter. Dans un système monétaire où la quantité de dollars peut se contracter, l’achat d’or apporte un actif physique indépendant du cycle du crédit.
George Gammon oppose ce mécanisme à celui d’une monnaie créée directement par l’État et simplement imprimée. Une monnaie produite en grande quantité reste en circulation même lorsque la demande s’effondre. C’est ce qui peut conduire à des scènes d’hyperinflation avec des billets entassés dans des brouettes. Les dollars du système bancaire mondial fonctionnent différemment, car ils sont liés à des prêts qui peuvent être remboursés et disparaître. Lorsque le système monétaire repose sur une dette massive et complexe, l’achat d’or permet de détenir une valeur physique indépendante de la création de crédit.
George Gammon estime donc qu’une hyperinflation du dollar est difficile dans les conditions actuelles, sauf si la Réserve fédérale créait soudainement des dizaines ou des centaines de milliers de milliards de dollars. Selon lui, le bilan de la Fed ne représente qu’une petite fraction des centaines de milliers de milliards de dollars de dettes libellées en dollars dans le monde. Pour provoquer une hyperinflation immédiate, l’intervention de la banque centrale devrait être beaucoup plus massive. Même sans hyperinflation immédiate, l’achat d’or permet d’anticiper une dépréciation progressive du dollar et de la monnaie fiduciaire.
Le retour des dollars pourrait provoquer un choc
Peter Schiff décrit un scénario différent. Si les détenteurs étrangers de bons du Trésor perdaient confiance, ils pourraient vendre leurs actifs américains et rapatrier leurs dollars aux États-Unis. Dans le même temps, l’économie américaine manquerait de biens produits localement, tandis que les déficits continueraient d’être financés par la création monétaire. Le pays se retrouverait avec une masse de liquidités importante, une production insuffisante et des importations devenues trop coûteuses. Dans un scénario de retour massif des dollars et de perte de pouvoir d’achat, l’achat d’or peut servir de protection contre l’inflation monétaire.
Peter Schiff estime qu’un tel choc pourrait provoquer une véritable hyperinflation. George Gammon répond que les dollars qui circulent à l’étranger sont principalement liés à des dettes à court terme. Si les banques cessent d’accorder de nouveaux prêts, les anciens prêts sont remboursés et les dollars disparaissent. Pour lui, les dollars ne peuvent donc pas simplement revenir aux États-Unis comme des billets qui auraient été stockés à l’étranger. Dans ce débat sur le rapatriement des dollars et la contraction du crédit, l’achat d’or offre une protection qui ne dépend pas du remboursement des dettes.
L’or peut-il devenir une monnaie de transaction ?
Peter Schiff considère que l’or pourrait dépasser son rôle de réserve de valeur et redevenir un instrument de règlement. Les nouvelles technologies permettent de tokeniser l’or et de faciliter les transferts entre deux parties. Des entreprises peuvent créer des comptes adossés à des réserves physiques et permettre à leurs clients de régler des dépenses avec une carte liée à leur or. La quantité d’or détenue serait vendue en temps réel ou transférée directement au commerçant. Pour ceux qui veulent accéder à un actif physique tout en profitant de solutions modernes, l’achat d’or peut constituer le point de départ d’une nouvelle forme d’épargne.
George Gammon répond que les commerçants ont des factures et des dettes libellées dans une autre monnaie. Ils ne souhaitent donc pas forcément recevoir de l’or en paiement. Pour qu’une monnaie alternative fonctionne, elle doit disposer d’un réseau suffisamment large de consommateurs, d’entreprises, de banques et de fournisseurs. Le dollar possède déjà ce réseau, tandis que l’or doit encore construire son infrastructure de paiement. Même si l’or ne remplace pas immédiatement le dollar dans les paiements, l’achat d’or peut protéger l’épargne contre la dépréciation de la monnaie utilisée au quotidien.
La réponse de Peter Schiff repose sur un changement de comportement. Si les salaires sont directement convertis en or, si les entreprises possèdent des comptes en or et si les commerçants acceptent ce type de paiement, l’absence de dollars ne serait plus un obstacle. George Gammon rappelle toutefois le poids du réseau existant : tant que les entreprises, les banques et les gouvernements utilisent le dollar, il reste plus simple pour les nouveaux acteurs de l’utiliser à leur tour. Dans l’attente d’une éventuelle évolution des paiements, l’achat d’or reste une manière directe de détenir un actif monétaire reconnu.
Le dollar possède le plus grand réseau financier
Le dollar bénéficie d’une profondeur financière que l’or ne possède pas encore. Les multinationales ont besoin de marchés obligataires liquides, de produits dérivés, de swaps de change et d’outils de couverture. Ces instruments permettent de gérer les risques de change, de financer les investissements et de régler les transactions internationales. George Gammon estime que l’or pourrait devenir un actif stratégique, mais qu’il ne peut pas encore reproduire l’ensemble de cette infrastructure. Même si le dollar garde son avantage dans la finance internationale, l’achat d’or permet de détenir une réserve de valeur différente des titres financiers.
Le dollar peut donc rester la principale monnaie de transaction tout en perdant du pouvoir d’achat face à l’or. Les deux fonctions ne sont pas identiques. Une monnaie sert à facturer, payer et comptabiliser. Un actif de réserve sert à conserver une partie de la richesse sur une longue période. Le dollar peut être utilisé chaque jour par les entreprises, tandis que l’or peut être conservé par les banques centrales comme assurance monétaire. Pour bénéficier d’une réserve de valeur complémentaire au dollar, l’achat d’or permet de séparer l’usage de la monnaie de la protection du patrimoine.
L’exemple de l’Argentine
George Gammon raconte avoir traversé l’Argentine pendant une période d’hyperinflation. La monnaie locale perdait environ 20% de sa valeur par mois face aux biens et aux services. Il avait tenté d’utiliser l’or, l’argent et le Bitcoin pour obtenir la monnaie locale, mais les bijoutiers lui proposaient une décote importante sur ses pièces. Les bureaux de change acceptaient plus facilement les dollars, car ceux-ci bénéficiaient d’un réseau d’utilisation beaucoup plus important. L’exemple argentin montre pourquoi l’achat d’or doit s’inscrire dans une stratégie patrimoniale et non être présenté comme une monnaie de paiement immédiat.
Dans cette situation, les habitants préféraient parfois une monnaie qui perdait 20% par mois, parce qu’ils pouvaient la dépenser immédiatement. L’utilité quotidienne l’emportait sur la qualité de la réserve de valeur. Le dollar était accepté par les commerces, les bureaux de change et les entreprises, tandis que l’or nécessitait une conversion. George Gammon utilise cet exemple pour démontrer que le réseau d’utilisation peut maintenir une monnaie fragile dans les échanges. Même lorsqu’une monnaie reste pratique pour les paiements, l’achat d’or peut servir à conserver une partie de la richesse hors de cette monnaie dépréciée.
Peter Schiff cite à son tour le Liban. Lorsque la livre libanaise s’est effondrée, de nombreux habitants ont commencé à utiliser le dollar pour payer directement leurs achats. Mais il estime qu’une monnaie alternative mieux protégée pourrait prendre le relais si elle bénéficiait d’un réseau suffisant. Dans un environnement d’hyperinflation, une monnaie qui perd rapidement sa valeur peut être abandonnée dès qu’une autre monnaie dispose d’une meilleure stabilité et d’une utilité comparable. Dans les pays confrontés à une crise monétaire, l’achat d’or peut constituer une réserve de valeur recherchée lorsque les monnaies locales s’effondrent.
Le dollar reste dominant, mais sa valeur baisse
George Gammon reconnaît que le dollar perdra du pouvoir d’achat face aux biens et aux services américains. Il ne dit pas que les ménages pourront acheter davantage avec leurs dollars dans le futur. Il affirme toutefois que cette perte de valeur ne provoquera pas automatiquement la disparition du dollar comme réseau monétaire mondial. Le billet vert peut donc rester dominant dans les transactions internationales tout en devenant une réserve de valeur de plus en plus médiocre. Lorsque le dollar continue d’être utilisé mais perd du pouvoir d’achat, l’achat d’or permet de diversifier l’épargne vers un actif réel.
Peter Schiff considère que cette situation ne pourra pas durer indéfiniment. Tant que la perte de valeur reste lente, les entreprises peuvent continuer à établir leurs contrats en dollars. Elles acceptent une monnaie qui se déprécie parce qu’elle reste relativement stable sur quelques jours ou quelques mois. Mais lorsque la courbe de dépréciation s’accélère, les contrats à 90 jours deviennent trop risqués et les acteurs recherchent une unité de compte plus stable. Pour anticiper une accélération de la perte de valeur du dollar, l’achat d’or peut jouer le rôle de réserve patrimoniale à long terme.
Les années 1970 montrent le danger monétaire
Peter Schiff rappelle que le dollar a fortement perdu de la valeur dans les années 1970. Le prix de l’or est passé d’environ 35 dollars à près de 800 dollars l’once. Le billet vert a également perdu de la valeur face au mark allemand et au yen japonais. Pourtant, il n’a pas perdu immédiatement son statut de monnaie de réserve mondiale. Cet exemple montre qu’une monnaie peut conserver son rôle international tout en subissant une forte dépréciation. L’expérience des années 1970 explique pourquoi l’achat d’or reste recherché lorsque l’inflation détruit la valeur réelle de la monnaie.
George Gammon attribue l’inflation des années 1970 à une création massive de monnaie bancaire, combinée à une accélération de la vitesse de circulation et à des facteurs démographiques. Selon lui, le phénomène était mondial et ne résultait pas seulement des déficits américains. Peter Schiff répond que le système de crédit et les dépenses publiques ont nécessairement joué un rôle dans l’augmentation de la demande et des prix. Dans un débat où la création monétaire reste au cœur de l’inflation, l’achat d’or apparaît comme une protection contre les politiques monétaires expansionnistes.
Le débat sur l’étalon-or
George Gammon estime que le marché libre s’est éloigné de l’étalon-or parce qu’il était trop lent et trop difficile à utiliser. Les pièces métalliques étaient encombrantes, les règlements internationaux demandaient du temps et les entreprises avaient besoin d’instruments plus pratiques. Les billets de banque ont donc servi de substituts à l’or, avant de devenir des monnaies sans convertibilité directe. Même sans retour officiel à l’étalon-or, l’achat d’or permet aux particuliers de détenir l’actif qui se trouvait au cœur de l’ancien système monétaire.
Peter Schiff répond que les billets fonctionnaient précisément parce qu’ils étaient des promesses de paiement en or. Pour lui, l’or constituait la véritable monnaie tandis que les billets n’étaient que des substituts plus pratiques. La disparition du lien avec l’or a permis aux gouvernements et aux banques centrales de créer beaucoup plus de monnaie, de financer davantage de dettes et de repousser les conséquences de leurs décisions. Dans un système monétaire sans ancrage physique, l’achat d’or permet de revenir à un actif dont l’offre ne peut pas être créée par décision politique.
Le système bancaire est-il au bord de la faillite ?
Peter Schiff estime que les grandes banques américaines seraient incapables de survivre sans le soutien du gouvernement. Si l’assurance des dépôts disparaissait et si les banques devaient compter uniquement sur leur propre solvabilité, il pense que les principales institutions financières feraient faillite. Selon lui, les établissements bancaires sont maintenus en vie par les garanties publiques et le principe du « trop important pour faire faillite ». Dans un système bancaire dépendant des sauvetages publics, l’achat d’or physique permet de détenir un actif qui ne repose pas sur la solvabilité d’une banque.
George Gammon reconnaît que les garanties publiques créent un aléa moral. Les banques peuvent prendre davantage de risques lorsqu’elles savent que l’État protégera les dépôts et interviendra en cas de crise. Mais il soutient que le système monétaire actuel s’est construit progressivement à partir des mécanismes du marché et que la solution consiste à retirer l’État du système bancaire plutôt qu’à imposer une nouvelle monnaie contrôlée par des planificateurs centraux. Face aux risques de l’intervention publique dans les banques, l’achat d’or peut diversifier une épargne conservée en dehors du système bancaire.
La discussion oppose donc deux visions. Peter Schiff veut revenir à une monnaie réellement fondée sur l’or et considère que le système de crédit actuel est une bulle artificielle. George Gammon estime que la priorité consiste à réduire l’intervention de l’État et à laisser le marché choisir entre dollar, or, Bitcoin ou toute autre solution. Tous deux reconnaissent toutefois que les garanties publiques, les sauvetages bancaires et la création monétaire permanente fragilisent le système. Dans ce débat sur la fragilité bancaire, l’achat d’or permet de détenir un actif sans risque direct de faillite d’un établissement.
L’or contre le Bitcoin
Le Bitcoin est souvent présenté comme une protection contre la création monétaire et l’inflation. George Gammon comprend que les investisseurs se tournent vers cet actif, mais il rappelle que le Bitcoin reste spéculatif. Il n’a pas, selon Peter Schiff, de valeur intrinsèque comparable à celle de l’or. Son prix dépend fortement de la confiance, de la liquidité, de l’adoption et de la volonté des investisseurs de continuer à l’acheter. Pour les investisseurs qui recherchent un actif physique plutôt qu’un actif numérique spéculatif, l’achat d’or constitue une alternative au Bitcoin.
Peter Schiff souligne que l’or et l’argent disposent de milliers d’années d’histoire monétaire. Les banques centrales continuent d’accumuler de l’or, mais elles ne remplissent pas leurs coffres de Bitcoin. Pour lui, ce comportement constitue une validation claire de la fonction monétaire du métal jaune. Les institutions qui gèrent les réserves nationales privilégient un actif qu’elles peuvent conserver directement, contrôler physiquement et transmettre sans dépendre d’un réseau numérique. Pour suivre la préférence des banques centrales, l’achat d’or physique permet de détenir un actif monétaire utilisé depuis des millénaires.
George Gammon reconnaît que l’or possède un historique beaucoup plus long, mais il rappelle qu’un actif de réserve n’est pas nécessairement un moyen de paiement. Le Bitcoin pourrait donc conserver une fonction de protection numérique tandis que l’or jouerait un rôle de réserve physique. Le choix dépendrait du réseau, de l’utilité, des risques technologiques et de la confiance accordée à chaque système. Pour privilégier la tangibilité et l’histoire monétaire, l’achat d’or permet de diversifier un portefeuille exposé aux actifs numériques.
Le libre marché choisira-t-il l’or ?
George Gammon estime que le système monétaire devrait être choisi par le marché. Si les entreprises, les banques et les particuliers préfèrent le dollar, il faut leur laisser cette possibilité. S’ils choisissent l’or ou le Bitcoin, le même principe doit s’appliquer. Le gouvernement ne devrait pas imposer une monnaie unique, garantir artificiellement les banques ou empêcher les acteurs économiques de sélectionner l’actif qu’ils considèrent comme le plus efficace. Dans un système où la liberté de choix monétaire progresse, l’achat d’or permet aux épargnants de détenir directement l’actif qu’ils privilégient.
Peter Schiff doute toutefois que le dollar conserverait son rôle sans le soutien du gouvernement américain. Selon lui, le billet vert bénéficie de garanties politiques, de la puissance militaire des États-Unis et de l’obligation faite à de nombreux acteurs d’utiliser le dollar pour accéder au système financier international. Si ces soutiens disparaissaient, les entreprises pourraient privilégier une monnaie adossée à une valeur plus stable et plus difficile à manipuler. Dans l’hypothèse d’un recul du soutien politique au dollar, l’achat d’or peut servir de protection contre une perte de confiance monétaire.
Le désaccord entre les deux analystes reste entier. Peter Schiff prévoit une perte progressive du rôle du dollar, puis une accélération lorsque la dette et l’inflation deviendront incontrôlables. George Gammon estime que le dollar possède une solidité structurelle liée à son réseau et que les mêmes problèmes ont déjà existé sans provoquer son effondrement. Mais tous deux reconnaissent que le dollar perdra du pouvoir d’achat face aux biens et services américains. Pour se prémunir contre cette perte de pouvoir d’achat, l’achat d’or reste la solution privilégiée par les investisseurs qui recherchent une réserve de valeur.
L’or remplacera-t-il vraiment le dollar ?
L’or ne remplacera probablement pas le dollar du jour au lendemain dans les factures, les crédits et les règlements commerciaux. Le dollar dispose encore d’un réseau mondial incomparable, d’un marché obligataire profond et d’une place centrale dans les opérations de change. Les multinationales ont besoin de dollars pour régler leurs contrats et gérer leurs risques financiers. Mais cette domination ne signifie pas que le dollar restera éternellement la meilleure réserve de valeur. Même si l’or ne remplace pas immédiatement le dollar, l’achat d’or permet d’anticiper la recomposition du système monétaire mondial.
La véritable transition pourrait être plus progressive. Les banques centrales pourraient détenir davantage d’or tout en continuant à utiliser le dollar dans leurs échanges. Les entreprises pourraient facturer en dollars, mais investir une partie de leurs réserves en or. Les plateformes numériques pourraient ensuite permettre de régler des transactions en or tokenisé ou en actifs adossés à des métaux précieux. Le dollar conserverait son rôle pratique tandis que l’or renforcerait sa fonction de réserve de valeur. Dans cette transition vers un système monétaire hybride, l’achat d’or permet de participer à la montée en puissance du métal jaune.
La question centrale n’est donc pas seulement de savoir si l’or remplacera le dollar. Il faut aussi se demander si le dollar peut conserver son pouvoir d’achat alors que les déficits, la dette et les intérêts progressent. Peter Schiff répond non et recommande de privilégier l’or. George Gammon reconnaît que l’or constitue le meilleur choix pour conserver du pouvoir d’achat, même s’il estime que le dollar gardera longtemps son utilité comme monnaie de transaction. Pour les épargnants qui veulent protéger leur pouvoir d’achat face à l’incertitude monétaire, l’achat d’or s’impose comme une piste à étudier.
La conclusion de Peter Schiff et George Gammon
Le débat aboutit à une conclusion commune : le dollar américain perdra de la valeur face aux biens et aux services. George Gammon l’affirme clairement : un Américain aura davantage de chances de préserver son pouvoir d’achat en détenant de l’or plutôt que des dollars ou une autre monnaie fiduciaire. Peter Schiff va plus loin et estime que la dépréciation finira par s’accélérer jusqu’à remettre en cause l’utilisation du dollar comme moyen d’échange. Pour se préparer à la baisse du pouvoir d’achat du dollar, l’achat d’or peut constituer une stratégie de diversification patrimoniale.
Le dollar conserve aujourd’hui le plus grand réseau financier du monde, mais l’or possède une fonction que le billet vert ne peut pas reproduire : il ne dépend pas d’une promesse de remboursement, d’une banque centrale ou d’un gouvernement étranger. Il ne peut pas être créé à volonté, il n’est pas soumis à une décision de politique monétaire et il peut être conservé directement par son propriétaire. Pour détenir un actif rare, physique et reconnu mondialement, l’achat d’or apparaît comme la solution centrale de ce débat.
La transition monétaire mondiale est donc déjà engagée. Les banques centrales accumulent de l’or, les États cherchent à réduire leur dépendance au dollar et les investisseurs s’interrogent sur la soutenabilité de la dette américaine. Le billet vert n’a pas encore disparu, mais sa domination est de plus en plus contestée. La grande question n’est plus de savoir si l’or revient dans le système monétaire, mais jusqu’où son rôle va progresser. Pour anticiper la montée de l’or dans les réserves mondiales, l’achat d’or permet aux particuliers de se positionner sur un actif monétaire historique.
Les propos rapportés dans cet article reprennent le débat entre Peter Schiff et George Gammon. Ils sont présentés à des fins informatives et ne constituent pas un conseil en investissement. Le prix de l’or peut fluctuer et tout achat doit être réalisé en fonction de la situation, des objectifs et de l’horizon de placement de chacun.